Le journaliste espagnol Pascual Serrano sur le site Aporrea s’interroge sur la libération d’Ingrid Bétancourt. Voici son article rapidement traduit. J’ajouterai, pour appuyer ses dires, le fait que visiblement Nicolas sarkozy a retardé son intervention télévisée pour parler à son homologue Uribe. Il a d’ailleurs dans son allocution félicité non seulement le gouvernement colombien mais tous ceux qui avaient contribué à cette libération, y compris le président Chavez. Ce qui tranchait singulièrement sur le ton des journalistes qui expliquaient à l’unanimité que la "fermeté" d’Uribe avait payé. (Danielle Bleitrach)
Le Président français Sarkozy est apparu en deux occasions au centre des médias de masse pour faire part de sa détermination à faire libérer la franco-combienne Ingrid Betancourt retenue en captivité par le mouvement de la guérilla colombienne des Forces Armées Révolutionnaires de l’Armée Populaire de Colombie (FARC-EP). Suite au succès des négociations menées par Hugo Chávez entre décembre et janvier derniers, lesquelles avaient permis la libération de quatre otages par les FARC, Sarkozy a déclaré être déterminé à obtenir la libération d’Ingrid, et être même prêt à s’impliquer directement, quitte à se rendre lui-même dans la jungle colombienne et à escalader ses montagnes.
Alvaro Uribe est un politicien diablement habile. En extradant mardi vers les Etats-Unis les principaux chefs paramilitaires « démobilisés », le président colombien a réalisé un coup de maître.D’un unique geste, il a mis le masque de l’intransigeance et ravi son allié du Nord... tout en éloignant plusieurs témoins gênants. Ceux-là mêmes qui distillent depuis des mois les révélations sur les liens entre pouvoir, narcotrafic et assassinats politiques, au point de faire vaciller le chef de l’Etat. Chapeau l’artiste !
Le 1er mars 2008, 10 bombes GBU 12 Paveway de 227 kilos chacune explosaient en pleine jungle équatorienne rasant toute la végétation aux alentours et laissant des cratères de 2.40 mètres de diamètre et 1.80 mètres de profondeur. (1) La Colombie venait de violer la souveraineté de l’Equateur et d’assassiner Raul Reyes, le principal négociateur pour la libération d’Ingrid Bétancourt et des autres otages retenus par la guérilla.
Le sénateur d’opposition Gustavo Petro, du Pôle Démocratique Alternatif (PDA), a affirmé que la faute ne revient pas seulement aux congressistes qui sont liés au paramilitarisme, mais aussi au président Uribe qui n’a pas été capable de rejeter cet appui, quand il était évident.