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Thème : Colonialisme

Et si nous n'étions pas des colonies ?

Komla KPOGLI
"Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France doit nous aider », "La France doit remplir son devoir et tuer les terroristes pour nous puisque c'est elle qui nous a colonisés", "C'est très bien que la France intervienne", "La France doit intervenir pour nettoyer le terrain", "L'intégrité du Mali est plus importante que toute idéologie, donc la France doit faire la guerre pour nous débarrasser du cancer islamiste ", "Quoi !? Vous voulez que la France laisse les terroristes coupés les mains aux Maliens ?", "La France doit nous débarrasser de ces voyous". .., voilà quelques-unes des phrases qui résonnent dans certains milieux. Le 04 juillet 2012 déjà , Sadou Diallo, maire de la « ville » de Gao disait ceci sur RTL, : "La France est intervenue en Libye qui est une colonie de l'Italie. Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France a un devoir moral d'intervenir militairement au Mali pour nous aider. Si j'étais un intellectuel, j'allais porter contre eux, contre (…) Lire la suite »
Mission civilisatrice, bienfaits, oeuvre positive

De l’oeuvre positive de la France coloniale. Déculturer, ensauvager

Smail HADJ ALI
Cent quatre-vingt-deux ans après le début de l'occupation coloniale, de larges secteurs de ce qu'il est convenu d'appeler les élites françaises(1) " politiques, artistiques, médiatiques, scientifiques, universitaires " sassent et ressassent « l'oeuvre positive » de la colonisation. De telles postures révèlent a minima, non seulement l'ancrage et l'emprise écrasante de la « culture » coloniale, mais aussi l'idéologie de la supériorité " issue des théories sur les races " au sein de larges fractions de la société française. Elles révèlent tout autant, corrélativement à cette « culture », le mépris de ces élites pour des sociétés pour qui le système colonial a été une « période de deuil et de grande souffrance » (2). Ouvrons une parenthèse à ce sujet pour rappeler l'impérative nécessité de travailler sur les conditions de production des pseudos concepts et plus largement de la terminologie, qui ont structuré et structurent toujours les discours colonialistes et (…) Lire la suite »

De la repentance

Abed Charef
Ne peut se repentir que celui qui a acquis l'intime conviction qu'il s'est trompé, qu'il était sur la mauvaise voie, et qu'il doit faire amende honorable. La repentance, le remords, le regret, ne s'imposent pas. Ils relèvent de l'intime conviction. Farouk Ksentini est formel. La France doit se repentir. C'est une condition sine qua non pour établir des relations normales avec l'Algérie. Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH) a publié un communiqué, à la veille du 1er novembre, pour rappeler que « la colonisation a été un crime massif dont la France doit se repentir si elle envisage d'établir avec l'Algérie des relations de qualité ». Cette exigence n'a pas de signification négative, selon le Monsieur Droits de l'Homme du président Bouteflika. Pour lui, « la repentance n'est ni une danse humiliante, ni un aveu ». Dès lors, il « comprend mal les hésitations de l'Etat français » à ce sujet. Mais M. (…) Lire la suite »

Le retour des pratiques coloniales en Afrique

Capitaine Martin
Il y a un an, l'OTAN achevait l'opération « Unified Protector » en éliminant par la main de ses barbouzes Mouammar Kadhafi, et laissait derrière elle les ruines de l'État libyen, démoli par plus de 10.000 frappes. Et les séquelles sont nombreuses. Les fractures qui ont été mises en avant par l'attaquant pour saper les fondements de la Jamahiriya, se sont aujourd'hui étendues. A Bani Walid, encerclée et bombardée par les milices de Misrata, il y a maintenant toute une population qui résiste. Tripoli ne contrôle qu'une petite partie de la « nouvelle Libye » en proie à des affrontements armés entre les milices, à des assassinats et disparitions. Selon le président Mohamed Magarief, cela est dû à des « retards et négligences » dans la formation d'une armée nationale. Rien d'inquiétant car le problème est en passe d'être résolu. Pas à Tripoli mais à Washington. Les États-Unis, après avoir ordonné l'opération « Unified Protector », s'enquièrent aujourd'hui de protéger la « nouvelle (…) Lire la suite »

Solidarités anti-colonialistes et anti-fascistes

Rosa LLORENS
Sarkozy, pourtant très "mémoriel" dans d'autres domaines, refuse de commémorer le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie. Cela ressemble plus à une bouderie d'enfant gâté qu'à l'attitude d'un chef de l'Etat français, qui devrait avoir à coeur de resserrer les liens avec un partenaire commercial, et partenaire en francophonie, aussi important que l'Algérie. Il enfonce ainsi les catégories de Français qu'il prétend protéger dans le déni et la rancoeur et donne raison à Alexis Jenni qui, dans L'Art français de la guerre, montrait déjà que la France est "le pays pour qui la guerre d'Algérie n'a pas eu lieu", et que ce refoulement pourrit l'atmosphère du pays : il empêche des relations normales avec les Français d'origine maghrébine, et, plus largement, musulmane, et enlise le pays dans la spirale de la peur, de la haine et de la violence (plus souvent policière que terroriste). Des étudiants de Villetaneuse, par contre, ont décidé de commémorer cet événement : malgré le (…) Lire la suite »

Pour en finir avec le « printemps arabe » : Commençons par nous décoloniser mentalement

