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En attendant le cygne noir

Lyuk Bryune

Mon dernier article porte la date de juillet 2025. Il y a une vie de cela. Un silence entre ce moment et maintenant, rompu seulement par mes commentaires sur Telegram et Facebook. Aujourd’hui, je romps ce silence. Je donnerai d’abord voix aux raisons qui le sous-tendent, et conclurai par des réflexions sur ce qui nous attend dans un futur proche. Commençons par la raison de ces neuf mois vides. Elle peut être résumée en un seul mot, lourd : fatigue.

Fatigue de supporter la stupidité, l’ignorance bras dessus bras dessous avec l’arrogance

Donald Trump en est l’emblème le plus pur, ses propos insupportables, son allure et son vocabulaire empruntés non pas aux hommes d’État mais aux parrains de mafia célèbres. Même Nixon semble, rétrospectivement, un diplomate raffiné et éduqué à côté de lui. Vous êtes-vous déjà arrêtés pour ressentir véritablement l’effroi ? Qu’un homme touchant peut-être à la démence commande désormais l’une des plus grandes nations de la terre, une nation armée jusqu’aux dents, ses doigts posés sur des déclencheurs nucléaires ?

Il n’est pas seul. Les « leaders » européens, Kallas, Macron, Merz, jouent dans la même ligue, même si dans des équipes junior. Les anciennes règles de la diplomatie gisent en morceaux. La confiance et le respect sont sortis du processus officiel, remplacés par l’affichage brut, public, de l’irritation, du conflit et de l’hystérie sur les médias sociaux.

Et pendant tout ce temps, le lancement du dernier iPhone brille plus fort dans notre regard collectif.

Fatigue de regarder les morts et les mutilés

Les humains sont toujours morts dans les guerres. Mais l’échelle du massacre ces dernières années est devenue un flot monstrueux, inimaginable depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, la plus profonde lassitude vient de Palestine. De 70 000 âmes éteintes, pour la plupart des civils, et une réponse mondiale de quasi silence. Un silence des dirigeants, une engourdissement des populations.

La honte nous collera à la peau et nous l’avons méritée.

Dans les années 1940, le monde pouvait plaider l’ignorance des camps nazis. Aujourd’hui, quiconque prend la peine de regarder sait qu’un peuple est en train d’être exterminé, et que des figures politiques et médiatiques israéliennes s’en vantent ouvertement, en réclamant davantage.

Les lois de la guerre sont jetées aux orties, les crimes de guerre sont diffusés en direct. Des navires bombardés au large des côtes vénézuéliennes, les survivants achevés quelques minutes plus tard, le tout réduit à du contenu médiatique.

Et pourtant, les ventes du Black Friday résonnent plus fort que cela.

Fatigue de naviguer dans un monde façonné par des psychopathes

L’indifférence à la souffrance mentionnée ci-dessus est la marque des psychopathes. Le sujet est sombre et complexe. Pour ceux qui osent regarder plus profondément, je recommande le travail du savant polonais Andrzej Łobaczewski, La ponérologie politique : étude de la genèse du mal, appliqué à des fins politiques (Political Ponerology), qui dissèque comment une petite minorité pathologique peut empoisonner des sociétés entières, faisant du « mal » le cœur non-dit du comportement social.

Son analyse m’a glacé : elle révèle combien de soi-disant « théories du complot » sont, en fait, de simples descriptions de la psychopathie traduites en action : mensonges, meurtres, torture, famine orchestrée, génocide.

Son travail est une clé pour comprendre ces dernières décennies. Il explique comment nous pouvons maintenant regarder des « figures experts » à la télévision de grande écoute discuter calmement de la nécessité de réduire la population mondiale à 500 millions d’âmes, ou appeler à l’élimination des enfants et des personnes âgées palestiniens, ou la télévision de Kiev déclarant les Russes sous-humains.

Il n’y a pas de tollé. La nouvelle série sur Netflix est plus importante, bien sûr.

