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Thème : Tunisie

Sur les dernières taqiyâneries de Rached Ghannouchi dites à Al Jazeera

Salah HORCHANI

Je traduis ci-dessous quelques extraits de l’entretien que Rached Ghannouchi a accordé à la chaîne qatarie Al Jazeera [1] , le lundi 7 décembre 2015, et j’invite le lecteur à y chercher les contradictions et les taqiyâneries *.

Rached Ghannouchi : Ennahdha est un parti islamique, Ennahdha est un parti moderniste, Ennahdha est un parti tunisien patriote (...) Ennahdha, par la force de sa genèse, est un mouvement islamique, par la force de ses activités et le rôle qu’il joue aujourd’hui, est un mouvement politique (...) Nous ne courons pas derrière le pouvoir, nous avons fait l’expérience du pouvoir et Ennahdha ne court pas pour gouverner le pays tout seul (...) Ennahdha ne court pas pour être au premier rang pour gouverner . Question du journaliste : À l’avènement du printemps arabe, le premier sujet soulevé fut celui de l’Islam politique et il est apparu que ce sont les Frères musulmans, et les islamistes en général, qui vont diriger la région. Aujourd’hui, après cinq ans, les choses ont changé (...) Donnez-nous Cheikh Rached [Ghannouchi] votre évaluation des expériences des partis islamistes dans la région et, plus précisément, dites-nous où ils se sont trompés et qu’est-ce qu’ils devraient faire (…) Lire la suite »

Traité de Washington : la Tunisie en marche vers la « Qata-risation » …

Mustapha STAMBOULI

Le traité de Washington nous ramène-t-il au statut de territoire autonome comme en 1955 … ?

Le mémorandum d’entente de Washington signé le 20 Mai dernier par l’agent du NED serait-il une version light du traité du Bardo et une amorce pour l'implication directe de l’Oncle SAM dans les affaires de notre pays à travers ses séides et agents du NED. . Tout laisse croire que nous ne sommes pas loin des conventions de la Marsa... La Tunisie tombe dans les bras de l’oncle SAM. Pourquoi les politiques ont-ils trahi la souveraineté nationale ? Pourquoi le Front populaire se tait-il sur la signature du mémorandum d’entente avec les Etats Unis ? Serait-il d’accord comme tous les partis politiques sur la démarche des deux gourous - à savoir rentrer dans le club atlantiste pro-sioniste ? La même question peut être posée à l’UGTT. Son silence nous inquiète ... Le consensus national est-il toujours de rigueur ? En tout cas, l’histoire retiendra la trahison de toute la classe politique sans aucune exception : une capitulation en bonne et due forme ... Les appels de reprise des (…) Lire la suite »

Le syndrome de Laurent Gbagbo se confirme chez Moncef Marzouki, ancien président provisoire tunisien

Salah HORCHANI
Remarque préliminaire Le syndrome de Laurent Gbagbo chez Moncef Marzouki est apparu publiquement, pour la première fois, lors de sa campagne électorale quand il a choisi comme slogan "On gagne...ou on gagne ! ", slogan qui fut, tout simplement, plagié sur le titre "On gagne ou on gagne" d’une chanson de propagande (voir vidéo ci-dessous) consacrée au régime de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo. https://www.youtube.com/watch?v=MfcG494pK9Y D’ailleurs, son livre-programme, publié chez Dar Al-Moutawassitya, sentait déjà du Gbagbo dans son titre, à savoir : « On gagne... ou on gagne. Pour un printemps arabe ». Moncef Marzouki s’est distingué pendant toute sa carrière politique par le brandissement des doigts de la victoire, en toute occasion, et, surtout quand il est perdant ! Par exemple, dans la vidéo de son discours de défaite [1] du 23 décembre 2014 sur le balcon de son quartier général de campagne à l’Ariana, le lendemain de sa mise KO par Béji Caid Essebsi, (…) Lire la suite »

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République tunisienne « Qu’avez-vous fait pour la Tunisie depuis votre installation à Carthage ? »

Mustapha STAMBOULI

La Tunisie a besoin d’une dynamique politique exceptionnelle pour nous éviter le chaos. Vous disposez, en tant que président de la République, de tous les leviers de transformation et de modernisation de l’Etat tunisien.

