Auteur Bernard GENSANE

A Treblinka

Bernard GENSANE
Auschwitz fut un camp de concentration et d’extermination. Treblinka (comme Sobibor ou Belzec) fut un camp d’extermination. Aux déportés qui en franchissaient l’enceinte il ne restait pas plus d’une heure à vivre. Ils étaient immédiatement dénudés, on leur coupait les cheveux et on les gazait (à 400 dans des chambres de 10 mètres sur 10). Leurs corps étaient ensuite enfouis dans d’immenses fosses communes. Il n’existait pas de fours crématoires à Treblinka. Au moins 750000 personnes périrent (…)
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Du « français avancé »

Bernard GENSANE
Lorsqu’une langue bouge, évolue, cela vient soit du bas (le peuple dans sa diversité), soit du haut (ceux qui ont la parole et qui peuvent l’imposer au plus grand nombre). C’est un flux continu auquel on ne prête pas vraiment attention. Et puis ils y a des changements durables, et d’autres éphémères. Dans son ouvrage La Grammaire des fautes (1929), le linguiste suisse Henri Frei proposait d’abandonner toute grammaire normative au profit d’une vision fonctionnelle de la langue, ce dans une (…)

Poésie et exil (3)

Bernard GENSANE
Wang Wei fut un grand poète chinois du VIIIe siècle. Mais aussi un musicien, un peintre et un homme politique. En 756, il résidait dans la capitale du Chang’an lorsqu’il fut capturé par des rebelles qui s’étaient emparés de la ville. Malade, Wan Wei ne put s’enfuit. Les rebelles emmenèrent leur illustre prisonnier dans leur ville de Luoyang. Wang refusa toute collaboration, feignant la surdité Il ingurgita également des sustances qui lui firent perdre la voix. Il resta fidèle à l’empereur. (…)
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Plus belle la vie

Bernard GENSANE
J’ai été fasciné, sidéré par une émission récente de France 3 consacrée à l’un des fleurons de cette chaîne : « Plus belle la vie » (désormais, comme pour ses inconditionnels : PBLV). On nous y présentait des admirateurs qui se vouaient corps et âme à ce feuilleton et qui se rendaient régulièrement devant la porte des studios marseillais où PBLV est tourné, dans l’espoir de voir leurs acteurs préférés franchir en voiture les portes de ce lieu pour eux mythique, de se faire photographier en (…)

Poésie et exil (2)

Bernard GENSANE
Ovide connut un exil que l’on pourrait qualifier, un peu méchamment, de doré. Il fut exilé sur l’ordre de l’empereur Auguste (dans l’actuelle Roumanie) pour des raisons non élucidées à ce jour. Exilé, mais non banni. Ce qui signifie qu’il put partir avec ses biens et ses esclaves. Il se construisit une belle villa et conserva tous ses droits en tant que citoyen romain. Ce qui n’empêcha pas la souffrance. Ci-dessous l’Élégie troisième des Tristes. Quand mon imagination me retrace cette nuit (…)

Le Monde Diplomatique , juillet 2012

Bernard GENSANE
Dans le numéro de juillet 2012, Serge Halimi dénonce le « Fédéralisme à marche forcée » : Les grandes catastrophes encouragent les croyants les plus fervents à redoubler aussitôt de piété. Ainsi des fédéralistes européens : refusant de concevoir qu’on puisse un jour tourner le dos aux politiques d’intégration " monétaire, budgétaire, commerciale " qui ont aggravé la crise économique, ils souhaitent au contraire renforcer l’autorité de ceux qui les ont mises en oeuvre. Les sommets (…)

Maxime Vivas : le gai Huron du Lauragais

Bernard GENSANE
C’est sûrement parce qu’il est enraciné dans les monts du Lauragais que Maxime Vivas a pu nous livrer avec ce roman une nouvelle version de l’ébahissement du Candide face aux techniques asservissantes censées libérer les humains. Soit, donc, un Huron né à des milliers de kilomètres de l’Hexagone, sur l’àŽle Motapa, d’une mère motapienne et d’un père parisien. A l’âge de 25 ans, ce narrateur décide de voir Paris. Motapa est une île de paix, de sagesse, de tranquillité. La lave de son (…)

Juif et antisémite

Bernard GENSANE
Peut-on être juif et antisémite militant ? Oui, et cela vient d’arriver à l’eurodéputé hongrois Csanad Szegedi, un des dirigeants du parti d’extrême droite Jobbik, connu pour son discours antisémite et anti-rom. L’historien Robert Paxton, qui a beaucoup écrit sur le pétainisme et l’antisémitisme de l’entre-deux-guerres en France, disait récemment que le fascisme arrivait généralement au pouvoir par des moyens légaux et qu’il se cachait (à peine) aujourd’hui en Europe sous des désignations (…)

Poésie et exil (1)

Bernard GENSANE
Je me trouvai récemment à Gérone (Girona en catalan, la langue officielle parlée dans la ville, Gerona en castillan)*. Je fus frappé par le nombre de rues dédiées à des poètes de la région, y compris des rimailleurs plutôt mineurs. C’est que, comme la sociologie, la poésie peut être un sport de combat. Les Catalans, qui souffrirent tant de l’oppression franquiste, payèrent très cher le droit d’être eux-mêmes et de s’exprimer dans leur langue. Raison pour laquelle ils honorent, chaque fois (…)

Poésie et révolution (11)

Bernard GENSANE
Un des derniers géants du XIXe siècle : Paul Verlaine. Fils d’un capitaine du génie ayant démissionné peu avant le coup d’État du 2 décembre. Il fréquente normalement le lycée puis, brièvement, la faculté de droit. Un de ses premiers poèmes de potache, " Des morts " , chante les vaincus des insurrections parisiennes de 1832 et 1834 qui « ne virent jamais ce que nous vîmes » : l’étranglement de la République. Il souhaite un futur sombre à l’impératrice : On prétend que Badinguette (…)

Poésie et révolution (10)

Bernard GENSANE
Henri Rochefort. Un sacré personnage. Fils d’un faux comte (de Rochefort-Luçay), expéditionnaire à l’Hôtel de ville de Paris pendant dix ans, il a suffisamment de loisirs pour collaborer au Charivari. Calembourreur de première bourre, il écrit une quinzaine de pièces de boulevard (à succès) en quatre ans. Il fonde son propre journal en mai 1868 : La Lanterne, un brûlot d’opposition pamphlétaire. Très gros succès (100000 exemplaires vendus). L’éditorial du premier numéro restera célèbre : « (…)

Le Sarkophage n° 30

Bernard GENSANE
Exit Sarkozy, mais pas exit le sarkozysme, craint lucidement Le Sarkophage. Ce n’est qu’un début, continuons le combat, lance Paul Ariès dans son éditorial : « Le mandat collectif du Sarkophage depuis le 14 juillet 2007 est à moitié rempli : nous avons contribué à sortir le sortant, sans jamais rien céder sur l’essentiel. Notre conviction que la victoire de Sarkozy en 2007 était d’abord la conséquence d’une gauche défaite, incapable de marier le rouge et le vert. Sarkozy a été battu. (…)