RSS SyndicationTwitterFacebook
Rechercher

Maxime Vivas. Le Gueuloir.

Maxime, il faudrait voir à se calmer. Un livre par mois ! Mieux que Simenon ou Guy des Cars !

Conséquences :

1) Ça m’épuise de rendre compte de tes productions,

2) Ça va finir par se voir qu’on se connaît.

Maxime a une culture littéraire considérable. Alors, un jour, comme Lénine, il s’est dit : « Que faire ? », que faire de ce savoir sans être pédant et casse-bonbons ? Comment faire partager mon amour de la littérature ?

Il a eu l’idée apparemment saugrenue suivante : rassembler cent écrivains morts (avec les vivants, on ne sait jamais, il y en a qui bougent encore), de toutes les époques dans la grande galerie des Glaces du château de Versailles dans l’attente de la désignation du « Meilleur écrivain mondial de tous les temps ». Superbe idée refusée par un grand éditeur (dont le nom commence par un G) qui l’aurait acceptée si elle avait été proposée par un écrivain connu.

Aucun des propos attribués aux cent gloires littéraires n’a été inventé. Ce qui fait, évidemment, le suc de ce livre. L’ami Pierre Lemaitre le disait récemment : « comme la télé, la littérature peut rendre fou. » Et pas que Céline ou Jean-Edern Hallier. Ce ne sont qu’insultes, plagiats, coups bas. Comment Voltaire, une des plus grandes intelligences qui fût, a-t-il pu réduire l’œuvre de Shakespeare, cet « histrion barbare » qu’il dénommait « Will Shakespeare », à « quelques perles dans un énorme fumier » ? Pourquoi Flaubert a-t-il pu écrire de Balzac « Quel homme eût-il été s’il eût su écrire ? » ? Comment a-t-il pu penser de George Sand « on sent les fleurs blanches ; cela suinte, et l’idée coule entre les mots, comme entre des cuisses sans muscles. » ? Il est vrai qu’il avait la détestation facile (sauf pour les pantoufles de sa chère et tendre devant lesquelles il se masturbait). Il haïssait la démocratie (il pensait valoir vingt électeurs de son village), ceux qu’il appelait les « communeux » qu’il comparaît à des « chiens enragés ».

Pourquoi Mauriac a-t-il renvoyé Les Faux-Monnayeurs de Gide dans les cordes, « livre raté » d’un écrivain qui se voulut être un grand romancier « mais qui n’en fut pas un » ? C’est que, pour un écrivain, un bon confrère est un confrère mort. Alors Hugo assassine Stendhal : « Le Rouge et le noir, j’ai tenté de lire ça, mais comment avez-vous pu aller plus loin que la quatrième page ? »

Cet univers est peuplé d’egos boursouflés. Il ne suffit pas d’y proclamer « je suis le meilleur » : il faut ajouter « les autres sont de pauvres merdes ». La puissance créatrice ne suffit pas. Il faut exister contre les autres, au besoin en suscitant les renvois d’ascenseur, les manigances, la corruption.

Bernard Gensane

http://bernard-gensane.over-blog.com

Edition : le Léopard démasqué
Date de parution : 22/08/2013
Nb de pages : 160
ISBN : 978-2-35831-062-8
En vente dans toutes les bonnes librairies et par commande sans majoration de prix à http://www.librairie-renaissance.fr/infosprat.php

Maxime Vivas dédicacera au Village du livre de la fête de l’Huma samedi et dimanche.

URL de cet article 22356
   
Même Auteur
Roberto Saviano. Gomorra. Dans l’empire de la camorra. Gallimard, 2007.
Bernard GENSANE
Il n’est pas inutile, dans le contexte de la crise du capitalisme qui affecte les peuples aujourd’hui, de revenir sur le livre de Roberto Saviano. Napolitain lui-même, Saviano, dont on sait qu’il fait désormais l’objet d’un contrat de mort, a trouvé dans son ouvrage la bonne distance pour parler de la mafia napolitaine. Il l’observe quasiment de l’intérieur pour décrire ses méfaits (je ne reviendrai pas ici sur la violence inouïe des moeurs mafieuses, des impensables tortures corporelles, (…)
Agrandir | voir bibliographie

 

Si les lois de Nuremberg étaient appliquées, chaque président des Etats-Unis de l’après-guerre aurait été pendu.

Noam Chomsky

© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.