Ô assistance, quand ta générosité nous déshumanise
Presque 6 ans après la déferlante solidarité qui s’est abattue sur Haïti suite au séisme dévastateur du 12 janvier 2010, l’écosystème haïtien, par la faute de l’ouragan Matthew, se trouve encore sous les feux des projecteurs de l’assistance humanitaire. Et comme toujours, les messages de solidarité, les vœux de sympathie et de compassion, les appels de collecte de fonds s’égrènent comme autant de prières remerciant et invoquant Dame Nature pour cette nouvelle opportunité qui permettra de célébrer la résilience haïtienne.
Mais que cette onde de générosité, traversée par de multitudes alternances, et dédiée à l’endroit des « mendiants et des emmerdeurs haïtiens », pour reprendre la pensée d’un officiel canadien, eut été efficace si elle était là au moment opportun. Je veux parler de l’instant critique où le peuple haïtien dignement se battait contre l’impunité, l’indécence et la toute-puissance diplomatiques de l’ONU qui s’était (…)Lire la suite »
En dépit du retrait des troupes dominicaines d’Haïti annoncé par voie de presse, nous tenons à exprimer notre indignation sans bornes lorsque nous avons appris, le 13 octobre 2016, que des soldats dominicains avaient été déployés en Haïti sous prétexte de protéger des convois d’aide humanitaire en provenance de la République dominicaine. Ceux et celles qui ne partagent pas ou ne comprennent pas notre légitime colère devant cet inacceptable état de fait ne savent pas ou ignorent peut-être délibérément qu’en 1937 près de 30 000 haïtiens ont été massacrés par des soldats dominicains sous l’ordre du gouvernement dominicain alors engagé dans une campagne de haine et d’épuration ethnique visant les ressortissants haïtiens sur son territoire. Rappelons que tout récemment, le 23 septembre 2013, la République dominicaine a retiré rétroactivement la nationalité dominicaine à un quart de million de Dominicains d’origine haïtienne nés en République dominicaine. Cela, en violation de la (…)Lire la suite »
Le « socialisme scientifique » [1], en référence au marxisme, a officiellement pénétré la société haïtienne dans les années 1930 avec L’Analyse schématique 32-34 publiée en 1934 et considérée par certains progressistes comme « le premier essai d’interprétation marxiste de la réalité haïtienne ». Cet ouvrage trace la voie idéologico-politique à suivre pour combattre l’occupation américaine d’Haïti. Le mouvement nationaliste qui a dominé toute la période antérieure aux années 30 est rejeté au profit du marxisme de tendance léniniste faisant de l’impérialisme le stade suprême du capitalisme [2]. Signé par Jacques Roumain, Christian Beaulieu et Etienne Charlier, il marque aussi la création, en 1934, du premier Parti Communiste Haïtien (PCH). Le socialisme de tendance marxiste inscrit ses premières empreintes dans cet ouvrage et prendra en même temps la forme politique avec le Parti communiste déjà évoqué. Ainsi, l’introduction officielle du marxisme dans les années 1930 est complète : (…)Lire la suite »
« Il n’y a pas de vertu dans l’occupation » (Joël Léon)
L’occupation est toujours un package de complications. Elle entraîne avec elle de néfastes conséquences qui méritent d’être exposées devant le peuple haïtien. Parmi elles, désorientation culturelle, dépendance endémique, assujettissement historique et banalisation internationale…
Marc Arthur Fils aime, a noté que : « Les occupants ont un comportement typique partout où ils se trouvent : l’humiliation des nationaux, l’irrespect des lois du pays en question, l’accaparement manu militari de ses richesses ». Donc, Haïti n’a pas été une exception. La tendance générale veut que l’occupation soit militaire. Pourtant, l’occupation est beaucoup plus culturelle que tout autre. L’histoire fournit pas mal d’exemples, notamment celui de la « Pax Romana ». Malgré les siècles qui séparent la « pax americana » de l’empire romain, l’empire américain porte les traces inaltérables de la période historique romaine, particulièrement au niveau (…)Lire la suite »
L’objectif du discours politique de Moïse Jean Charles est « d’agir sur l’autre pour le faire agir, le faire penser, le faire croire » (Rodolphe Ghiglione)
L’année 2015 a été la plus fertile, depuis les années 60 en Haïti, en termes de théorie ou plus précisément de discours politique. Il est difficile d’expliquer cette pullulation d’idées. Cependant, j’estime que les deux invasions internationales (1994 & 2004), suivies d’occupation du territoire national en une décennie, et d’autres événements sociopolitiques agaçants constituent les agrégats qui allaient donner naissance à cette richesse au niveau du discours politique.
Ils sont nombreux à contribuer à cette amplification du discours politique. On peut citer entre autres : Liliane Pierre Paul, Marvel Dandin, Ricot Dupuy, Himmler Rebu, Lesly Manigat, Lyonel Trouillot, Junot Félix, Jean Monard Metellus et Moïse Jean Charles. Ce dernier constitue à mon avis, l’homme politique qui a contribué le plus, en ce sens qu’il allie pensées & actions sur un fond national inspiré du fondateur de la patrie haïtienne, Jean Jacques Dessalines.
