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VIRONS-LES TOUS !

C’est avec ce cri "Virons-les tous !" que les Equatoriens excédés ont chassé leurs politiciens. Ce cri a été celui de toute l’Amérique latine, dont les dirigeants corrompus avaient accepté les diktats de l’oligarchie alliée des Etats-Unis. Il a fallu faire ce pas pour que l’espoir renaisse, et qu’une nouvelle génération de dirigeants surgisse, avec eux des peuples mobilisés. "Virons les tous !" c’est ce que j’ai envie de crier face à mon propre monde politique français, occidental. Marseille est bloquée par les cars de CRS, la Corniche en particulier où j’habite, Nicolas Sarkozy à midi va y manger chez Passevant, la nouvelle étoile gastronomique aux prix astronomiques. Tout le quartier est en sourde révolte "le salaud, l’austérité pour les autres et lui c’est Passevant !" ... "Il faudrait reprendre les fourches comme nos ancêtres de 1789"… L’exaspération est palpable et encore nous sommes au début de la catastrophe…

La catastrophe, le mot est juste …. Je crois qu’il est difficile d’envisager pire scénario que celui auquel nous assistons, le système financier est en train littéralement de s’effondrer. Et plus le temps passe, plus même la solution consistant pour le trésor américain à récupérer les créances pourries s’avère peu capable de faire face, la contagion des faillites bancaires, et partout les pouvoirs publics épongent les eaux nauséabondes, un mélange de crédit hypothécaire et de dollars. Les banques centrales sont à la manoeuvre.

A la suite des manifestations qui se sont multipliées aux Etats-Unis, le plan adopté prévoit des "garanties" pour les contribuables, certes mais de telles mesures se heurteront rapidement à la possibilité pour les mêmes d’aller se planquer dans des paradis fiscaux plus cléments. Mais le pire est que déjà le cancer financier dévore l’économie réelle. Ce que l’on a offert aux spéculateurs c’est l’équivalent et plus de la dette du tiers monde…

Ce qui personnellement me fascine et me désespère c’est la médiocrité face à un tel naufrage de nos dirigeants politiques.

Je ne veux pas accabler Ségolène Royal, elle n’est ni meilleure ni pire que les autres mais quand j’ai vu son show j’étais stupéfaite : comment peut-on se conduire ainsi quand le désastre est là . C’est la Castafiore chantant tandis que le titanic coule, que dire la Castafiore, shirley temple et ses bouclettes… Alors que le même soir jeudi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon déclarait :

"La crise financière menace le bien-être de milliards de personnes et ce qui est plus important encore, elle menace les plus pauvres parmi les pauvres. Et il ne s’agit que d’une composante de l’ensemble des dégâts causés par la flambée des prix des denrées alimentaires et du pétrole" , a-t-il précisé lors d’une rencontre au sommet concernant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Se moquer des mignardises de Ségolène est facile, dire que son " courage" est celui du narcissisme, que la politique a besoin d’autres engagements, mais que dire du crêpage de chignon de ses amis du PS, de Bertrand Delanoe arpantant les trottoirs de Wall street pour s’y faire photographier, il ne manquait plus que ce bobo… Que dire de la nullité crasse des discours et propositions de Marie George Buffet, sinon que nous sommes bien dans la logique de la base commune : il faut préserver par la confusion, l’inaudibilité, l’union avec le PS à la dérive. Pas une proposition sur la nationalisation, sur l’Union européenne. Quant au socialisme vous n’y pensez pas, il a fallu attendre le passage de Chavez à Paris pour qu’il en soit question, le socialisme a été revendiqué comme issue à la crise en espagnol. En français décidemment on ne prononce plus ce mot là , on "régule" …. On réclame une "monnaie universelle" , ce qui n’est pas faux mais completement hors de la plaque. La manifestation était la seule chose positive mais il faudrait un souffle, une préoccupation de tous les instants, une attention à l’organisation qui a disparu… Enfin là on peut espérer que la multiplication des luttes, la fonction retrouvée recréera recréerons l’organe détruit, liquidé par ceux qui s’apprêtent à demander leur renouvellement, on ne change pas une équipe qui perd…

