Auteur Bernard GENSANE

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Une petite crapulerie de Jacques Attali

Bernard GENSANE
Jeudi 25 avril, l’émission "Des Paroles et des Actes" recevait Jean-Luc Mélenchon. Cette émission est un exploit physique et intellectuel. L’invité doit répondre, deux heures durant, sans jamais faiblir, à un feu roulant de questions posées par des interlocuteurs successifs. Il va de soi que Mélenchon est reçu sur ce plateau de manière moins urbaine que d’autres politiques. Dès sa prise de parole, le tout petit Pujadas (beaucoup de choses furent petites durant ces deux heures) présenta le (…)

Patrick Pelloux. On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps

Bernard GENSANE
Il ne faut pas mépriser la petite histoire quand elle renseigne sur la grande. On se souvient du livre fort utile de Jean-Louis Beaucarnot sur les origines, les parcours - souvent très surprenants - des hommes et femmes politiques français. En racontant, d’une plume alerte et précise, les fins de vie d’une trentaine de personnalités diverses et variées (de Jésus à Fréhel en passant par les soldats morts sur les plages normandes le 6 juin 1944), le médecin urgentiste Patrick Pelloux nous (…)

Poésie et exil (14)

Bernard GENSANE
Quand nous étions enfants, et déjà facétieux, nous commencions ce poème par "Heureux qui communiste...". Du Bellay ne fut pas exilé : il vécut volontairement à Rome, avec un cousin de son père, cardinal. C’est en cette circonstance qu’il écrivit ce magnifique poème sur l’exil. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son age ! Quand revoiray-je, (…)

Amériques latines : émancipations en construction.

Bernard GENSANE
Un livre court mais très dense - comme c’est souvent le cas dans les ouvrages collectifs car chacun donne le meilleur de lui-même - sur « les » Amériques Latines « en construction », en plein chamboulement, dirions-nous. Le contraste est saisissant entre une Europe soumise, sclérosée, qui s’essouffle sur son erre en s’accrochant à un modèle dépassé, meurtrier pour les humains comme pour la terre, mais qui convient encore à l’hyperbourgeoisie, et des Amériques Latines qui osent, qui (…)

Trois mots sur Thatcher

Bernard GENSANE
Ce qu’était le Thatchérisme me fut révélé un matin de rentrée des classes dans un petit village résidentiel du Yorkshire au début des années 1980. Une manière d’épiphanie. J’accompagnais des amis anglais, conservateurs bon teint, qui inscrivaient leurs enfants dans l’école publique du village. Je fus décontenancé de voir des parents sortir de leur portefeuille des billets de cinq livres et les donner à tel ou tel membre du personnel de l’école. De quelles mystérieuses transactions (…)

Sodexo : une "world company" au « service » du monde carcéral

Bernard GENSANE
Télérama du 5 avril 2013 propose un entretien magnifique avec Angela Davis. Dommage qu’il soit illustré par des photos aussi lugubres de la vénérable militante, dont le visage, aujourd’hui, est toujours aussi solaire. Une bonne partie de cet entretien est centrée sur les Noirs aux États-Unis, dont la condition s’est améliorée à la marge mais qui souffrent du démantèlement de l’État providence. Les États-Unis représentent 5% de la population mondiale, mais 25% de la population carcérale (…)

Le Monde Diplomatique, avril 2013

Bernard GENSANE
Très bon numéro que celui du mois d’avril 2013. Serge Halimi revient sur la " leçon de Nicosie " : « Tout devenait impossible. Augmenter les impôts décourageait les « entrepreneurs ». Se protéger du dumping commercial des pays à bas salaires contrevenait aux accords de libre-échange. Imposer une taxe (minuscule) sur les transactions financières exigeait que la plupart des États s’y rallient. Baisser la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) requérait l’aval de Bruxelles… Samedi 16 (…)

Aline Dupuy, Th. Crouzet, F. Vivas. Journal d’une lycéenne sous l’Occupation.

Bernard GENSANE
Ceci est un livre à trois voix, mais aussi à trois étages. Les auteurs sont partis du Journal d’Aline Dupuy, élève-institutrice à Toulouse pendant la guerre. Ils ont ensuite fait réagir Aline à ce qu’elle avait écrit. « L’histoire des Français sous l’Occupation ne peut pas se suffire de l’événementiel. Elle se doit d’être aussi transhistorique et sensitive. C’est son rythme », expose Frédéric Vivas. Les auteurs ont enfin replacé un témoignage de première main dans des perspectives (…)

Le calembour est-il soluble dans la lutte des classes ?

Bernard GENSANE
Excusez du peu mais, en matière de calembours, je suis d’accord avec Flaubert : plus ils sont mauvais, plus ils sont bons. « Les Espagnols les plus pingres sont les Navarrois puisqu’ils vivent en Navarre », avait découvert Flaubert enfant. Ce qui lui permettait d’arriver, alors qu’il ne connaissait même pas Buster Keaton, « au comique extrême, le comique qui ne fait pas rire ». Comme quand en bon prépoujadiste, il parlait de " démocrasserie " . Quelle bonne idée a eu la (…)

La vie est à nous ! - Le Sarkophage n° 35

Bernard GENSANE
Dans La vie est à nous ! - Le sarkophage n° 35, un éditorial sans concessions (" De quoi le parti socialiste est-il le nom ? " ) de Paul Ariès qui explique qu’il faut plus que jamais faire taire les illusions entretenues par le parti socialiste et s’efforcer de voir plus loin : « Nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement. Allons- nous baiser la main qui s’apprête à report de l’âge de la retraite comme le fit déjà Sarkozy ?Allons nous nous aplatir en baissant le ton alors (…)

Chronique de la guerre froide

Bernard GENSANE
Nous sommes sept ou huit attablés dans un restaurant toulousain autour de Pierrette. Je suis le plus jeune. C’est dire ! Pierrette est une figure de légende dans le coin. 89 ans. Physiquement, on lui en donnerait 70. Mentalement, 50. Son visage est très mobile, souriant, peu ridé. Son débit est vif, elle ne cherche jamais ses mots. Ses souvenirs remontent sans peine à la surface en des phrases très construites. Elle n’est peut-être qu’à mi-vie. Un vrai miracle. Communiste depuis (…)

Jean-Michel Aphatie : toujours du côté du manche

Bernard GENSANE
Malgré l’admiration effrénée et bien connue que je voue au plus grand journaliste de France (http://www.legrandsoir.info/Jean-Michel-Apathie-obsessionnel-et-poujadiste.html), je vais m’efforcer de rester objectif et calme. Longtemps, Mediapart fut le seul organe de presse à enquêter sur les agissements financiers, bancaires de Jérôme Cahuzac. Une parenthèse sur ce verbe « enquêter ». On dit aussi « investiguer ». Comme dans les pays anglo-saxons, il n’y a plus en France que deux sortes de (…)