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Thème : Europe

Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même

Varoufakis s’est entouré de tenants de l’ordre dominant comme conseillers

Eric TOUSSAINT

Si vous n’avez pas encore lu Conversations entre Adultes de Yanis Varoufakis, commandez-le à votre libraire. Cela se lit comme un polar politique, il y a du suspense, des rebondissements, des trahisons… L’immense intérêt de ce livre c’est que l’auteur donne sa version d’évènements qui ont influencé et influencent encore la situation internationale, en particulier en Europe mais aussi au-delà car la déception provoquée par la capitulation du gouvernement de la gauche radicale grecque marque profondément les esprits.

La série d’articles que je consacre au livre de Varoufakis constitue un guide pour des lecteurs et des lectrices de gauche qui ne souhaitent pas se contenter de la narration dominante donnée par les grands médias et les gouvernements de la Troïka ; des lecteurs et des lectrices qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par l’ex-ministre des Finances. En contrepoint du récit de Varoufakis j’indique des événements qu’il passe sous silence et j’exprime un avis différent du sien sur ce qu’il aurait fallu faire et sur ce qu’il a fait. Mon récit ne se substitue pas au sien, il se lit en parallèle. Lire les autres articles de la série : 1 - Les propositions de Varoufakis qui menaient à l’échec 2 - Le récit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses étonnantes relations avec la classe politique 3 - Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza 5 - Dès le début, Varoufakis-Tsipras mettent en pratique une (…) Lire la suite »

Faire face sur des bases progressistes à la dangereuse Europe allemande

Georges GASTAUD

A propos d’une analyse de Jean-Luc Mélenchon

Dans un récent texte, Jean-Luc. Mélenchon sur la dangereuse montée en puissance de l’Europe allemande. Ce texte fait suite à des élections qui ont vu l’extrême droite nostalgique d’Hitler rafler 90 sièges au Bundestag... sans oublier la pression croissante du parti ultra-patronal FDP (libéraux) dont l’originalité est d’être à la fois ultra-européiste et cyniquement germano-centré. Une fois de plus, il est triste que, excepté le PRCF, 99% des marxistes français se refusent encore, pour ne pas heurter la gauche bobo et son faux internationalisme, à regarder la réalité en face. Alors qu’initialement, l’expression « Europe allemande » fut lancée par Jacques Duclos, puis reprise par Georges Marchais. A noter que dans le texte de Mélenchon, apparaît – et nous ne pouvons que l’en féliciter ! – la juste expression « annexion de l’Allemagne de l’Est » en lieu et place du vocable euro-politiquement correct – et combien faux quand on voit le traitement revanchard réservé aux « Ossies » et (…) Lire la suite »
Le pilori médiatique est une infamie contre laquelle on ne peut rien, mais...

... la dénonciation calomnieuse est (aussi) un délit

Jean-Luc MELENCHON

Une personne membre du FN, elle-même mise en examen, faisait des dénonciations pour accuser d’autres de ce qui lui était reproché. C’est la technique du ventilateur à bouillasse ! Mais elles restaient sans effet. Le FN a donc fait depuis des « dénonciations complémentaires ». La méthode de la dénonciation est un grand classique de l’extrême droite et sa forme suprême de courage.

Au cas précis, cela aura pourtant suffi à déclencher une « enquête préliminaire » sur une dizaine de députés européens parmi lesquels Yannick Jadot, Patrick le Hyaric et combien d’autres. Dont moi. Un gros gibier ! J’ai donc droit à une place particulière sur le pilori médiatique habituel où tout le monde est montré comme coupable avant d’avoir eu le temps d’ouvrir la bouche. Je veux rappeller que je ne suis nullement mis en examen ! Je fais juste l’objet d’une « dénonciation complémentaire ». C’est le moment de dire qu’une dénonciation sans fondement est une dénonciation calomnieuse. C’est un délit. Il va donc en cuire à cette personne ! Comme à tous ceux qui auront relayé ladite dénonciation calomnieuse. Je me prépare donc à porter plainte à mon tour pour dénonciation calomnieuse contre cette militante du FN et ses complices. Ce qui est pénible à cet instant, c’est évidemment que je comprends parfaitement le rôle de diversion que cette accusation joue dans le contexte où « la (…) Lire la suite »

Faire des économies ? Confions notre diplomatie à Trump et notre sécurité à Israël.