Je suis peut-être dans mes propres ornières mais que le seul acte qui ait eu un sens ces derniers jours, à savoir cette manif embryonnaire sur les salaires, les luttes ouvrières qui s’amorcent, viennent du même côté, me fait espérer mais il serait temps…

Quant au monde du politico-médiatique, il me fait songer à des joueurs de tennis très snobs qui feraient semblant d’échanger des balles absentes avec des gestes de plus en plus élégants et de plus en plus vains, ils continuent une partie qui n’existe plus pour la galerie qui ne s’intéresse plus à eux.

Quant à ceux qui nous gouvernent, j’ai déjà dit ce qu’on pouvait penser du discours de Sarkozy qui a adopté la méthode Coué, il suffit de réguler le capitalisme pour qu’il devienne le meilleur des systèmes, mais qui va réguler ? Ils sont tous dans le coup, ils ne savent rien faire d’autre que de se servir, que d’asphyxier la planète, confier la survie de notre monde à ces gens-là ce serait comme confier un orphelinat à une bande de pédophiles récidivistes. On ne peut pas paraît-il les mettre en prison, pourtant c’est le seul traitement qu’ils mériteraient, mais continuer à leur confier les rénes est une folie, et bien c’est exactement à cela à quoi aboutit l’ensemble du monde politico-médiatique. Il ne faut surtout pas leur enlever le pouvoir de nuire, il faut les "réguler" , ils sont tous d’accord de la droite aux communistes, ils ne proposent pas autre chose.

Il est vrai que si on virait les incompétents et les menteurs, il faudrait commencer par le gouvernement. J’ai dit il y a quelques jours que prétendre comme l’a fait madame Lagarde que nous avions évité la crise systémique est de l’escroquerie pure et simple, comme le sont toutes les propositions qui prétendent éviter la crise en finançant les propriétaires-spéculateurs et en leur laissant encore la propriété de nuire. Comme la non remise en question de la BCE et de son "indépendance" .

Il est des questions qui désormais devraient peut-être se poser autrement : est-on pour ou contre le protectionnisme ? Il est évident que dans le sauve qui peut généralisé chacun à commencer par les asiatiques va retrouver un certain protectionnisme, reconsidérer la nécessité d’un développement endogène. Fini le tout marché, le tout à l’exportation, oui mais il est bien tard pour retrouver le nécessaire ballon d’oxygène de la consommation intérieure, de la relance des dépenses productives, le consommateur est totalement pressuré.

Quand le président a fait son discours de Toulon il n’ignorait rien des chiffres désastreux du chômage qui sont tombés lundi.

Les chiffres sont mauvais. Très mauvais. En fait, la progression du nombre d’inscriptions de demandeurs d’emploi à l’ANPE devrait être la plus forte depuis 1993. Le secrétaire d’Etat, Laurent Wauquiez, vendredi sur RMC, a tenté de préparer le terrain en confirmant la fourchette de "30.000 à 40.000 chômeurs de plus" en août. Officiellement toutefois, les chiffres de l’ANPE (à ne pas confondre avec le taux de chômage, publié trimestriellement depuis la polémique sur le manque de fiabilité des données ANPE) seront diffusés lundi à 19 heures.

Plus de chômeurs inscrits, moins de budget pour l’emploi

Outre la hausse attendue des inscriptions à l’ANPE, les prévisions du gouvernement montrent un effondrement spectaculaire de la création d’emplois salariés marchands (hors agriculture), un chiffre pratiquement divisé par dix cette année, passant de 310.000 en 2007 à 34.000 en 2008. La croissance devrait être comprise dans une fourchette de 1% à 1,5%, le déficit, creusé en 2008 par rapport aux prévisions, devrait s’accentuer en 2009 à 52,1 milliards, la dette atteignant pour sa part les 66% du PIB. Autant de données que la crise financière partie des Etats-Unis aggravera, de l’aveu du chef de l’Etat, lors de son discours jeudi dernier à Toulon : elle pèsera "dans les mois qui viennent sur la croissance, le chômage, le pouvoir d’achat" des Français.

