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C’ est où la Birmanie ? Réponse de Jacques Richaud à "Pourquoi je n’ irai pas à la manif Birmanie" de Jean Bricmont, et débat avec Danielle Bleitrach.








Samedi 26 septembre 2007.


Ci-dessous la réponse de Jacques Richaud à l’ article de Jean Bricmont "Pourquoi je n’ irai pas à la manif Birmanie."

Cette réponse est suivie du débat entamé sur le site Socio 13 entre Danielle Bleitrach et Jacques Richaud. Puis, à la suite, nous pourrez lire des extraits d’ une autre contribution de Danielle Bleitrach en lien avec ce sujet et mis en ligne ce jour : Le credo de ce blog : s’engager mais comprendre dans quoi et pourquoi...

*** Si vous voulez contribuer au débat, il serait préférable de publier vos contributions en priorité sur le site Socio 13 puis, si vous le souhaiter, ici même.

LGS




- Réponse de Jacques Richaud à l’ article de Jean Bricmont "Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie.".


- Jacques Richaud 28 sept 2007 à 10:22

Difficile débat que celui-ci ! Je peux adhérer à la logique de toute une démonstration et pourtant ressentir un profond malaise devant l’argumentaire qui est :

"Par "manipulation" je ne veux pas dire que la situation n’est pas terrible en Birmanie, mais la question des priorités se pose."

La question des PRIORITES ! Cette terrible question des priorités et de la concurrence des causes, de la mise en balance des enjeux et des légitimités, de la concurrence des victimes que nous avons si souvent reproché à d’autres... Terrible choix qui à l’extrême peut nous mener à l’absurde décision de ne soutenir JAMAIS aucune cause au prétexte de l’existence d’une tragédie pire encore que celle qui nous interpelle à un moment donné... Au nom de ce principe nous devrions détourner le regard des misères qui nous sont les plus proches en raison de tragédies lointaines plus atroces ? Nous devrions ne pas voir la tête tranchée déjà tombée lorsque à côté on en est encore à la torture ? Ne pas voir la torture de l’un parce que se commettent des crimes de masse ? Ne pas comptabiliser et dénoncer le "petit" massacre minable face à l’entreprise de grande envergure criminelle étatique ?

J’avoue un malaise profond à cette théorisation de la non-solidarité visible pour de tels faits ; elle heurte doublement ma conviction : Ma conviction que chaque homme et chaque femme valent pour UN et mérite de n’être abandonné jamais (ni l’inconnu expulsable demain de nos villes, ni le très célèbre Mumiah qui risque la chaise électrique un matin brun aux USA bientôt). Ma conviction aussi, internationaliste d’une indispensable solidarité entre TOUS les peuples face à leurs oppresseurs... Que nous ayons été déjà défaillants dans l’expression de nombreuses solidarités qui nous semblaient nécessaires se trouve désormais être un argument pour allonger la liste ?

J’avoue que cette posture dérangeante pour justifier le non-signalement de son indignation, face à la dictature birmane ou face à tout autre pouvoir répressif, me dérange au plus profond de moi-même ; j’y vois comme la version de gauche d’un "utilitarisme" qui est au coeur de la pensée capitaliste ; une sorte de raisonnement "coût-bénéfice" ou "retour sur investissement" qui m’effraie, venant d’un homme aussi lucidement engagé souvent que Jean Bricmont.

Une autre phrase me heurte au plus haut point :

« Je préfère réserver mon temps et mes efforts à des causes que les grandes puissances ne soutiennent pas : les Palestiniens, l’opposition libanaise, les Irakiens, et le droit pour l’Iran à l’énergie nucléaire..... Je pense que ce serait une excellente "initiative citoyenne" de boycotter délibérément les manifestations auxquelles nous invitent nos médias. ».

Le temps de ce monsieur est certainement précieux, pour d’autres le jour qui vient sera peut-être le dernier face aux chars de l’armée ; il y a comme une insulte à révolté en péril ! Pour ce qui est de « l’excellente initiative citoyenne », j’admire cette invitation à l’indifférence qui ouvrirait la voie aux pires compromissions et silences demain... la « politique autrement » qui invoque la citoyenneté prend ici une triste odeur d’indifférence élevée au rang de vertu...Enfin depuis quand devrions nous conditionner nos postures politiques au traitement « médiatique » des événements qui nous interrogent ?

