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Thème : Colonialisme

La Belgique mène encore la danse au Congo

David CRONIN

Après avoir vécu 18 ans en Belgique, il m’a paru opportun de me pencher sur son passé colonial qui est peut-être encore son présent. Mes recherches n’en sont qu’à leur début, mais une chose est évidente : les hauts responsables belges se comportent encore comme s’ils tiraient les ficelles au Congo.

L’hebdomadaire Marianne vient de publier les noms de 10 personnes impliquées dans l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier des premiers ministres congolais depuis. Cette liste, établie par les membres de la famille Lumumba dans le cadre d’une plainte en justice déposée à Bruxelles il y a deux ans, comporte le nom d’Étienne Davignon, ancien membre de la Commission européenne et membre du groupe de Bilderberg, cercle restreint en faveur de la globalisation des marchés. Davignon travaillait au ministère belge des Affaires étrangères à l’époque de l’assassinat de Lumumba et transmit alors un télégramme recommandant la « mise à l’écart » du premier ministre. Aujourd’hui octogénaire, Davignon reste un lobbyiste de haut vol du milieu des affaires. Sa présence sur la liste établie par les héritiers de Lumumba m’a amené à voir si ses activités commerciales actuelles avaient encore à faire avec le Congo. La réponse est manifestement : oui ! Davignon est répertorié par le Business Week (…) Lire la suite »

Il ne reste maintenant aux Palestiniens que 8% de la Palestine historique

ISM

De nouvelles données statistiques publiées par le Centre de recherche sur la terre (Land Research Centre - LRC) montre que les Palestiniens ne possèdent maintenant que 8 pour cent de la Palestine historique.

Le LRC est affilié à l'Association d'études arabes à Jérusalem. Lors d'une conférence de presse tenue à Ramallah, il a annoncé la publication de son dernier Livre de l'Année, dans lequel il documente les violations israéliennes des droits palestiniens concernant les terres et les maisons. L'ouvrage est publié en anglais et en arabe. Le directeur du LRC, Jamal Al-Emla, a décrit 2012 comme "l'année des colonies", en référence à l'aggravation massive de l'expansion coloniale par les autorités d'occupation. En s'appuyant sur des photos, des graphiques et des cartes, il démontre que la superficie de Palestine historique appartenant aux Palestiniens n'a cessé de se réduire depuis le Mandat britannique jusqu'à l'an dernier. Ils ne possèdent maintenant que 8% de leur propre pays. Cette atrophie, affirme Al-Emla, est due au nettoyage ethnique des Palestiniens par Israël, aux expulsions et aux confiscations de leurs terres suivies par leur colonisation par les colons juifs. "L'occupation (…) Lire la suite »

Les églises canadienne et écossaise prennent des sanctions contre la colonisation israélienne

DIVERS

La United Canadian Church, qui regroupe 2 millions de Protestants, vient d’annoncer sa décision de prendre des sanctions contre 3 firmes israéliennes : Keter Plastic, SodaStream et Ahava, qui opèrent dans les colonies illégales en Palestine occupée.

En ce même mois de mai, l’Église d’Écosse a publié un rapport au vitriol contre Israël. Cette annonce fait suite à la décision prise l’an dernier par cette Congrégation de boycotter les produits des colonies exportés par Israël, la colonisation étant jugée comme "le principal obstacle à la paix dans la région". L'Église annonce qu’elle va désormais s’adresser à tous les commerçants canadiens pour leur "demander que ces produits ne fassent plus partie de leurs rayons" et les consommateurs seront invités à mener des actions s’ils constatent que ces produits sont encore en vente. En France, ces responsables religieux seraient sans doute convoqués par la justice sur les ordres de Madame Taubira ! Une annonce qui vient juste après celle de l’Église d’Écosse qui a réaffirmé en assemblée générale, ce mois de mai, sa condamnation de l’apartheid israélien, du nettoyage ethnique des Palestiniens. Dans un rapport rendu public, l’Église d'Écosse a mis en garde les Chrétiens, en (…) Lire la suite »

50e anniversaire de l’UA. L’unité africaine à l’épreuve des Africains.

Hervé Amani

« Le grand dessein des intérêts impérialistes est de renforcer le colonialisme et le néocolonialisme et nous nous tromperons nous-mêmes de la façon la plus cruelle, si nous devons considérer que les actions des Occidentaux sont distinctes et sont sans rapport entre elles », avait prédit N’Krumah.