Et c’est dans ce contexte que le budget des actions de l’Etat en faveur de l’emploi et de la lutte contre le chômage va baisser de 5,2% en 2009, et encore davantage en 2010 (-9,1%). Après 12,480 milliards d’euros en 2008, il reviendra à 11,821 milliards d’euros en 2009 (10,740 milliards en 2010).

Et le gouvernement n’a déjà trouvé comme réponse que de supprimer des emplois de fonctionnaires massivement, pour réserver l’argent à éponger les dettes et les folies des spéculateurs.

Peut-être suis-je excessive ? Sans doute mais quand je vois des enfants qui jouent j’ai honte, je me sens coupable du monde que je leur laisse. Hier je regardais Maya ma petite fille danser, elle a deux ans, on aurait dit Ségolène, mais elle est innocente, elle ne demande qu’à vivre, aimer et envoie des bisous à tous ceux qui passent… Est-ce que l’on pourrait faire autre chose qu’à penser à soi et à un peu penser à eux ?

Jusqu’où vous les innocents et jusqu’à quand tolérez vous que l’on vous mente ? Je m’adresse en particulier aux communistes, aux gens réellement progressistes et à gauche, il faut en finir avec cette manière de prétendre gouverner. Regardez ce qui se passe en Amérique latine, les peuples un jour en ont eu assez de l’escroquerie généralisée de leurs gouvernants, qu’ils soient de gauche ou de droite, comme les équatoriens ils ont crié "Virez les tous !" et c’est à partir de cette prise de conscience qu’ont pu surgir des responsables politiques nouveaux.

Nous avons vécu une période de relative accalmie du capitalisme, il y avait le contrepoids de l’Union soviétique, ils négociaient, nous sommes redevenus kautskystes, la révolution informationnelle nous ménerait au socialisme dans un cadre légal que nous appelions "démocratique, et nous en avons déduit qu’il était illusoire de réclamer des changements profonds. Puis l’extension de la crise du capitalisme a coïncidé avec la chute de l’Union soviétique, on nous a accablé avec "l’échec du socialisme" , on nous a fait croire que les peuples avaient souhaité s’en débarrasser. Il n’en était rien, il y a eu une contre révolution, et le capitalisme sénile en a profité pour devenir dévastateur, criminel, pour que son essence égoïste, destructrice, sa volonté d’exploiter les êtres humains et l’environnement donne libre cours. Alors maintenant regardez les choses en face, il va falloir se battre, aller à contre courant dans des temps difficiles, il va falloir protéger notre peuple, les plus faibles d’entre nous, que ceux qui ne se sentent pas capables de cela arrêtent les manoeuvres d’appareil et cèdent la place à ceux qui ont moins le courage d’affronter cette réalité.

Danielle Bleitrach

http://socio13.wordpress.com/

COMMENTAIRES  

03/10/2008 07:59 par anophele

Bonjour

Très bon article résumant parfaitement la situation et le ras le bol general. J’ajouterais a cela l’arrivée des crises sanitaires et écologiques (portables, malbouffe, nucléaire, ...)et nous avons tous les ingrédients réunis pour voir l’émergence d’une prise de conscience globale et mondiale permettant à de nouveaux modeles politiques de développement de voir le jour.

L’amérique du sud nous montre la voie du socialisme du XXI ème siècle et avec quel brio. Correa a vraiment passé la vitesse supérieure ca fait chaud au coeur.
Prenant en compte le fait que c’est souvent du pire que vient le meilleur, il m’arrive de penser que la solution viendra des Etats Unis et que meme notre ami Président français soit capable de nous installer une politique socialiste innovante a la gauche du PS quand tous ses copains richissimes l’auront lachés et que la contestation sociale montera.

La real politique imposera des solutions politiques socialistes et ecologiques si on veut de toute maniere un systeme économique et social qui fonctionne avec une relative stabilité et un niveau de productivité stable. La bourse étant anti productive, elle doit etre supprimée.
En conclusion, faisons monter la colere et la contestation et nos dirigeants de n’importe quel bord seront obligés d’appliquer des recettes socio-écologiques pour arriver à installer une économie pérenne.

