Auteur Bernard GENSANE

Le Monde Diplomatique, octobre 2012

Bernard GENSANE
Que signifie la phrase « On n’a plus le temps » ? Serge Halimi apporte des éléments de réponse : « Ceux qui se désolent du manque d’attention à leur cause, à leur activité, se voient souvent opposer la même explication : « On n’a plus le temps. » On n’a plus le temps de se plonger dans un livre « trop long », de flâner dans une rue ou dans un musée, de regarder un film de plus de quatre-vingt-dix minutes. Ni celui de lire un article abordant autre chose qu’un sujet familier. Ni de militer ni (…)

Eric Hobsbawm

Bernard GENSANE
Il y a un paradoxe Eric Hobsbawm : dans une Grande-Bretagne où le marxisme est un souvenir lointain, l’historien le plus respecté et admiré du pays fut membre du Parti communiste anglais de 1936 à sa mort, le 1er octobre 2012. Né (l’année de la Révolution bolchevique !) à Alexandrie dans une famille juive, Hobsbawm grandit à Vienne puis, de 1931 à 1933 à Berlin, que la famille quitte pour l’Angleterre après avoir connu les premières persécutions antisémites. Étudiant brillant au King’s (…)

Le Sarkophage n° 33 est paru

Bernard GENSANE
Superbe manchette du Sarkophage n° 33 : HOLLANDREOU JE TE VOIS ! Le Sarkophage a changé de nom et s’intitule désormais La vie est à nous !/Le Sarkophage. En espérant que, dans cinq ans, il ne faudra pas retourner à l’intitulé d’origine ! Yann Fiévet décrit le fatalisme des temps de crise : « Les habituelles insouciances de l’été combinées à l’opportune pléthore des jeux du stade sont désormais derrière nous. Allons d’emblée à l’essentiel : sur la scène politique française, les héros (…)
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Le blasphème : un Droit de l’Homme ?

Bernard GENSANE
Philippe Braud vient de publier, sur le site du Nouvel Observateur, un texte sur l’impossibilité du droit au blasphème. Il s’annonce comme « sociologue politique » et « expert ». De fait, Philippe Braud eut un parcours remarqué de professeur de droit. Je ne suis ni sociologue, ni politique, ni surtout expert, mais je dirai que sa démarche est, à mes yeux, inacceptable. Et totalement cul serré. D’abord, il feint de s’interroger sur l’élévation de ce droit au niveau d’un Droit de l’Homme. (…)

Laurent Binet sur la campagne de Hollande

Bernard GENSANE
Ceci est un livre sans intérêt. Alors, me direz-vous, pourquoi parler d’un livre sans intérêt. C’est que, justement, là est l’intérêt. L’auteur n’est pas en cause, sauf à dire qu’il s’est fourvoyé dans une entreprise, justement, sans intérêt. Laurent Binet est une grande et forte plume. En septembre 2011, j’avais rendu compte, pour le seconde fois, avec émerveillement, de son HHhH (http://www.legrandsoir.info/HHhH-par-Laurent-Binet.html). Je cite ici le début de cet article : C’est un des (…)

Poésie et exil (5)

Bernard GENSANE
On peut être mécréant et éprouver une réelle sympathie pour Félicité Robert de Lammenais. Il est parti de la bonne vraie droite traditionaliste pour épouser les idées de gauche de la Révolution de 1848. Il refusera même les derniers sacrements avant de mourir en février 1854. Lorsque la France s’industrialise durant la première moitié du XIXe siècle, Lammeanis dénonce l’arrogance du capitalisme et le sort qu’il réserve aux classes populaires. Il désapprouve le Concordat de 1801 qui a (…)

L’argent sans foi ni loi, par M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot

Bernard GENSANE
Lire les Pinçon-Charlot est toujours utile : Ils sont précis, rigoureux, posent les questions utiles et apportent les bonnes réponses. Dans ce dernier ouvrage, ces grands connaisseurs de ceux qu’ils appellent « les riches » expliquent comment l’argent est devenu, par-delà tous les principes moraux ou religieux, et en se jouant des droits des personnes, la valeur suprême de nos existences individuelles et collectives. Pour les auteurs, le monde est divisé en trois classes : un prolétariat (…)

Le Monde Diplomatique (septembre 2012)

Bernard GENSANE
Serge Halimi, dans le Monde Diplomatique de septembre 2012, craint une véritable extrême droitisation des États-Unis : « La gangrène de la finance américaine a provoqué une crise économique mondiale dont on connaît les résultats : hémorragie d’emplois, faillite de millions de propriétaires immobiliers, recul de la protection sociale. Pourtant, cinq ans plus tard, par l’effet d’un singulier paradoxe, nul ne peut tout à fait exclure l’arrivée à la Maison Blanche d’un homme, M. Willard Mitt (…)

Poésie et exil (4)

Bernard GENSANE
Après la défaite d’Azincourt, Charles d’Orléans fut emmené en captivité à Douvres, où il resta vingt-cinq ans. Il sera libéré contre une rançon de 220000 écus. Le mal du pays le rendit poète. En 1433, il exprima dans le texte qui suit la nostalgie pour son pays et d’authentiques sentiments pacifistes. En regardant vers le pays de France, Un jour m’advint, à Douvres sur la mer, Qu’il me souvint de la douce plaisance Que je soulais au dit pays trouver ; Si commençai de coeur à soupirer, (…)

Jean-Philippe Leclaire : Pourquoi les Blancs courent moins vite

Bernard GENSANE
Deux rappels historiques pour brouiller les pistes (sic). En 1960, les meilleurs sprinters noirs étatsuniens trépignent. Chacun veut être le premier à courir le 100 mètres en 10 secondes. Pas de chance : Armin Harry (que l’auteur de ce livre, bizarrement, n’évoque pas) leur coupe l’herbe sous le pied. Harry est blanc, blond et a passé son enfance dans l’Allemagne hitlérienne. Deux ans auparavant, il a déjà réalisé cette performance, mais les chronométreurs ont refusé de l’homologuer. Cette (…)

Le Sarkophage n° 31

Bernard GENSANE
Le Sarkophage n° 31, le premier de l’ère post-Sarkozy (Sarko who ?) nous appelle à « défendre les biens communs ». Dans son éditorial, Paul Ariès parle stratégie : « Quelles stratégies pour les gauches antiproductivistes ? Le programme du gouvernement Ayrault, on le connaît… au-delà des 60 propositions de François Hollande, elles-mêmes déjà très en retrait du projet du Parti socialiste, nous en avons une excellente illustration avec la façon dont les socialistes gèrent les (…)

Le Monde Diplomatique (août 2012)

Bernard GENSANE
Un numéro passionnant. Même pendant les vacances, ils sont bons ! Dans " Le monde des gredins " , Serge Halimi revient sur le scandale financier du Libor : « Dans le scandale financier relatif à la fixation frauduleuse d’un taux interbancaire britannique " le London InterBank Offered Rate (Libor) ", on hésite à identifier le policier véreux, tant les prétendants au rôle sont nombreux. Chaque jour, une vingtaine de grands établissements financiers (Barclays, Deutsche (…)