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Thème : Conditions de travail/Exploitation

France Télécom : le témoignage d’un syndicaliste

LA RIPOSTE
J'ai lu et entendu beaucoup de choses sur les suicides chez France Télécom. Retraité depuis peu de cette entreprise, j'ai vu et connu la détresse de mes collègues. Dans mon établissement, à Nice, j'ai été délégué du personnel CGT et secrétaire du Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). J'écris donc en connaissance de cause. Tous les jours, comme syndicaliste, j'étais confronté à l'impact désastreux des choix stratégiques et financiers de l'entreprise sur ses salariés. En 2005, le gouvernement a nommé Mr Lombard à la tête de France Télécom. Il succédait à Thierry Breton, devenu ministre des finances. En 2007, le nouveau PDG était promu commandeur de la légion d'honneur. Il n'y en a que pour les copains ou coquins ! A la tête d'une entreprise qui engrange des millions d'euros à chaque bilan semestriel, Lombard a commencé par se faire voter par le Conseil d'administration de belles augmentations de salaire. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. (…) Lire la suite »

Le travail, cette expropriation systémique du temps humain…

Camille Loty MALEBRANCHE

L’une des définitions les plus lucides de l’esclave, est celle d’un individu dont le temps est exproprié par autrui. L’esclavage est l’expropriation du temps de l’homme par l’homme, expropriation diabolique qui, à force de priver l’homme de tout temps propre, finit par le déshumaniser, le réifier, le tuer à toute humanité.

A moins de se fonder sur un compromis et une flexibilité permettant à l'homme travaillant de se valoriser intellectuellement, professionnellement, sentimentalement, familialement et socialement, tout en lui procurant un salaire lui permettant une vie matériellement comblée sans endettement permanent, le travail est un vol du temps, une vampirisation de la vie de l'employé par l'employeur. Car la vie d'un homme sur terre n'est autre que le déploiement temporel de son existence. Imposition pesante de la vitesse de la société de consommation, le travail, avec sa précipitation productive, triture le temps par l'urgence et l'immédiateté. Et le temps bourgeois, en devient un antitemps - c'est-à -dire un harcèlement constant, enfonçant le temps du travailleur dans l'exclusivisme temporel du présent par et pour la productivité, l'abîme de l'instant à rentabiliser par la production. Ce qui fait de l'homme, l'être du maintenant, et sacrifie toute la vie à la pression de l'urgence, à (…) Lire la suite »
"Les inégalités sociales tuent à grande échelle" (rapport de l’OMS)

Engels et le rapport de l’OMS

Friedrich ENGELS

Le 28 août, la Commission des déterminants sociaux en matière de santé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiait son rapport- "Combler le fossé en une génération : l’équité devant la santé grâce aux déterminants sociaux en matière de santé,", le résumant en une phrase : "Les inégalités sociales tuent à grande échelle".

La Commission a confirmé les conclusions des rapports précédents sur les inégalités en matière de santé entre les différents pays mais également au sein d'un même pays. Elle a confirmé que les pauvres sont plus mal lotis que ceux qui sont moins défavorisés, que les moins défavorisés sont plus mal lotis que ceux qui ont des revenus moyens, et ainsi de suite jusqu'au sommet de l'échelle sociale. Elle a confirmé que ces différences existent dans tous les pays, même dans les pays riches. Elle a aussi confirmé que l'égalité devant la santé ne peut pas être garantie uniquement par les systèmes de soins médicaux. Les maladies dues à l'eau ne sont pas provoquées par un manque d'antibiotiques mais par la pollution de l'eau, cela parce que les pouvoirs sociaux, politiques et économiques ne se soucient pas de fournir de l'eau non polluée à la population ; les maladies cardiaques sont provoquées non pas par le manque de services de cardiologie mais par la vie que mènent les gens qui est (…) Lire la suite »

Il faut rompre avec le "dialogue social". C’est tous ensemble qu’il faut faire grève et se rassembler contre le MEDEF et Sarkozy-Fillon.