Voila enfin a mon avis ce n’et pas une question de personne à virer mais plutot le souci d’une efficacité économique réelle qui feront changer la politique actuelle (prédatrice et destructrice) en une nouvelle politique (altruiste et créatrice).

Voila ma modeste contribution que m’a inspiré votre article salutaire
Cordialement

03/10/2008 09:19 par Made

Danielle Bleitrach, pourquoi vous plaignez-vous ? vous avez bien tout fait pour que Sarkosi soit élu... Vous avez traité Ségolène Royal de "nunuche" et de bien d’ autres choses encore.

Alors, de quel droit vous venez nous faire la moral, je ferais la révolution mais sûrement pas avec vous.

A bon entendeur salut.

03/10/2008 13:07 par la Grande Nunuche

"Nunuche" ? Où est le problème ? S. Royale EST nunuche.

C’était S. Royale la candidate. C’était S. Royale qui avait un programme (ou pas). C’était S. Royale qui avait des arguments (ou pas).

Vous voulez faire la révolution (super, un de plus) mais vous ne trouvez pas S. Royale "nunuche" ?

Bon. Ok. Je vois. Il va falloir tout reprendre depuis le début.

03/10/2008 13:44 par Anonyme

je tiens à préciser que -sauf trou de mémoire- je n’ai jamais traité Ségolène Royal de Nunuche. pendant tout le temps de la bataille avec Sarkozy, je me suis retenue de dire la piètre estime dans laquelle je tenais son programme, alors que j’étais convaincu que les médias l’avaient fabriquée pour qu’elle devienne le challenger sans risque de Sarkozy. Au deuxième tour je suis allée voter pour elle le bulletin frémissant, j’aurais voté pour une chèvre pour éviter Sarkozy. J’ai tout subi durant cette période de cette étrange candidate, son tourisme sur la grande muraille, sa déclaration sur l’interdiction du nucléaire CIVIL à l’iran, son programme creux, sa démocratie participative et sa vision militaire (2)... Tout pensais-je mais pas Sarkozy.

Avoir voté pour cette candidate, plus le livre de badiou (de quoi sarkozy est-il le nom)m’ont convaincue "élection piège à con", ce qui fait qu’aux municipales je me suis abstenu, en pensant à Badiou,il avait raison "jamais plus je ne voterai par peur de l’autre" Et plus le temps passe plus je me dis que vu ce qu’est ségolène et beaucoup de socialistes, par exemple leur passion pour le dalaï lama, leur délire anti-chinois, leur atlantisme, leur européanisme débridé, plus je pense que face à la crise actuelle ce serait du pareil au même !

Allons tout cela n’est pas sérieux, si vous voulez faire faire la Révolution derrière Ségolène je vous laisse bien volontiers y croire, pourquoi pas Delanoe ou Eyraud ? Je sens que vous êtes mûre pour la prise du palais d’hiver...Ne m’attendez pas !

Danielle Bleitrach
(2) en fait de démocratie participative quelques mois après elle s’engageait dans la forfaiture du viol du vote des français contre la Constitution européenne. Alors j’ai compris elle voulait faire de nous des petits boys scouts autour de Ségolène, en se moquant de l’expression de la nation. Elle n’était pas la seule mais on parle d’elle.

03/10/2008 14:56 par Anonyme

Si vous me le permettez Danielle, je suis en total désacord avec vous. Non, ségolène n’est pas nunuche, c’est la gauche française qui l’est. Je dirais même plus, c’est tout le peuple français incapable de prendre son destin en main qui est nunuche.

Par contre, vous avez mille fois raison car ce fut la droite qui avait tout fait pourque cette nunuche au sourire bêta arrive au second tour face à sarkozy. Ce fut la même strategie en 2002 avec Le Pen Chirac.