J’avoue ne pas croire tenable cette posture, sauf à se préparer à dire demain après l’écrasement de la révolte "qu’il devait en être ainsi", car le peuple n’était pas prêt à prendre la relève... Pour connaître un peu l’Asie après un an et demi de séjour en pays bouddhiste au Cambodge, je crois percevoir la vague profonde qui se soulève comme une fragile mais immense attente... Et nous détournerions les yeux ? En ce pays quelques minorités montagnardes exercent encore une résistance armée, mais l’immense majorité d’une population presque égale à celle de la France n’a d’autre pratique que l’attente d’une évolution démocratique qui fut un jour majoritaire et délégitimée par l’armée, devrions nous faire grief à ce peuple de ne pas s’être révolté par les armes ? Et si cette question était au fond, présente dans l’esprit de ceux qui expriment un certain dédain pour la Birmanie ? Et si la fascination de la violence révolutionnaire conditionnait pour une part notre empathie pour une cause ? Et si pour cette obscure raison nous préférions demander « c’est où la Birmanie ? »

Jacques Richaud


- socio13 Danielle Bleitrach 29 sept 2007 à 5:36

Il faut lire le livre de Bricmont, de surcroit par expérience je me souviens encore lui avoir envoyé la pétition sur les femmes afghanes, il m’avait répondu par une refus de la signer en m’expliquant que cette pétition ne servait qu’à préparer l’intervention des occidentaux, ce en quoi je me suis aperçu ultérieurement qu’il avait parfaitement raison. Quand je vois de surcroit le rôle joué par Reporters sans Frontières dans la montée de l’opinion publique je suis de plus en plus dubitative. Je ne refuse pas la solidarité mais je ne veux pas qu’on manipule systématiquement mon émotion.
Comme le soulignent les remarques ci-dessous de COMAGUER pourquoi Total et pas Halliburton de Dick Cheney ? Est-ce que l’affaire n’a rien à voir avec ce qui se passe au Nepal ?

Danielle Bleitrach

Voici un commentaire de COMAGUER sur le même sujet ou plutôt sur la campagne contre Total :

Haro sur Total ! Mais comme c’est étrange aucune campagne humanitaire sur Halliburton qui travaille au Myanmar et sur Cheney son ancien patron qui l’y a implantée et bien sûr si Total et la junte s’en vont Halliburton fera venir EXXON et CHEVRON. Pour les remplacer pendant ce temps les maoIstes s’approchent du pouvoir au Népal, au Bhoutan et la guérille maoïste se renforce dans les provinces du Nord-Est de l’Inde frontalières du Myanmar aucun rapport ?


- Jacques Richaud 29 sept 2007 à 8:21
MANIPULER LES EMOTIONS

Bien sur tu as raison de ne "pas vouloir laisser manipuler tes émotions" , mais dire cela avec Jean Bricmont contribue à théoriser une forme d’impuissance qui aurait vertu de non-compromission :

- Ne peut-on A LA FOIS s’intéresser aux femmes afghanes et dénoncer ceux qui instrumentalisent leur sort ?
- Ne peut-on A LA FOIS regarder le monde tel que nous le voyons et dénoncer toutes les duplicités de RSF ?
- Ne peut-on A LA FOIS dénoncer Halliburton et en même temps Total ?

Et pourquoi l’évidente "asymétrie" de jugement de certains devrait-elle fonder la raison de nos silences ? N’est-ce pas consentir à ceux là exactement la victoire d’une propagande que nous renoncerions à contrer ?

A nous d’éclairer les enjeux et dénoncer les duplicités, sans abandonner jamais les hommes et les femmes eux-mêmes à un sort qu’ils n’ont pas choisi et à une oppression dont ils souhaitent s’émanciper, en Birmanie comme en Irak, au Népal comme au Liban, en Chine comme aux USA peut-être demain, en Iran comme en Palestine aussi...

Non, décidément non, je n’approuve pas cette retenue qui serait une forme élevée de la bien-pensance et ne fait le jeu que des oppresseurs parce que nous serions impuissants à les démasquer tous. Je mesure bien sur la vanité et l’impact limité de nos actions de soutien ; je mesure combien nous soutenons plus parfois notre propre cohérence mentale que les combats asymétriques menés par des forces faibles contre des puissances immenses ; je mesure aussi la frustration induite par notre réelle impuissance souvent et que nous tentons inconsciemment d’éviter...

Mais je sais aussi, dans un monde ou la communication circule jusqu’au fond des jungles et des montagnes, que le sentiment des hommes et des femmes de devoir poursuivre un combat pour la justice, peut être conforté par un signal même faible, venu de loin, de très loin... J’espère que ceux qui affronteront demain la junte birmane pour la renverser enfin n’auront pas eu accès au texte de Jean Bricmont !

