L’expression « changement de régime » revient de plus en plus souvent dans les débats politiques et dans les aventures guerrières. On ne parle plus de changements cosmétiques, mais de changements globaux dans la manière de gérer la solidarité, l’économie, la finance, la démocratie, la politique, les droits humains des personnes et des peuples.
La réalisation commence dès lors que l’on prend conscience de sa réalité citoyenne, ce n’est pas qu’un outil ou un type de comportement, c’est d’abord et avant tout la matérialisation d’une volonté individuelle et collective... Réaliser, ce n’est donc pas améliorer ou changer, c’est rendre réel, effectif, faire exister.
(« L’Indignation », mouvement louable mais pas encore révolutionnaire.)
Changer le représentant du pouvoir d’État, voter pour les élus des partis de l’échiquier politique dans le système socio-économique pervers et de corruption, ces mêmes partis relevant tous du même ordre idéologique sans en avoir l’air, qui appliquent et appliqueront toujours les mêmes politiques avec de légères nuances et variantes au service de la même ploutocratie, n’est strictement rien, ne rimera jamais à rien qu’au retour cyclique de l’horreur. L’horreur des mêmes injustices qui changent de masques pour ne pas changer de visage. Il faut donc plus que changer de parti, il faut changer de société. CLM
L’étincelle allumée par Mohamed Bouazizi en Tunisie au mois de
décembre 2010 a enflammé les masses arabes opprimées du Maroc à Bahreïn,
de l’Egypte au Yémen en passant par l’Irak, la Syrie et la Jordanie.
Aucun pays n’a véritablement échappé à cette vague de révoltes qui a
déferlé sur le monde arabe. Une profonde aspiration à la démocratie et à
la dignité s’est emparée des peuples de cette région du monde. Deux
dictateurs sont déjà tombés. Le troisième, Ali Abdallah Saleh restera
probablement en Arabie Saoudite en compagnie de Ben Ali. En tout cas le
peuple du Yémen considère que son départ est sans retour. Mais les
révolutions et les contre-révolutions vont de pair. La révolution arabe
n’a pas échappé à cette dialectique de la lutte des classes.