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Auteur : Manlio DINUCCI

Ebola, le Pentagone s’installe en Afrique (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

Washington annonce la naissance d’un centre de commandement militaire au Libéria

Face à l’« épidémie sans précédent d’Ebola, qui se répand de façon exponentielle en Afrique occidentale », le président Obama a annoncé que « à la demande du gouvernement libérien », les Etats-Unis établiront « un centre de commandement militaire au Liberia ». Il s’agit d’un « quartier général de commandement de la force conjointe » spécifie le Commandement Africa des Etats-Unis (dont l’« aire de responsabilité » couvre tout le continent, sauf l’Egypte). Le quartier général, aux ordres du général Darryl Williams (déjà sur le terrain au Libéria) disposera d’au moins 3000 militaires étasuniens, d’un pont aérien et d’un centre de tri au Sénégal. C’est ce quartier général qui exercera la fonction de « commandement et contrôle » de l’opération internationale anti-Ebola, qui prévoit l’envoi de personnel médical et d’hôpitaux de campagne. Selon Obama, c’est « un exemple de ce qui se passe quand l’Amérique prend le leadership pour affronter les plus grands défis mondiaux ». Qu’il a listés (…) Lire la suite »
Naguère, la CIA finançait 100 000 moudjahiddines et Ben Laden contre les soviétiques en Afghanistan.

Opération EIIL, objectif Chine

Manlio DINUCCI

Tandis que l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant ) diffuse à travers les complaisants réseaux médiatiques mondiaux les images de la troisième décapitation d’un citoyen occidental, sonne une autre sirène d’alarme : après s’être diffusé en Syrie et en Irak, l’EIIL est en train de pénétrer dans le Sud-Est asiatique.

C’est ce que communique la société Muir Analytics, qui fournit aux multinationales de « l’intelligence contre terrorisme, violence politique et insurrection », faisant partie des « auxiliaires » » de la Cia en Virginie, souvent utilisée par la maison mère pour répandre des « informations » utiles à ses opérations. Un domaine dans lequel la Cia a une solide expérience. Pendant les administrations Carter et Reagan elle finança et entraîna, à travers les services secrets pakistanais, environ 100 000 moudjahiddines pour combattre les forces soviétiques en Afghanistan. Opération à laquelle participa un riche saoudien, Oussama Ben Laden, arrivé en Afghanistan en 1980 avec des milliers de combattants recrutés dans son pays et de gros financements. La guerre de 1989 finie, avec le retrait des troupes soviétiques et l’occupation de Kaboul en 1992 par les moudjahiddines, dont les factions étaient déjà en lutte entre elles, naquit en 1994 l’organisation des talibans endoctrinés, entraînés (…) Lire la suite »

Les « Etats faillis »

Manlio DINUCCI
Tandis que depuis la Libye en flammes des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, poussés par le désespoir, tentent chaque jour la traversée de la Méditerranée, et beaucoup y perdent la vie, le président Napolitano avertit « Attention aux foyers qui nous entourent », à commencer par « l’instabilité persistante et la fragilité de la situation en Libye ». Il oublie, et avec lui la quasi totalité des gouvernants et politiques, que c’est justement l’Italie qui a joué un rôle déterminant pour allumer en 2011 le « foyer » de cette guerre dont l’hécatombe de migrants est une des conséquences. Sur la rive sud de la Méditerranée, face à l’Italie, se trouvait un Etat qui – d’après même la Banque mondiale en 2010 – avait « de hauts niveaux de croissance économique », avec une augmentation annuelle du pil de 7,5%, et enregistrait « des indicateurs de développement humain élevés » parmi lesquels l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et, pour 46%, à celle de niveau (…) Lire la suite »

Les « sauveurs » de l’Irak (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

Les premiers bombardiers qui, en Irak, ont attaqué, le 8 août, des objectifs dans la zone contrôlée par l’ISIS, ont décollé du porte-avions baptisé « George H. W. Bush », en l’honneur du président républicain, instigateur, en 1991, de la première guerre contre l’Irak.

