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SYRIE : Peuple tout entier ou large fraction de peuple contre.

Plus précisément distinguons le peuple tout entier contre "eux" (externe) et large fraction de peuple contre un "en-haut" (interne).

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1875

La polysémie du mot peuple

Elle est souvent méconnue bien que ce terme possède plusieurs acceptions souvent caractérisées par des adjectifs : Peuple demos, peuple ethnos, peuple-classe. Mais la tendance est d’user d’un terme englobant masquant la conflictualité interne. Connaître les divers sens du mot peuple fait parti de l’outillage d’analyse de ce que l’on nomme populisme.

Au sein de cette polysémie sans adjectif complémentaire il convient de distinguer deux grands usages : celui d’une part du peuple comme large fraction contre et celui d’autre part du peuple tout entier . Cependant ce peuple tout entier a souvent une terminologie plus précise avec les termes "peuple nation" ou "peuple démocratique" ou "peuple résident". On observera qu’il y quasiment toujours une exclusion au sein de ce soit disant peuple tout entier.

Le peuple tout entier

Ces quelques lignes ne portent pas sur la caractérisation apparue en URSS mais sur la polysémie du mot peuple.

Le peuple tout entier qui rassemble toutes les classes sociales d’un pays est chose exceptionnelle. C’est le plus souvent l’effet d’un mythe qui voile une domination. Cependant il arrive que le peuple tout entier soit de l’ordre du réel. Cette unification surgit souvent face à un ennemi extérieur jugé par tous comme tel ce qui aboutit à relativiser les conflits de classe et la domination ordinaire de la classe dominante et de l’oligarchie. Mais tôt ou tard dès que la conflictualité externe eux/nous faiblit la conflictualité en-haut/en-bas de la classe dominante contre le peuple-classe réapparait.

Le "peuple contre"

Le peuple contre ne saurait par définition être le peuple tout entier puisque précisément il se heurte à une fraction de lui-même, à un ennemi intérieur. Il s’agit le plus souvent du peuple-classe contre la classe dominante mais pas toujours.

En Syrie aujourd’hui j’entends (ce matin 16 octobre sur une radio) de la part d’un membre averti de la situation de ce pays que "toutes les classes sociales sont dans la rue". Toutes vraiment ? Mais alors il ne saurait logiquement s’agir du peuple tout entier puisque l’ennemi est intérieur et en nombre. Nous sommes dans un rapport spécifique interne qui n’oppose pas un peuple-classe à une classe dominante ou à une oligarchie.

En Syrie l’appareil autocratique ne maintient pas sa féroce dictature sans un appui diversifié à plusieurs niveaux allant de grands bureaucrates à une police bien décentralisée. Sans connaitre suffisamment - hélas - la réalité de ce pays il semble néanmoins juste de penser qu’une large fraction de la population s’oppose à une autre fraction beaucoup plus petite mais soutenu par un appareil autocratique.

Reste à rencontrer les exilés de ce pays en France pour les écouter et savoir quoi faire.

Christian DELARUE

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La Tiers-Mondialisation de la planète, c’est le laminage des classes moyennes et la polarisation riches-pauvres de l’ensemble des sociétés, les ramenant toutes à l’état du Tiers-monde d’avant les « miracles ». On peut diversement décrire ce phénomène : « prolétarisation des classes moyennes », « classes moyennes à la dérive », « déclassement »… Bernard Conte analyse le caractère universel de cette transformation sociale comme résultat des politiques économiques néolibérales mises en oeuvre (…)
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