Je crois comme beaucoup que ce sont toujours les peuples eux-mêmes qui se libèrent et que toute forme d’ingérence humanitaire cache une imposture possible, je crois que les ONG, organisations dites "NON" gouvernementales, sont toujours des organisations "gouvernementales" plus ou moins camouflées... Dire cela AUSSI doit faire partie de notre combat. Mais l’internationalisme ne se peut brider lui-même, sauf à "déconstruire" et faire une réécriture révisionniste des combats des brigades internationales, de Fidel en Afrique ou du Che en Amérique latine...et de l’idéal communiste lui-même ! Sur tous ces sujets il y aurait à dire, sans désavouer l’engagement d’un seul de ceux qui y ont laissé leur peau, il y aurait même à dire que beaucoup de tous ceux là , à un moment ou a un autre ont vu leurs « émotions instrumentalisées », et alors ? Ils se sont levés pour cela, qu’espérons nous d’autre pour nous même et pour tous demain que de réveiller nos émotions qui sont les mots muets de notre dignité ?

Jacques Richaud.


- socio13, Danielle Bleitrach 29 sept 2007 à 8:29

Jacques, je viens de tenter d’élucider un peu ma position dans le texte sur le credo de ce blog...

Dans une certaine mesure cela va dans ton sens, mais sur le fond il y a un problème que tu n’analyses pas suffisamment et qui pour moi a lourdement pesé sur le combat par exemple contre la guerre en irak.
Le ni-ni, ni Saddam, ni G.W.Bush, est peut-être moralement exact mais politiquement nul. En effet le vrai problème n’était pas de dénoncer le régime de Saddam, ce grand massacreur de communistes en particulier, mais bien de refuser une invasion illégitime et assassine. Donc il fallait en rester là sans cautionner pour autant Saddam.
Simplement il faut avoir le courage de dire comme Samir Amin : toutes les guerres menées depuis 1991 relèvent du crime de guerre et devraient relever d’un tribunal de type de celui de Nuremberg.
C’est une question de droit international, de Charte de l’ONU. mais là je te renvoie à mon texte credo.

Danielle Bleitrach




Le credo de ce blog : s’engager mais comprendre dans quoi et pourquoi... par Danielle Bleitrach.


Samedi 29 septembre 2007.


(...) Mon premier credo est de juger en fonction de la capacité de nuisance et de me méfier de ceux qui sont en situation de dominer notre vie et nos opinions, de ne leur accorder aucun crédit a priori non parce qu’ils sont capitalistes, impérialistes, puissants mais parce que conserver leur position passe par la perpétutation d’une injustice qui m’est intolérable. (...)

La position de Jean Bricmont a l’immense mérite de dénoncer l’émotion médiatique que les occidentaux sont toujours en situation d’exercer sur l’opinion publique et ce pour des raisons de gros sous. 90% des nouvelles et des informations nous parviennent par la propagande occidentale. Internet n’est qu’un mince filet sans cesse disqualifié par des rumeurs orientées.

Jacques Richaud voit dans la position de Bricmont un refus de solidarité. Je ne crois pas que ce soit le cas, Jean Bricmont est comme Chomsky de sensibilité anarchiste et il suggère de n’appuyer que tous ceux que ne soutiennent pas les institutions et les impérialistes, ce qui laisse un champ considérable à "exercice de la solidarité. (...)

Donc pour en revenir à la Birmanie, il est clair que la junte au pouvoir n’a pas pour vocation de satisfaire les besoins de la population Birmane et que la colère des Birmans est légitime. Mais dans le même temps, il paraît tout aussi évident que les puissances occidentales et pas seulement Total mais Halliburton de Dick Cheney veulent continuer à piller, et que toute la campagne qui est orchestrée risque d’être un contre-feu à leur profit qui se soldera par le massacre de populations innocentes. Comme le fait remarquer très justement COMAGUER, nous souffrons d’un grave déficit d’information sur ce qui se passe réellement en Asie. Au Népal proche la rébellion de la guérilla communiste gagne du terrain, la révolte des bonzes partie de Thaïlande est-elle un contre-feu ? (...)

- Lire l’ article et participer au débat http://socio13.wordpress.com


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Birmanie : c’est en ne soutenant pas le peuple birman que l’ on fait le jeu de Washington, par Vincent Présumey.



