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Thème : Haïti

Un État fossoyeur jusqu’au bout de l’indigence

Erno RENONCOURT

De nombreuses erreurs de casting se produisent ces derniers jours au sommet de l'État haïtien. Loin d'être hasardeuses, elles sont profondément révélatrices et dénotent que la médiocrité qui a pris le pouvoir en Haïti est en train de se transformer en un monstre hideux qui, déshumanisant tout, ne sait plus jusqu'où s'arrêter dans l'horreur. C'est désormais un État fossoyeur qui prend forme et émerge. Poussé par les basses eaux de la médiocrité des élites, irrigué et canalisé par l'expertise internationale, il dérive à tout va, nu dans ses haillons et gluant dans sa pestilence, jusqu’au bout de l'indigence.

Le casting des corrompus Depuis les violents évènements qui ont accompagné l’annonce (depuis suspendue) de la hausse des prix du carburant, sur injonction du FMI, Haïti connait une crise larvée qui révèle de béantes fissures dans la machine administrative de l’État. Alors que l’État démocratique, renforcé et stabilisé par plus de 30 ans de mission d’expertise des nations Unies, et de projets du PNUD, de l’Union Européenne et de l’USAID, devait être au service de la population, on découvre stupéfait, à travers des dénonciations publiques entre sénateurs qui s’accusent mutuellement de vol et de détournement de fonds, qu’il n’est qu’une machine programmée pour voler, pour corrompre et pour entretenir la criminalité. En effet, le 17 juillet dernier, sur les ondes d’une station de radio de la capitale, le président du Sénat de la république a accusé formellement un sénateur de l’opposition d’avoir utilisé, pour ses fins personnelles, une génératrice initialement destinée à la (…) Lire la suite »

Haïti : les raisons de la révolte

REHMONCO
Les récents événements en Haïti ne sauraient surprendre aucun observateur doté d’un minimum de lucidité. Le pays s’enfonce de plus en plus dans une crise sociale, économique et politique que ni le gouvernement illégitime actuel ni l’oligarchie richissime et mafieuse ne veulent voir ni entendre parler. L’un (le gouvernement) s’évertue à faire danser le peuple ou lui offrir des spectacles de foot, souhaitant que la misère serait plus supportable en dansant ou en célébrant la victoire de l’équipe brésilienne ; l’autre (l’oligarchie) affichant, jusqu’à la nausée, sa profonde haine du peuple, le considérant comme dépourvu d’humanité et indigne du moindre respect. Pourtant, l’aveuglement, le faire-semblant, l’évasion ne peuvent en aucun cas occulter les raisons de la révolte. Et elles sont nombreuses : La corruption gangrénant jusqu’à la moelle le gouvernement et les institutions de l’État (y compris le Parlement, les ministères, etc.). La somme colossale de près de cinq milliards de (…) Lire la suite »

Du feu et des cendres pour épaissir l’enfumage politique

Erno RENONCOURT

Un immense volcan vient d'embraser Haïti les 6 et 7 juillet 2018. Aux quatre coins du pays de nombreux foyers de feu dégagent de longues colonnes de fumée qui viennent épaissir l'enfumage des politiques conduites par le pouvoir d'essence macoute soutenu, à bras le corps, par la comunauté internationale depuis 2011. Des mesures inflationnistes sur le carburant prises par le gouvernement, en échange d'un hypothétique prêt de 95 millions de dollars du FMI, ont mis le feu à la poudrière. À l'heure des premiers bilans, il est utile de demander qui assumera les responsabilités ? Comment un pouvoir qui a dilapidé quelque 3 milliards de dollars de PetroCaribe en 3 ans avec l'aide de la communauté internationale peut-il s'aliéner la colère du peuple pour si peu ? Suffira-t-il aussi d'abandonner ces mesures pour que tout rentre dans l'ordre ? Ne faudra-t-il pas que les décideurs assument la responsabilité des conséquences de leur décision et démissionnent pour donner un semblant de normalité à ce pays combien déjà martyrisé ?

Une logistique mobilisant d’énormes ressources financières et politiques Les événements qui se sont déroulés durant ces derniers jours doivent interpeller les Haïtiens tant par leur violence inouïe, témoignant au demeurant de la vulnérabilité dans laquelle le pays baigne, que par l’incompétence et l’irresponsabilité des décideurs politiques et de leurs sponsors nationaux et internationaux. Il y a une grande majorité qui se retrouve victime d’une double médiocrité exercée comme pression au sommet et à la base de la pyramide sociale. Mais leur accommodement, leur silence et leur opportunisme les rendent davantage complices de la médiocrité de ceux d’en haut, alors qu'ils devraient œuvrer dans la résistance pour contribuer à desserrer l’étreinte par l’émancipation de ceux d’en bas. Beaucoup de choses seront dites par d’autres, et sans doute avec plus d’acuité, ce n’est pas nécessaire d’en rajouter. Nous nous contenterons de relever deux choses dans ce qui s’est passé en Haïti (…) Lire la suite »
Il a mis en oeuvre toute une batterie de réformes cruciales qui horrifieraient le réformiste Macron

Les progrès socio-économiques de l’Équateur sous le gouvernement de Rafael Correa : Quelles leçons pour Haïti ?