Par un concours de circonstance, j’ai lu dans le même temps le discours prémonitoire de Kwamé N’Krumah prononcé le 23 septembre 1963 à Addis Abéba devant l’Assemblée de l’OUA à l’ouverture du sommet et un papier de la dépêche diplomatique datée du vendredi 22 février 2013 écrit par Jean Pierre Béjot et publié par le faso.net avec pour titre « Laurent Gbagbo en meilleure posture à La Haye que comme Président de la République à Abidjan ». Laurent Gbagbo selon Béjot Le texte de Pierre Béjot dénote une singulière connaissance du président Laurent Gbagbo. Tel qu’il dépeint « son » personnage, il faut croire que Gbagbo a usé d’un « fétiche » particulièrement efficace pour entraîner les Ivoiriens dans une aventure aussi longue, cinq ans de pouvoir, plus cinq ans « volés » pour paraphraser Béjot ; contre le gré de cette « puissante communauté internationale » ; laquelle a été surprise de le constater au pouvoir et qui a dû utiliser les grands moyens pour le déloger de la résidence du (…) Lire la suite »

Comment comprendre le vote de l’ONU qui met la Polynésie sur sa liste des territoires à décoloniser ?

Christian DELARUE

Justifions cet essai difficile : Il devrait y avoir un désir de comprendre cela, ce vote. Or ce désir est étouffé par un implicite qui dit grosso modo : « il s’agit d’une décision stupide ». De ce fait on manque d’informations pour comprendre. Ce qui apparait sur le web, décline la même info : les indépendantistes sont minoritaires donc cette décision de l’ONU ne tient pas. Je suis de ceux qui sont en ce cas plus curieux, bien que largement ignorant - il faut le dire - de la situation d’un territoire si loin et si hétérogène.

Sauf à se payer de jolis mots, le caractère « français » de la Polynésie ne doit pas être si évident qu’on le dit sur toutes les îles. La Polynésie « française » ne se résume pas à Papeete (1), qui dispose comme toute capitale, d’institutions administratives et para-administratives « françaises », avec drapeau français et tout un univers formel qui renvoie à la France « française ». Il y a de nombreuses îles, celles habitées, ou ce caractère français, sans même parler de la langue, n’est pas évident. Sauf à penser qu’il s’agit d’une essence éternelle. Surtout, le fait républicain n’est pas évident non plus car il ne semble pas y avoir de RMI en Polynésie Française et pas plus d’impôt sur le revenu ni d’impot sur la fortune. Si ce non droit est à préciser sur l’IR notamment (2) et – mes sources n’étant pas sûres – on a bien là une situation de mépris social digne d’une colonie. Ajoutons aussi le régime des 39 heures hebdomadaires de travail salarié au lieu des 35 heures pour le (…) Lire la suite »
Vous reprendrez bien quelques « miettes du banquet » ?

Impérialisme : Le combattre ou en être complice ?

Jean-Pierre DUBOIS

Le combat anticolonialiste n’a jamais fait recette en France.
Cela tient sans aucun doute au conditionnement idéologique (souvent raciste) que la bourgeoisie a su mettre en oeuvre pour convaincre l’opinion du bien-fondé de la constitution et de la conservation d’un empire colonial.

Cela tient aussi au fait, moins reconnu, que les forces impérialistes - toutes à leurs conquêtes territoriales et désireuses de s'assurer la paix sociale à domicile - ont fait en sorte qu'une fraction non négligeable de la population française bénéficie d'une partie de la rente coloniale. Dès la fin du XIXème siècle, Engels observait avec consternation comment la classe ouvrière anglaise s'était ralliée à la politique coloniale de son État. En 1858, il notait que celle-ci s'embourgeoisait de plus en plus et que cela lui semblait « logique » dans la mesure où leur nation exploitait « l'univers entier ». [1] Les ouvriers anglais jouissaient « en toute tranquillité […] du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial », ajoutera-t-il, plus tard. En 1902, c'est John Atkinson Hobson qui observe que les Etats qui possèdent des colonies peuvent à la fois enrichir leur classe gouvernante et corrompre leurs classes inférieures, « afin qu'elles se tiennent (…) Lire la suite »

Jacques Frémeaux, Les empires coloniaux dans le processus de mondialisation

Guy Pervillé

Ce compte-rendu du livre de Jacques Frémeaux, Les empires coloniaux dans le processus de mondialisation, Editions Maisonneuve et Larose, Paris, 2002, 389 p., est paru dans la revue Historiens et géographes, n° 382, mars 2003, p. 561. Un ouvrage indispensable pour mieux comprendre les guerres actuelles...

