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Thème : Révolution

Révolutionnaire ou contre-révolutionnaire, héros ou malfaiteur ?


Jacques R. PAUWELS

La Révolution française ne fut pas un simple « évènement » historique, mais un développement long et complexe dans lequel nous pouvons identifier divers stades, en commençant par la « révolte des nobles » à la veille de 1789 et en terminant – mais uniquement sous certains aspects – en 1799, avec le « 18 Brumaire », le coup d’État de Napoléon Bonaparte. Il convient de remarquer que certains de ces stades, y compris les (importantes) phases initiale et finale mentionnés, étaient de nature plutôt contre-révolutionnaire que révolutionnaire.

En ce qui concerne les stades véritablement révolutionnaires, il est possible d’en dégager deux. Le premier stade est « 1789 », la révolution modérée. Celle-ci met un terme à l’Ancien Régime, avec son absolutisme royal et son féodalisme, autrement dit, au monopole de pouvoir du monarque et aux privilèges de la noblesse et de l’Église. Des réalisations importantes de « 1789 » font également partie la Déclaration des droits de l’homme, l’égalité de tous les Français devant la loi, la séparation de l’Église et de l’État, un système parlementaire reposant sur un droit de vote limité et, non des moindres, la création d’un État français « moderne », centralisé et « indivisible ». Ces réalisations qui, mises ensemble, constituent un énorme « pas en avant » dans l’histoire de la France, sont ancrées dans une constitution qui, non sans un certain retard, sera promulguée en 1791. L’Ancien Régime, la France d’avant 1789, était associé à la monarchie absolue et le système révolutionnaire de (…) Lire la suite »
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La véritable dissidence cubaine

Pablo Luis GONZALEZ JUSTO

Depuis quelques années, c’est devenu la mode de parler de la « dissidence cubaine » et d’appeler « dissident » quiconque qui, pour un salaire payé depuis l’étranger, un visa de sortie du pays, quelques cadeaux ou tout autre avantage matériel, a décidé de trahir son propre peuple, en se mettant au service de l’ennemi de toujours de notre nation. Il semblerait que ce sont eux qui écrivent l’Histoire de Cuba.

Cependant, l’existence même de la nation cubaine est une histoire d’authentique dissidence, dans laquelle se distinguent de grands dissidents de la pensée imposée par le colonialisme espagnol et le néocolonialisme nord-américain. Ceux que l’on appelle à tort « dissidents », dont il est tellement question, ne sont rien d’autre que des « collaborationnistes » de l’impérialisme. Ils ne sont en rien représentatifs du peuple cubain et ne le seront jamais, de même que les collaborationnistes du fascisme allemand dans les pays européens occupés durant la Seconde Guerre mondiale ne le furent de leur peuple. Les Français, avec raison, appelèrent les collobationnistes des fascistes allemands : « collabos », diminutif de « collaborateur ». La contre-révolution cubaine, financée par des puissances étrangères, est aussi « collaborationniste » que les « collabos » français le furent pendant l’occupation nazie. Revenons donc sur certaines des figures et épisodes de l’Histoire dissidente de (…) Lire la suite »
A l’aune du nombre d’articles à travers le monde, la Grèce est plus grande que l’Australie

La carpe, le lapin, la couleuvre et le boa constrictor

GRISOU

Après la victoire de Syriza en Grèce il y a quelques jours, de nombreuses questions ont émergé, sur ce site ou ailleurs, sur la capacité du nouveau gouvernement grec à faire face aux diktats de la Troïka et de l’Union Européenne en matière de finances, d’économie, de relations internationales (en particulier avec la Russie), et d’une manière générale, à remettre à flot le pays dont la souveraineté a été complètement bafouée ces dernières années. On a critiqué l’alliance du parti vainqueur des élections avec le parti de droite des Grecs Indépendants, parlant d’un mariage du type de « la carpe et du lapin », forcément odieuse et vouée à l’échec.

