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Thème : Tunisie

Les Bouazizi et les bourges

M. SAADOUNE

Il existe en Tunisie, qui marquait hier le troisième anniversaire de l’immolation de Mohamed Bouazizi, des désenchantements divers qu’il ne faut pas confondre. Entre l’impatience sociale, très compréhensible, des déshérités du pays profond et les gesticulations d’une bourgeoisie anti-islamiste qui se voit « européenne », on n’est pas dans les mêmes mondes, ni dans les mêmes demandes. Seul un jeu politicien factice où des gauchistes côtoient des haut-bourgeois qui se prennent pour le « Che » a tenté, sans réussir, de les rassembler.

Entre les demandes sociales pressantes – et sans solution immédiate – des pauvres et la volonté d'une bourgeoisie en furie d'en découdre avec les islamistes en s'appuyant sur l'appareil policier – encore intact – de Ben Ali, c'est une sorte de mariage contre-nature entre la révolution et la contre-révolution qui était tentée. C'est un échec. L'appui ostensible des Occidentaux à la désignation de Mehdi Jomaâ montre que le jeu de cette bourgeoisie qui se veut « européenne », « laïque » et, ce qu'elle ne dit pas, très « anti-peuple », est définitivement classé comme un dangereux infantilisme. Qualificatif qu'on avait plus tendance à affubler les « gauchistes » plutôt que les bourgeois installés. Mais cet attelage politique bizarroïde qui cherche à éviter à tout prix le retour aux urnes – et rêve d'un scénario égyptien – a réussi à faire perdre du temps au pays. Et à alourdir les difficultés du pays profond qui a besoin d'un gouvernement qui travaille, agit et dégage des solutions. (…) Lire la suite »

Le Président Tunisien Moncef Marzouki a travaillé dur cette semaine pour les Droits de l’homme… en tant que plume d’Al-Jazeera !

Salah HORCHANI

Nous avons vécu, cette semaine, sur le plan planétaire, un évènement exceptionnel, qui restera gravé dans la mémoire universelle, et un évènement récurrent, tout en étant important, qui restera, aussi, gravé dans cette mémoire, compte tenu des coïncidences dont seule l’Histoire possède le secret.

Le premier, c’est la journée de recueillement et de communion, qui a eu lieu le mardi 10 décembre dans l'immense stade de Soweto, regroupant des dizaines de milliers de Sud-Africains et un imposant parterre sans précédent, dans l’histoire de l’humanité, rassemblant les chefs d’État et de gouvernement des grandes, et moins grandes, puissances de ce monde, d’idéologies très diversifiées dont certaines sont aux antipodes, puissances dont la quasi-totalité était aux abonnés absents pendant les années de braise de la lutte de Mandela, journée de recueillement et de communion pour rendre un dernier hommage à Madiba. Nelson Mandela qui a été, sans aucun doute, le plus tenace et le plus fascinant combattant de la liberté et de la dignité, de tous les temps, combat au nom duquel il a passé 27 ans de sa vie en prison, Mandela, emblème de l’anti-apartheid, de la résistance, de la tolérance, du rejet de la haine, de la justice primant la vengeance, de la réconciliation et premier Président (…) Lire la suite »

Avec son « Livre noir », le Président tunisien Moncef Marzouki risque mille ans de prison !

Salah HORCHANI
C’est un Président sans honneur, Et, de surcroît, un sacré menteur Puisqu’auparavant, il a juré Devant des millions de téléspectateurs : À moins que cela par une loi soit encadré, Jamais, au grand jamais je ne publierai, Quoi que ce soit concernant mes détracteurs À partir des archives du Palais . Et il n’est pas à sa première affabulation : N’a-t-il pas affirmé, catégoriquement, Qu’il ne candidatera jamais à être résident Au Palais de Carthage ou équivalent Pour tout cela et d’autres raisons Qu’il serait long d’énumérer, Je déclare, ici, solennellement, Par ce petit poème engagé, Qu’à compter de ce moment, Il n’est plus mon Président [2] 1. Le Livre noir du Président Marzouki Moncef Marzouki, Président provisoire de la République tunisienne, vient de publier, par le biais du Département d’Information et de Communication de la Présidence de la République, un livre, de 354 pages, n’entrant pas dans ses prérogatives présidentielles, intitulé : « Le système de (…) Lire la suite »

Noureddine Khadmi, ministre-prédicateur-djihadiste tunisien, un des maîtres d’œuvre de l’islamisation rampante de l’État

Salah HORCHANI

Sur la petite photo du lien [8], on aperçoit Noureddine Khadmi, ministre de la République, un des importants maîtres d’œuvre de l’islamisation rampante de l’État, dans les bras d’Abou Iyadh al-Tounsi (nom de guerre pris dans les camps djihadistes d’Afghanistan et du Pakistan, de son vrai nom Seif-Allah Ben Hassine), Chef du mouvement salafiste djihadiste tunisien Ansar ach-Sharia, maître d’œuvre présumé d’assassinats politiques et d’exécutions terroristes post-Révolution en Tunisie. Et dire que ce ministre-prédicateur-djihadiste est toujours ministre !

