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Thème : Colonialisme

La marche du retour à Gaza : le génie populaire palestinien fausse les calculs des Israéliens

Tayeb EL MESTARI
« La vérité est la première victime de la guerre » selon Eschyle. L’assertion est vraie dans une guerre classique, mais en situation de résistance populaire à l’oppression coloniale, le mensonge est la première victime. A l’occasion de la grande marche du retour, la propagande mensongère israélienne a volé en éclats. Les médias occidentaux, pourtant sionistes, ont fait le constat unanime qu’Israël a au moins perdu une bataille en réprimant brutalement les Palestiniens : celle de l’image et de la communication. Le droit du retour n’est plus une simple phrase d’une résolution du droit international et connue du seul cercle restreint des militants. Le peuple palestinien a su gagner les cœurs et les esprits, à défaut pour l’instant d’enterrer définitivement le colonialisme israélien. Sa cause a fait son retour sur le devant de la scène alors que presque tous ses soutiens, y compris les plus éclairés et les plus déterminés, étaient gagnés par le désespoir tant la question syrienne a été (…) Lire la suite »

Patrice Lumumba : à Bruxelles, une place contre l’oubli

Robin DELOBEL, Jérôme DUVAL

Depuis plus de dix ans, des associations revendiquaient, dans la capitale belge, un espace public au nom de l’ancien Premier ministre du Congo assassiné. Jérôme Duval et Robin Delobel, du CADTM, racontent comment c’est devenu le cas.

Réclamé depuis des années par les communautés congolaise et africaine, le conseil communal de la Ville de Bruxelles a approuvé le 23 avril, à l’unanimité, la décision d’un espace public Patrice-Lumumba. Une statue à la mémoire de l’ancien Premier ministre du Congo sera édifiée square du Bastion, aux portes du quartier Matonge, le quartier de la communauté congolaise de la capitale. Démocratiquement élu au moment de l’indépendance, celui-ci avait défié les autorités belges dans un discours anticolonialiste devenu célèbre en 1960, avant d’être assassiné six mois plus tard, le 17 janvier 1961, avec la complicité de responsables belges. Quelques minutes avant ce vote historique, Zoubida Jellab, conseillère communale pour le groupe Ecolo-Groen, se lance dans un discours juste et nécessaire : « C’est un acte historique que nous allons poser aujourd’hui ensemble en baptisant un espace public dédié à la mémoire de Patrice Emery Lumumba, héros national du Congo et donc une référence à (…) Lire la suite »

En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens

Smail HADJ ALI
Le six décembre 2017, rue Larbi Ben M’hidi, à un jeune algérien qui lui disait que la France devait reconnaître ses méfaits en Algérie, le Président Macron demanda, excédé : – « Quel âge avez-vous » ? – « 26 ans », répondit le jeune homme. – « Mais vous n’avez pas connu la colonisation, lui rétorqua le Président français ; qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça » ! Au-delà, de l’attitude véhémente à l’égard d’un jeune homme soucieux de son histoire nationale, et de surcroît en son pays, le Président français avait probablement oublié que ce sont des millions d’Algériens qui sont nés après le 5 juillet, date de la proclamation de l’indépendance nationale, et qui donc « n’ont jamais connu la colonisation », et l’auraient à ce titre « embrouillé », tout autant. Ce sont aussi des dizaines de millions de Français qui n’ont jamais connu l’occupation allemande, la trahison nationale vichyste, et la Résistance, mais personne ne leur reprochera de ne pas oublier ce passé. (…) Lire la suite »
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Comment Israël a fait de la Palestine la plus grande prison du monde (Middle East Eye)

Ilan PAPPE

Un ouvrage historique sur l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza décrit les techniques militaires utilisées pour contrôler la vie des Palestiniens.

La guerre des Six jours de 1967 entre Israël et les armées arabes a entraîné l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Israël a fait passer cette guerre pour une guerre fortuite. Mais de nouveaux documents historiques et minutes d’archives montrent qu'Israël l’avait, au contraire, bien préparée. En 1963, des personnalités de l'armée, des autorités judiciaires et civiles israéliennes ont participé à l'Université hébraïque de Jérusalem à l’étude d’un plan global de gestion des territoires qu’Israël allait occuper quatre ans plus tard et du million et demi de Palestiniens qui y vivaient. Ces recherches étaient motivées par l'échec d’Israël dans le traitement des Palestiniens de Gaza pendant sa courte occupation à l’occasion de la crise de Suez en 1956. En mai 1967, quelques semaines avant la guerre, les gouverneurs militaires israéliens ont reçu des instructions légales et militaires sur la façon de contrôler les villes et villages palestiniens pour continuer à (…) Lire la suite »

Quelle page voulez-vous tourner, M. Macron ?

Ahmed BENSAADA
Mais qu’est-ce que cette manie qu’ont les présidents français post-indépendance algérienne de vouloir déambuler dans les rues d’Alger ou d’autres villes algériennes lors de leurs déplacements officiels ? Veulent-ils tous revivre l’épopée de Napoléon III découvrant, au 19e siècle, son « royaume arabe » ? Sont-ils tous des nostalgiques des bains de foules du général De Gaule qui, en 1958, prononça les célèbres « Je vous ai compris ! » ou, pire encore, « Vive l’Algérie française ! » ? Ou bien aiment-ils tant les « youyous » et les confettis tombant par poignées des balcons ? A-t-on déjà vu un président algérien paradant sur les Champs-Élysées, acclamé par une foule française lui souhaitant la bienvenue ? Le président Macron n’a donc pas dérogé à la règle lors de son récent et court voyage à Alger, histoire de pérenniser ce qui est désormais devenu une tradition franco-algérienne, malheureusement unilatérale. Youyous, confettis et bain de foule étaient bien évidemment au (…) Lire la suite »
Ado prépubère que flatte le matriarcat médiatique, il accumule bourdes et injures avec ravissement et inconscience

Macron : por que no te cayas ?