Birmanie - Total, démocratie et à -côtés : la course aux richesses du Myanmar a commencé, A. d’ Argenzio, P. Pescali.

Birmanie : Kouchner n’a pas vu d’esclaves mais Total les indemnise, par Maxime Vivas.






COMMENTAIRES  

29/09/2007 13:31 par Anonyme

Reprise des contributions publiées à la suite de l’ article
Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont.

Rédaction LGS

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Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont.
28 septembre 2007, par Patrick

Et pourquoi devrait-on déterminer ses actions en fonction de la politique du gouvernement états-unien, ou de n’importe quel autre état ? Cette cause est soutenue par Bush, donc elle est mauvaise ? C’est affligeant.


Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont.
28 septembre 2007

Merci pour cet article.

Je ressentais un fort malaise face aux réactions à la situation birmane. Partagé entre le désir de soutenir l’opposition ô combien justifiée, et la méfiance instinctive face à la complaisance des médias et des autorités (ah ! l’hypocrisie de Sarko. Il ne se mouille pas en demandant à Total ce que Total ne fait de toute façon plus, et il passe à bon compte pour un grand humaniste ! chapeau !).

Maintenant je sais pourquoi ce malaise. Evidemment, il y a du pétrole en Birmanie, les compagnies se pourlèchent déjà les babines. Dès que Total quitte, ce sera la curée. Et au passage, c’est aussi une bonne occasion de taper sur la Chine. Héhé ! Celle-ci représente pratiquement un véritable paradis pour un libéral pur-jus : liberté totale pour les capitaux et les entreprises - contrôle total pour la plèbe. Malheureusement, elle joue pour son compte, et pas pour celui du "camp des démocrates", auquel elle fait le coup de la concurrence libre et non faussée. Non mais, ce culot ! Communistes, va !

Et à l’Irak et la Palestine, vous pouvez ajouter le Mexique à vos préoccupations. La répression à Oaxaca et la militarisation du pays, soutenue par les USA, n’a pas soulevé beaucoup d’émotion dans la "conscience mondiale".
Merci jean Bricmont et Danielle Bleitrach.


Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont.
29 septembre 2007, par Jade ORLIRE

C’est bien beau de vous mettre en avant le fait que "vous n’irez pas à la manif". Vous avez une notoriété, une tribune, donc une audience, un pied d’estale. Mais mettez-vous au niveau du citoyen lambda, qui en a marre de voir les Droits de l’Homme violés partout dans le monde, aussi bien par des communistes que des capitalistes... Pendant que vous pinaillez sur l’opportunité de vous rendre ou pas à une manif, le sang coule sur le terrain. C’est tout à votre honneur de ne pas cautionner l’hypocrisie et le cynisme des pays riches. Mais il y a un temps pour la réflexion, et un temps pour l’action. Une manif, c’est une soupape de sécurité qui donne le sentiment à chaque participant d’être moins seul, et surtout entendu des puissants ( la loi du tapage maximum). Quel autre moyen pour un citoyen ordinaire d’être entendu quand il est indigné ? Alors snobez cette manif si vous voulez, mais vous n’avez pas le droit de douter de la sincérité des sentiments qui y seront exprimés par des gens ordinaires. Quand la prudence est partout, el courage n’est nulle part. Pensez aussi qu’à côté de la Birmanie, il y a le Laos, qui étouffe sous une chape de plomb d’une République Démocratique Populaire... Faire souffler un vent des Droits de l’Homme dans la région serait le bienvenu ! Les Karens n’en finissent pas de mourir, les Hmongs exterminés au nord Laos non plus : comment les aider, si ce n’est en allant à des manifs pour les soutenir ? A force d’écire que vous n’irez pas manifester, vous allez finir par ne plus éditer de théories, que votre public ne lira pas. Et ce serait assurément dommage. Cordialement.


29/09/2007 14:07 par Anonyme

Reprise du commentaire publié à la suite de "Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont."

LGS

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Pourquoi je n’ irais pas à la manif Birmanie, par Jean Bricmont.
29 septembre 2007, par Mimi Marseille

definir ce qui nous menace tous et lutter contre

"Mais il y a un temps pour la réflexion, et un temps pour l’action. Une manif, c’est une soupape de sécurité qui donne le sentiment à chaque participant d’être moins seul, et surtout entendu des puissants ( la loi du tapage maximum)."