La seule fautive est la gauche française qui nous dégoute même de revendiquer notre appartenace à cette tendance. Le mot gauche à la française (Besancenot et Buffet compris) est devenu hypocrysie. C’est comme traitrise. Par contre, je crois profondement quand c’est Chavez qui me parle de socialisme. C’est le seul espoire que je vois. Je ne crois pas une seconde quand c’est parti politique français qui revendique le socialisme.

Enfin, j’ai eu la même démarche que vous lors de la présidentielle. Par contre j’avais choisi Bayrou au premier tour parceque c’était le seul qui avait une chance de battre sarkozy au second tour vu l’inconsistence de la gauche.

Malheureusemet, je ne vois pas un seul parti de gauche en france qui soit intégre, je ne crois pas non plus à l’intélligence et au courage du peuple français qui est comateux en ce moment.

04/10/2008 11:12 par Karl-Groucho Devant

Nunuche ou pas, elle est férocement de droite (à moins de se crever les yeux, comment ne pas le constater tant c’est criant ?).

03/10/2008 13:14 par alain girard

Rappelons que Nunuche considère que les positions actuelles de Sarkosy sont de gauche donc de quoi vous plaignez-vous ? Vous avez la politique que vous souhaitiez appliquée par qui vous ne souhaitiez pas, n’est ce pas formidable la démo euh non le bipartisme.
Je n’ose imaginer le contenu que vous mettez dans votre révolution mais moi je j’ai beaucoup de mal à me projeter cette image de Nunuche montant à l’assaut du ciel euh non du Zénith.
Les meilleurs amis du monde s’accordent à reconnaitre que la défaite de la gauche tient et a tenu à son inconsistance politique, au vide sidéral de son programme et quand il y en a un balbutiement, à son ralliement au capitalisme, sans évoquer plus ces stupidités, retournements de veste qui ont démontré le peu de respect pour les électeurs de la part de Nunuche.
Danielle Bleitrach a traité Nunuche de Nunuche c’est vrai et elle s’en est excusé immédiatement,ce que vous passez sous silence, Nunuche a pris le peuple de France pour un nain de jardin et a donné la victoire à Sarkozy, son président désormais de gauche, enfin à ses yeux mais sans doute moins au monde du travail.
OUI VIRONS LES TOUS !

03/10/2008 15:01 par Anonyme

mais je ne voudrais pas me contenter de répondre à une remarque une peu caricaturale alors que les autres sont à la recherche de solutions.
Oui je viens d’écrire sur mon site (que grand soir à signalé)un article intitulé "la catastrophe imminente et les moyens de la conjurer".
Un je crois que nous sommes dans une crise systémique, ce qui en gros concerne le système financier. Depuis un an, j’affirme qu’il ne s’agit pas de la crise des subprimes, des crédits hypothécaires insolvables mais de tout le système (cf. la crise financière expliquée au nuls par une nulle). Et je crois que les faits sont là .. ; Nous sommes dans une crise sytémique financière, c’est-à -dire que toutes les solutions habituelles (jouer sur les taux de crédits et les liquidités) ne marchent plus), le système financier a explosé et comme le disait Trichet hier nous ne savons plus où nous allons.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Est-ce que le système capitaliste est foutu, je n’en sais rien, je sais que cette phase de l’impérialisme définie par la financiarisation des transnationales est terminée. Que ce qui va ressortir sera profondément différent.

Puis-je aller au-delà dans la prévision ? Non parce que tout dépend de la lutte des classes, et là il ne s’agit pas de déterminisme mais rien n’est écrit tout dépend de nous.

Je suis trés inquiète sur la situation française. Je crois que plus vite on prendra conscience des impasses mieux ça vaudra. mais je vous renvoie à mon texte.

danielle bleitrach

04/10/2008 13:46 par Serge

Ah ! Finalement, vous commencez à parler du système, excellent article, je suis d’accord il faut virer toutes les personnes qui de près ou de loin se rendent complices de ce SYSTEME, car le problème provient du SYSTEME CAPITALISTE en lui-même.