Chems Eddine CHITOUR
« Si un événement arrive par hasard, vous pouvez être sûr qu'il a été programmé pour se dérouler ainsi. » - Franklin Delanoë Roosevelt (ancien président des Etats-Unis d'Amérique) Cette boutade d'un ancien président des Etats-Unis est d'une brûlante actualité. Elle peut à elle seule expliquer la boulimie de mimétisme qui nous prend d'organiser des colloques, congrès, conférences sur ce que la doxa occidentale appelle le « Printemps arabe ». On le voit, une révolution, une révolte, une jacquerie qui appartient aux Arabes reçoit son nom de baptême d'un Occident qui, plus que jamais, dicte la norme comme l'a pointé du doigt Sophie Bessis dans un ouvrage remarquable et prémonitoire : « L'Occident et les autres : histoire d'une suprématie » parue aux éditions La Découverte. Nous allons donner notre sentiment sur ces colloques en prenant l'exemple de celui organisé par le journal El Watan avec d'éminents spécialistes. Nous lisons sous la plume de Mustapha Benfodil : « Un colloque sur (…) Lire la suite »
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Guêpes contre abeilles : le résultat d’une guerre de révolution.

Omar CHAALAL
Je commence ce débat par les paroles d'un ermite algérien fidèle à son humble sacerdoce mais inconnu des médias : « Dans mon esprit, il n'y a aucune différence entre Sarkozy et n'importe quel dictateur du tiers monde arriéré. Puisque c'est ainsi, évitons les guêpes de M. Sarkozy et prenons soin de nos abeilles pour vivre dans le bonheur et la paix. Qui peut jouer le rôle de Ben M'hidi pour rendre à ce peuple sa mémoire perdue dans les histoires de discorde d'une période pas très claire de notre histoire avec les tartarins. Une mémoire qui ne garde que déception et malheur dans les têtes, pastèques trop ovales dans un monde où les têtes rondes influent et jouent dominance. Ils sont venus dans une diligence française chasser nos lions. Arrivés chez nous sans marmites, ils voulaient faire une soupe à la viande de lion dans nos marmites. Les lions de l'Atlas étaient massacrés en masse et leur viande bouillonnait dans nos marmites et personne n'osait piper mot. Le silence régnait dans (…) Lire la suite »

Recolonisation de l’Afrique : Mbeki appelle à des protestations de masse sur tout le continent

Thabo Mbeki, ancien président de l'Afrique du sud, appelle les Africains à une union véritable pour défendre leurs intérêts face à l'Occident. Il est formel : « L'Afrique doit se dresser contre l'Occident ». Dans une interview au Sunday Times, Thabo Mbeki s'indigne du comportement des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire. Et estime que le centenaire de l'ANC doit être une occasion pour relancer le combat de libération du continent. Ex-chef de l'Etat et figure centrale de l'ANC, Thabo Mbeki est en colère. Et il est décidé à lancer sa nouvelle croisade : celui du nécessaire combat contre un Occident de plus en plus agressif contre l'Afrique. Alors qu'il était très en retrait de l'activité de son parti politique, il revient au devant de la scène à l'occasion des célébrations du centenaire du parti. « Nous ferons de notre mieux pour que l'anniversaire soit célébré comme il se doit. Un centenaire, ça arrive une seule fois par siècle et je suis sûr que c'est une occasion de (…) Lire la suite »

Libye - D’une ingérence décomplexée aux dérives néocolonialistes

Pierre PICCININ
Comment faut-il comprendre ce qui est en train de se passer en Libye ? Comment expliquer cette intervention onusienne, qui prend une tournure surréaliste et crée un précédent lourd de conséquence pour le devenir de la « gouvernance » à l'échelle mondiale ? Qu'est-ce que la « gouvernance » ? C'est cette tendance de plus en plus marquée, dans le chef des puissances, à intervenir là où bon leur semble, sans plus tenir compte des règles précises du droit international, dans le but, officiellement, de gérer une crise qualifiée « d'humanitaire », sous le prétexte d'agir de manière rapide et pratique. Cette tendance s'est développée après l'effondrement de l'Union soviétique et la disparition de la logique bipolaire qui régissait les relations internationales, chacune des deux superpuissances, Etats-Unis et URSS, protégeant ses alliés de l'ingérence de l'adversaire. Ainsi, depuis le début des années 1990', même si la Russie et la Chine tiennent à leur pré carré (à l'échelle régionale (…) Lire la suite »

De Bigeard à de La Bollardière : la face cachée de la guerre d’Algérie.

Chems Eddine CHITOUR
Sur la torture en Algérie : "Pourquoi n'as-tu pas fermé ta gueule ?" lance-t-il, au téléphone, au général Aussaresses qui vient d'écrire un livre sur la torture en Algérie. Général Bigeard, L'Express, 7 juin 2001 Le général de corps d'armée Marcel Bigeard s'est éteint le 18 avril 2010 à l'âge de 94 ans. La classe politique française lui a rendu hommage. Tous ont souligné sa bravoure au service de la France. Tous ont « oublié » de parler de sa face sombre en Algérie. Ce n'était pas seulement le parachutiste qui a emprunté les casquettes de l'Afrika Corps de Rommel, ce n'était pas aussi les défilés, le clinquant, les médailles, c'est aussi la torture. Pour Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy : « En Algérie, Bigeard a accompli la mission qu'on lui avait confiée. Je pense qu'il l'a fait là aussi avec beaucoup d'intelligence, beaucoup d'humanité. » Nous allons traiter de l'humanité de Bigeard en la comparant avec celle de trois autres généraux témoins privilégiés de (…) Lire la suite »
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