Jacques-Marie BOURGET

Macron, même Dieu et Jupiter, et les mirobolants qui l'entourent dans sa marche sur les eaux où il nous noie, n'a pas pensé à tout. En tant qu'économiste atterrant, je suggère, plutôt que de supprimer des infirmières et des assistants de vie pour les vieux, de virer tous les diplomates et de confier les clés du Quai à Trump ? Pourquoi aussi ne pas céder celles de notre sécurité à Netanyahu ? Ça aurait de la gueule !

Régis Debray vient de publier un livre – que je n’ai pas lu – mais dont le contenu général est largement déroulé dans la presse : Civilisation. Comment nous sommes devenus américains. Observation de géographe, l’art premier de son maître Julien Gracq, le philo-médiologue constate que la dérive des continents a fonctionné en douce : « La France est devenue l’Amérique ». Maintenant que nous sommes arrimés, par exemple, quand les socquettes blanches et les jupes plissées bleues s’en vont célébrer la mémoire de Pétain à l’Ile d’Yeu, elles devraient facilement entendre parler l’américain. A pied l’Amérique c’est vraiment chez nous. Cet état de l’union, vous me direz, il y longtemps qu’on le vit. Si on excepte la parenthèse du Général, il y a des lustres que nous nous éclairons aux étoiles de la bannière. Les plans de l’Europe, celle qui fait saliver Macron, ont été tracés par les diables de Wall Street, puis réalisés par Jean Monet, un ouvrier de la CIA et Robert Schuman, rescapé de (…) Lire la suite »

Les élites paniquent

Pierre LEVY

« C’est la fin du monde », a lâché Manuel Valls (BFMTV, 16/01/17), qui n’évoquait pas les résultats de la primaire socialiste, mais la perspective d’une « alliance entre Trump et Poutine ».

« Donald Trump (est) décidé à détruire le projet européen », s’épouvante l’éditorial de Libération (18/01/17). Et Le Monde (19/01/07) sonne le tocsin : « le président des Etats-Unis s’est lancé dans une opération délibérée de déstabilisation de l’Allemagne (...) c’est toute l’Europe qui est attaquée ». L’UE est confrontée à l’un des « plus grands défis de ces dernières décennies » alerte pour sa part Angela Merkel. Le Commissaire européen Pierre Moscovici s’étrangle : « on a une administration américaine qui souhaite le démantèlement de l’Union européenne, ce n’est pas possible ! ». Quant au Secrétaire d’Etat américain sur le départ, il a exhorté le gratin des élites mondialisées réuni à Davos à se « rappeler pourquoi nous avons fait ce voyage de 70 ans ensemble ». John Kerry semble ainsi évoquer l’axe euro-atlantique... au passé. C’est peu dire que les dirigeants occidentaux sont livides. On les comprend. Dans un entretien publié quelques jours avant sa prise de fonctions, (…) Lire la suite »

Une saison sans foi

Anastase ADONIS

L’année 2016 s’achève laissant derrière elle une pléthore de chantiers européens sans constructions. Que ce soit en France ou dans les autres pays qui paient le prix de la crise, l’année 2016 fut une année sans rien, et ce n’est pas faute d’avoir montré ce qui n’allait pas, comme si les cris des peuples ne sont plus les colères des dieux.

L’an II de Tsipras se termine sur une succession de défaites, à l’identique de l’an I, dans le « combat » de ce dernier pour s’opposer à la mauvaise politique devant laquelle il se prosterne. Le bilan gouvernemental depuis deux ans, d’un gouvernement qui se dit d’ « extrême gauche », est un spectacle comico-tragique. D’abord tragique, avec un peuple à bout de force, exsangue, attelé à produire pour rembourser une dette illégale, si nous faisons référence à la définition juridique, selon laquelle, lorsqu'une dette nationale, est créée pour des raisons qui ne servent pas les intérêts nationaux, elle ne doit pas être honorée. Chômage, pauvreté, suicides,... Une image qui a fait le tour du monde, plus qu’en Europe, et utilisée pour légitimer les décisions ou les commentaires de nos dirigeants européens : « Il faut réformer, pour sauver le peuple grec.... » Tels des présidents en vadrouille qui prennent dans leurs bras un enfant. Quelle image, une association Pouvoir - Innocence et (…) Lire la suite »
La Chine préfère traiter avec un grand appareil bureaucratique plutôt qu’avec 27 appareils moins grands, mais aussi bureaucratiques

Un autre point de vue sur le Brexit

Ruolin ZHENG

Après le Brexit décidé par référendum en Grande-Bretagne, j’ai été invité par plusieurs chaînes chinoises de télévision à participer au débat autour des raisons et des conséquences de l’événement. J’ai été très étonné de constater que la presse et les milieux universitaires chinois sont presque unanimement contre le Brexit et voient l’union comme une notion si attrayante.