1)Action et non reflexion on rentre là dans l’univers fabriqué des Sarkozy Bush et cie qui "pensent" pour vous et crée LEUR réalité, ont des équipes de "thinks tanks" qui travaillent dur pour créer celle ci, dont le soutien à des "soulèvements populaires" type Birmanie, la "révolution Safran" et avant les autres "révolutions colorées" dont on sait qui tire les ficelles derrière.

La non violence est récupérée comme methode de "contre terrorisme" par la CIA c’est connu et nous sommes là en pleine récup.Tout mouvement de revolte qui ne se déclare pas DES LE DEBUT contre toute forme de recuperation par l’occident capitaliste impérialiste est soit manipulé soit une émanation de ce "contre terrorisme non violent fabrication CIA et accolytes".

Donc qui veut soutenir ce "contre terrorisme non violent" en manifestant et tomber dans le piège à cons orchestré par les "puissants" et leurs medias serviles ?

2) Ensuite la loi du tapage maximum :

Quelle belle naiveté et comme on tombe facilement dans le panneau de la diversion politique. Ouvrez les yeux il y a actuellement des génocides (nouvelle version lente, à petite dose, pas trop de morts à la fois, aseptisés,les victimes étant des "dommages collatéraux", pas de chambres à gaz mais on crame les personnes dans leurs voitures,maisons à coup de missiles, ça coûte moins cher pas de frais de transport vers les camps de la mort) en Irak en Palestine, en Afghanistan,et qui manifeste CONTRE ? QUI ? S’imaginer avoir du poids sur "les puissants" en agissant pour des causes qu’ils ont eux mêmes décrétées être "la cause internationale du moment" avec la complicité des Birkin et autres pipole de service, quelle naiveté quel bel exemple de VOTRE récupération par les puissants que vous voulez combattre !

Le Darfour n’ayant pas vraiment pris parce qu’il y a eu des dénonciations des manipulations et récupérations maintenant la Birmanie pour TOUJOURS TOUJOURS éloigner du probleme central majeur VITAL pour TOUS PARTOUT : la domination américano sioniste, l’ennemi N° 1 de tous les peuples et contre lequel il faut combattre sans répis et surtout ne pas se laisser embobiner.

Enfin pretendre que Jean Bricmont fait de "l’utilitarisme" en matière de défense de l’humain (j’utilise ce mot parce que le mot humanitaire a été galvaudé il faut le remplacer) c’est une insulte à son engagement politique bien connu et pas seulement qu’en Belgique.

Ce qui se passe actuellement est simple : hégemonie americano sioniste, vassalité européenne et autre, tentative de contre pouvoir Russie Chine Iran Venezuela...Cette hégémonie est imposée partout par la force, l’objectif : redessiner la carte du monde (c’est eux qui le disent je n’invente rien,lisez leurs textes, ce que Sarko appelle lui-même le "Nouvel Ordre Mondial" citation de son discours à l’ONU) )par une balkanisation d’un certain nombre de nations (Yougoslavie : c’est déjà fait mais pas tout à fait terminé avec le Kosovo toujours pas indépendant parce que l’ours russe s’y oppose)réduites à des entités ethniques et ou religieuses s’entre tuant.

Bref le retour au tribalisme pour mieux dominer. Est ce cela que vous soutenez ? Est ce cela que vous soutenez au nom de ce fumeux "internationalisme" qui n’est que DICTATURE PLANETAIRE s’il n’est pas assorti du droit des peuples (collectivité de citoyen(ne)s) à disposer d’eux mêmes de leurs terres et de leurs ressources naturelles ?Alors oui viendra ensuite le temps de la solidarité, de la coopération d’égal à égal.

PS : notez que la "revolution safran" est menée par des moines boudhistes. Regardez où se trouve la Birmanie sur la carte, et voyez quelle(s) grande(s) puissance(s) sont géopolitiquement visées par cette "révolution des moines" dans un contexte de déstabilisation générale ("destruction créatrice" pour reprendre leur terminologie et trouver qui a inventé cette théorie ?)

29/09/2007 19:58 par Anonyme

Ces discours sont insipides : c’est de la rhétorique d’intellectuel en dehors du temps et de l’espace

nous sommes toujours dans la période de l’impérialisme défini par Lénine sauf que ce dernier est pourrissant et le principal pays les USA en perdant de l’influence devient ultra agressif...

Le Capitalisme engendre plus que jamais la guerre.

Il s’agit concernant cette region d’une tentative de pression sur la Chine ou une reponse à la politique de la chine en afrique noire par les néoC. qui soutiennet encore Bush.