Vincent PRESUMEY

Ce qui s’est passé à partir de la "position commune" élaborée et signée par le MEDEF, la CGPE, la CGT et la CFDT est éloquent : ce texte a servi de base à l’attaque frontale par Sarkozy de la réglementation du temps de travail, en faisant primer les accords d’entreprise contre les conventions collectives et le droit du travail.

Vendredi 27 juin Vers le Tous ensemble et en même temps. En France, grande est l'interrogation des militants aprés la "journée" du 17 juin dont on ose à peine rappeler que Bernard Thibault lui avait fixé l'objectif d' "un million de manifestants". C'était impossible, non pas tant parce que notamment FO, ainsi que l'UNSA, la CGC et la CFTC, refusaient d'y appeler (et que l'unité CGT-CFDT, décidémment, ce n'est pas l'unité syndicale ! ), mais parce que de toute façon, on ne réussit pas une journée de grèves et de manifestations pour défendre le "dialogue social" avec en prime le soutien de Madame Parisot ! D'ailleurs les manifestants qui étaient là , essentiellement de la CGT, n'étaient pas là pour le "dialogue social", mais pour les retraites et la limitation légale du temps de travail. Tous ensemble et en même temps : voila le besoin qui est ressenti en profondeur par de trés larges couches sociales, qui ont pris part ou ont observé, depuis des mois, les combats massifs mais (…) Lire la suite »
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Durée du Travail

Ca y est "l’opt out" arrive !

Gérard FILOCHE
Communiqué n°4 en défense des 35 h et des salaires : "L'opt out" , c'était l'article 18 de la directive 93-104 qui permettait à la grande Bretagne de déroger à la durée du travail fixée en Europe des 15 à 48 h hebdomadaires maxima. Il y avait trois conditions la première était que le salarié soit "libre" de son choix de travailler plus de 48 h, mais chacun sait qu'il n'y a pas de liberté en matière de droit du travail, tout salarié est subordonné, ce qui caractérise un contrat de travail est un "lien de subordiantion juridique permanente" . la seconde était que les heures au dessus de 48 h soit décomptées. Mais comme elles ne le sont déjà pas en dessous, elles ne furent pas en dessus. la troisième était que cette catégorie de travailleurs soit particulièrement suivie par la médecine du travail. Quel aveu ! Mais comme celle ci n'est pas indépendante, comme elle n'a pas assez d'effectifs, en pratique la médecine du travail n'a pas suivi. Il devait (…) Lire la suite »

Travail et souffrance

Bernard GENSANE
J'ai été plutôt surpris par l'attitude de nombre de mes collègues universitaires lors de la lutte contre la loi LRU. Dans un passé récent, les enseignants avaient pu se mobiliser autour de deux causes importantes : la contre-réforme des retraites en 2003 et la lutte contre le CPE en 2006. L'inique CPE avait été remballé par de Villepin, tandis que son non moins inique CNE était condamné par les juridictions internationales compétentes. Si les étudiants ont pu faire reculer le gouvernement de Chirac, c'est parce qu'ils ont lutté en masse, et parce qu'ils ont été effectivement secondés par des enseignants, certes minoritaires, mais déterminés et solidaires. Les collègues ayant soutenu les étudiants n'étaient pas directement concernés par la forfaiture du CPE. Leur solidarité fut à la fois juste et largement désintéressée. Ce qui m'a frappé, c'est qu'alors que mes collègues étaient directement concernés par la LRU, ils furent moins nombreux à manifester que lors du mouvement (…) Lire la suite »