Tous ( presque tous) les politiques parlent de crise financière, elle est bien bonne celle là . Ce n’est pas çà , du tout, c’est le SYSTEME qui rend possible ce genre de manigances, car il est basé sur la cupidité, l’avidité. Amasser toujours plus pour ma gueule et rien pour les autres. Pourquoi manigances, malversations, tromperies ou embrouilles ?

Je travaillais ( j’ai démissionné début 08) dans une entreprise dite "financière" qui a la fin de l’été 07 nous informe de la loi sur le blanchiment d’argent (en vigueur depuis 2 ans, mais peu utilisé)

- " Vous devez remplir une fiche signalétique de vos clients faisant un versement supérieur à 150.000€ afin de vous prémunir afin que l’argent récolté ne soit pas de " l’argent sale" faute de quoi vous êtes pénalement responsable".
Notez que les paradis fiscaux ne se posent pas les mêmes questions…

Très bien, parfait et je surenchéris en posant la mienne :

"Vous nous parlez d’argent sale avec comme implication notre responsabilité personnelle mais qu’en est-il des créances douteuses du groupe ?"

Grand blanc dans l’assistance, les responsables font mine de ne pas avoir entendu et mes chers collègues (à part 1 ou 2) n’étaient visiblement pas au courant de la situation. Je repose la question et le responsable commercial me répond avec un sourire( émail diamant), mais enfin Serge de quoi parles-tu ? Il n’y a pas de créances douteuses chez nous.

2 mois après 7 milliards € de perte !!!

Où sont les responsables ? Pénalement aucun coupables ?

Merci j’ai compris les soldats vont au feu, les officiers ne risquent rien. Quand notre cher président demande des têtes à son discours à l’ONU, ou va-t-on les trouver. Qui sont les vrais responsables ?

Tous sans exceptions, qui s’en sont mis plein les fouilles au détriment de l’Afrique et du tiers monde qu’ils laissent crever et quand le système s’écroule crient "aux loups", moralisons le et par un tour de passe-passe repartir comme en 40. Non, Danielle, ça suffit, virons les tous, ce ne sont que des prédateurs pour leurs semblables et les prédateurs les gens du tiers monde, s’ils s’approchent de trop près, ils tirent…
Des montagnes insurrectionnelles de Jolimont
Sergio

03/10/2008 13:26 par williamoff

Je lis vos articles avec beaucoup d’interêt, d’ailleurs je m’inquiétais de votre longue absence, épistolière, sur ce site. Me voilà donc rassuré.

Pour en revenir à l’article, Il me semble que ce qui manque c’est une structure neuve, populaire, nettoyée des staliniens , des trotskistes, des socialistes et de toutes ces personnes pour qui le combat se résume en fait à se chamailler entre eux, à se partager les places, à négocier, avec "les" pouvoirs et le plus souvent à capituler avant même de commencer la bataille.

Il ne faut pas avoir peur de refuser de participer au cirque médiatique, ne pas avoir peur d’utiliser un vocabulaire clair : nationalisation des moyens de production, contrôle totale de la finance, abolition de la bourse, planification de l’économie, réfonte de l’UE voir sortie de ce "machin", etc...

Le communisme n’est en germe pas plus totalitaire que le capitalisme, le monde occidental est d’ailleurs à bien des égards plus stalinien que le Vénézuéla pourtant en partie socialiste de Chavez.

Le risque, aujourd’hui, avec la crise qui s’annonce et dont seuls les prémices nous sont visibles, est un basculement toujours plus sensible vers l’extrème droite, et non pas de voir un jour L’UMP choisir la voie Socialiste !

Le Partie Socialiste discrédite la gauche et n’est plus qu’un partie bourgeois élitiste, il est un problème pour la gauche, car plutôt qu’un obstacle à l’extrème droite il pousse en fait les classes populaires vers la droite !
IL faut le dire haut et fort et partout Le PS est un partie de Droite qui empèche l’émancipation du peuple.

Il n’est plus de gauche !!

