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Thème : Conditions de travail/Exploitation

Où sont les salariés viticoles ?

Lettre ouverte aux instances viticoles

Bibeyran Marie-Lys
Alors que les documentaires et autres articles faisant la propagande des vins de Bordeaux ne cessent de s'enchainer à un rythme jamais atteint, aucune séquence, ni même allusion aux salariés viticoles sans lesquels il me semble pourtant que le CIVB aurait moins la part belle ! Il est vrai que la vie des gens ordinaires n'est pas vendable et que les travailleurs de l'ombre sont faits pour rester dans l'obscurité. Se rapproche pourtant le jour où va se lever le voile sur les sombres réalités de la viticulture et vous mettre CIVB et autres instances viticoles face à vos responsabilités , à vos complicités. Un salarié malade et isolé est facilement dissimulable, mais aujourd'hui ce sont des centaines de salariés qui souffrent de leurs conditions de travail et de survie pendant qu'à Hong Kong on discute arômes et marchés. Depuis le début vous avez fait le choix du silence, affichant votre mépris de la condition salariale, confiant en la puissance des maîtres sur leurs soumis. Il (…) Lire la suite »

L’esclavagisme, ou le stade Qatar du capitalisme

Lina SANKARI

Le bilan des Népalais morts sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar a été revu à la hausse. Une délégation internationale de défense des travailleurs est attendue lundi à Doha. Le pays tarde à ratifier les conventions internationales.

C’est un phénomène météorologique unique au monde, presque un microclimat. Au cœur de la minuscule et désertique péninsule du Qatar, les thermomètres, qu’ils soient à alcool ou à mercure, n’affichent jamais de températures excédant 49 °C. À l’origine de ce dérèglement climatique, la famille Al Thani et un quarteron d’entreprises, qui entendent contourner l’interdiction pour les ouvriers de travailler lorsque la température grimpe à 50 °C. Or, pour parachever ses désirs d’influence, l’émirat a besoin d’une main-d’œuvre abondante et corvéable à merci. Selon un recensement de 2010, le Qatar comptait seulement 180 000 nationaux pour 1,5 million d’étrangers. Au-delà des chantiers pharaoniques qui ont transformé les maisons de terre et les pistes de sable de Doha en une forêt de gratte-ciel, les travailleurs immigrés se font les soutiers du « miracle » qatari. L’organisation de l’événement planétaire de la Coupe du monde de football de 2022, une vitrine sans pareille, a une nouvelle (…) Lire la suite »

Celle qui a frôlé la mort, à force d’assembler vos IPads (The Guardian)

Aditya Chakrabortty

Tian Yu travaillait plus de douze heures par jour, six jours par semaine. Pour faire des heures supplémentaires, elle restait à son poste de travail, au lieu d’aller manger. Jusqu’au jour où elle s’est jetée par la fenêtre du quatrième étage.

Le 17 Mars 2010, aux alentours de 8 heures du matin, Tian Yu s’est jetée dans le vide, depuis le quatrième étage du dortoir de son usine, située à Shenzhen, dans le sud de la Chine. Depuis un mois, l’adolescente travaillait sur une chaîne, à débiter les pièces constitutives des IPhones, et des IPads, de chez Apple. À Longhua, sur le site industriel Foxconn, c’est ce que font les 400000 employés : produire les smartphones, et les tablettes que vendent Samsung, Sony, ou Dell, et qui finissent chez les britanniques et les américains. Mais la plus grande usine de Chine est connue, avant tout, en tant que fabricant de gadgets Apple. Sans son fournisseur numéro 1, les richesses actuelles du géant de Cupertino ne pourraient être envisagées : en 2010, les employés de Longhua fabriquaient 137000 IPhones par jour, soit environ 90 à la minute. Cette même année, 18 travailleurs – dont aucun n’avait plus de 25 ans – ont tenté de se suicider, sur le site Foxconn. Quatorze ont péri. Tian Yu (…) Lire la suite »

Retour de la ¨Dialectique entre maitre et esclave¨ d’Hegel. Quel rapport avec Haiti ?

Jean-Jacques CADET

Alain Brossat s’inscrit, ces dernières années, dans une tradition de pensée qui cherche à revaloriser le schéma hégélien de la dialectique maître-esclave . Cette démarche est renforcée dans son dernier ouvrage Les serviteurs sont fatigués dans lequel il se donne pour objectif principal de comprendre avec ce type de relation, la dynamique du monde contemporain marqué par des oppressions de toutes sortes. La relation maître-serviteur, dans sa persistance, devient dans ce cas un principe d’intelligibilité politique de notre époque. L’enjeu serait la pertinence de cette relation, historiquement liée à des systèmes pré-modernes, dans une époque dominée par le capitalisme.