Monsieur le Président, Je me permets de vous interpeller concernant l'état de la Tunisie après un peu plus que 100 jours de votre prise de pouvoir et votre installation dans le palais présidentiel. Tous les progressistes, en particulier les femmes, ont cru que vous étiez l'Homme de la situation pour aider les tunisiens et les tunisiennes à vaincre la fatalité, à sortir la Tunisie de son marasme socio-économique et surtout retrouver le rayonnement régional et international d’autrefois de notre pays. Nous avons pensé aussi que vous alliez restaurer l’autorité de l’Etat et surtout amorcer la transformation de la Tunisie par des réformes fondatrices d’une République juste. Vous n’avez rien fait de tout cela. Vous n’aviez même pas réduit les émoluments du président de la République que nous considérons comme une insulte au peuple tunisien. Comment accepteriez-vous d’être payé à 30.000 dinars alors que le smig n’est que 320 dinars. Qu’avez-vous fait de la loi 2005-88 du 27 (…) Lire la suite »

Grève nationale dans le supérieur en Tunisie : Une lutte massive des jeunes contre l’impérialisme européen !

Guillaume SUING

Analyse du Traité Européen d’intégration de la Tunisie et interview de camarades étudiants tunisiens actuellement en lutte dans les facultés contre ce traité.

Une grève étudiante massive et nationale a démarré en Tunisie au début du mois de janvier dans les écoles publiques d’ingénieurs, dans un contexte post-électoral où le « laïc » Essebsi succède au président des islamistes Marzouki. Cette première lutte à laquelle est confronté le nouveau gouvernement n’est pas liée à cette transition de pure forme mais plutôt à des réformes structurelles imposées par Bruxelles, ratifiées par les islamistes au pouvoir (sur la base d’un Plan d’Action co-élaboré en avril dernier par la Commission Européenne et les islamistes) et qui sera mis en œuvre par le nouveau gouvernement Nidaa Tounes, notamment sur son volet « voie professionnelle et recherche ». Le Plan d’Action 2013-2017 élaboré par la Commission Européenne est un document assez clair sur les intentions de l’impérialisme européen concernant le territoire tunisien et plus largement le Maghreb. « Grâce à la révolution, des perspectives radicalement différentes s’ouvrent aujourd’hui dans les (…) Lire la suite »

FMI, Banque Mondiale, Valls, Fabius...la Tunisie sous les vents mauvais

Abla Merzougui Lahket, François CHARLES
Le FMI veut retrouver son "meilleur élève" Qu'on se souvienne, quelques jours avant le grand chambardement révolutionnaire, en même temps que le gouvernement français de Nicolas Sarkozy voyait toujours en Ben Ali un "Grand Ami de la France", Dominique Strauss Khan, encore patron du FMI, en tournée mondiale, décernait le prix du "meilleur élève du FMI" à la Tunisie du même...Ben Ali ! Quand on connaît les exigences draconiennes imposées par le FMI dans le cadre du "paiement de la dette", on mesure mieux, outre les dérives dictatoriales et odieuses du personnage en lui-même, à quelles conditions de misère extrême le régime contraignait sa population. Aujourd'hui le gouvernement Mehdi Jomaâ, non content de, sans la remettre en cause, "honorer" une dette héritée du clan Ben Ali, donc largement illégitime, s'applique, au contraire, à mettre en oeuvre une politique bâtie sur les mesures d'austérité imposées, comme avant, par les FMI, Banque Mondiale et UE. La mise en musique de (…) Lire la suite »

Présidentielles tunisiennes : un troisième tour s’impose !

Mustapha STAMBOULI

L’élection du président de la République au suffrage universel direct constitua une victoire du camp des républicains et des démocrates sur le camp islamiste lors de l’établissement de la nouvelle Constitution. Ce mode de scrutin consacrera la rencontre d’un homme et d’un peuple. Certains veulent porter atteinte à cette victoire en la rendant illisible par la multiplication des candidatures. Pire, les islamistes veulent imposer un candidat consensuel afin de vider les élections de tout sens et de neutraliser le verdict populaire, un complot contre la démocratie et le peuple tunisien au vu et au su de tout le monde.

