RSS SyndicationTwitterFacebook
Rechercher
Thème : Colonialisme

Un monde plus trop bucolique, champ de bataille pour les corporations

Colonialisme en Amérique du Sud : Le cas édifiant du Honduras…

Anne Wolff

« Mais, me disent certains, pourquoi le Honduras ? » Oui, pourquoi ce petit pays dont l’histoire depuis les débuts de la colonisation ne cesse de rebondir de tragédie en tragédie, toujours en pire. Pour des raisons personnelles, d’une part, qui ont à voir avec mon respect pour les résistants indigènes, garifuna et autres combattants honduriens pour un monde communal, pour un projet paysan, à échelle humaine, et qui portent ce projet avec une détermination, une intelligence, un courage et surtout une grande générosité que les épreuves, dont font partie la terreur, les tortures, les meurtres sélectifs ou non, confirmant cette belle assertion du mouvement zapatiste : « Il faut beaucoup d’amour pour faire une révolution », ne parviennent pas à briser.

« Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place. » Les raisons personnelles ne sont qu’une petite partie de l’explication, le Honduras est au cœur de la lutte contre le pouvoir des corporations transnationales, le principal laboratoire actuel de la dictature transnationale sous couverture de démocratie, sous sa forme la plus avancée. C’est à la continuation de cela que s’oppose le Front national de Résistance Populaire et sa branche électorale LIBRE. Actuellement nul gouvernement au monde ne propose un projet paysan. Hugo Chavez a certainement été celui qui avait poussé le plus loin un programme de souveraineté alimentaire fondé dans l’agriculture paysanne et l’aide au petit artisanat, dans un pays libre d’OGM et où les gardiens des semences facilitent la reproduction et la mise en circulation des semences locales, toutes formes de royalties étant interdites. Nous devons donc évaluer les pays, les gouvernements, les régimes en termes d’espaces de liberté plus ou moins (…) Lire la suite »

Libérer des prisonniers ne doit pas être un prétexte pour renforcer la colonisation de la Palestine (Al-monitor)

Clovis Maksoud

Les nouvelles annonçant qu’Israël a libéré 26 prisonniers palestiniens aujourd’hui 30 octobre, ont été accompagnées d’une annonce par le ministère israélien de l’Intérieur, du projet de construction de 1500 logements à Ramat Shlomo, une colonie en Cisjordanie occupée qu’Israël considère comme faisant partie de Jérusalem.

Alors que les familles palestiniennes accueillaient les prisonniers libérés, le porte-parole de l’ex-président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, déclarait que la décision de renforcer la colonisation était « destructrice pour le processus de paix. » Mieux vaut tard que jamais... Pour renforcer cette déclaration, Abbas, lors de l’accueil des prisonniers libérés, a déclaré : « Les colonies sont vides, vides, vides. » Soit Abbas est dans le déni de la réalité, soit son porte-parole a décrit les effets de la décision israélienne comme il le fallait. Il n’est pas supportable que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu profite de chaque libération de prisonniers, pour faire construire des tranches supplémentaires de colonies ! La question est de savoir si le secrétaire d’État américain John Kerry était au courant de cette transaction entre la libération des prisonniers et de nouvelles constructions dans les colonies. S’il n’y a pas eu de combine entre Kerry et (…) Lire la suite »

Les Africains ont oublié d’éduquer les Européens à accepter que l’esclavage était terminé

Jean-Paul POUGALA

« Il y a une confusion délibérément organisée par des organisations de pays occidentaux pour intimider les Africains souhaitant accumuler des actifs et accéder à la richesse. C’est ainsi que, d’une façon générale, il se crée l’idée que l’homme africain riche est corrompu ou doit être soupçonné de corruption » (Dos Santos).

En France il existe une lois interdisant la publication des patrimoines des citoyens. Contrairement à l'Italie, par exemple, aucun juge français n'a le droit de mettre son nez dans le revenu ou le train de vie justifié ou non de certains citoyens, sauf s'il est saisi par l'Administration fiscale. Cette règle est impunément violée dès lors qu'il s'agit de chef d'État africains, le jour où ils ont cessé d'être dociles et qu'on veut détruire. La prochaine fois, avant de vous faire manipuler et relayer les propagandes anti-africaines, demandez-vous pourquoi ces mêmes organisations qui parlent des mêmes 3 chefs d'État africains : Bongo, Sassou et Obiang ne touchent jamais les dignitaires Qatari, les Koweitiens ou les saoudiens qui en France, ne cachent même pas l'opulence de leur train de vie ? On a comme l'impression que cette chasse à l'homme démarre depuis le jour où ces chefs d'État ont mis le cap sur Pékin, et que c'est tout le pré-carré français en Afrique qui s'est effrité (…) Lire la suite »

Le legs cancéreux du colonialisme français

M’hamed Rebah

Des prisonniers de guerre algériens avaient été utilisés comme cobayes durant les expériences nucléaires françaises au Sahara sous domination coloniale...
Et il est utile de rappeler que le gouvernement français avait procédé à six essais nucléaires au Sahara.