Continuée par son fils, George W. Bush, qui en 2003 attaqua et occupa le pays, en accusant Saddam Hussein (sur la base de « preuves » qui se sont ensuite révélés fausses) de posséder des armes de destruction de masse et de soutenir Al Qaida. Après voir employé dans la guerre intérieure en Irak plus d’un million de soldats, plus des centaines de milliers d’alliés et de contractors, les Etats-Unis en sont sortis substantiellement vaincus, sans arriver à réaliser l’objectif de plein contrôle de ce pays, de première importance par sa position géostratégique au Moyen-Orient et ses réserves pétrolifères. C’est là qu’entre en scène le président démocrate (et Prix Nobel de la paix) Barack Obama, qui en août 2010 annonce le début du retrait des troupes étasuniennes et alliées et la naissance en Irak d’une « aube nouvelle ». Aube rouge sang en réalité, qui signe le passage de la guerre ouverte à celle secrète, que les Usa étendent à la Syrie, frontalière avec l’Irak. Dans ce cadre se forme (…) Lire la suite »

La « solution » pour Gaza

Manlio DINUCCI
Le secrétaire-général de l’ONU Ban Ki-moon, à l’ombre du secrétaire d’Etat John Kerry dont il apprécie l’ « engagement dynamique », est en train de chercher à Jérusalem la façon de « mettre fin à la crise de Gaza ». Il semble cependant ignorer que quelqu’un l’a déjà trouvée. Le vice-président de la Knesset, Moshe Feiglin, a en fait présenté le plan pour « une solution à Gaza ». Il s’articule en sept phases. 1) L’ultimatum, donné à la « population ennemie », à qui est intimé d’abandonner les aires où se trouvent les combattants du Hamas, « en se transférant dans le Sinaï, non éloigné de Gaza ». 2) L’attaque, déclenchée par les forces armées israéliennes « à travers tout Gaza avec la force maximale (et non pas avec une fraction minuscule) », touchant tous les objectifs militaires et infrastructurels « sans aucune considération pour les boucliers humains et les dommages environnementaux ». 3) Le siège, simultané à l’attaque, afin que « rien ne puisse entrer à Gaza ou sortir de (…) Lire la suite »

Le livre noir de la guerre (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Après avoir reçu l’imprimatur du Conseil suprême de défense, convoqué par le président Napolitano, le ministre Roberta Pinotti (ministre de la défense du gouvernement Renzi, ndt) a publié les lignes directrices du futur « Livre blanc pour la sécurité internationale et la défense », qui tracera « la stratégie évolutive des Forces armées à l’horizon des 15 prochaines années ». Stratégie qui, comme l’indiquent les lignes directrices, continuera à suivre le sillon ouvert en 1991, immédiatement après que la République italienne avait combattu dans le Golfe, sous commandement étasunien, sa première guerre. Sur le modèle de la réorientation stratégique du Pentagone, le Ministre de la défense du gouvernement Andreotti annonça alors un « nouveau modèle de défense ». Violant la Constitution [1], il établissait que le devoir des Forces armées est « la tutelle des intérêts nationaux, dans l’acception la plus vaste de ces termes, partout où c’est nécessaire » et définissait l’Italie comme « (…) Lire la suite »
L’art de la guerre

La balkanisation de l’Irak (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Si ce qu’on est en train de raconter à Washington était vrai, que les USA ont été pris par surprise par l’offensive irakienne de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le président Obama devrait immédiatement destituer les dirigeants de la Communauté d’intelligence, formée par la Cia et par de nombreuses autres agences fédérales qui espionnent et conduisent des opérations étasuniennes secrètes à l’échelle mondiale. Sans aucun doute, au contraire, ont-ils été félicités, en privé, par le président. L’EIIL est en fait fonctionnelle à la stratégie étasunienne de démolition des Etats à travers la guerre secrète. Plusieurs de ses chefs proviennent des formations islamiques libyennes qui, d’abord classifiées comme terroristes, ont été armées, entraînées et financées par les services secrets USA pour renverser Kadhafi. C’est l’EIIL même qui le confirme, en commémorant deux de ses commandants libyens : Abu Abdullah al Libi, qui a combattu en Libye avant d’être tué par un groupe (…) Lire la suite »

