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Auteur : Manlio DINUCCI

Stratégie du golpe global (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

Quelle liaison y a-t-il entre des sociétés géographiquement, historiquement et culturellement éloignées, du Kosovo à la Libye et à la Syrie, de l’Irak à l’Afghanistan, de l’Ukraine au Brésil et au Venezuela ? Celle d’être emportées dans la stratégie globale des Etats-Unis, donnée en exemple par la « géographie » du Pentagone.

Le monde entier s’y trouve divisé en « aires de responsabilité », chacune confiée à un des six « commandements combattants unifiés » des Etats-Unis : le Commandement Nord couvre l’Amérique du Nord, le Commandement Sud l’Amérique du Sud, le Commandement Européen la région comprenant Europe et Russie, le Commandement Afrique le continent africain, le Commandement Central Moyen-orient et Asie, le Commandement Pacifique la région Asie/Pacifique. Aux six commandements géographiques s’en ajoutent trois opérant à l’échelle mondiale : le Commandement stratégique (responsable des forces nucléaires), le Commandement pour les opérations spéciales, le Commandement pour le transport. A la tête du Commandement Européen se trouve un général ou un amiral nommé par le président des Etats-Unis, qui assume automatiquement la charge de Commandant suprême allié en Europe. L’Otan est ainsi insérée dans la chaîne de commandement du Pentagone, c’est-à-dire opère fondamentalement en fonction de la (…) Lire la suite »

Israël et émirs dans l’Otan (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Le jour même (4 mai) où s’est installé à l’Otan le nouveau Commandant Suprême Allié en Europe – le général étasunien Curtis Scaparotti, nommé comme ses 17 prédécesseurs par le Président des Etats-Unis – le Conseil de l’Atlantique Nord a annoncé qu’au quartier général de l’Otan à Bruxelles sera instituée une Mission officielle israélienne, dirigée par l’ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne. Israël se trouve ainsi intégré encore plus dans l’Otan, à laquelle il est déjà étroitement relié à travers le « Programme de coopération individuelle ». Ratifié par l’Otan le 2 décembre 2008, trois semaines avant l’opération israélienne « Plomb durci » à Gaza, il comprend notamment la collaboration entre les services de renseignement et la connexion des forces israéliennes, y compris nucléaires, au système électronique Otan. Aux côtés de la Mission officielle israélienne auprès de l’Otan se trouveront celles du royaume de Jordanie et des émirats du Qatar et du Koweit, « partenaires (…) Lire la suite »

Qui nous menace vraiment ? (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

Comment fait-on pour justifier la guerre s’il n’y a pas d’ennemi qui nous menace ? C’est simple, il suffit de l’inventer ou de le fabriquer. C’est ce que nous enseigne le général Philip Breedlove, le chef du Commandement européen pour les Etats-Unis qui va passer à un autre général étasunien le bâton de Commandant suprême allié en Europe.

Dans sa dernière audition au Pentagone, il prévient qu’ « à l’Est l’Europe a en face d’elle une Russie résurgente et agressive, laquelle pose une menace essentielle à long terme ». Il renverse ainsi la réalité : la nouvelle guerre froide en Europe, contraire aux intérêts de la Russie, a été provoquée avec le putsch de Place Maïdan par la stratégie EU/Otan, qui continue à alimenter les tensions pour justifier le déploiement croissant de forces en Europe orientale. En Ukraine, a été constitué un Commandement conjoint multinational pour l’entraînement « jusqu’en 2020 » des forces armées et des bataillons néonazis de la Garde nationale, dont s’occupent des centaines d’instructeurs de la 173ème Division EU transférés de Vicence (Vénétie), flanqués de Britanniques et de Canadiens. Le Commandement européen des Etats-Unis, souligne Breedlove, travaille avec les alliés pour « contrecarrer la Russie et se préparer au conflit si nécessaire ». Au Sud, prévient le Commandant suprême allié (…) Lire la suite »