La fatigue d’assister à la mort des espoirs

Les lecteurs de longue date savent que j’ai prédit l’effondrement de l’Occident, mais il y a vingt ans, j’imaginais encore qu’il pourrait s’écrouler avec une sorte de dignité tragique, comme l’a fait l’URSS, s’effondrant en elle-même sur un dernier soupir épuisé. J’étais plus jeune, et fou d’espoir. Je comprends maintenant que cet Occident n’a plus de dignité à offrir, aucun sens de l’honneur pour guider ses actes finaux. Alors qu’il perd, militairement et économiquement, face au Sud global, il ne s’en va pas pacifiquement. Il se débat. Il hurle. Il expose son ignorance, son impatience, son arrogance obscène, ses mensonges désinvoltes, son incapacité absolue à l’empathie. La fin de l’URSS était une lumière à l’horizon, la promesse d’un monde bâti sur la raison, la tolérance, l’honneur, le respect. La fin de l’Occident retourne l’estomac.

La fatigue cependant ne peut nous empêcher de regarder en avant, même si cela fait mal de tourner la tête. Nous devons essayer de comprendre le pourquoi de tout ça.

J’ai souvent écrit sur l’évolution des sociétés à travers les siècles. Ces articles restent sur mon site, en trois langues, pour quiconque a encore l’endurance de les lire. Ce qui suit est l’essence distillée de ces idées, aiguisée par la réalisation que les changements qui nous attendent sont encore plus fondamentaux que je ne pouvais le saisir il y a quinze ou vingt ans.

Une période de 500 ans s’achève maintenant

J’ai déjà écrit sur ce demi millénaire qui a commencé avec l’ascendance de l’Europe, sa domination culturelle et technologique cristallisée en deux révolutions. D’abord, la technologie de l’imprimerie, qui a brisé le monopole de l’Église sur la pensée. Avant Gutenberg, seuls les moines et les prêtres détenaient le mot écrit. La noblesse illettrée, comme les roturiers, dépendait entièrement des clercs pour façonner leur compréhension de Dieu, du monde et d’eux-mêmes. Cela donnait à l’Église un contrôle total, et les psychopathes, craignant l’enfer comme n’importe quel homme, devaient freiner leurs instincts. Seuls ceux au sein de l’Église pouvaient agir en toute impunité, souvenez-vous de l’Inquisition espagnole ?

L’imprimerie, et plus tard l’école de masse, ont permis à des livres d’être publiés hors du contrôle clérical. La conséquence à long terme fut la dissolution du contrôle spirituel, libérant les psychopathes de leur peur de l’enfer. Ce changement a été accéléré dans les régions protestantes, où l’idée d’être « le peuple élu » les libéra plus rapidement de la peur de la damnation.

Deuxièmement, les avancées dans la construction navale et les armements ont permis aux puissances maritimes, principalement l’Angleterre, la France, l’Espagne/Portugal, la Hollande, de projeter leur force à travers les océans, de transporter des sociétés entières dans des mondes inconnus.

Ainsi commença la longue ère coloniale, avec ses deux actes

Acte un : la colonisation d’État, l’occupation physique, parfois l’extermination. L’Amérique du Nord et l’Australie furent nettoyées de leurs peuples autochtones et repeuplées par des Européens – la méthode anglo-saxonne, protestante, où la religion avait déjà perdu son pouvoir de retenue. Les puissances catholiques eurent un peu plus de retenues, préférant imposer langue et systèmes économiques.

Acte deux, commençant au milieu du vingtième siècle, avec l’indépendance formelle des ex-colonies, mais en fait début du colonialisme économique. Les économies locales restaient enchaînées aux corporations européennes et américaines, récoltant les ressources dont l’Europe manquait—bois, minéraux, pétrole.

Ce second acte touche maintenant à sa fin. La Chine, autrefois victime, domine désormais en richesse et technologie, tandis que l’Occident, ses anciens maîtres, vacille au bord de l’effondrement. Étonnant, oui. Mais peut-être était-ce inévitable.

Pourquoi l’Occident s’effondre-t-il ?

Personne n’en discute ouvertement. L’Occident ne reconnaît pas sa propre décadence, psalmodiant toujours le mantra des « démocraties dirigeantes », des « bonnes intentions », de la « supériorité morale ». Le Sud global, entre-temps, ne peut souvent pas croire que les maîtres autrefois florissants tombent, victimes de leurs propres illusions.