Répondant à ces critiques, d'autres articles, suivis de nombreux commentaires, on mis en avant le caractère inévitable d'une telle manœuvre, quitte à trahir ses discours de campagne (c'est tellement courant qu'il est difficile de s'en formaliser) et ses alliés d'un moment pour faire, enfin, l'indispensable virage à gauche que tout le monde attend. Ainsi, un nouveau gouvernement démocratiquement élu pourra faire les choix qui lui conviennent, pour le bien de son peuple, dans ses relations financières, économiques et politiques avec le reste de la communauté mondiale. Seulement voilà. Cette « communauté » mondiale est tout sauf une communauté. On ne peut trouver plus grande distorsion sémantique que d'appeler « communauté » ce véritable chaudron de l'enfer, cette foire d'empoigne où l'emporte le plus fort, le plus retord, aux coups les plus bas, dans un système en banqueroute, où le pourcentage de l'économie « réelle » se réduit comme une peau de chagrin, embarqué dans une fuite en (…) Lire la suite »

Enfin une nouvelle chanson révolutionnaire !

David

Jean-François Brient, auteur du film documentaire de la servitude moderne, vient de mettre en ligne une magnifique chanson intitulée « Épitaphe ». Je conseille à tous de l’écouter.

Cette chanson écrite en 2001 et enregistrée en 2013 se trouve à la fin du documentaire Ne vivons plus comme des esclaves de Yannis Youlountas. Elle traite de la révolution et cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas pu écouter une chanson qui mêle si habilement poésie et révolution. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la création (chansons, films, documentaires, livres...) pour la diffusion de nos idées et la lutte contre l’hégémonie culturelle du capitalisme. Une œuvre compte parfois beaucoup plus que tous les grands discours. Nous devons diffuser nos idées pour combattre sur internet, dans la rue et plus généralement à travers la création ceux qui de l’extrême droite nationaliste à l’extrême droite religieuse tentent de combler l’absence de visibilité du projet révolutionnaire et le vide imposé par le système totalitaire marchand. Il est temps à nouveau de reprendre le combat culturel pour l’émancipation humaine. Vous pouvez écouter cette chanson sur youtube : (…) Lire la suite »
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Bolivie : une "vraie" révolution

Jean ORTIZ

Depuis 2005, la Bolivie vit un processus révolutionnaire inédit, inventif, compliqué, à la fois très bolivien et universel, une authentique transformation sociale, ethnique, démocratique, dont les principaux protagonistes sont les Indiens.

L’élection du premier président Indien de l’histoire du pays, Evo Morales, porté par les mouvements sociaux (cocaleros, anciens mineurs...), est à la fois le résultat de dix ans de « guerre sociale » et l’un des moteurs de la nouvelle Bolivie ; elle est devenue « Etat plurinational » à la suite d’un processus constituant, freiné, saboté par la droite, et mené à terme grâce à la puissante mobilisation populaire. La constitution de 2009 remet enfin le pays à l’endroit Après cinq siècles d’invisibilité, de soumission forcée, de négation de l’indianité, de marginalisation, d’exploitation féroce, les Indiens assument désormais et construisent un nouvel Etat, un nouveau pouvoir. Un processus complexe de décolonisation, en marche, s’attaque aux mécanismes économiques, politiques, culturels, ethniques, du lourd héritage de la domination coloniale, très souvent ancrée, intériorisée. La Bolivie vit une Révolution ethnique, mais non ethniciste. Les Indiens, majoritaires, surtout Aymaras (…) Lire la suite »

Les ânes sont à nouveau de sortie !

Thierry LAMIREAU

La France va bien, la preuve : un remaniement ministériel s'annonce. L'ENA est encore passé par là !

Le Président François Hollande ne digère pas ses 19% de « satisfaits » lors des derniers sondages. Sur les conseils des « ânes de service », il va nous sortir bientôt un petit remaniement ministériel comme si cela allait changer la situation de l’état de la France qui se traîne un formidable déficit. Bref, tout ceci nous présente un magnifique tableau de chasse. Il faudrait réaliser un échange standard du « moteur France »... mais pour mettre quoi à la place ? Nicolas Sarkozy ? Marine Le Pen ? Jean-Luc Mélenchon ? ... Non, merci ! La France est un navire fantôme, sans ligne directrice sérieuse pour le peuple. Par contre, l’industrie du luxe est prospère et ce cher Montebourg se prend pour Colbert en nous sortant sa « nouvelle » idée de la Compagnie Nationale des Mines de France, à laquelle sera alloué un budget de 200 à 400 millions d’euros (une misère). Ce serait la première création d’entreprise publique par l’Etat depuis 1993. Comment interpréter ce retour d’un « (…) Lire la suite »