Stratégie secrète de la terreur (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
« L’ennemi obscur qui se cache dans les angles sombres de la terre » (comme l’avait défini en 2001 le président Bush) continue à broyer des victimes, les dernières à Bruxelles. C’est le terrorisme, un « ennemi différent de celui affronté jusqu’à présent », qu’on révéla en mondovision le 11 septembre avec l’image apocalyptique des Tours qui s’écroulaient. Pour l’éliminer, ce que Bush identifia comme « la colossale lutte du Bien contre le Mal » est encore en cours. Mais chaque fois qu’on coupe une tête de l’Hydre de la terreur, d’autres se forment. Que devons-nous faire ? Avant tout ne pas croire ce qu’on nous a raconté pendant presque quinze années. A commencer par la version officielle du 11 septembre, écroulée sous le poids des preuves technico-scientifiques, que Washington, n’arrivant pas à réfuter, liquide comme du « complotisme ». Les plus grandes attaques terroristes en Occident ont trois signes particuliers. Premièrement, la ponctualité. L’attaque du 11 septembre arrive (…) Lire la suite »

Bannière étasunienne sur l’Europe

Manlio DINUCCI
Participant (comme il est désormais de mise) à la rencontre des ministres de la défense de l'UE le 5 février à Amsterdam, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a fait l’éloge du « plan des Etats-Unis d’accroître substantiellement leur présence militaire en Europe, en quadruplant les financements à cet effet ». Les Etats-Unis peuvent ainsi « conserver plus de troupes dans la partie orientale de l’Alliance, y prépositionner des armements lourds, y effectuer plus d’exercices et y construire plus d’infrastructures ». De cette façon, selon Stoltenberg, « se renforce la coopération UE-OTAN ». Tout autre objectif. Immédiatement après la fin de la guerre froide, en 1992, Washington soulignait l' « importance fondamentale de préserver l’OTAN comme canal de l’influence et participation étasuniennes dans les affaires européennes, en empêchant la création de dispositifs uniquement européens qui mineraient la structure de commandement de l’Alliance », à savoir le commandement (…) Lire la suite »

Après l’OTAN, Fogh Rasmussen passe à Goldman Sachs (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

L’embauche de Fogh Rasmussen montre, s’il en était besoin, que Goldman Sachs est un des vrais patrons de l’UE et de l’OTAN. Le chaos de ces dernières années en Afrique du nord et au Moyen Orient, l’élargissement de l’UE, l’expansion de l’OTAN, la mise en place du contexte conflictuel avec la Russie, tout cela méritait bien quelque récompense pour Fogh Rasmussen.

Après avoir été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement USA), Anders Fogh Rasmussen a été embauché comme consultant international par Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne*. Le curriculum de Rasmussen est prestigieux. En tant que Premier ministre danois (2001-2009), il s’est employé à « l’élargissement de l’UE et de l’Otan en contribuant à la paix et à la prospérité en Europe ». En tant que secrétaire général, il a représenté l’Otan à son « pic opérationnel avec six opérations dans trois continents », parmi lesquelles les guerres en Afghanistan et Libye et, « en riposte à l’agression russe contre l’Ukraine, il a renforcé la défense collective à un niveau sans précédents depuis la fin de la guerre froide ». Rasmussen déclare en février 2009 : « Je ne suis pas candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN ». Il le devient en avril de la même année. Dessin de Roald Als, Il a en outre soutenu le « Partenariat transatlantique de (…) Lire la suite »

L’effacement de l’histoire (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 9 mai à Moscou, a été boycotté sur la pression de Washington par tous les gouvernants de l’Ue, sauf le président grec, et mis sous le boisseau par les médias occidentaux, dans une tentative grotesque d’effacer l’Histoire. Non sans résultats : en Allemagne, France et Grande-Bretagne il s’avère que 87% des jeunes ignorent le rôle de l’Urss dans la libération de l’Europe du nazisme. Rôle qui fut déterminant pour la victoire de la coalition antinazie. Après l’attaque de l’Urss le 22 juin 1941 par 5,5 millions de soldats, 3500 chars et 5000 avions, l’Allemagne nazie concentra en territoire soviétique 201 divisions, c’est-à-dire 75% de toutes ses troupes, auxquelles s’ajoutaient 37 divisions de ses satellites (parmi lesquels l’Italie). L’Urss demanda sans relâche aux alliés d’ouvrir un second front en Europe, mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne le retardèrent, aux fins de décharger la puissance nazie sur l’Urss pour l’affaiblir (…) Lire la suite »