En 1993, lors d’un échange téléphonique que (…)Lire la suite »
Carpettes d’une certaine communauté internationale dite « amie d’Haïti », - qui elle continue de tout faire pour défendre le plus récent crime électoral d’août et octobre 2015, - une bande de mercenaires corrompus sortent de leurs gonds, voyant que les sacrifices consentis par ceux et celles qui ont toujours cru qu’ ʽʽil faut que ça changeʼʼ ont servi à quelque chose. Forts de la culture de l’impunité avec la complicité honteuse de la justice, la lâcheté et le cynisme des gouvernements passés, toutes tendances confondues, ils sont ces Temer et Cunha [1] à nous, qui hurlent au Parlement pour une chemise, ces clowns attitrés, ces fascistes patentés, membres de partis politiques, de l’élite intellectuelle, de la société civile, de confessions religieuses, ces théoriciens de l’empire du chaos, voyous cravatés ou non, ex-président du Sénat, ex-rebelle, ex-PM, ex-sénateur recyclé délégué PHTK puis maire etc, qui font du chantage à la menace terroriste...
A force de tout voir on finit (…)Lire la suite »
Pourquoi la bêtise ne meurt pas ?
J'ai lu une pertinente réflexion de Mme Junia Barreau qui constate avec indignation que la bêtise (haïtienne) refuse de mourir. Je me permets de reprendre et de problématiser une partie du titre de son message dans une perspective liminaire : Pourquoi la bêtise (haïtienne) ne meure pas ?
Au demeurant, il faut saluer la perspicacité de l'analyse de Madame Barreau dont le contenu combien riche est utile et édifiant en ces temps de basses eaux intelligentes. Au vrai c’est un prétexte pour nous aider à voir un peu plus clair dans cette nuit obscène et barbare qui s’épaicit et augure pour ceux et celles qui habitent profondément Haïti des lendemains remplis d’échecs humains et de douleurs atroces.
Du reste, je l'ai déjà dit face à l'entêtement des crapules dans la bêtise, nous devons à notre tour nous regrouper en faisant de nos étincelles d'intelligence un flambeau pour illuminer haiti et montrer la voie pour briser le cycle de la bêtise.
Mais, (…)Lire la suite »
Le monde traverse des moments particulièrement éprouvants. Ailleurs, des territoires appartenant à des pays, jadis très riches, sont sous la coupe réglée de fanatiques qui veulent imposer à l’humanité leur intolérance. Incidemment, des mains ont œuvré pour briser leur rêve de peuple libre. Depuis, le désespoir hante leur fondement religieux qui bascule dans le fanatisme et l’intégrisme. Agilement, d’autres mains ou les mêmes, ravivent ce brasier en y jetant armes, munitions et experts militaires comme tuteurs de guerre. Le tout dans un dessein pervers de les dresser en hordes barbares contre d’autres pays dans la course effrénée pour dépecer la planète. Ainsi, la terreur, mère des horreurs, est entretenue au nom de la sainte doctrine du profit.
Pourtant, l’horreur n’est pas que le fait des vies mutilées au hasard des bombes ou ciblées par des fusils d’assaut. L’horreur est multiforme et est aussi celui :
• Des destins brisés par des dysfonctionnements et des chaos (…)Lire la suite »
« Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas »
(Paul Éluard)
« J’ai dû prendre cette décision pour rester digne de la confiance que vous avez placée en moi. Des malaises indicibles (venant de l’intérieur comme de l’extérieur), de plus en plus profonds s’installent et enrayent le fonctionnement normal de la machine électorale... » [1], tels sont les propos de Me Néhémy Joseph dans sa lettre de démission, en date du 30 septembre dernier, adressée aux représentants du secteur paysan qui l’avait désigné au Conseil Électoral Provisoire (CEP).
À ses collègues de l’institution électorale, il précise ceci : « ..., j’ai de plus en plus la conviction de terminer ma mission en me versant dans l’illégalité...Par rapport aux marges de manœuvre du CEP, comment peut-on être confiant dans la possibilité de bien atteindre ses objectifs quand on n’a pas le contrôle des moyens de sa politique ? » [2]
. Et s’adressant au Chef de l’État, il soutient : « Je n’ai plus la conviction (…)Lire la suite »
"Les Etats-Unis eux-mêmes, par leur tendance croissante à agir de manière unilatérale et sans respect pour les préoccupations d’autrui, sont devenus un état voyou."
Robert MacNamara
secrétaire à la défense étatsunien de 1961 à 1968
(International Herald Tribune, 26 juin 2000)
Une énième fois Messieurs et Dames, responsables de partis politiques ! Cette fois-ci, c’est la fois de trop. Les électeurs, le peuple, les laissés-pour-compte en ont assez, le pays en a assez, Abraam di sètase . Nous faisons face aujourd’hui, dans cette puanteur suffocante, à un risque d’implosion évident, imminent. Cessez vos mesquineries, vos compromissions sur le dos de ce peuple... résilient, se plait-on à jacasser ! Avec condescendance et souvent ironie, d’ailleurs.
Attendre les résultats du CEP, pour décider quoi ? Rencontrer le CEP, pour partager quoi ? Vous serez récompensés par le coup de pied de l’âne, point. « Ce qui semblerait être de la graisse sur les pattes n’est au fait qu’une coupe de (…)Lire la suite »