L’Histoire m’acquittera

Fidel CASTRO, Jacques-François BONALDI
L’Histoire m’acquittera (en espagnol : La Historia me absolvera) est un manifeste d’auto-défense écrit par Fidel Castro en octobre 1953, à la veille de son procès (il est jugé pour avoir attaqué la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, en réaction au coup d’état de Batista). Fidel Castro est diplômé en droit, il manie la plaidoirie, exercice qu’il connaît bien, avec aisance : il y explique ses actes et son implication dans le soulèvement contre Batista mais surtout, il y développe ses différentes thèses politiques et son point de vue sur la situation cubaine de l’époque. Le discours, qui occupe la moitié du volume, est divisé en six grands chapitres : la terre, l’industrialisation, le logement, le chômage, l’éducation et la santé. La seconde partie de l’ouvrage est majoritairement composée de textes juridiques (plaidoiries, dépôts de plaintes…) mais aussi de discours et des lettres de Fidel Castro, écrits entre 1952 et 1975. Ces documents étoffent le portrait de Fidel Castro (…) Lire la suite »

Quand les "sadiques" se chargent de la justice, égalité et compassion, alors là…

ADSkippy
Ce qui suit est surtout destiné aux analphabètes, illettrés, politiquement ignares et visiteurs d'une autre planète, car tous les autres sont surement conscients et agissent en conséquence et en toute connaissance de cause. "Globalement", le capitalisme est aussi pervers à l'humanité que le sadisme est à "l'amour". Que le capitaliste, comme le sadique, ne s'occupe pas du "pourquoi" mais plutôt du "comment et combien" exploiter et infliger de la souffrance à autrui, uniquement pour sa propre gratification. "Par définition, dessein et pratique, le capitalisme est un système qui concentre le pouvoir économique aux mains d'une petite minorité à l'exclusion de la grande majorité" (Anita Roddick) 85 des individus les plus riches du monde contrôlent la richesse équivalente des 50% de la population mondiale la plus démunie (85 = 3,9 milliards). 1% de la pop. du monde possède 65 fois plus que la richesse totale des 50% de la population mondiale les plus pauvres, (Oxfam, 2014). On (…) Lire la suite »

Arrêtons de "broyer du noir" et commençons à taper dans le tas

ADSkippy
Grâce à la science, nous savons que les mêmes lois Physiques et de la Nature, s'appliquent partout et dans tout l'univers. Ainsi, nous savons que nous sommes surtout entourés d'un univers infini de vide, de rien dans l'obscurité "noire" ou l'existence de "quelque chose" et la lumière est l'exception rare. Que l'existence d'autres planètes possédant des conditions de "vie" ou habitables est très peu probable. Et bien même qu'elles existeraient, elles nous serraient inaccessibles, même à la vitesse de la lumière. Pour mieux apprécier les circonstances extraordinaires, de chance et privilège qu'est l'existence de notre planète La Terre. Mais voila : "Nous sommes spirituellement et culturellement paralysés, incapables de saisir l'énormité de nous situer dans la toile de la nature. Nous abusons de notre planète comme si nous avions un autre endroit où aller" (Carl SAGAN - astronome, astrophysicien). Il y des hypothèses sur lesquels nous pouvons sans cesse spéculer, ex ; "l'oeuf ou (…) Lire la suite »

Le 21 janvier 1924 : 90ème anniversaire de la mort de Lénine. Les derniers combats du père de la révolution russe

Jean-Paul Scot
Si je vous propose cet article au jour anniversaire de la mort de Lénine, ce n'est qu'après avoir beaucoup hésité. Vous pourrez sans doute trouver mieux comme évocation de cette figure gigantesque de la théorie et de l'histoire. La réduire, comme le fait ce texte, aux dernières années de sa vie et les dernières années de sa vie à sa méfiance à l'égard de Staline est une prouesse sophistique. Il reste pour moi au moins le fait que cette URSS dont près de 70 ans d'histoire sont reniés pour ne laisser la place qu'à un vide théorique sans attrait, avait, par ses « Éditions de Moscou », diffusé dans le monde entier les « Œuvres complètes » dans toutes les langues. Leur lecture, encore au beau temps où le PCF rayonnait de ses derniers feux, puisque c'est lui qui les traduisait et les diffusait, laissait pantois le lecteur et lui posait à chaque page la question suivante : mais quel est donc le rapport de cette méthode d'analyse avec ce que tu (…) Lire la suite »