Le seul fait que ce soit les uSA qui manipulent ne suffit pas à prendre position

Qui est visé ? la seule vue d’une carte de géo montre que c’est la chine.

Toute la question est de savoir si la Chine qui se cherche une place au soleil dans l’arene intenationale conserve un caractère prolétarien : pas facile à analyser compte tenu de la logique d’ultra-exploitation qu’elle a vis à vis se son proletariat.
Est ce qu’un état prolétarien bureaucratique complètement dégénéré merite d’être defendu alors qu’il a introduit en sus de la bureaucratie l’ economie de marché.

Tres clairement il ne s’agit pas d’un simple capitalisme d’état.

Une attitude NEUTRE vis à vis de la manipulation me semble prudente. En quoi sommes nous concernés ?

Par contre n’en deplaise à D Bleitraz, Solidarnocz n’avait pas le meme contenu et au debut n’a eté soutenu que par les seuls trotskystes. En faire une manipulation de la CIA est injurieux et stalinien, meme si apres on sait ce que c’est devenu . .. . mais c’est une autre histoire.

En tout cas, très clairement il faut se prononcer contre l’intervention qui est entrain de se préparer en Iran comme tres clairement il fallait choisir quand Tatcher a envahi les Malouines. Et pourtant le régime anglais est plus "démocratique" que ne l’était le regime des géneraux argentins. Mais il s’agissait d’une agression imperialiste

Les internationalistes n’ont pas une seule hesitation dans ce genre d’affaire, les affrontements entre les USA et la Chine meritent certainement une analyse plus fine que la mienne concernat la nature actuelle de la bureaucratie chinoise et sa marche vers le capitalisme.

Bambuck

29/09/2007 22:58 par Copas

Les immenses dégâts des logiques de blocs contre les logiques de solidarités entre peuples prennent tout leur poids dans cette polémique.

Les faits sont d’une dictature dirigée par une caste militaire corrompue et bourgeoise, nourrie par des trusts pétroliers américains et européens, armés par le gouvernement bourgeois chinois.

Cette dictature fait face à une révolte contre elle dont le détonateur a été une aggravation des problèmes économiques pour le peuple.

La place là des bonzes est logique dés que la place de ceux-ci dans ces sociétés est connue tant de leurs liens à la population que pour leurs liens à la nourriture (et pour les plus vieux on se rappellera du rôle qu’ils avaient joué dans l’opposition aux gouvernements fantoches propulsés sous l’occupation américaine du Vietnam).

Ce n’est donc pas l’impérialisme américain qui a choisi les circonstances de cet affrontement. Je ne pense pas d’ailleurs que ça les botte tellement de faire une mayonnaise là dessus. Et rassurons-nous les porte-avions ne sont pas en train de foncer sur la Birmanie.

Il est exact qu’à peu de frais les droites et les médias possédés par qui on sait se mettent la main sur le coeur et clament là d’un coup leur amour pour les libertés (ça évite de mettre les projecteurs sur les libertés en Arabie Saoudite et le féodalisme qui y règne par exemple) et leur dénonciation de la violence, alors qu’à côté de la violence américaine en Irak celle de la junte birmane ressort de l’artisanat.

Mais encore une fois, la "gauche" qu’on a coutume de dire réelle maintenant, face aux gauches de droite, n’a t elle plus de sang dans les veines qu’elle se sent incapable de parler et de manifester, de façon autonome si nécessaire, pour montrer sa solidarité aux peuples de Birmanie ?

La solidarité ne se discute pas, elle ne fait pas l’ombre d’une hésitation , solidarités de gauche, solidarités entre peuples, et pas positionnements en fonction de la position du gouvernement américain , ou la position des médias possédés par quelques bourgeois, sinon vous changerez mille fois de camps. Ce sont toujours les peuples, leurs libertés qu’on soutient, pas les gouvernements, pour les forces de gauche.

Les peuples payent toujours cher les renversements d’alliances des impérialistes et de leurs gouvernants.

Ne leur faisons pas payer double le prix en n’étant même pas à leurs côtés quand ils sont sous les coups.

Les logiques de blocs sont mortifères pour la gauche, elles sont ce qui fit le désastre de l’internationale socialiste lors de la 1ere guerre mondiale par exemple.

Elles construisit les charniers du Kuomintang, les charniers de Sadam, ...

La logique de bloc conduit plus prosaïquement à l’intérieur de pays à faire des alliances affaiblissantes pour lutter contre des droites (et on perd quand même...).