En 1985, le très beau film documentaire historique (en 35 mm) « Algérie, combien je vous aime ! », réalisé par le regretté Azzedine Meddour (décédé le 16 mai 2000), était diffusé par la Télévision algérienne et obtenait un grand succès dans notre pays avant d’atteindre la consécration internationale avec le 1er prix du Festival américain du film à New York, section « Perspective ». Le cinéaste, en 105 minutes, avait réussi à dresser un tableau du colonialisme dans notre pays à partir d’images d’archives, admirablement servi par le commentaire d’Abdelkader Alloula (qui sera assassiné le 10 mars 1994). Mais surtout, sur la base de témoignages directs, Azzedine Meddour avait révélé pour la première fois au grand public le lourd tribut payé par l’Algérie pour que la France fasse ses premiers pas dans l’aventure nucléaire. Des prisonniers de guerre algériens avaient été utilisés comme cobayes durant les expériences nucléaires françaises au Sahara sous domination coloniale. Plus (…) Lire la suite »

L’abstention britannique en Syrie : C... comme Cameron, comme Chirac

Fida DAKROUB

Exciter les groupes ethniques et religieux les uns contre les autres, les Arabes contre les Persans, les Kurdes contre les Arabes, les musulmans contre les chrétiens, les sunnites contre les chiites, utiliser l’un pour opprimer l’autre, et veiller ainsi au maintien de leurs intérêts stratégiques à l’Orient et au pillage des ressources naturelles et pétrolières de la région ; tels furent l’art et l’œuvre des puissances occidentales et de leurs consuls et diplomates au Proche-Orient depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours.

Généralités Nous étudierons dans un premier temps les parallèles entre l’abstention britannique d'intervenir militairement en Syrie et l’abstention française de participer à l’invasion de l’Irak en 2003. Dans un second article, nous aborderons les implications des découvertes de gaz et de pétrole en Méditerranée, entre Chypre, la Syrie, la Turquie, la Grèce le Liban et Israël. Dans un troisième article, nous analyserons les rapports de force établis dans la région au lendemain de la défaite d’Israël à la deuxième guerre du Liban en 2006. L’abstention de la Grande-Bretagne de l’intervention militaire en Syrie Aujourd’hui, il nous semble que la Grande-Bretagne se soit distinguée, à cet égard. Pour ne considérer que les deux dernières semaines, le Parlement britannique rejeta une motion présentée par le premier ministre David Cameron qui défendait le principe d’une intervention militaire en Syrie, sous prétexte d’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne : « Il est clair que le (…) Lire la suite »

La Bataille du voile

Frantz Fanon

Frantz Fanon a abordé sous le titre de la bataille du voile, l’enjeu central constitué par le thème du dévoilement des femmes algériennes durant la domination coloniale française. Le voile des femmes était considéré comme le symbole par excellence de la nature rétrograde de la société algérienne et la colonisation présentée comme une mission de civilisation qui se donnait pour objectif premier de libérer les algériennes du patriarcat arabo-musulman dont elles étaient victimes en les dévoilant.
Avec le voile, les choses se précipitent et s’ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l’observateur « Celle qui se dissimule derrière le voile. » Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie.

La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité d’un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n’est pas la conséquence d’une intuition fortuite. C’est à partir des analyses des sociologues et ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. A un premier niveau, il y a une reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes, (…) Lire la suite »
23 

Henri Alleg et la dignité humaine  : les tortionnaires en "question"