Logiquement, l’Occident aurait dû maintenir son emprise, garder la maîtrise technologique et financière hors des mains des ex colonisés. Mais quelque chose a dérapé, quelque chose que la plupart ne peuvent nommer. C’est le transfert lent, inexorable du pouvoir des institutions publiques vers des mains privées. Pas caché – jamais vraiment caché. La famille Rothschild a annoncé ses ambitions clairement en s’emparant du contrôle des banques centrales. Les corporations ont fleuri tout au long du vingtième siècle, prenant les rênes des États occidentaux pas à pas, utilisant l’argent comme arme et outil, tandis que les « leaders » politiques étaient sélectionnés pour leur malléabilité, leur absence de conviction dangereuse. Examinez les carrières de la plupart des chefs d’État européens. Pas d’accidents, pas de coïncidences – un objectif, systématique et clair.

Les intérêts de la population, les traditions locales, l’idée même de l’État, tout est devenu négligeable en face des desseins de l’oligarchie mondiale. Ces oligarques n’ont jamais été humbles. Ils ont publié leurs plans. Lisez la charte du WEF [Forum Economique Mondial - NdR]. Étudiez les listes d’invités de Bilderberg. Écoutez leurs plus grands « penseurs » comme Laurent Alexandre en France, Noah Harari en Israël et Amérique. Les reconnaissez-vous ? Le profil psychopathique est indéniable.

Alors que la politique internationale se décide dans les salles de conseil d’administration, l’Occident a tout perdu.

Dans les années 1980, il a commencé à prêcher la mondialisation, chaque région optimisant ses forces. La Chine est devenue l’usine de l’Occident, rejoignant l’OMC en 2001. Ne croyez pas au conte de fées que ce fut de la charité, ou de l’aide au développement, ou pour le bénéfice du consommateur. Il y avait une seule et unique raison, comme je l’ai écrit il y a quelques années : le profit. Ce fut le début de la fin.

La désindustrialisation suivit. Le crédit remplaça les revenus, le financement remplaça la production. Et sur cinquante ans, les standards éducatifs s’érodèrent. Le métier d’ingénieur devint démodé. L’Occident devint une civilisation d’avocats et de financiers. La dégradation « woke » de l’éducation, commençant en Amérique, se propageant en Europe, créa deux niveaux : le système public dégradé et les académies privées pour les enfants des puissants. Ce ne fut pas un accident.

Les globalistes parlent ouvertement de réduire l’humanité à cinq cents millions d’âmes, d’un monde où vous ne posséderez rien et serez « heureux ». Un tel monde ne peut exister si les gens peuvent penser. Il requiert des sujets aussi malléables que ces illettrés médiévaux, avant que les livres imprimés ne brisent l’ancien ordre. La religion n’a pas de place dans ce nouveau monde, remplacée par la consommation, par des rêves diffusés par Netflix.

L’époque de cinq cents ans de liberté individuelle réelle ou attendue est délibérément en train de se clore. Nous sommes ramenés vers l’esclavage, confortable, technologiquement géré, mais permanent. Une infime élite conservera sa liberté, poursuivant le pouvoir et l’immortalité, jusqu’à ce qu’ils se retournent les uns contre les autres.

Cette vision fait saliver des hommes comme Gates, Trump, Musk. Mais il y a une faille dans la conception.

Le rôle de la Chine

La Chine, et une grande partie de l’Asie, refuse ce scénario. Les oligarques locaux sont emprisonnés ou exilés – Jack Ma, et d’autres. Le Parti communiste (le nom désormais plus symbolique qu’idéologique) n’a jamais cédé le pouvoir aux intérêts privés. L’éducation n’a pas été démantelée, elle a été fortifiée. La Chine est une nation d’ingénieurs, pas de juristes. L’Iran suit une voie similaire. La Russie, contaminée par les illusions européennes après la chute de l’URSS, se tient au milieu de la rivière, luttant contre un courant qui la tire vers le globalisme woke. Les États-Unis appellent la Chine leur principal ennemi, pas la Russie, espérant qu’un accord avec la Russie pourrait encore la ramener dans le giron globaliste.

Le combat est engagé, et c’est un combat à mort

L’élite globaliste – le pouvoir réel résidant non pas dans les ministères mais dans les conseils d’administration – ne peut réussir à moins que toutes les nations ne se soumettent au contrôle privé. Les petits États peuvent être écrasés : la Syrie, la Libye, peut-être le Venezuela. Les plus grands comme l’Iran sont risqués. Les puissances nucléaires, la Russie et la Chine, semblent impossibles a mater. Même si les globalistes croient que la Russie peut encore être brisée de l’intérieur, la Chine ne le peut pas.

