Auteur Bernard GENSANE

Z’avez pas vu mon Beijinois ?

Bernard GENSANE
Jacques Drillon est linguiste, stylisticien, musicien, écrivain. Un homme de culture au sens parfait du terme. Il a publié récemment un texte aussi savoureux qu’argumenté : “ Non, défendre la langue Française n’est pas réac. ” J’ai adoré. En particulier, ce passage : « La soif d’anglais, c’est le syndrome du crocodile, cousu sur les polos des banlieusards ou les chemisettes des bourgeois, et qui signifie seulement : vêtement cher. En être ou ne pas en être, là est la question. Voyez la (…)

Le Monde Diplomatique (décembre 2014)

Bernard GENSANE
Dans le numéro de décembre 2014, Serge Halimi se met en quête de l’ « ennemi intérieur » : Dans la nuit du 25 au 26 octobre, une grenade offensive de la gendarmerie a tué Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans. Le gouvernement français a attendu deux jours avant de réagir. Il s’est montré plus prompt à saluer la mémoire d’un patron de compagnie pétrolière décédé dans un accident d’avion. De son côté, le président socialiste du conseil général du Tarn a jugé carrément « stupide et bête » de (…)

Juppé ou « la mémoire courte »

Bernard GENSANE
Je hais cette phrase de Pétain : « Français, vous avez vraiment la mémoire courte ». Un avertissement lancé par ce collaborateur égrotant qui a senti que l’opinion publique avait commencé à se détourner de lui. Heureusement qu’il lui restait – n’est-ce pas Zemmour ?, la tâche de sauver des Juifs. De toute façon, si les Français ont la mémoire courte, ils ne sont pas les seuls au monde. Et puis l’enseignement de l’histoire, de plus en plus congru, y est sûrement pour quelque chose. Un (…)

Claude Halmos. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Bernard GENSANE
Le seul petit problème que me pose le dernier livre de Claude Halmos est sa définition du mot « crise ». La psychanalyste définit le concept de « crise économique » par « une période de difficultés économiques accrues. » Si les mots ont un sens, « crise » (d’un mot grec signifiant décision, phase aigüe d’une maladie) renvoie à un phénomène brutal, violent, soudain. On parlera de crise cardiaque, ou de crise de foie. Par extension, on utilisera le terme crise pour qualifier une période (…)

Les Zindigné(e)s n°19

Bernard GENSANE
Le thème (la thématique, mieux encore : la problématique, comme on dit désormais à tire-larigot) de ce numéro est l’écologisme des pauvres. Dans son éditorial, Paul Ariès se demande à quoi rêvent les milieux populaires. Il faut s’en prendre, dit-il, à une des expressions majeures du racisme social qui voudrait qu’il n’y ait rien à attendre des gens ordinaires. Les milieux populaires sont regardés de haut par la « bonne société », mais aussi par des écolos bobos, éternels donneurs de (…)

Georges Brassens. Journal et autres carnets inédits

Bernard GENSANE
Je me demande si le vrai d’un créateur n’est pas, partiellement à tout le moins, dans ses brouillons, ses esquisses, ses carnets plus ou moins secrets. La critique génétique – en vogue depuis une trentaine d’années mais qui risque de disparaître puisqu’avec l’ordinateur et internet nous n’aurons bientôt plus un seul manuscrit à nous mettre sous la dent – se nourrit des brouillons, des corrections, des paperolles chères à Proust. Elle nous dit qu’une œuvre n’est jamais close dans la mesure où (…)

Charlotte, de David Foenkinos (rappel)

Bernard GENSANE
Le 4 septembre dernier, Le Grand Soir a publié un article de Bernard Gensane sur le roman de David Foenkinos qui vient d’obtenir le prix Renaudot. Piqûre de rappel : Quel incipit : « Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe » ! Charlotte Salomon, qui va vivre entourée de morts mystérieuses et qui mourra à vingt-six ans, accéda à son identité comme Vincent Van Gogh qui allait tous le dimanches avec ses parents s’incliner devant la tombe de son frère … Vincent Van Gogh. Je n’ai (…)

Le Monde Diplomatique (novembre 2014)

Bernard GENSANE
Dans cette livraison de novembre 2014, Serge Halimi évoque la manière tendancieuse avec laquelle les médias français traient de l’Amérique latine, la Bolivie par exemple : Par temps de crise, la réélection au premier tour d’un chef d’Etat ayant déjà effectué deux mandats n’est pas chose courante. Celle de M. Evo Morales, avec 61 % des suffrages, aurait par conséquent mérité d’être davantage soulignée. D’autant que son exploit électoral intervient dans un pays, la Bolivie, qui a vu cinq (…)

Les Zindigné(e)s n °18

Bernard GENSANE
Dans son édito, Paul Ariès prône la création d’un Observatoire national de la gratuité du service public et des biens communs. À l’heure où le système veut nous persuader que tout doit être payant, à commencer par l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons, Ariès estime que la gratuité est l’arme absolue contre le capitalisme et le productivisme. Christian Pince (en grève de la faim), Patrice Canal et Françoise Blandel dénoncent le projet de barrage de Sivens dans le Tarn. Pour (…)

Poésie et exil (29)

Bernard GENSANE
Nâzim Hikmet fut le plus grand poète turc du XXe siècle, inconnu dans son pays de son vivant, ses œuvres étant interdites. Nâzim Hikmet est né à Salonique en 1902, dans une famille de hauts fonctionnaires de l’Empire ottoman. Avec une grand-mère polonaise du côté maternel, un grand-père gouverneur d’Alep, féru de poésie, et une mère artiste, pétrie de culture française, le jeune Nâzim avait tout pour réussir une brillante carrière. Il a passé près de la moitié de sa vie d’adulte dans les (…)

L’affaire Profumo/Keeler, ou quand la presse britannique prit le virage du fouille-merdisme

Bernard GENSANE
(ou du déterrage de scandales, en anglais muckraking). Quand je suis tombé sur la photo ci-dessous, j’ai été sidéré. Quoi ! Cette mémé de 70 ans, anonyme et ordinaire dans un parking de supermarché, avait fait trembler la couronne britannique au début des années soixante, avait poussé un ministre important à la démission, avait causé indirectement le suicide d’un médecin huppé qui avait été son ami, avait contribué à la défaite du parti conservateur lors des élections législatives de 1963 (…)

Le Monde Diplomatique (octobre 2014)

Bernard GENSANE
Serge Halimi souhaite que la presse s’émancipe : « La presse française nourrit-elle d’autres projets que ceux de réduire ses effectifs et de chercher son salut loin du journalisme ? Une telle orientation paraît sans issue, alors que l’ambition éditoriale continue de représenter une destination d’avenir. Le 20 août 2013, Libération chercha à relancer sa diffusion flageolante grâce au slogan promotionnel suivant : « Quand tout va vite, une seule solution : aller plus vite encore. » Une (…)