Chems Eddine CHITOUR
« J'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours » - Henri Alleg, dans « La Question » Henri Alleg est mort mercredi en France à l’âge de 92 ans. Sous la plume de Charles Silvestre, nous lisons ce bref rappel du parcours de ce révolutionnaire hors pair : « Connu sous le nom d'Henri Alleg, qu'il avait pris lors de son passage dans la clandestinité pendant la Guerre d'Algérie, Harry Salem est mort le 17 juillet à Paris. Dans son livre La Question qui reste un document majeur sur la torture, il avait témoigné sur les sévices qu'il avait subis, en 1957, entre les mains des parachutistes français. Il faut imaginer la scène : Alleg recroquevillé contre le mur, à moitié groggy. Le para a fait le « boulot » : gégène, étouffement par l'eau, brûlures... : « Vous pouvez revenir avec votre magnéto [générateur d'électricité], je vous attends : je n'ai pas peur de vous. » (1) « Journaliste depuis 1950, Alleg connaît son Algérie où depuis longtemps, (…) Lire la suite »

Centenaire de la naissance d’Aimé Césaire : le Discours sur le colonialisme toujours d’actualité

Chems Eddine CHITOUR

On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées (...) Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse et à la sagesse.
Aimé Césaire Discours sur le colonialisme

Martiniquais mais universel, révolté mais humaniste, homme politique mais toujours libre. Elève du lycée Louis-le-Grand en 1935, il entre à Normale Sup. Agrégé de lettres, il enseigna au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France et a eu pour élèves, entre autres, les écrivains Édouard Glissant (1928-2011) et Frantz Fanon (1925-1961). Le centenaire de la naissance d'Aimé Césaire, le 26 juin, a donné lieu à des hommages à travers le monde pour saluer le poète décédé en 2008, dont l'aura ne cesse de croître. François Hollande a rendu hommage, mercredi dernier, matin, au Panthéon, au poète et homme politique martiniquais, Aimé Césaire. Descendant dans la crypte il y dépose une gerbe de fleurs devant la plaque dédiée à l'écrivain, chantre de la négritude. Le minimum syndical a été ainsi octroyé à un géant de la pensée au XXIe siècle, mais à qui on a refusé l'Académie française... Le compagnonnage avec le Parti communiste français On a tout dit de Césaire le poète, Césaire l'homme (…) Lire la suite »

Les déportés Algériens en Nouvelle-Calédonie : Un combat, une mémoire et une fierté

DIVERS

Des descendants d’Algériens déportés par la France coloniale vers la Nouvelle-Calédonie dès la fin du 19ème siècle, ont raconté toute la souffrance, physique et morale, vécue par leurs aïeuls en terre d’exil dans le Pacifique, lors d’une rencontre organisée, samedi à Alger, dans le cadre de l’exposition “Mémoire et réalisations” du ministère des Moudjahidine.

La rencontre, modérée par les historiens Mohamed El-Korso et Daho Djerbal, était un moment fort en émotions transmises par des témoignages poignants, empreints à la fois de mélancolie, de nostalgie mais beaucoup de fierté. La fierté d’avoir des racines émanant d’un pays dont le peuple n’a jamais accepté l’humiliation et toujours défendu sa dignité. La peur de l’inconnu, le mal du pays, les conditions difficiles de la traversée de l’océan, l’affreux sentiment de solitude, la faim, la nudité, à savoir la maltraitance dans toutes ses dimensions, ont été évoqués par les intervenants pour dire toute la “situation déshumanisante” imposée à ces Algériens condamnés à un exil définitif et dont le nombre avoisinait les 2.000. Parler des déportés Algériens et d’autres pays maghrébins en Nouvelle-Calédonie est un devoir de mémoire et une manière de dénoncer le processus colonial qui visait à déraciner des peuples et effacer leurs repères familiaux, se sont accordé à dire les participants à (…) Lire la suite »

La colonisation française de l’Afrique

René Vautier
Premier film anticolonialiste de l'hexagone, interdit pendant plus de quarante ans, cet efficace pamphlet contre le colonialisme en Afrique noire valut à son auteur treize inculpations et une condamnation à un an de prison. C'est l'après-guerre. L'Europe s'est reconstruite. Tout marche pour le mieux dans les « colonies-modèles » où la République française mène ses pupilles d'une main maternelle vers les lumières de la raison et du progrès. Tout le monde, pourtant, n'est pas de cet avis. Sur une proposition de la Ligue française de l'Enseignement, René Vautier part filmer les conditions de vie dans les villages des colonies françaises d'Afrique occidentale (Côte-d'Ivoire, Haute Volta, Sénégal, Soudan français — actuel Mali). Sur place, il décide de témoigner d'une réalité non commandée ; sans la permission des autorités françaises, il tourne ainsi le premier film anticolonialiste français consacré à l'Afrique noire. Lire la suite »