Noureddine Khadmi est ministre des affaires religieuses, sans interruption, depuis l’avènement du pouvoir islamiste en Tunisie. Il fut auparavant Imam de la mosquée fondamentaliste El Fath, une des premières mosquées tenues par les salafistes, fréquentée assidûment par Abou Iyadh al-Tounsi, où il avait l’habitude de faire des prêches enflammés, porteurs de haine, de violence et d'exclusion, jusqu’à sa mise en cause dans l’attaque, qui a eu lieu le 14 septembre 2012, contre l’Ambassade des États Unis d’Amérique et de l’École américaine à Tunis, mise en cause qui en a fait, grâce à la pression de l’Oncle Sam, le fuyard , soi-disant, le plus recherché par toutes les polices du pays. C’est de cette mosquée qu’est partie, juste après la prière du vendredi 11 février 2011, alors qu’elle était, à l’époque, sous la responsabilité de l’Imam Noureddine Khadmi, non encore ministre, la première marche de salafistes dans l’histoire de la Tunisie, à ma connaissance, avec leurs fanions noir et (…) Lire la suite »

Loi de Finances 2014 : 55 articles pour mettre à genoux 5,5 millions de Tunisiens...

Mustapha STAMBOULI

La vraie question qui se pose : s’agit-il d’un budget de l’État ou plutôt d’un budget de provocation ? Une loi de Finances est censée tirer des leçons de l’expérience passée, proche et lointaine. L’État ne fait que dépenser. Le train de vie de l’Administration est scandaleux : un président qui gagne personnellement plus de 30 milles dinars et dépense plus de 70 Millions de DT pour le fonctionnement de la présidence pousse le peuple à la révolte et à la désobéissance sans parler des salaires des ministres et des députés de l’ANC.

Les dépenses totales de l’État s’élèveront pour 2014 à 28 Milliards de dinars en nette régression par rapport à 2013 eu égard de l’inflation enregistrée durant l’année en cours et qui vaut 10% si nous excluons les produits subventionnées. Le budget 2014 est de facto un budget d’austérité même si nominalement le montant global n’a pas changé par rapport à 2013. Cette régression aura un impact direct sur la croissance et l’emploi sachant que le budget représente plus du tiers du PIB. L’État risque de ne pas investir au titre du budget d’équipement pour garantir les paiements des salaires des fonctionnaires (40% du budget), rembourser la dette et subventionner les produits de première nécessité (40%). Théoriquement le Titre II représente 20% du budget mais l’expérience nous apprend que ce budget n’est réalisé qu’à 20%. La loi de finances pénalise lourdement les 20% des tunisiens et tunisiennes qui n’ont aucune activité lucrative, appauvrit la classe moyenne. Les salariés dont les (…) Lire la suite »

Tunisie en faillite : non à la gérontocratie, place aux plus jeunes !

Mustapha STAMBOULI

Les femmes et les hommes compétents, patriotes, capables de redresser le pays sur une base démocratique ne manquent pas ! Les vieux routards de la politique tunisienne doivent comprendre cette donnée essentielle, sinon, la loi devrait écarter ces gens assoiffés de pouvoir et des avantages inhérents.

Les trois pays arabo-africains du printemps arabe ont raté leur mutation démocratique tant attendue. Explication principale : ces révoltes légitimes ont été détournées par les sionistes pour imploser la région arabe en minuscules Etats incapables de concurrencer ou nuire à Israël : (1) L’Egypte : après une gestion calamiteuse et un échec cuisant du pouvoir islamiste, la rue a opté pour un changement radical et a installé un gouvernement boosté par les militaires pour redonner à l’Etat les moyens de sauver l’intégrité territoriale du pays et la République et ses acquis. Quelques soient les critiques sur la méthode, le changement forcé s’avère salutaire en comparaison avec le marasme installé par les Frères musulmans. (2) La Libye : Nul n’est surpris par son chaos sécuritaire. Le peu d’Etat de l’Ere Kadafienne a disparu après le départ précipité des Forces lâches de l’OTAN. Nous affirmons que la Libye est devenue un second Irak dans la partie occidentale du Monde Arabe. Cette (…) Lire la suite »

Tunisie : Vers un Plan Solaire Révolutionnaire ?

