Auteur Rosa LLORENS

Vers un 11 novembre hollywoodien ?

Rosa LLORENS
Venant 10 jours après la Toussaint, le 11 novembre était maussade, vraiment peu ludique, ringard, même. Comme on a essayé, voici une dizaine d’années, de coloriser et regonfler la Toussaint par une injection de Halloween,Nicolas Sarkozy veut maintenant rajeunir et dynamiser le 11 novembre par des implants de guerres plus fraîches et joyeuses. Mais cette association ne peut que dénaturer les commémorations du 11 novembre et supprimer ce qui en fait une journée d’émotion et de consensus (…)

L’Occident et ses fantômes

Rosa LLORENS
la Justice poétique contre la barbarie Une des réactions aux dernières informations sur la mort de Kadhafi (qu’on n’ose même pas désigner plus précisément) me frappe : Safiya nous dit quelle est la sourate qui lui sert de consolation, L’Aube, je crois, qui se termine par un merveilleux quatrain d’amour mystique : "Quant à toi, âme rassérénée reviens à ton seigneur, agréante, agréée, entre au nombre de Mes (proches) serviteurs entre dans Mon Jardin" (sourate 89, traduction de (…)
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L’obsession rouge brun, contre-partie de l’aveuglement au fascisme : l’exemple de Metropolis

Rosa LLORENS
Les chasseurs de fascistes "rouge brun" (ou autres coloris) ne chassent que des fantômes depuis que le sens de la notion de "fascisme" s’est noyé dans l’amalgame du "totalitarisme". Pour reprendre l’image d’un commentateur du site LGS, ils seraient incapables de reconnaître un fasciste assis dans leur salon. Je n’en veux pour preuve que le traitement du film de F. Lang, Metropolis (1927) ; seul film inscrit sur la liste des chefs-d’oeuvre de l’humanité de l’UNESCO, en reconnaissance de (…)

Je n’irai pas voir Le Cochon de Gaza

Rosa LLORENS
Dans son livre : Le Bombardement éthique (2000), le philosophe italien Costanzo Preve analyse l’idéologie néo-libérale, dont il considère le judéo-centrisme comme le noyau. Avant de commencer son travail critique, il veut cependant écarter une formation idéologique qui se présente comme la continuation des Lumières et se donne pour but de démasquer "l’imposture" : le laïcisme. Certes, jusqu’au XVIIIe siècle, la religion fonctionnait comme légitimation d’un système social inégal et injuste (…)

Des Hommes et des dieux, à la lumière de l’Art français de la guerre

Rosa LLORENS
Les films français présentés et, souvent, primés à Cannes ces dernières années pourraient se résumer à un titre générique, "Entre les murs" : Entre les murs (du collège) en 2008, entre les murs de la prison (Un Prophète, 2009), entre les murs du monastère (Des Hommes et des dieux, 2010), entre les murs du bordel (L’Apollonide, souvenirs de la maison close, 2011). Qu’est-ce que cette psychose d’enfermement nous révèle sur notre société ? Certes, elle correspond bien à la forteresse Europe, (…)

Balada triste, Pain noir, et la guerre civile espagnole

Rosa LLORENS
La guerre civile espagnole revient dans l’actualité avec deux films simultanément sur les écrans français : Balada triste, d’Alex de la Iglesia, et Pain noir, d’Agusti Villaronga, deux auteurs "périphériques", l’un basque, l’autre catalan des Baléares. Chacun présente des aspects intéressants : Balada triste rappelle la nature du Valle de los Caidos, que les circuits touristiques, y compris ceux destinés aux classes des lycées et collèges, incluent sans aucune précaution - c’est comme si (…)

Melancholia et Lars von Trier

Rosa LLORENS
Melancholia poursuit l’analyse de l’idéologie de notre société américanisée, de façon toujours aussi cohérente, et formellement novatrice. Comme Manderley était la suite de Dogville, Melancholia est la suite d’Antichrist : la même problématique, sous un angle différent. Dogville analysait l’idéologie puritaine anglo-saxonne sous l’aspect religieux (le protestantisme comme renoncement au christianisme, religion d’amour, et retour au dieu vindicatif et violent de l’Ancien Testament), tandis (…)