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Thème : Capitalisme

L’impossible capitalisme vert

Daniel TANURO
Daniel Tanuro vous êtes l'auteur de L'impossible capitalisme vert, paru aux éditions Les empêcheurs de penser en rond / La découverte. Vous êtes aussi le fondateur de l'ONG « Climat et justice sociale ». Qu'est-ce que le « capitalisme vert » ? D.T. : L'expression « capitalisme vert » peut s'entendre dans deux sens différents. Un producteur d'éoliennes peut se targuer de faire du capitalisme vert. En ce sens - au sens que certains capitaux s'investissent dans un secteur « propre » de l'économie - une forme de capitalisme vert est évidemment possible et très rentable. Mais la vraie question est de savoir si le capitalisme dans son ensemble peut tourner au vert, autrement dit si l'action globale des capitaux nombreux et concurrents qui constituent le Capital peut respecter les cycles écologiques, leur rythmes, et la vitesse de reconstitution des ressources naturelles. C'est dans ce sens que mon livre pose la question et il y répond par la négative. Mon argument principal est que la (…) Lire la suite »

Calcul de vies

Santiago ALBA RICO
Voici un modèle de bonne gestion des ressources. D'après un rapport du diplomate irlandais Roger Cassement, de 1899, le gouvernement colonial de sa majesté Léeopold II, roi de Belgique, remettait à chaque soldat présent au Congo un nombre déterminé de cartouches dont il devait justifier l'usage avec une stricte exactitude dans l'exercice de ses tâches au service des compagnies exploitantes du caoutchouc. Pour faite la preuve qu'il n'avait pas gaspillé une seule cartouche, à la fin de la journée, chaque soldat devait remettre une main droite (oui, une main humaine) pour chaque balle manquante dans sa cartouchière. Certains, mal nourris, trichaient : ils utilisaient quelques cartouches pour chasser et ensuite ils coupaient la main d'un Congolais vivant en guise de certificat de bonne conduite dans leur service. Rien qu'en six mois, on avait comptabilisé 6.000 Congolais assassinés ou mutilés, un par cartouche ou peut-être davantage parce que pour économiser leurs munitions, nous dit (…) Lire la suite »

Le Développement durable, une arnaque du capitalisme !

Michel MENGNEAU
Le développement, le grand mot est lâché, c'est-à -dire le moteur qui va engendrer le productivisme. Jusqu'à présent, avant la prise de conscience du réel danger du réchauffement climatique, de l'épuisement des richesses naturelles, la croissance des pays développés s'était faite au détriment de ces notions fondamentales à la survie de la planète. S'en apercevant un peu tard, les adeptes de la pensée unique capitaliste ne voulant pas mettre de frein au productivisme industriel ont inventé un concept allégorique : le développement durable. Si on résume les choses de façon sarcastique, « le développement durable », c'est privilégier le marché en passant un coup de peinture verte à l'aide d'une bombe aérosol… C'est-à -dire que la racine du mal, la croissance alliée à une surconsommation n'est pas remise en cause, on prend simplement des options de consommation soi-disant écologiques pour continuer à engranger des profits. ; on va rendre l'économie écologique comme l'a dit récemment (…) Lire la suite »

La décroissance, une théorie économique bien trop sage.

Caleb IRRI
La décroissance est une théorie attrayante et qui peut paraître censée, et qui même pour certains semble devoir lutter contre le capitalisme. Mais dans la réalité, et malgré la bonne volonté évidente de ses défenseurs, cette théorie sert moins les idées qu'elle défend que celles qu'elle attaque. Partant du principe que les ressources planétaires sont limitées et mis en rapport avec la soif infinie de consommation des êtres humains, certains penseurs philanthropes et raisonnables ont imaginé qu'il fallait que l'homme se restreigne dans ses mouvements naturels, afin de protéger les futures générations du mal qui ronge notre planète, et qui finira par nous engloutir ensuite. Mais si cette idée est fortement teintée d'humanisme, et qu'elle semble parée des meilleures intentions du monde, il ne faut tout de même pas oublier qu'elle prône clairement une baisse de la consommation maintenant, pour ne pas à avoir à faire face à une brutale pénurie, plus tard. Mais s'il ne fait aucun doute (…) Lire la suite »
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Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l’émancipation et le socialisme.

Christian DELARUE
Marx comme Arendt ont sévèrement critiqué le travail. Marx critique férocement le travail aliéné celui pris dans les rapports capital-travail et Arendt approuve Marx mais sa critique va aussi contre la survalorisation du travail (et ce faisant elle va contre l'église et le mouvement ouvrier d'alors) mais elle n'annonce pas la fin du travail. Sur ce point particulier, certains décroissants soulignent qu'aujourd'hui la fin du travail est non souhaitable pour une autre raison : cela risque de déboucher sur la seule liberté de consommer (du moins si le pouvoir d'achat occidental est maintenu). Annie Coll (2) écrit "Si le travail est incontournable, l'humanité doit veiller à produire plutôt de la permanence que de l'abondance". Voilà qui va à contresens de la production à obsolescence programmée qui caractérise le capitalisme. "Pris par le tourbillon de la dévoration des marchandises, nous oublions de construire un monde stable ou la valeur d'usage l'emporte sur la valeur d'échange". (…) Lire la suite »