Un salarié de BNP Paribas se suicide dans son agence

DIVERS
Conseiller en patrimoine , l'homme s'est donné la mort quelques jours après une réunion avec sa hiérarchie. « Ne m'attends pas. Occupe-toi des enfants pour le goûter et les devoirs. » C'est ainsi que Daniel, 45 ans, marié et père de deux enfants, dit adieu à sa femme, avant de partir à son travail, pour s'y suicider. Conseiller en patrimoine financier dans une agence BNP Paribas de Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron, il a mis fin à ses jours fin janvier à l'intérieur même de l'agence. Ses collègues ont retrouvé son corps le lundi 21 janvier, à l'ouverture de l'agence. Quelques jours plus tôt, il avait eu une réunion avec sa direction qui s'était mal passée. Selon sa femme et la CGT, il lui aurait été reproché de ne pas avoir atteint son objectif de vente de produits financiers. « Il connaît très bien ses clients. Il disait que ça aurait été les 'entuber' », explique sa femme sur France Info, à propos des produits financiers qu'on lui demandait de vendre. La direction (…) Lire la suite »

Plus longtemps, plus flexible, moins cher ... effet boomerang ?

Michel HUSSON
Sarkozy-Blair, AFP. Savoir/Agir n°3, 2008. Travailler plus pour gagner plus : on connaît la chanson. Mais cet hymne à la valeur travail ne peut durablement escamoter la réalité d'un projet cohérent de régression sociale qui vise à dévaluer le travail, et non à le revaloriser. C'est pourquoi la tactique de Sarkozy a de bonnes chances de conduire à un effet boomerang Plus longtemps ... L'une des premières mesures gouvernementales a porté sur les heures supplémentaires qui sont dorénavant en grande partie exonérées de cotisations sociales et défiscalisées. Ce choix repose sur un postulat selon lequel il faut augmenter le gâteau avant d'en augmenter les parts, donc travailler plus, etc. Mais rien ne garantit que l'augmentation du gâteau conduise à une augmentation de toutes les parts : aux Etats-Unis, les bénéfices de la croissance sont captés par 10 % de la population. Ensuite, il ne suffit pas de vouloir travailler plus pour pouvoir le faire, et les contre-exemples sont (…) Lire la suite »

SNCF, RATP, EDF, GDF : une « réforme » peut en cacher une autre

Michel HUSSON
Quand on rêve tout seul, ce n' est qu'un rêve, quand nous rêvons ensemble, c' est le début de la réalité. Octobre 2007. Ce n'est pas la « réforme » des régimes spéciaux qui permettra de « sauver les retraites ». En 2005, les 322 000 retraités de ces régimes ont reçu 8,2 milliards d'euros, soit 4,2 % de l'ensemble des retraites versées. Et même si on alignait leur régime, il faudrait bien continuer à leur verser des pensions. Comme, en plus, cette réforme ne concernerait que les nouveaux retraités, l'économie ne représenterait la première année que 0,1 % du total des retraites versées en France, et seulement 0,4 % au bout de 5 ans, selon les estimations de l'OFCE. Au nom de l'équité ? Cet argument ne vaut rien s'il n'est pas généralisé. D'autres régimes « spéciaux » de retraites sont oubliés : armée, clergé, députés ainsi que les « régimes chapeaux » des dirigeants de grandes entreprises. Et les avantages fiscaux et sociaux accordés à l'épargne destinée à la retraite (…) Lire la suite »
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Un suicide par jour au travail : pourquoi pas de réaction du « Président » ?

Gérard FILOCHE
Samedi 21 juillet 2007. Sarkozy ne va plus voir ceux qui se lèvent trop tôt, se couchent trop tard, et s'épuisent au point de se suicider au travail. A force qu'il se déplace partout, s'occupe de tout, fasse des projets et des lois sur tout, faits divers, accidents de la route, feux de forêts, tour de France, infirmières bulgares, comment ne pas s'étonner par les questions qu'il « laisse tomber », sur lesquelles il n'intervient pas, ne parle pas, ne réagit pas, ne légifère pas ? Pas de photo, pas d'image, pas de flash info, pas de visite d'entreprise, sur le dernier des suicides au travail... Rien. Il y a eu 360 cas de suicides liés directement au travail l'an passé, un par jour. Cela concerne des employés, des ouvriers, et les cadres, manuels et intellectuels, le stress au travail, la souffrance au travail, la violence des rapports d'exploitation, les rapports de « management » hiérarchiques, le chantage à l'emploi et au salaire... ... Plus grave que la délinquance (…) Lire la suite »