Nous décomptons à ce jour quarante-cinq candidats pour les prochaines élections présidentielles. Faut-il se réjouir ou s’inquiéter de cet état de fait ? Est-ce un signe de bonne santé de notre jeune démocratie ? Cette ruée sur Carthage est-elle spontanée ? Ou faut-il croire à la manipulation intérieure et/ou extérieure ? Qui pourrait agir masqué derrière cette inflation de candidatures à deux chiffres ? Le gourou islamiste tire-t-il les ficelles afin de passer en force son concept de candidat-président consensuel ? Le petit qatari s’activerait-t-il en coulisses pour multiplier les candidatures et faire passer son candidat favori – l’actuel occupant de Carthage ? Les Etats Unis et les européens peuvent-ils être impliqués dans cette mascarade de course à la « Maison Blanche tunisienne » en vue de faciliter la candidature de Mehdi Jomaa, l’actuel locataire provisoire de la Kasbah ? Que de questions et d’interrogations sur cette « marche forcée » sur Carthage. Ces 45 candidats (…) Lire la suite »

Trilogie de sauvetage de l’Enseignement supérieur tunisien

Salah HORCHANI

« Un projet (…) ne peut réussir que s’il devient une urgence, une priorité, une "évidence nationale" » [1].

1. Une exception post-Révolution de L’Enseignement supérieur tunisien Dans l’euphorie des premiers mois après la victoire de la Révolution de Jasmin et quelques mois avant l’établissement (qui fut heureusement provisoire) du pouvoir islamiste, les universitaires tunisiens ont vu réaliser une de leurs revendications déjà posées depuis plusieurs décennies, à savoir la généralisation de l’élection de tous les Présidents des universités et Directeurs des établissements de l’Enseignement supérieur (désignés dans ce qui suit par Directeurs), alors que ce principe n’était appliqué jusqu’alors que dans les Facultés, soit dans moins de 10 % de la carte universitaire global. C’est une véritable révolution, nécessaire à la promotion des valeurs de la bonne gouvernance et de la démocratie dans la sphère universitaire, qui fut concrétisée par le Décret-loi n°31-2011 du 26 avril 2011 et le Décret n°683-2011 du 09 juin 2011 et qui va probablement avoir des répercussions dans d’autres pays, car, (…) Lire la suite »

Tunisie – Aujourd’hui, 24 avril 2014, "jeudi noir" pour le Musée du Bardo

Salah HORCHANI
Les agences de presse et les spots publicitaires nous ont informé que la marque "Tunisiana" va disparaître au profit d’"Ooredoo", nom de son propriétaire, la méga-société de télécommunication qatarienne *. L’annonce officielle de cette disparition va se faire, en grandes pompes, aujourd’hui jeudi 24 avril 2014, dans l’enceinte du Musée du Bardo** ( le plus grand et le plus prestigieux musée tunisien, toutes catégories confondues, l’équivalent du Musée du Louvre). Ainsi, aujourd’hui, les pétromachins de la famille régnante d’un pays dont la superficie est, approximativement, égale à celle du département de la Gironde, un pays créé en 1971, dénommé autrefois « Terre oubliée d’Allah, un pays où la Sharia règne en Loi fondamentale avec toutes ses implications inhumaines d’un autre âge, un pays rabat-joie des Printemps arabes, un pays financier de l’Internationale Islamiste, y compris sa branche djihadiste, un pays de l’apartheid, pour ne pas dire de l’esclavage moderne, comme l’ont (…) Lire la suite »

CMLA*-Texte intégral de l’allocution de Habib Kazdaghli, à l’issue de sa consécration "Doyen Courage"

Salah HORCHANI

Je remercie toutes les personnalités du monde universitaire qui ont estimé que je méritais ce prix ô combien symbolique. C’est un prix qui dépasse ma modeste personne même si, personnellement, je suis fier de l’accepter et le recevoir.

J’interprète cette récompense comme un hommage à la Tunisie moderne qui a misé sur le savoir, sur l’ouverture, sur le progrès et sur la liberté de la femme, à l’école et à l’Université tunisienne qui ont mis en œuvre le projet moderniste et réformiste tunisien dont le collège Sadiki, une institution scolaire prestigieuse fondée en 1875 et qui a formé l’élite qui a permis à la Tunisie d’accéder à l’indépendance et de fonder un Etat moderne. C’est un présent offert à la société civile, aux femmes de Tunisie, à la jeunesse tunisienne instruite, mais qui est restée marginalisée et au chômage. Grâce à la mobilisation et à la vigilance de cette jeunesse, la Tunisie a pu élaborer, certes avec beaucoup de retard mais aussi avec beaucoup de panache, une Constitution qui reste, en dépit de quelques ambiguïtés, fidèle au projet réformiste et moderniste tunisien et qui a été saluée comme un exemple à suivre pour les pays où la démocratie est en gestation. C’est aussi un cadeau qui (…) Lire la suite »