Auteur Rosa LLORENS

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Le mythe Maradona contre la "vie nue".

Rosa LLORENS
L’un de nos ex-Présidents a disparu... et il ne nous manque rien. Au contraire, la mort de Maradona a creusé un grand vide dans le monde, même chez ceux qui ne connaissent rien au foot. A l’époque où ils jouaient, on comparait Maradona et Pelé : lequel est le plus grand joueur ? Aujourd’hui, il n’y a pas photo, l’Histoire a tranché : face au « roi » Pelé, il y a le « Dieu » Maradona. A quoi tient la dimension unique de Maradona ? On oppose souvent les dons extraordinaires de Maradona balle (…)

Blanche-Neige et les Etats-Unis

Rosa LLORENS
Il est devenu banal de dire que les États-Unis sont aujourd’hui divisés en deux moitiés égales et opposées. Cela vérifie la thèse de Denis Duclos, soutenue déjà dans Le complexe du loup-garou, de 1994 : le thème du double est selon lui fondamental et omniprésent dans la culture anglo-saxonne, et en particulier étasunienne ; dans la plupart des histoires, on retrouve la lutte entre principe du Bien et principe du Mal, mais incarnés dans deux personnages qui sont en fait des doubles, comme (…)

Une Halloween anti-Coran sous Covid

Rosa LLORENS
Le passage à l’heure d’hiver marque, cette année, l’entrée dans une ambiance particulièrement étrange : va-t-on fêter tous les saints du calendrier Charlie ? le 1er novembre sera-t-il le jour des morts du Covid ? Le matraquage médiatique a curieusement mêlé, en ces semaines d’avant-Toussaint, Covid et Coran. On ne sait plus si les gens qu’on croise portent des masques sanitaires ou de Halloween : le nouveau modèle pour sourds a-t-il vraiment une finalité thérapeutique, ou est-il une (…)

“ Un pays qui se tient sage ” : un documentaire nécessaire mais trop sage

Rosa LLORENS
Le film de David Dufresne fait alterner les images de violence policière captées par les smartphones des Gilets Jaunes avec les témoignages de victimes de ces violences et les réflexions de divers intellectuels, journalistes ou spécialistes du droit. Pour le premier aspect, le but du réalisateur était de rassembler et construire des images qu’on n’avait vues que de façon ponctuelle pour en faire un document historique. Curieusement, la situation française fait ainsi apparaître la même (…)
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La grippe au temps d’Agatha Christie... et aujourd’hui

Rosa LLORENS
On nous a convaincus que le Covid 19 était une maladie sui generis, et que cette épidémie était quelque chose d’inouï. Pourtant, en relisant, pour se détendre un peu, Agatha Christie, on reconnaît ici et là des notations familières. La grippe revient souvent dans ses romans, et il y a à cela de bonnes raisons : elle-même en a souffert, et elle a été contemporaine de la plus terrible épidémie de grippe qui ait frappé l’Europe depuis le Moyen-Age, cette grippe « espagnole » qui fit, à (…)

Josep : hommage à un Républicain espagnol ? ou à un dessinateur Charlie ?

Rosa LLORENS
Inutile de finasser : la culture est une industrie, et une industrie de propagande ; il n’y a aucune fissure (tout au plus quelques exceptions alibis) : les romans ou films encensés par les médias et primés sont choisis pour leurs thèmes politiquement corrects et leurs positions conformes à l’idéologie régnante. La « gauche » devenue libérale est particulièrement chargée de détourner les références révolutionnaires : on a vu le slogan « No pasarán » devenir la bannière des antifas de (…)

Epicentro : Hubert Sauper à Cuba

Rosa LLORENS
Dans son nouveau documentaire, Hubert Sauper quitte l’Afrique (la Tanzanie du Cauchemar de Darwin, le Soudan de Nous venons en amis) pour Cuba. Dans l’indigent panorama cinématographique actuel (toujours des japonaiseries, toujours des comédies avec ou sans Florence Foresti, toujours des femmes qui veulent s’émanciper, ou bien plus fortiches que les hommes, ou les deux), Epicentro s’impose, par son actualité (où en est Cuba ?) et par la richesse des matériaux culturels et historiques qu’il (…)
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Racisme, pureté rituelle et coronavirus

Rosa LLORENS
Le monde d’après sera-t-il comme celui d’avant ? sera-t-il autre ? Il semble qu’il sera bien pire. Le post-confinement a déjà apporté ses premières surprises, avec ses « olas » agenouillées : le mouvement BLM-Traoré répond-il vraiment aux besoins du moment ? C’est surtout un symptôme de plus d’américanisation, et quand on pense à l’état de la société étasunienne, il n’est pas sûr qu’importer sa conception des rapports Blancs-Noirs soit de nature à aider les Noirs ou à pacifier la société (…)

Covid-19 ou le triomphe du Dr Knock

Rosa LLORENS
Etonnant comme le Covid-19 réalise les rêves les plus fous du libéralisme politique et économique !Et pour obtenir ce triomphe, il suffisait de recourir à la méthode du bon docteur Knock. Sur le plan politique, le libéralisme est loin d’aspirer à la liberté pour tous. Déjà, le grand penseur libéral Tocqueville montrait clairement, pour qui veut bien lire De la Démocratie en Amérique, que le pire ennemi de la « liberté » telle qu’il l’entend, c’est la majorité, c’est-à-dire le peuple. La (…)

Festival du film russe à Paris ou URSS bashing ?

Rosa LLORENS
Comme nous sommes privés de films russes (autant que submergés de films étasuniens, notamment sur l’URSS, comme le prochainement en salles L’Ombre de Staline), le Festival du film russe (du 2 au 9 mars) semble une aubaine, une chance unique de savoir quels films on fait en Russie, pour les Russes. Mais parler de Russes ne suffit pas : quels Russes, faudrait-il se demander, sont aux commandes de ce festival ? Il suffit de se rendre au cinéma Balzac, sur les Champs-Elysées, et de regarder (…)

Le cas Richard Jewell : Clint Eastwood, le héros ordinaire américain et le libertarisme

Rosa LLORENS
Après des films comme American Sniper, le cas Clint Eastwood semblait définitivement réglé. Mais l’octogénaire ne cesse de se renouveler, réalisant deux films sympathiques et séduisants, Sully (2016) et The Mule (2018), auxquels on peut ajouter, pour une trilogie du héros ordinaire américain, Le cas Richard Jewell. A vrai dire, même si on peut lire de bonnes critiques (voir Critikat), ce dernier film, simpliste et gonflé de pathos, à l’image de son héros, est raté. Mais ce groupe de films (…)

Lettre à Franco sur le séparatisme

Rosa LLORENS
Le film d’Alejandro Amenabar Lettre à Franco est, au point de vue divertissement, un très bon film historique, sur une période toujours actuelle, puisqu’en Espagne on n’a jamais tourné la page du fascisme. Mais il faut se demander où est au juste l’actualité du film, ce qui amène à analyser la position de l’auteur sur son sujet. Le film s’ouvre sur un drapeau en noir et blanc, qui semble donc bicolore (foncé, clair, foncé) ; puis, pendant le générique, il se colore, et on découvre le (…)