L’OTAN pousse l’UE dans une nouvelle guerre froide (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Silence politico-médiatique sur la réunion OTAN des Chefs d’état-major des pays membres, qui s’est déroulée à Bruxelles les 21-22 mai. Pourtant il ne s’est pas agi d’une rencontre de routine, mais d’un sommet qui a énoncé une nouvelle stratégie qui conditionnera l’avenir de l’Europe. Il suffit de penser que 23 des 28 pays de l’Ue sont en même temps membres de l’OTAN : en conséquence les décisions prises par l’Alliance, sous leadership étasunien indiscuté, déterminent inévitablement les orientations de l’Europe. C’est le général Usa Philip Breedlove – c’est-à-dire le Comandant suprême allié en Europe, nommé comme toujours par le président des Etats-Unis- qui a énoncé à Bruxelles le point de virage : « Nous sommes à la décision cruciale de comment affronter, sur le long terme, un voisin agressif ». A savoir la Russie, accusée de violer le principe du respect des frontières nationales en Europe, en déstabilisant l’Ukraine en tant qu’Etat souverain et en menaçant les pays de la (…) Lire la suite »

Accords stratégiques Moscou-Pékin - Contre-offensive sur le front oriental (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

Pendant que l’OTAN convoque demain à Bruxelles les 28 ministres de la défense pour potentialiser ses forces dans une fonction anti-russe, en intensifiant aussi l’entraînement de militaires et paramilitaires de Kiev (y compris les bandes armées qui ont tenté d’assassiner le secrétaire du PC ukrainien), et que l’UE prend de nouvelles sanctions contre la Russie, la réponse vient non pas de Moscou mais de la lointaine Pékin.

Le président Poutine commence aujourd’hui sa visite officielle en Chine, durant laquelle sera signée une trentaine d’accords bilatéraux, dont le premier effet sera celui de rendre vain le plan de Washington visant à « isoler la Russie de Poutine en coupant ses liens économiques et politiques avec le monde extérieur ». La portée des accords est stratégique. Un contrat d’une valeur de 270 milliards de dollars entre la compagnie publique russe Rosneft et la China’s National Petroleum Company prévoit que la Russie fournira à la Chine dans les 25 prochaines années plus de 700 millions de tonnes de pétrole. Un autre contrat prévoit que la compagnie publique russe Gazprom fournira à la Chine, d’ici 2018, 38 milliards de m3 de gaz par an, c’est-à-dire environ un quart de celui qu’elle fournit aujourd’hui à l’Europe. Se servant aussi d’investissements chinois prévus pour 20 milliards de dollars, Moscou projette de potentialiser l’oléoduc entre la Sibérie orientale et le Pacifique, en le (…) Lire la suite »

La globalisation des forces spéciales (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Un accident, parfois, permet de découvrir une « guerre couverte ». C’est ce qui est advenu au Yémen, où à Sana un membre des Forces spéciales USA et un agent de la Cia ont tiré sur deux hommes en les tuant. Selon la version officielle, il s’agissait de deux terroristes d’Al Qaeda qui voulaient les enlever. Le fait, rien moins que clair, a suscité une vague de protestations contre le gouvernement, déjà sous accusation parce qu’il permet aux drones de la Cia d’opérer au Yémen en partant d’une base saoudienne. Le Pentagone – confirme le New York Times - a intensifié les actions de ses forces spéciales au Yémen. Pays de grande importance par sa position géostratégique sur le Détroit Bab El Mandeb entre Océan Indien et Mer Rouge, traversé par les principales routes pétrolières et commerciales entre l’Asie et l’Europe. En face du Yémen, à 30 Kms à peine sur la rive africaine, se trouve Djibouti où est stationnée la Task force conjointe pour la Corne d’Afrique, formée d’environ 4 mille (…) Lire la suite »