Comment faire cohabiter théoriquement ces deux rapports d’oppression : maître-serviteur et bourgeois-prolétaire ? Les serviteurs sont-ils les vraies figures de l’émancipation du moment ? Cette époque ne laisse-t-elle pas derrière elle le rapport maître-esclave ? Comment penser philosophiquement l’émancipation du monde contemporain ? Hegel a consacré toute une partie de sa Phénoménologie de l’esprit au traitement de la relation entre maître et esclave. En faisant apparaitre la dialectique qui existe entre l’¨en soi¨ et le ¨pour soi¨ de la conscience de soi comme sujet humain, il évoque la présence de ¨l’autre¨ dans la constitution de soi (¨Figures de conscience¨). Rapport double avec ¨l’autre¨ comme élément stratégique de son essence et aussi comme élément qu’il faut abolir car il n’est pas son essence. Ces deux moments contradictoires et essentiels font appel chez Hegel à ¨la relation du maître au valet qui s’opère médiatement par l’intermédiaire de l’être autonome¨ . Par là, (…) Lire la suite »

Vous en avez assez de la crise ? Venez à Goodland

Andrew Simms

A Goodland, le président se serre la ceinture, les banquiers sont responsabilisés et les écosystèmes préservés. Ce pays existe, fractionné en plusieurs initiatives à travers le monde. Reste à les réunir avance le Britannique Andrew Simms.

Andrew Simms, expert à la New Economics Foundation (think tank progressiste britannique) a décrit le 17 février dernier, dans le Guardian, un pays qu'il a nommé « Goodland ». Il emprunte les plus prometteuses des innovations sociales à différents pays du monde, pour dessiner une nation ou règne les valeurs d'équité, de justice sociale et de partage. * * * Vous pensez en ces temps difficiles qu'il n'existe aucune alternative fondamentale à l'économie telle qu'elle est ? Alors venez à Goodland. Vous aurez peut-être envie d'y rester. Dans cette nation, le président a refusé d'occuper le palais national, pour résider avec sa femme dans un modeste deux pièces. Il redistribue 90% de son salaire, afin de partager le combat quotidien de ses concitoyens pour survivre. La nouvelle constitution de ce pays a été rédigée par un groupe de citoyens. Lorsque son secteur financier s'est effondré, les spéculateurs ont dû assumer leurs pertes et les coupables ont été poursuivis en justice, sans (…) Lire la suite »

La violence dont les patrons et les journalistes ne parlent jamais

Vincent Duse
Tous les médias de la bourgeoisie sont en campagne contre les grévistes d'Aulnay qui osent relever la tête mais aussi contre ceux de Goodyear qui ont décidé de répondre à la déclaration de guerre que représenterait la fermeture du site d'Amiens. Mais c'est l'ensemble des travailleuses et des travailleurs qui sont visés par cette campagne ignoble et puante. Ce n'est pas un hasard si les journalistes empruntent ce ton. C'est pour contrer les travailleurs qui refusent que chômage et fermetures de site soient une fatalité, qui refusent de penser qu'en ces temps de crise capitaliste on doit accepter de se serrer la ceinture et de faire des efforts pour que les sites soient plus compétitifs pour sauver les profits et tout ce système d'exploitation mortifère. Les patrons aussi se battent pour leurs intérêts, et leurs meilleurs alliés sont les journalistes qui montent aussi au créneau par peur que l'ensemble de ceux qui se bagarrent aujourd'hui prennent leur avenir en main en faisant (…) Lire la suite »

Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.

Maxime VIVAS

Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité.

Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j'étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l'époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d'avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement. Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse. A Paris, la DG (direction générale), sous l'impulsion d'un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d'ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents. * * * A quoi sert un ergonome ? En résumé, c'est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés (…) Lire la suite »
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Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

Caleb IRRI

Après les stages à rallonge et les formations non rémunérées, après le service civique obligatoire et la réforme des retraites, l’Angleterre fait mieux que la France pour offrir un autre futur à nos enfants : l’esclavagisme. Il n’y a malheureusement pas d’autre terme envisageable, car le fait d’obliger des gens à travailler sans négocier ni même recevoir de salaire correspond à sa définition.