Mohamed CHEIKHALIFA
Le Plan Solaire Tunisien, concocté par l’Ancien Régime, semble trouver les faveurs du Nouveaux, à tel enseigne que ses objectifs ont été maintenus à la lettre : Ce Plan vise, en matière de production d’électricité, une part de 20% d’origine renouvelable vers 2020 et de 30 % en 2030 ! A titre d’exemple, et pour ces mêmes échéances, l’Allemagne - recevant le tiers de nôtres rayonnements solaires, en plus des autres sources renouvelables- vise respectivement 80% et 100 % ! En outre le solde de notre balance énergétique continue de creuser un déficit abyssal (1,6 M tep en 2012) par le fait même que notre production d’électricité se base presque exclusivement sur le gaz naturel qui lui, est à 90% importé ! Devant cette situation alarmante, l’Etat, déjà en sommeil profond, se trouve enseveli sous une autre couche qui consacre la démarche anachronique d’antan ! A-Une richesse inestimable foulée sous nos pieds La technique du solaire Photovoltaïque (PV) a pourtant fait ses (…) Lire la suite »

Tunisie : Femmes en révolution… contre le patronat français

Nina Kirmizi et Flora Carpentier

A l’occasion de la venue en France le mois dernier de Sonia Jebali et Monia Dridi, déléguées syndicales UGTT licenciées du site LATelec de Fouchana (Tunisie), une série de rencontres a eu lieu à Paris et Toulouse (où se trouve le siège de Latécoère), pour populariser leur lutte et débattre, notamment sur le thème « Travailleuses et droit syndical. Quels enjeux pour les femmes en Tunisie ? ». Après les avoir rencontrées, nous consacrons à leur combat cet article, qui se veut témoignage et piste de réflexion pour organiser la riposte.

Décembre 2010, à Fouchana, l’usine LATelec, du groupe français Latécoère, sous-traitant de l’aéronautique, entre en grève. Les 400 ouvrier-e-s – à 90% des femmes – ont décidé d’en finir avec les abus qu’elles subissent : salaires indignes, heures supplémentaires obligatoires non payées, humiliations et harcèlement sexuel. A quelques semaines de la chute de Ben Ali, au cœur du processus révolutionnaire, ces ouvrières entament alors un combat contre une des figures de l’impérialisme français en Tunisie. Elles en appellent aujourd’hui à la solidarité, y compris des travailleurs que LATelec continue à exploiter en France, pour combattre ensemble le chantage auquel les soumet la direction. Contestation de la dictature patronale dans l’usine, cette lutte est aussi le miroir d’une contestation du régime qui, sous Ben Ali comme aujourd’hui, continue de servir les intérêts du patronat étranger, et notamment français. En 2005, LATelec, filiale du groupe Latécoère, entreprise française de (…) Lire la suite »

Médias : retour sur un « printemps »

Ahmed HALFAOUI

Il y a à peine deux années la presse mondialisée était à l’affût du moindre frémissement de la rue chez les Arabes et assimilés. Il suffisait que quelques dizaines de personnes se rassemblent pour qu’y soit vu le début d’un " printemps " dévastateur pour le gouvernement concerné.

La fébrilité était à son comble. A tel point que l'essentiel des moyens à l'international, reporters, équipe et matériels de tournage, était braqué sur la région. Depuis, il s'en est passé des choses, la fièvre et retombée et des foules peuvent s'égosiller sans que soit dépêché le moindre photographe. Peut-être que si, mais pour faire dans le service minimum. Pas plus. Plus question de s'exciter sur un "changement" en marche ou une explosion populaire vouée à se transformer en "révolution". C'est ainsi, que les Marocains ont pu manifester par milliers à Rabat, sans que le bruit qu'ils ont fait ait fait conclure au pire. En Tunisie, la partie de bras de fer qui se joue entre le pouvoir en place, détenu par les Frères d'Enahdha et l'opposition ne donne pas non plus beaucoup de grain à moudre aux rédactions jadis "printanières". Absence de visibilité ou modification des données de base, le constat est là. Le "printemps" n'est plus un concept porteur que l'on peut appliquer aux (…) Lire la suite »

Liberté pour Jabeur MAJERI * : Monsieur le Président Moncef Marzouki, la Liberté d’opinion est une et indivisible !

Salah HORCHANI

Que la fête d’Aïd-el-Kébir 2013, prévue pour le 15 octobre, puisse devenir la fête de la Liberté pour Jabeur MEJRI !

Monsieur le Président, vous avez déclaré, hier mercredi 25 septembre 2013, devant le Council on Foreign Relations américain, en marge de votre séjour aux États-Unis d’Amérique, à l’occasion de la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, la Phrase de la honte de ce séjour, à savoir : « Je suis très choqué par l'affaire Jabeur MAJERI et par sa condamnation à sept ans de prison, mais, d'un autre côté, il faut tenir compte du fait que la société tunisienne est conservatrice et a ses traditions »**. Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire que la Liberté d’opinion est une et indivisible, que votre conviction de la conditionner à des considérations sociétales et identitaires constituent le premier pas vers la discrimination et l’apartheid et que cette phrase est indigne de vous, vous dont le combat d’antan pour les Droits humains a fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui, et injuste envers la société tunisienne, société universellement reconnue comme (…) Lire la suite »