Il semble clair comme vous le dîtes, qu’il serait dangereux de laisser la conduite du monde à ces iresponsables qui ne pensent qu’à satisfaire leurs "amis" (ou leurs maîtres) dans les multinationales ou à Wall Street. Et qui par appât du gain , aveuglement et idéologie, nous aménent à la guerre à l’apauvrissement généralisé et en fin de compte au chaos !

Je suis persuadé que nous sommes nombreux à vouloir nous mettre au service d’un idéal, dans l’espoir d’un monde meilleurs social et écologique, avec des dirigeants qui ne trahiront pas pour une place ou un titre.

Mais comment faire lorsque la démocratie est dévoyée au service d’oligarques et de ploutocrates et que l’on a pas le courage ou que l’on rechigne à sortir une Kalashnikof ?

03/10/2008 13:42 par legrandsoir

Vous pouvez retrouver régulièrement Danielle Bleitrach sur son blog :

http://socio13.wordpress.com/

03/10/2008 14:47 par Stelios

« ne pas avoir peur d’utiliser un vocabulaire clair : nationalisation des moyens de production, contrôle totale de la finance, abolition de la bourse, …. » …..Mais aussi abolition du salariat et autres formes capitalistes de la valeur travail ou force de travail dépensée !!

« IL faut le dire haut et fort et partout Le PS est un partie de Droite qui empèche l’émancipation du peuple. » Pas tout à fait d’accord, le PS comme tous les partis y compris le parti communiste sont des partis bourgeois, mais il sont toujours, (et encore oserais-je dire) sur la gauche de la direction capitaliste de nos sociétés et, si les trotskyste quels qu’ils soient nous tirent sur l’extrême gauche de cette direction capitaliste …. Ils sont loin de vouloir changer d’itinéraire et se retrouver sur la droite d’une direction socialiste comme le font la plus part des pays d’Amérique latine.

La nationalisation des banques est une priorité socialiste, comme celle des bourses qui servent au contrôle des activités industrielles et commerciales. Sans l’unité politique des prolétaires et l’abolition du salariat aucun progrès vers cette direction socialiste de nos sociétés n’est possible. Ce n’est pas l’argent des bourgeois qui crée les richesses d’une société.... mais le travail de ses prolétaires.

En attendant, …. Je mange ma banane et regarde ….. gesticuler !

Stelios
Voir :

03/10/2008 14:09 par Julien

Juste en réponse aux réponses ; pour le texte, j’approuve totalement.

A Aphonele, attention, les chiens ne font pas des chats. Sarkozy a choisi son camps, il ne changera pas. l’opportunisme a certaines limites.

A Made, je tiens à ajouter un commentaire de consternation a cette remarque. Depuis quand la critique d’un(e) libéral(e), qu’il soit social-démocrate, démocrate-chrétien, libéral ou même étiquette communiste, a-t-il une implication dans les événements impulsés par le système ? Quelle est donc votre révolution ? sociale-démocrate ?