Cet ouvrage de Jacques Frémeaux, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Paris IV, est une synthèse comparative des connaissances acquises sur les empires coloniaux des États ouest-européens (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Belgique, Portugal, Espagne et Italie) dans l'entre-deux-guerres, c'est-à -dire au moment de leur fragile apogée. L'auteur s'appuie très largement sur le savoir des experts coloniaux de l'époque, en le resituant dans une perspective historique éclairée par les événements postérieurs. Suivant un plan très méthodique, il approfondit tous les aspects de son sujet (définition et formation des empires coloniaux, tour d'horizon géographique, organisation et structures politiques, structures économiques, les populations indigènes, européennes, et autres, le fonctionnement social, les phénomènes d'acculturation, le gouvernement des indigènes, le nationalisme et les réformes, la montée des périls...), et fournit une masse de données précises sur chaque (…) Lire la suite »

Après les " pourquoi " : comment s’opposer à l’intervention au Mali

Mauris DWAABALA

On peut toujours rêver : c’est-à -dire essayer de définir ce que pourrait être une position démocratique, aux antipodes de la politique d’un chef de guerre et de ses lieutenants.

Une position sur la guerre au Mali ne peut se borner à une approbation ou une simple opposition de principe. Les hésitations Un. On peut être contre l'intervention ou sentir, au moins, qu'il y a quelque chose de « pas très clair » dans les justifications officielles, et cependant ne pas avoir envie de voir le fondamentalisme se répandre et s'installer davantage, que ce soit en Afrique ou ailleurs. S'opposer à l'intervention, dit-on alors en substance, équivaudrait à rester inactifs devant la menace fondamentaliste. Deux. Ou alors soutenir que parce qu'en aucun cas un pyromane ne peut éteindre le feu qu'il a allumé, nous devons condamner l'intervention française au Mali. Y a-t-il plus d'angélisme dans les suggestions qui vont suivre pour que cette deuxième voie ne reste pas celle d'un pacifisme passif, que de candeur dans la première ? A chacun de décider. Quelques principes de base Premièrement, pour combattre le fondamentalisme, il faut commencer par s'attaquer à de (…) Lire la suite »

Vigné d’Octon et les crimes coloniaux de la République

Jean-Pierre DUBOIS

A un moment où l’armée française nous rejoue sans gloire la prise de Tombouctou, le moins qu’on puisse faire est de rappeler comment, à une autre époque, d’autres soldats de la République ont martyrisé cette région d’Afrique.

Paul Vigné d'Octon, médecin de la Navale, affecté au Sénégal puis en Guinée dans les années 1880, en a été le témoin révolté. En 1885, il accompagne une colonne d'infanterie de marine chargée de consolider le contrôle de la France sur la région des Rivières du Sud (Guinée actuelle) alors divisée par des rivalités entre deux chefs locaux. La mission est d'appuyer un camp contre l'autre en supprimant trois villages et en faisant disparaître leurs chefs. Les villages sont effectivement brulés et leurs chefs abattus avant que la troupe française se replie abandonnant le terrain à ses supplétifs qui torturent et achèvent les blessés. [1] Ecoeuré par cet épisode et par bien d'autres, et désireux de témoigner de tout ce qu'il voit, Vigné expédie d'abord des articles à des journaux sous des pseudonymes divers puis démissionne finalement de l'armée. Peu après, il se présente à la députation dans sa circonscription de l'Hérault. Il est élu et sera réélu deux fois. [2] A la Chambre (…) Lire la suite »

Guido Audino à Algerie patriotique : « La France a été un des piliers des différentes étapes du colonialisme »

Mohamed El-Ghazi
Les quatre mots d'ordre de votre mouvement sont : condamnation, réconciliation, excuses et dédommagements. Quelles activités avez-vous menées jusqu'à présent ? La première activité que nous avons menée a consisté en la création d'archives historiques sur notre site (www.colonialismreparation.org) qui montre la situation actuelle concernant la condamnation, la réconciliation, les excuses et les dédommagements du colonialisme, avec des mises à jour permanentes. Nous ne prenons en compte que les situations qui ont vu la participation des autorités internationales ou nationales (lois, décrets, prises de position officielles). Une autre activité concerne les prises de position que nous diffusons, aussi, à travers des communiqués de presse et des newsletters. Enfin, la campagne Stop colonialisme-Haïti, une campagne visant à faire pression sur les gouvernements de France et des Etats-Unis pour qu'ils dédommagent Haïti, et sur le gouvernement d'Haïti pour qu'il demande des dédommagements (…) Lire la suite »