Ces logiques existèrent aussi en liant les poings et les mains de la gauche pour la faire taire face aux crimes du stalinisme car il fallait s’opposer à l’impérialisme.... avant que les dirigeants des régimes nomenclaturistes se transforment eux-mêmes en modernes chefs d’entreprises, laissant les peuples, bafoués, avant et après, qu’avec leurs larmes .... et le sentiment que les gauches ouest-européennes les avaient largement abandonné à leurs bourreaux pendant 60 ans.

On ne joue pas à la logique de blocs. On ne se positionne pas suivant le positionnement d’un gouvernement bushien sinon on changera cent fois de position.

Les Kurdes il eut fallu les vouer aux gémonies , les soutenir , les vouer aux gémonies, les soutenir, etc. Pire encore face à l’allié turc des Américains les soutenir, et ne pas les soutenir parce que du côté des américains en Irak !

Nos amis parlent de l’Irak, que faut-il choisir ? Le camp des peuples d’Irak bien sur ! de leurs libertés et donc de virer les occupants... Mais est-ce le camp de Sadam ? Ben non, bien sur, sinon on change 20 fois de camp !

On parle de Palestine, mais quand Arafat a plié le jarret à Washington plusieurs fois, fallait-il changer boutique et se mettre à ne plus être activement aux côtés du peuple palestinien ?

Tout cela relève d’une controverse grotesque !

La seule façon de résoudre le dilemme c’est de toujours se placer en solidarité des peuples en lutte pour leur liberté contre leurs bourreaux, internes et externes.

Ca c’est la base. L’élémentaire.

Et ce n’est pas très compliqué.

On peut ensuite faire de la tactique si on veut du moment qu’on sait de quel côté on est et que les peuples en question n’ont aucun doute que la gauche en Belgique, comme ailleurs, est et sera toujours à leurs côtés dans leurs batailles pour leur bien-être et leurs libertés.

Car les peuples birmans sauront qui était à leurs côtes et qui ne l’était pas. Et ça finit par se savoir, les informations finissent quand même par passer. La solidarité de la gauche est essentielle. Et ne constitue pas une gallejade d’occidentaux ... Car là encore, on va se trouver dans des controverses grotesques.

Le soutien aux peuples birmans est essentiel pour eux. celui-ci est le devoir de la gauche. En restant les armes au pied celle-ci romprait à nouveau avec sa nature solidaire profonde.

Maintenant je conçois parfaitement et trouve légitime de choisir les formes de cette solidarité et de cette aide.

30/09/2007 08:36 par Libellule

Tout à fait d’accord avec Bambuck. Il y a un article sur http://atlasalternatif.over-blog.com/article-12585905.html qui a peut-être inspiré Bricmont car il est du 24 septembre. On y apprend que le National endowment for Democracy a payé 2,9 millions de dollars pour formater l’opposition birmane depuis un an.

29/09/2007 15:18 par JACQUES RICHAUD

C’ EST DONC ICI LA BIRMANIE

Tu as sans doute lu en entier mon texte en réponse à l’attitude proposée par Jean Bricmont et lu, donc "Je crois comme beaucoup que ce sont toujours les peuples eux-mêmes qui se libèrent et que toute forme d’ingérence humanitaire cache une imposture possible, je crois que les ONG, organisations dites "NON" gouvernementales, sont toujours des organisations "gouvernementales" plus ou moins camouflées… Dire cela AUSSI doit faire partie de notre combat. Mais l’internationalisme ne se peut brider lui-même". Sur ce point je crois que JB, toi et moi sommes d’accord.

Mais dire cela ne suffit pas à déterminer un positionnement dans une conjoncture particulière, une insurrection qui s’annonce, une répression qui s’abat... Ce sont toujours des hommes et des femmes qui sont concernés, broyés non par des "concepts », dont nous pouvons débattre pendant l’agonie de ceux que Bricmont semble dédaigner, mais par la matérialité de la force brute qui s’exercera au nom de concepts souvent non explicites.

Alors je crois qu’il est une manière de nous mettre d’accord :

- A un moment historique donné, devons nous tenter de conserver NOTRE SEUL REGARD (nécessairement extérieur et parfois très lointain) sur un épisode de cette lutte historique et mondiale contre l’oppression ? C’est la posture de Jean Bricmont qui n’utilise que SA propre analyse.
- Ou devons nous TENTER, sans garantie d’y parvenir, le rapprochement, la compréhension, l’écoute et le soutien peut-être envers les premiers concernés ? C’est la posture que je préconise. ; et tu as raison de solliciter d’autres informations et d’autres encore, toujours.