03/10/2008 16:12 par André Chenet

La colère monte et pourrait bien devenir incontrôlable, d’autant plus que nous sommes entrés, avec la récession qui ne fait chez nous que pointer le bout de sa gueule, dans une zone d’instabilité que ne semblent pas appréhender une grande majorité de nos concitoyens, lesquels restent englués dans les radotages hypnothisants de la presse dite officielle. Le gouvernement français, à la botte de Bush et de sa clique de monstres mortifères, continue à lancer des paroles placebo alors que c’est l’état d’urgence qu’il aurait fallu déclarer depuis des semaines. Notre monde est malade de l’économie capitaliste effrénée qui s’exerce sans état d’âme au dépend de la santé des peuples et de l’environnement. Les ogres de la finance mondiale se livrent des guerres atroces et inavouables par nations interposés, réduisent les plus pauvres de la planète à une famine dont l’humanité n’avait jamais connu l’équivalent. Nous vivons dans une réalité complètement falsifiée et pathogène. Devrons-nous attendre de plus grandes calamités avant d’agir ? Il est plus que grand temps de mettre au point un programme révolutionnaire minimum et de frapper la bête. Pour cela, ne faudrait-il pas créer des assemblées populaires diversifiée d’hommes et de femmes compétents capables de "diriger", sans les redondants abus de pouvoir habituels, un mouvement d’insurrection républicain, dont le but premier serait de mettre en place une sorte de conseil d’état citoyen près à prendre la relève d’une forme de gouvernement basée sur le lobbying et qui n’a plus de raison d’être. En ce sens, j’ai rejoint le CNC dont les déclarations et les initiatives me paraissent cohérentes et raisonnable. Tout d’abord, tester le potentiel de mobilisation national avant de lancer des actions précises de déstabilisation des pouvoirs en place. Mais pour aborder l’essentiel, il nous faut concevoir ce programme minimum sans lequel toute tentative de renouvellement des institutions et des règles économiques et législatives restera vaine. Les discours et comptes rendus, aussi lucides et perpicaces soient-ils, ne suffisent point à garantir un avenir meilleur, plus juste. Oui,virons les parasites de la politiques, virons les banquiers véreux, les traders amoraux, recréons une presse indépendante, libre et consciente de l’intérêt publique, redistribuons les richesses comme en Bolivie, au Vénézuéla. Ouvrons des voies de solidarité, des perpectives généreuses. Recréons le coeur humain. Et vivent les réalisations des Utopies !

04/10/2008 13:15 par Stelios

On les vire comment et avec qui ? Avec les bes en solos qui montent sur le buffet pour se trouver une voie royale ???

Faut pas rigoler il n’y a aucune opposition à la direction politique actuelle, tous ont peur de réveiller le monde du travail mais, toujours tentés de le museler pour le diriger.

Chaque organisation partisane a sa manière ….de plus en plus inconsistante pour les gauches, et de moins en moins tranchante pour les droites. Quant aux nunuches de la gauche et de la droite, inconsistantes et sans position définie, elles tentent de rallier les classes moyennes à sa direction démocratique, pour sauver nos sociétés capitalistes en crise de croissance !

Virons les si nous en avons les moyens mais, pour les remplacer par qui et surtout, faire quoi avec nos nunuches ????

Stelios

04/10/2008 18:42 par ciborg

c’est aussi une tres bonne question que j’ai oublié de poser
a dannielle. et la peut etre qu’a part de faire un maquis
elle a d’autres idees ???? En tous les cas on n’est pas sortie
de la merde...

04/10/2008 18:26 par ciborg

Et oui bien sur je rejoins ce que tu dis.Moi aussi je me
demande parfois comment se fait-il qu’il n’y a pas encore de
maquis en france ou en europe ??. C’est simple encore une fois je me rends compte qu’il y a complicité entre le pouvoir politique et la classe moyenne, je veux dire que cette classe participe au pouvoir et devient par consequent une classe dirigeante qui est parti prenante du pouvoir politique. Ce que l’on remarque maintenant c’est que elle meme a peur d’une regression de sa situation,la preuve elle ne dit rien et reste prudente. Mais malheureusement cette classe ,c’est le pari socialiste, c’est les stafs des differents partis et groupes politiques, et on pourrait meme ajouter une grande partie des syndicats. Tu va me dire ou est le peuple là dedans ?,et bien le peuple n’y est pas parceque tous simplement il ne fait plus confiance a cette
multitudes de partis qui ne servent qu’a leurs promoteurs et n’ont jamais servi le peuple. Je me souviens avoir lu quelque
part que la definition de la politique en democratie bourgeoise , ""c’est l’art de se servir en faisant croire aux autres que nous les servons"". Mais comme je suis marxiste je me rappelle aussi avoir lu Marx ou il dit que la ""politique est l’expression condensée des rapports economiques""On n’en est pas encore là .....

08/10/2008 18:35 par mohamed

virons-les trous ; de casablanca à mexico et de durbin à moscou .
réabiliter la complotite ,longtemps tuée dans l’oeuf depuis
190 ans ,c’est à dire le droit de dénoncer le capilalisme banquier et néolibéral dont la crise financiere aujourd’hui
n’est que la partie visible de l’iceberg.

virons -les trou.

mohamed Sans-sous

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