Boaz Anglade
Le bilan de Correa En mai 2017, Rafael Correa, alors élu président en 2006, a remis le pouvoir à son vice-président, Lenín Moreno, après dix ans à la tête de l’Équateur. Pendant son règne, Correa a radicalement transformé son pays et l’a mis sur la voie de la stabilisation économique et sociale. Durant cette période, le niveau de vie des citoyens a augmenté, les services publics ont été grandement améliorés, et le paysage équatorien a été transformé grâce à la multiplication d’infrastructures de base. Entre 2007 et 2016, le taux de pauvreté est passé de 37% à moins de 23%, et l’extrême pauvreté de 17% à 9%. Les inégalités sociales, mesurées par l’indice Gini, ont aussi considérablement chuté pendant cette même période [1]. En effet, entre 2006 et 2011, l’économie équatorienne a connu l’une des croissances les plus inclusives au monde ; les revenus des 40% des plus pauvres ont augmenté de près de 8 fois la moyenne nationale [2]. Grâce à l’élan d’espoir qu’a suscité la présidence (…) Lire la suite »

De l’entre soi à la soumission : fondement psychologique de l’échec collectif haïtien.

Erno RENONCOURT
La grande escroquerie Internationale, qui s'active à dépecer les peuples du SUD, a transformé une certaine hardiesse combative "GrennNanBounda" en 2004 (avoir des couilles) pour renverser le pouvoir Lavalas en une détresse spirituelle dite "LespriNanBounda" (être zombifié) pour maintenir le pays dans une indigence profitable à ceux qui sont en transit en Haïti et qui ne possèdent 98% des richesses nationales. Certaines attitudes comportementales traduisent cette détresse spirituelle et expliquent en partie l’échec collectif qui imprime son rythme et sa tonalité à toute la société haïtienne. Aujourd’hui, la réalité socio-politique haïtienne s’apparente à une scène dominée par des acteurs officiant dans une espèce de comédie des ratés. Elle offre, au regard, le spectacle d’un tableau de contrastes saisissants où des images se défilent, s’alternent, s’entrechoquent, se juxtaposent, se superposent ou se mélangent selon qu’on l’observe de loin ou de près. Il est cependant un fait qui (…) Lire la suite »

Réforme de l’État haïtien : du spectacle à la vision, il reste du chemin !

Erno RENONCOURT

Ah, qu'elle est belle, la scène haïtienne, quand elle brille sous les feux des projecteurs des agences internationales ! Quand elle se présente dans sa volonté de réforme, qu'elle est efficace la collaboration entre les acteurs étatiques nationaux, éternels gardiens de l'opacité, et les partenaires internationaux de l'échec, éternels experts de l'urgence humanitaire qui dévoie et mutile ! Ainsi pendant 48 heures, l'État haïtien et ses indéfectibles partenaires techniques et financiers internationaux ont fait le show en nous mettant plein la vue sur cette réforme qui va moderniser l'administration publique haïtienne par le biais de recrutements de cadres compétents et d'un hypothétique régime méritocratique. Et comme on pouvait s'y attendre, en bons rois de la scène, ils ont assuré. Mais le bal étant fini, les rideaux tirés il est de bonne méthode d'arpenter les lieux d’où émergeront cette réforme pour livrer une analyse objective et lucide à partir des exigences du système de management de la qualité et des enjeux stratégiques d'une vraie réforme de l'État en Haïti.

La réforme de l’État, l’OMRH et les partenaires de l’échec : spectacle et lumière ! L’Office du Management des Ressources Humaines (OMRH) vient de lancer, avec force spectacle et éclats, un forum international sur la réforme de l’État. C’est une vaste campagne de médiatisation, faite de plaidoyers, de spots publicitaires autour d’informations de recrutements de cadres et de personnel compétents, qui est lancée pour, dit-on, moderniser l’administration publique haïtienne. Précisons que pour cette activité, l’OMRH est assistée des indéfectibles partenaires techniques et financiers internationaux de l’État haïtien que sont les grandes agences internationales qui travaillent, avec les fonds des états étrangers comme la France (AFD), les USA (USAID) et les États Européens (UE), pour soutenir une certaine vision du développement des pays dits sous-développés. Il nous parait opportun, quoiqu’assez provocateur, de relier cet événement au contexte judiciaire français qui met en lumière (…) Lire la suite »

Et si c’était l’aube de la justice !