Vincent MORET
Devant les étudiants de Ouagadougou, Macron s’est exclamé : « Moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso, c'est le travail du président ». Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’université » de Yale dont l’un lui demandait son avis sur l’obésité, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas là pour trier le gras dans la viande des hamburgers, que c’était le rôle de Trump. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti changer l’huile des friteuses du McDo. Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’Université de Pékin, dont l’un l’interrogeait sur le commerce avec la France, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas VRP chinois, que c’est Xi Jimping qui devait faire ça. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, (…) Lire la suite »

Comment les élèves palestiniens se préparent aux attaques des colons (Al Jazeera)

Jaclynn ASHLY

Face aux violences incessantes des colons de Yitzhar, les Palestiniens du village d’Urif doivent prendre des précautions exceptionnelles.

Naplouse, Cisjordanie occupée - De loin, le collège de garçons d’Urif ressemble à toutes les autres écoles de Cisjordanie occupée : c’est une construction de ciment avec un drapeau palestinien qui flotte sur le toit. Cependant, en regardant de plus près, les cailloux sur les appuis de fenêtres et les trous des conduites d'eau de l'école révèlent la violence inique des colons israéliens de la région. « Notre programme d’études est le même que celui des autres écoles palestiniennes », a expliqué le professeur de sciences Abdel-Hakim Shihada à Al Jazeera. « Mais nous enseignons également aux étudiants comment gérer les attaques des colons israéliens contre l'école, et cela comprend même une formation pratique ». Dans cette école financée par l'USAID, tous les enseignants sont des secouristes confirmés, et la moitié des quelque 200 étudiants sont capables d’administrer les premiers soins. En cours de sciences de Abdel-Hakim, les élèves apprennent à fabriquer des masques pour se (…) Lire la suite »

Les horreurs de la colonisation : à quand un TPI pour juger les crimes contre l’humanité ?

Chems Eddine CHITOUR

« Le manque chronique de nourriture et d’eau, l’absence de sanitaires et d’aide médicale, le délaissement des moyens de communication, une éducation nationale pauvrette et l’esprit dominant de dépression que j’ai pu constater moi-même dans nos villages après un siècle de gouvernance britannique me font désespérer de ses avantages. » Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature.

Il est connu, malgré la doxa ambiante, que l'Occident donneur de leçons a toujours eu un langage ambivalent. Il se veut seul détenteur de sens et dicte cependant la norme de ce qui est licite et de ce qui est illicite. Je veux, dans cette contribution, encore une fois déconstruire ce double langage à la fois des Lumières et dans le même temps de la traite esclavagiste, le Code noir, le Code de l'indigénat, la colonisation dans toute son horreur. Ce 8 mai est toujours pour les Algériens un moment de grande solitude et de recueillement devant l'injustice des grands vis-à-vis des peuples faibles. Qu'on en juge ! Partout en Europe le 8 mai est fêté comme la fin de la guerre, l'avènement de la paix pour les peuples d'Europe, qui, à des degrés divers, ont souffert et au premier rang desquels le peuple russe qui laissa sur le champ de bataille 20 millions de ses enfants, La France perdit 200 000 combattants dont une grande partie venait des colonies et près de 300 000 civils. Pas un mot (…) Lire la suite »
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Le vrai visage de la colonisation en Algérie

Smail GOUMEZIANE

« Le scandale, ce n’est pas de cacher la vérité, mais de ne pas la dire tout entière. » G.Bernanos "Les attardés du colonialisme me poursuivent de leur vindincte" René Vautier

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron, un des candidats à la présidentielle française de 2017, vient de jeter un pavé dans la mare en affirmant, notamment et tout de go, à partir d’Alger, « que la colonisation était un crime contre l’humanité ». Il n’en fallait pas plus pour soulever un tollé à droite et à l’extrême droite. Pour autant, comme nous allons le rappeler, Emmanuel Macron ne confirmait ainsi en quelques mots que ce que l’histoire objective de la colonisation nous a appris. Pour bien le comprendre, partons de l’année 1930. En effet, 1930 est une année bien symbolique pour aborder un tel sujet. Cette année-là, toute une « intelligentsia » de la Métropole et de la colonie est mobilisée pour fêter avec faste le centenaire de la « présence française » en Algérie [1]. Pour le pouvoir colonial, nul-doute : c’est « leur Algérie » qu’on allait célébrer. A travers maints événements (conférences, rencontres, fêtes etc.), en Algérie et dans le monde, alimentés en timbres (…) Lire la suite »

La France en Algérie : de quelques évidences

N. KRIM
Une France hystérique a accueilli les propos qu'un candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron, a tenus à Alger. La classe politique hexagonale, dont les oreilles sensibles ne pouvaient entendre de telles allégations, écumait de rage, « révulsée » que l'un des siens reconnaisse ce que la France persiste à nier... Qu'a donc dit Macron de si outrageant, jusqu'à réussir l'exploit de réunir contre lui les partis de tout bord ? Le leader du mouvement En Marche ! a simplement reconnu que la colonisation avait été « un crime contre l'humanité ». En une seule phrase, Macron a cassé ce que les politiciens français, à la mémoire sélective, tenaient pour tabou : la colonisation et ses multiples crimes. Oubliés les enfumages du Dahra ; les spoliations des terres algériennes ; les déportations à Cayenne et en Nouvelle-Calédonie ; le Code de l'indigénat (précurseur de l'apartheid) ; les conscriptions forcées des Algériens, chair à canon des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45 ; les crimes (…) Lire la suite »