Les « Doux » Leurres du Capitalisme

Pascal SACRE
British Petroleum a le droit le faire du Golfe du Mexique une zone de non-droit, un no man's land, interdisant tout accès de la zone à quiconque non accrédité, journaliste, photographe, reporter [1]. Non accrédité par qui ? Par BP. Cela peut en coûter cher au citoyen qui voudrait user de ses droits fondamentaux : une amende de 40 000$ et une incarcération pour crime fédéral [2], car ce citoyen l'ignore, mais la Louisiane est devenue BPland. Il est vrai que « son » parc d'attractions n'est pas vraiment Disneyland. BP ne veut pas de spectateurs, ni d'observateurs de ses « exploits », pas de ceux qu'elle ne puisse payer, et acheter le silence. BP a aussi le droit d'interdire tout survol du Golfe du Mexique [3]. BP aurait-elle tous les droits ? Si BP « possède », ou plutôt paie, ses employés, du personnel de sécurité et des gardes privés de la firme privée Wackenhut [4], BP possède-t-elle également la Garde côtière US, la FAA (Administration fédérale de (…) Lire la suite »

Qu’il y ait des riches, n’est-ce pas un droit pour les pauvres ?

Santiago ALBA RICO
J'ai déjà écrit quelque part que dans notre monde il n'existe que trois sortes de biens : les biens universels, les biens généraux et les biens collectifs. Les biens universels sont ces biens pour lesquels il suffit qu'un exemplaire ou un modèle unique existe pour que nous nous sentions universellement rassurés. Ce sont ces choses qui sont là et qu'il n'est pas nécessaire de tenir entre nos mains ou de posséder individuellement : il y a le soleil il y a la lune, les étoiles, il y a la mer, il y a UN Machu Picchu et UN Everest, il y a UN Taj Mahal et UNE Chapelle Sixtine, UN Che Guevara et UN Saint-François, UN Garcà­a Lorca et UN José Martà­ et UN Garcà­a Márquez et UN Silvio Rodrigo et UN Cintio Vinter. Les biens généraux, par contre, ce sont ceux qu'il faut généraliser pour que l'humanité soit pleinement accomplie. Il ne suffit pas qu'il y ait du pain, là -bas, dans le palais du prince ou qu'il y ait une maison, plus loin, dans le parc de Monsieur le Comte ; ces choses-là il (…) Lire la suite »

Qu’elle est jolie la république bourgeoise !

Mohamed BELAALI
Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause la plupart des membres du gouvernement contrastent tristement avec la politique de rigueur et d'austérité sans précédent que ce même gouvernement impose aux classes populaires. Au moment où l'on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux, se permettent de se servir abondamment dans les caisses de l'État et jouissent d'innombrables privilèges. La liste des ministres impliqués dans des affaires est longue : des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, aux 12 000 euros des cigares de Christian Blanc en passant par les hôtels particuliers du ministre de l'industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d'Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez. Et (…) Lire la suite »

Le dernier siècle

Vincent VAUCLIN
Frank John Fenner est un éminent scientifique australien, qui fut notamment à l'origine de l'éradication de la variole. Dans une interview datée du 16 Juin 2010 à The Australian, il livra sa vision de l'avenir de l'Humanité : l'extinction. Ainsi, selon lui, l'espèce humaine aura disparu dans un délai d'un siècle, notamment du fait de la généralisation du mode de production capitaliste à l'ensemble de la population mondiale, population par ailleurs en augmentation permanente. Ce constat, je le partage, et je le décrivais dans mon ouvrage paru en 2009 en ces termes : "Le réchauffement climatique s'autoalimentera, menacera et fera alors disparaitre à court terme (moins d'un siècle) une grande partie des espèces vivant sur Terre (celle-ci ne pouvant subsister car un changement aussi rapide et brutal ne leur laisse pas le temps de s'y adapter)." (Le Moment est venu p.89) Je faisais alors référence au dérèglement climatique et au Désordre Environnemental, conséquences directes (…) Lire la suite »

Le retournement du capitalisme

Caleb IRRI
Ce week-end a lieu une réunion internationale d'importance, le G20. les chefs d'Etat ou de gouvernements de 20 pays vont discuter ensemble de la crise actuelle, et tâcheront d'apporter des réponses à ceux qui réclament le retour de la croissance. Bien entendu, un G8 se déroulera préalablement, la veille, afin de définir ensemble ce que les chefs des 8 plus « grands » pays décideront de proposer aux « petits ». Il se peut que le discours de clôture soit déjà rédigé, et il est certain qu'une nouvelle fois des mesures fortes mais hypothétiques seront envisagées, tandis que des mesures moins sensationnelles seront réellement prises, et dont on ne découvrira les injustes effets que plus tard… enfin dans l'ensemble pas grand chose de nouveau. Car il faut avouer que la situation n'est pas simple : les pays émergents, dont la future puissance ne fait plus de doute pour personne, ne seront sans doute pas d'accord pour réformer un système qui commence seulement à leur servir. Et c'est (…) Lire la suite »