Erno RENONCOURT

Mais quelle heureuse coïncidence que cette douce rumeur qui s’est répandue dans Port au prince en la journée internationale des droits des femmes ! Un juge haïtien courageux vient de faire un clin d’œil aux femmes d’Haïti en faisant tomber, par le couperet de la justice, la tête d’un puissant homme d’affaires. Une façon symbolique de relier dans une mystique de la célébration des droits des femmes la dignité et la justice. Comme pour dire que c’est au fil de la lame scintillante du couperet de la justice que se trouve la dignité dont Haïti a besoin pour s’éclairer et naviguer au-delà des eaux indigentes.

Une lueur dans la nuit indigente La nouvelle m'est parvenue comme une douce rumeur et n'est pas encore confirmée officiellement. « Après 22 ans de procès, le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, jugeant en ses attributions correctionnelles, présidé par le juge Jean Wilner Morin, vient de rendre une décision historique dans le cadre de l'affaire du Sirop Afébril Contaminé et Valodon. Le sieur Rudolph Boulos, PDG des laboratoires PHARVAL, est condamné à six mois d'emprisonnement et à 3 Millions de gourdes en faveur de chaque victime portée dans l'acte d'assignation. » Je précise qu'à l’heure où je rédige ce texte, aucune agence de presse n’a encore publié la nouvelle, laissant planer une incertitude qui semble confirmer l’incapacité de dissidence de quelques juges à agir dignement pour provoquer la rupture d’avec le modèle de l’indigence. Ainsi, sachant combien il y va souvent loin des rumeurs à la vérité quand il s’agit de justice et de messages colportés par les (…) Lire la suite »

Le grand oublié de la reforme éducative haïtienne. Les manuels scolaires !

Saul JACINTHE
Publié en 2016, Jacques Michel Gourgues, dans les manuels scolaires en Haiti ; outils de la colonialité, converge une somme de critiques objectives et constructives dans le but de dénoncer la domination du savoir et les rapports de vérité et contre vérité dont ils sont porteurs. L’auteur, à travers ces réflexions, nous pousse à se questionner sur le contenu des ouvrages utilisés dans le systèmes scolaires haïtiens comme outils de colonialité. Quels sont les conséquences d’une éducation construite sur une telle controverse ? Peut-on encore parler d’éducation relatif au sentiment d’identité à la culture nationale et au patrimoine historique du pays ? Sont les interrogations auxquelles l’auteur tente d’y réfléchir. Ces réflexions sont basées, d’une part, sur des travaux d’un groupe Latino-Americain Moderne/Colonialité (MC), qui dénoncent de nouvelles formes de dominations dans les pays (dits) périphériques, dans la lutte contre le colonialisme moderne telle que la colonialité de (…) Lire la suite »

De quoi Trump est-il le nom ?

Renel EXENTUS, Ricard GUSTAVE
Un fait actuellement nous semble indéniable : Trump est le porte-parole, la figure emblématique du mouvement international de la suprématie blanche. Le personnage est certainement adulé, comme Hitler d’ailleurs, par les tenants du fascisme, du néonazisme et de l’idéologie de la supériorité de l’homme blanc. D’après certains analystes, 60 millions de personnes ont voté pour Trump lors des dernières élections. Des hommes, des femmes, des évangélistes, qui ne jurent que par la race et par la religion. Dans les pays occidentaux, y compris ceux que l’on désigne comme des pays de non-immigration, sa popularité n’est pas moins élevée. Trump serait devenu la voix d’une classe moyenne blanche en décrépitude, d’une classe ouvrière déboussolée, croupissant dans une crise, dont elle n’arrive pas à comprendre la nature. Trump prête sa voix à ces gens que le système a abandonnés. Il leur explique que le chômage, les crimes, la crise du logement, de l’éducation, etc. sont causés par cette (…) Lire la suite »

Un cri merdique pour dire la colère venant d’un trou à rats

Erno RENONCOURT
Voici un cri merdique que je partage avec vous en ce dimanche 14 janvier 2018, pour laisser retentir ma colère et mon indignation d’habiter un trou à rats. Quoi qu’il laisse présager comme tonalité merdique, Il n’a pas pour autant la prétention de répondre à la polémique créée par les propos du génie insulteur qui, laissant échapper sa furie, a qualifié Haïti, le Salvador et l’Afrique de trou de merde. Ma démarche se veut pédagogique. Qu'importe que le génie insulteur ait raison ou tort, il n’en faut pas moins contextualiser son discours, pour assumer la part de vérité qu’il contient. Il s’agit aussi de s'en inspirer pour nous réapproprier notre dignité effritée par notre passivité et nos complicités, pour nous reprendre en mains et nous projeter dans l'avenir par d’intelligentes résolutions pour surprendre ceux et celles qui nous chient dessus, mais aussi ceux et celles qui nous pissent dessus en nous faisant croire que c’est de l’eau bénite tout en se gavant à (…) Lire la suite »