Bien loin de pouvoir retrouver du travail à ceux qui l'ont perdu, les gouvernements d'aujourd'hui ne cherchent plus désormais à cacher l'affreuse réalité qu'ils ont créé, mais tout simplement à en tirer partie. Comment ? Et bien en imposant aux misérables victimes du système qu'ils sont en train de démolir un chantage encore plus abject que les « avancées » déjà scandaleuses concernant les droits et les devoirs du citoyen. Car c'est bien d'un chantage qu'il s'agit : la possibilité de faire travailler des gens sans emploi à toutes sortes de tâches dont personne ne veut contre de maigres allocations revient à leur mettre le couteau sous la gorge : c'est « tu marches ou tu crèves », et pour « l'Etat providence » tu repasseras. Peu à peu se forge dans l'esprit des hommes, et pire encore dans celui des enfants, l'idée que le citoyen doit quelque chose à l'Etat, qui n'est plus désormais son protecteur mais son maître. Il doit le respecter, lui obéir, travailler sans relâche et sans (…) Lire la suite »
"Je suis retraité, je n’ai rien à faire et ça occupe toutes mes journées"

LES VÉRITABLES ENJEUX DE LA BATAILLE DES RETRAITES.

MPEP

Nous donnons à lire ici un tract du M’PEP (Mouvement Politique d’Eduction Populaire) dont le propos est parfois atypique sur le fond et agréable par sa forme : « Les retraités travaillent, mais ils n’ont pas d’emploi ! Ils travaillent à rendre la vie plus douce aux autres, à leur famille, leur voisinage, dans les associations. Ils réinvestissent leur qualification professionnelle et sociale sous des formes différentes, non-marchandes.
C’est un travail émancipé, un embryon de contrôle des citoyens sur l’économie. Leur pension est un salaire à vie, inaliénable, sans contreparties. L’enjeu de la bataille des retraites c’est aussi celui du travail libéré de l’exploitation et des nuisances. L’activité des retraités préfigure un socialisme du XXIe siècle, sans « marché du travail », sans salariat, sans employeurs qui exploitent… ».

Le Grand Soir.

1.- PRÉSERVER LE DROIT DE BIEN VIVRE PENDANT SA RETRAITE. Profiter tranquillement de sa retraite après une vie de labeur n'est pas un luxe. C'est un dû. Cela ne se discute même pas, sous aucun prétexte, dans une société aussi riche que la France. Surtout pour les travailleuses et travailleurs qui ont occupé des emplois pénibles. Il est tout à fait normal, puisque nous vivons plus longtemps, de consacrer aux retraites une part plus importante de la richesse nationale : 5% du PIB en 1970 ; 12% en 2010 ; 20% en 2050. Et alors ? 2.- DÉJOUER L'OPÉRATION POLITICIENNE DE SARKOZY QUI, APRàˆS SA DÉFAITE ÉLECTORALE, VEUT UNE REVANCHE SOCIALE. Comme le Parti socialiste n'est pas clair sur la question des retraites, et que d'un autre côté les syndicats ne sont pas unis sur des revendications précises et fortes, Sarkozy pense pouvoir infliger un échec au mouvement social. Cela lui permettrait de se remettre dans la course pour 2012 en divisant la gauche. 3.- INTERDIRE AUX BANQUIERS, (…) Lire la suite »
Appel de 500 médecins et inspecteurs contrôleurs du travail et déjà près de 18000 signataires

Appel contre le projet Darcos de mise à mort de la médecine du travail

DIVERS
A l'heure de la sous déclaration massive des accidents du travail, de l'augmentation des maladies professionnelles et des suicides au travail (comme cela a été révélé à France Télécom) à l'heure de la hausse des accidents cardiaques et vasculaires liés au stress et à la souffrance au travail, à l'heure où dérivent les méthodes de management et leurs exigences dévorantes de productivité, faut-il affaiblir ou renforcer la médecine du travail ? Après plus de vingt ans de dégradation continue de la santé au travail, nul ne nie qu'il y ait besoin d'une grande réforme pour la reconstruire. Mais les salariés, les syndicats, les professionnels des questions de santé au travail sont terriblement inquiétés par les orientations de la « réforme » annoncée de M. Darcos. C'est un projet qui va dans le sens de celui du Medef auquel, pourtant, tous les syndicats de salariés se sont opposés unanimement en 2009. Il propose carrément de violer le cadre de responsabilité du médecin du travail pour (…) Lire la suite »