Ils ne comprennent pas pourquoi l’idée a émergé au sein de l’Europe, et encore moins comment la majorité de l’opinion publique s’est prononcée pour une sortie de l’UE. Je me suis moqué de cette opinion à l’écran, en déclarant que l’« Europe a formé ses meilleurs adeptes » en Chine. Selon beaucoup, les Chinois sont pro-étatsuniens. Mais selon mes conclusions, mes compatriotes sont encore davantage attachés à l’Europe. En 2011, 339 000 jeunes Chinois sont partis étudier à l’étranger. 23 % d’entre eux sont allés aux États-Unis, et 33 % ont opté pour l’Europe. Les Chinois éprouvent toujours un sentiment particulier envers l’Europe, parce que Zhou Enlai et Deng Xiaoping, deux grands dirigeants chinois, y ont fait leurs études. Le général de Gaulle a probablement été le plus important allié diplomatique du président Mao Zedong en Occident. Ce n’est pas par hasard que sous sa présidence, la France ait été le premier grand pays occidental à établir des relations diplomatiques avec la (…) Lire la suite »

Montée et chute de Syriza (New Left Review)

Stathis KOUVELAKIS

Stathis Kouvelakis est membre d'Unité Populaire (Laïki Enotita), politicologue et enseignant en philosophie politique au King’s College de l’Université de Londres. C'est aussi un ancien militant de la LCR, auteur d'un article intitulé "Pourquoi nous quittons le NPA" , mars 2011 (voir bibliographie sur son site, adresse ci-dessous). Dans cette très longue et très instructive interview, aussi réfléchie que bien documentée, l'auteur fait le récit détaillé des circonstances historiques dans lesquelles Syriza a émergé dans la vie politique grecque, puis a été entraîné dans une désastreuse capitulation face à l'Eurogroupe.

Rien n'y manque, ni l'analyse sociologique et idéologique, ni la prise en compte des mentalités individuelles ou collectives, ni l'appréciation des responsabilités des acteurs principaux et des groupes, ni la lucidité combative quant à la stratégie possible pour sortir de l'impasse. L'ensemble est riche de toutes sortes d'enseignements, notamment sur les erreurs à éviter, pour une gauche de transformation sociale (quel que soit le pays concerné), décidée à sortir du carcan euro-étazunio-capitaliste : "Oui. Je ne suis pas althussérien, mais dans ce cas la notion d’obstacle épistémologique est valide. Le mantra de l’européisme de gauche, la croyance à un « bon euro » bloque toute compréhension sur les alternatives possibles." Ou encore : "Le paradoxe du cas grec, c’est que, malgré qu’il se soit terminé par un désastre, il nous a donné à certains moment une idée de ce que pourrait être une alternative. La séquence du référendum fut vitale (…) Lire la suite »
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Bruxelles agenouillé devant Washington

Observations sur l’appel de vingt intellectuels eurocritiques pour un nouveau traité européen

Annie LACROIX-RIZ

La vision économique de long terme de l’union européenne rend dérisoire l’espoir de renégocier les traités européens affiché par « vingt intellectuels eurocritiques ».

Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit « TSCG » de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance à la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels (…) Lire la suite »
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Un autre regard critique... venant du sud : Union Européenne, droit et devoir d’inventaire

Luis BASURTO

Et c'est le droit, et le devoir, de tous les peuples du monde de s’affranchir, de se libérer, pour construire un autre monde, post-capitaliste, post-impérialiste, post-européen...

E lle se fissure l'UE actuelle, avant peut-être un long et profond processus de désagrégation. Cela devait arriver, seulement que nous ne savions point ni quand ni comment. Le Royaume-Uni vient de décider de quitter l'Union européenne après un referendum, qu'ainsi soit-t-il. La Grèce aurait pu le faire en 2015, car il y avait toutes les raisons d'un "Grexit", mais son gouvernement n'eut pas le courage ni voulut se doter des moyens pour le faire et laissa piétiner son référendum anti-austérité. La CECA-EURATOM//CEE/Union Européenne fut et reste encore le volet civil et économique de l'OTAN. Elle était destinée au début à amarrer l'Allemagne à la France, au dessein fixé par les USA à l'Europe occidentale, avec le Plan Marshall d'abord. Ce fut inauguré avec l'éclosion de la guerre froide, cette ère de paix impossible, guerre improbable, lancée en mars 1947 par un célèbre discours de Harry Truman. Pour faire face aux Soviétiques il fallait donc à la base neutraliser définitivement (…) Lire la suite »