Il existe en Tunisie, qui marquait hier le troisième anniversaire de l’immolation de Mohamed Bouazizi, des désenchantements divers qu’il ne faut pas confondre. Entre l’impatience sociale, très compréhensible, des déshérités du pays profond et les gesticulations d’une bourgeoisie anti-islamiste qui se voit « européenne », on n’est pas dans les mêmes mondes, ni dans les mêmes demandes. Seul un jeu politicien factice où des gauchistes côtoient des haut-bourgeois qui se prennent pour le « Che » a tenté, sans réussir, de les rassembler.
Nous avons vécu, cette semaine, sur le plan planétaire, un évènement exceptionnel, qui restera gravé dans la mémoire universelle, et un évènement récurrent, tout en étant important, qui restera, aussi, gravé dans cette mémoire, compte tenu des coïncidences dont seule l’Histoire possède le secret.
Sur la petite photo du lien [8], on aperçoit Noureddine Khadmi, ministre de la République, un des importants maîtres d’œuvre de l’islamisation rampante de l’État, dans les bras d’Abou Iyadh al-Tounsi (nom de guerre pris dans les camps djihadistes d’Afghanistan et du Pakistan, de son vrai nom Seif-Allah Ben Hassine), Chef du mouvement salafiste djihadiste tunisien Ansar ach-Sharia, maître d’œuvre présumé d’assassinats politiques et d’exécutions terroristes post-Révolution en Tunisie. Et dire que ce ministre-prédicateur-djihadiste est toujours ministre !
La vraie question qui se pose : s’agit-il d’un budget de l’État ou plutôt d’un budget de provocation ? Une loi de Finances est censée tirer des leçons de l’expérience passée, proche et lointaine. L’État ne fait que dépenser. Le train de vie de l’Administration est scandaleux : un président qui gagne personnellement plus de 30 milles dinars et dépense plus de 70 Millions de DT pour le fonctionnement de la présidence pousse le peuple à la révolte et à la désobéissance sans parler des salaires des ministres et des députés de l’ANC.
Les femmes et les hommes compétents, patriotes, capables de redresser le pays sur une base démocratique ne manquent pas ! Les vieux routards de la politique tunisienne doivent comprendre cette donnée essentielle, sinon, la loi devrait écarter ces gens assoiffés de pouvoir et des avantages inhérents.
A l’occasion de la venue en France le mois dernier de Sonia Jebali et Monia Dridi, déléguées syndicales UGTT licenciées du site LATelec de Fouchana (Tunisie), une série de rencontres a eu lieu à Paris et Toulouse (où se trouve le siège de Latécoère), pour populariser leur lutte et débattre, notamment sur le thème « Travailleuses et droit syndical. Quels enjeux pour les femmes en Tunisie ? ». Après les avoir rencontrées, nous consacrons à leur combat cet article, qui se veut témoignage et piste de réflexion pour organiser la riposte.
Il y a à peine deux années la presse mondialisée était à l’affût du moindre frémissement de la rue chez les Arabes et assimilés. Il suffisait que quelques dizaines de personnes se rassemblent pour qu’y soit vu le début d’un " printemps " dévastateur pour le gouvernement concerné.
Que la fête d’Aïd-el-Kébir 2013, prévue pour le 15 octobre, puisse devenir la fête de la Liberté pour Jabeur MEJRI !