Mais une telle attitude n’équivaut nullement à une "simplification" du débat qui masquerait les duplicités, les manipulations, les enjeux cachés ; je crois qui plus est qu’elle est LA CONDITION PREMIERE de la réalisation de ce "travail", toujours complexe et toujours prolongé dans le temps, comportant même le risque "de se tromper" parfois ; cela est connu.

j’ai aimé que tu cites Robespierre qui fut acteur majeur de ce temps ou se définissaient « les priorités » ; mais je ne suis pas sur que le parallèle avec nos interrogations historico-politiques du moment soit pertinent. Il serait plus pertinent de savoir si Jean Bricmont, au nom du péril nazi montant comme un nuage sur l’Europe aurait trouvé dérisoire de s’engager en Espagne dans les brigades internationales pour sauver une République bourgeoise ? J’ai ma réponse que je ne peux prétendre imposer à personne, mais je crois que le manichéisme qui consiste à manipuler « les priorité » peut nous être de très mauvais conseil. La Birmanie, c’est ici et maintenant, comme l’Irak, l’Iran et la Palestine, comme la Tchéchénie aussi, la Colombie ou le Darfour…Moi la recherche des priorités me donne le vertige.

Jacques Richaud

01/10/2007 11:20 par claude

"Moi la recherche des priorités me donne le vertige."

On peut, en effet, afficher avec ferveur sa défense de l’utopisme.

Quand, en face, des stratèges définissent, eux, les priorités, on perd. En toute bonne conscience, bien sûr.

30/09/2007 10:09 par Pierre Capoue

Bonsoir à tous et à mon ami Jean en particulier. En premier lieu je tiens à te félicité, écrire un tel papier aujourd’hui n’est certainement pas une chose aisée, je n’en veux pour preuve que le nombre important de réaction qui m’ont précédées.

Mais si je suis d’accord avec ton approche, je ne peu m’empêché de penser qu’elle passe à côté du facteur humain. En effet, la situation de la Birmanie est très certainement terrible tout comme la situation des palestiniens, des opposant libanais, des irakiens et de tant d’autre de par le monde. Je pense aussi que la médiatisation actuelle de la situation en Birmanie n’est pas innocente et que très certainement un grand nombre d’enjeux économique sont déjà en oeuvre pour dépecer la bête.

Toutefois, le nombre de plus en plus restreint des militants, le caractère de plus en plus confidentiel des manifestations, comme celle organisée pour l’anniversaire de la mort de Semira Adamu, me font dire que si les citoyens et les citoyennes se mobilise pour la Birmanie c’est aussi peut-être une occasion des les sensibiliser sur d’autres causes, de réveillé en eux leur esprit critique sur l’état du monde. On me rétorquera que je suis bien naïf de croire que les gens vont se réveillé et prendre conscience de l’aliénation rampante dans laquelle ils baignent depuis tant d’années. Mais, sans cette naïve espérance, il n’y à plus aucun intérêt à partager nos opinions et il est temps de rentrer chez où nous attend notre opium télévisuel quotidien.. (ho seigneur donne-nous notre opium quotidien -pour ceux qui se souviennent encore de leur catéchisme)

Ha, la Birmanie, quel sale petit pays avec une bien belle petite dictature qui va permettre de redorer les blasons de nos démocraties fatiguées ; et en plus se sont des alliés de nos ennemis... :-)

Pierre Capoue

30/09/2007 12:51 par vladimir

un complement d’information qui rend ce debat un peu surrealiste :

Démocratie et à -côtés : la course aux richesses du Myanmar a commencé

par Piergiorgio Pescali

Mondialisation.ca, Le 28 septembre 2007

Il manifesto.it

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=6923

30/09/2007 13:38 par Anonyme
02/10/2007 09:23 par Anonyme

En ce qui concerne toute manifestation en Belgique, je suis hors du coup étant donné que je vis en Equateur.

Ceci ne m’empêche pas de vous approuver entièrement et de vous remercier pour avoir le courage de le dire publiquement.

Chaque ligne de vos deux messages me vont droit au coeur car relativement isolé j’ai des fois l’impression que mon analyse est peut-être erronée. Aujourd’hui, grâce à vous, je sais qu’il n’en est rien.

Recevez monsieur Bricmont, les marques de tout mon soutien.

André Vanden Heede-esposo Gonzalez, Ecuador.

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