
- Grand-père a tué les indiens. Pa a tué les serpents pour le bien de cette terre. Peut-être qu’on pourrait tuer les banques. Elles sont pires que les Indiens, que les serpents. Peut-être qu’il faudrait qu’on se batte pour sauver nos terres comme l’on fait Grand-père et Pa. - Les raisins de la colère, John Steinbeck
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Pour briser le soulèvement de la région d’Al-Anbar, Nouri al-Maliki a acheté pour 6 milliards de dollars d’équipements militaires aux États-Unis - dont 24 hélicoptères de combat Apache et près de 500 missiles Hellfire - et Barack Obama a ouvert les vannes du mercenariat. Cette fois, c’est le Wall Street Journal* qui l’affirme : « plus de 5000 spécialistes - analystes, instructeurs militaires, agents de sécurité, traducteurs et même cuisiniers - sont sous contrat avec les Irakiens et parmi eux, 2000 sont Américains ». Ils s’ajoutent au 12 500 contractors qui, fin 2013, assuraient la protection des intérêts US en Irak. Principales sociétés étasuniennes de défense présentes : Triple Canopy et L-3 Communications Holdings. MONDIALISATION
Après nous être mielleusement fondus à la méthode de l’obsolescence programmée, nous voilà avec une tactique de « développement continu » inusité : la construction par la destruction.
Dix cours de la méthode
1- Ils construisent une maison, une économie, un pays, des coutumes, des marchés.
2- C’est nul… Et on passe au vote.
3- Alors tu édictes la bonne façon de faire.
4- Ils n’écoutent pas.
5- Tu te fais ami avec eux.
6- Tu leur vends des armes.
7- Ce qui te permet d’acheter des armes après les avoirs renseignés sur des ennemis éventuels avec preuves à l’appui.
8- Tu t’arranges pour t’embrouiller avec eux.
9- Ça tourne au vinaigre : tu les attaques pour améliorer leurs conditions de vie en détruisant ce qu’ils ont bâti.
10- Puis tu mime la pitié et leur envoie la trousse de nettoyage. T’implantes un McDo, puis en passant par le lobbying, tu leur refiles À TOUS, quelques vaccins et médicaments pour qu’ils ne soient pas malade.
Pieusement nommée : la reconstruction. Il faut entendre par là qu’on ne reconstruit pas les enfants déchiquetés, les civils amochés, les déplacés, mais on a tout de même une formule bichonnée : dommages collatéraux. Quand t’es un être humain normal, t’attend le bonheur et la paix, pas la bombe. Et pourtant, sans le savoir…
Pendant ce temps-là, dans un autre pays, tu fais preuve de charité bien ordonnée…Tu crées une industrie qui fabriquera un outil nécessaire à la lutte contre la pauvreté : la mine antipersonnel.
C’est secret. Alors, chacun fabricote une pièce sans connaître le produit final au bout de la chaîne.
C’est un secret d’état.
Ah !
On fera ensuite une cérémonie dans laquelle on fera l’annonce de celle d’engager des amputés… Par charité, humanisme, etc.
Ils travailleront d’arrache-pied pour vivre…
« Heureux le citoyen qui se lève le matin, la maison rasée, mais avec un nouveau gouvernement, il jubile.J. Beauregard
« Heureux le citoyen qui se lève le matin, la maison rasée, mais avec un nouveau gouvernement,il jubile encore plus ». J. Beauregard.
Quand l’Irak s’est effondré, des centaines de compagnies s’arrachaient les morceaux de cette nouvelle proie ensanglantée. Quand le dictateur libyen s’est effondré, une foultitude de loups, les babines gonflées, sont allés "au secours" de ce pauvre pays.
Ça stimule l’économie, disent-ils. On vend des armes pour détruire, et par la suite on donne des contrats pour aller reconstruire. À se demander si derrière tout ça la richesse étasunienne n’est pas l’œuvre d’un état incendiaire qui allume les feux et crée de l’emploi en formant des pompiers mondialistes ?
C’est une première dans l’Histoire de l’humanité : on vend les armes de destruction et les compagnies de reconstruction. Et tout cet argent - dans notre cher système "d’austérité" - s’en va dans des "paradis fiscaux".
C’est la canalisation de l’héritage terrestre abandonné aux charognards. Pendant ce temps-là, l’humain ronge les os qui restent. Il se décarcasse pour la carcasse. Oui, l’héritage terrestre. Car il s’agit bien d’un legs extraordinaire pour tout être vivant, à commencer par ce citoyen molli par le satanique penseur-corrupteur. Citoyen arnaqué par ses propres dirigeants débiles et ignorants.
De la chair à canon que nous étions dans les guerres antécédentes, pour "englober" tout le monde dans cette nouvelle économie, nous sommes devenus de l’argile à banques et compagnies à numéros fragmentées dans l’invisible et complexité d’un monde totalement déshumanisé.
Nous voilà désormais aussi fragile qu’un pigeon d’argile.
Si l’oiseau paye pour fournir les fusils, c’est la réussite concluante d’un monde d’escrocs engagés et de béotiens élus.
Jubilons tous. Nous n’avons plus de maison, mais un "nouveau" gouvernement.
Février 2014