Les partenaires de l’Otan élargie

Manlio DINUCCI

C’est la saison des anniversaires à l’Otan. A Amman (Jordanie), les 9 et 10 décembre, ont été célébrés les vingt ans du « Dialogue méditerranéen ». Etaient présents le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg et les 28 représentants du Conseil nord-atlantique, avec les ambassadeurs des 7 pays partenaires : Algérie, Egypte, Jordanie, Israël, Maroc, Mauritanie et Tunisie.

Il y a trois ans, a rappelé Stoltenberg, « pendant l’opération dirigée par l’Otan pour protéger le peuple libyen, aussi bien la Jordanie que le Maroc ont apporté d’importantes contributions militaires : cela a été possible grâce à des années de coopération militaire entre nos pays ». Le « Dialogue méditerranéen » prévoit en effet la formation d’officiers des pays partenaires dans les académies militaires Otan, parmi lesquelles le « Defense College » de Rome, et celle de forces spéciales par les « Equipes mobiles d’entraînement » envoyées sur place par l’Otan. A ces activités s’ajoutent celles prévues par les « programmes de coopération individuelle » de l’Otan avec chacun des sept partenaires. Le plus important est celui avec Israël, ratifié par l’Otan en décembre 2008, trois semaines avant l’opération israélienne « Plomb durci » contre Gaza. Il établit la connexion d’Israël au système électronique Otan, l’augmentation des manoeuvres militaires conjointes et de la coopération (…) Lire la suite »

Les États-Unis et l’Otan restent en Afghanistan (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
L’accord États-Unis-Afghanistan voulu par Washington, gelé pendant presque une année par le refus du président Karzai d’y souscrire, a été signé en grande pompe à Kaboul le 30 septembre, le jour suivant l’investiture du nouveau président Ashraf Ghani. L’« Accord de coopération sur la sécurité et la défense » – comprenant, en plus d’une préface et d’une annexe, 26 articles subdivisés en 116 points – contient tout ce que Washington voulait obtenir. Sur la base de cet accord, qui restera en vigueur de 2015 à 2024 et au-delà, les Etats-Unis pourront maintenir en Afghanistan, après la fin formelle de la « mission de combat » le 31 décembre 2014, environ 10mille militaires avec la mission officielle de conseiller (lire commander), entraîner, équiper et soutenir les « forces de sécurité » nationales. Une grande partie du contingent étasunien sera composée de forces pour les opérations spéciales, qui effectueront des « missions de contre-terrorisme » en territoire afghan. Même si cela (…) Lire la suite »

Derrière l’unanimité du Conseil de sécurité (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Une « résolution historique » : ainsi l’a définie le président des Etats-Unis Obama, en se donnant la parole en tant que président du Conseil de sécurité de l’ONU. La résolution 2178 sur les « combattants terroristes étrangers » (dont le texte a été anticipé par il manifesto mardi dernier 23 septembre[1]), adoptée par le Conseil de sécurité à l’unanimité, est « légalement contraignante » pour tous les Etats membres de l’Onu. Ceux-ci sont obligés de « prévenir le recrutement prévenir le recrutement, l’organisation, le transport et l’équipement d’individus qui se rendent dans d’autres Etats pour planifier, préparer ou effectuer des actes terroristes, ou pour fournir ou recevoir un entraînement terroriste et des financements pour ces activités ». A cet effet tous les Etats devront promulguer des législations appropriées, intensifier les contrôles aux frontières, poursuivre et condamner les terroristes (ou présumés tels), en accroissant la coopération internationale, y compris à (…) Lire la suite »