Ces élites vivent dans des jardins clos, déconnectées de l’humanité, affichant leur psychopathie dans chaque déclaration. Si elles peuvent soutenir le génocide de Gaza sans sourciller, elles peuvent soutenir la guerre nucléaire, depuis le confort de leurs bunkers.

Je ne suis pas optimiste sur le prochain acte. Le seul espoir est un violent réveil de la population occidentale, une reconquête de son destin. Mais la plupart des gens là-bas sont déjà trop engourdis, trop divertis, trop fatigués.

La fatigue revient

Quand l’URSS s’est effondrée, j’ai cru, comme beaucoup, que la paix était inévitable—que la technologie et l’amitié se répandraient à travers le monde comme la lumière de l’aube. J’avais tort. J’ai cru à mes propres souhaits. Au lieu de cela, nous avons eu plus de guerres, plus de pauvreté, plus d’hommes creux en costumes chers, plus de milliardaires se prenant pour Dieu, plus de mensonges, plus de pourriture. L’humanité semble paralysée devant une poignée de riches psychopathes.

Nous avons besoin d’un Cygne Noir.

Lyuk Bryune

EN COMPLEMENT :
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société - Viktor Dedaj

Par référence au livre « Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible » de Nassim Nicholas Taleb, publié en 2007 en anglais, puis en 2021 en français aux éditions Les Belles lettres. Note de lecture de Nicolae Sfetcu ici

 https://substack.com/home/post/p-184886127

COMMENTAIRES  

20/01/2026 12:13 par act

Malgré quelques recherches je ne parviens pas à trouver qui est l’auteur de ce texte fatigué, ni d’où il parle ?
Quelqu’un aurait une piste ? Bien que je partage une grande partie de son analyse, le ton et les conclusions sont contre-productives. Faire le constat est nécessaire mais s’en tenir à la "fatigue, fatigue, fatigue" ou s’en remettre à un hypothétique cygne noir ne mobilisera pas des/les masses...au contraire, c’est faire le jeu de l’empire qui compte sur la sideration ou la fatigue. Il n’est dès lors pas surprenant de l’auteur écrire :

La fatigue revient
Quand l’URSS s’est effondrée, j’ai cru, comme beaucoup, que la paix était inévitable—que la technologie et l’amitié se répandraient à travers le monde comme la lumière de l’aube.
Nous avons besoin d’un Cygne Noir.

Non, quand l’URRS c’est effondrée c’est excactemment le contraire que j’ai pensé ; et ce que nous avons besoin aujourd’hui ce n’est pas d’un événement providentiel mais c’est de courage, de volonté, que chacune et chacun assume sa part, se lève et refuse ce que cet empire barbare, fasciste, en décadence, voudrait nous imposer ! Mobiliser, résister, poser chaque jour un geste, une action, s’opposer à la guerre, lutter contre le capitalisme, ici et maintenant dans le monde réel et au quotidien. Aqui no se rinde nadie !

20/01/2026 13:13 par Palamède Singouin

Fatigue de naviguer dans un monde façonné par des psychopathes

Question centrale : le suffrage universel est-il l’horizon indépassable de la démocratie ?

Question subsidiaire : démocratie et État-Nation sont-ils vraiment compatibles ?

20/01/2026 13:58 par Jérôme Dufaur

@act

Même interrogation. Surtout vu les première lignes (risibles) dignes d’Alain Deloin. J’ai cherché 30 secondes, puis j’ai arrêté. Non pas que j’étais fatigué, mais j’avais autre chose faire.
En tout cas, ça aurait pu être pondu par un autre Alain : Alain Soral.

Bref, un texte inutile.
Un texte dangereux pour Le Grand Soir, fréquemment accusé de rouge-brunisme.
Un texte contre-productif alors que Maxime Vivas est en proie à des accusation diffamatoires ayant des conséquences très concrètes.

On serait tenté de dire, avec Jacques Rancière (qui, lui, n’aurait jamais commis un tel texte) :
"Et tant pis pour les gens fatigués"

20/01/2026 16:29 par Vincent

Quelques remarques :
"Les puissances catholiques eurent un peu plus de retenues, préférant imposer langue et systèmes économiques. "
Hmmm : Quel pourcentage des populations autochtones d’Amérique du Sud - par exemple - a survécu à la "retenue" de l’Espagne catholique, exactement ?

"Je ne suis pas optimiste sur le prochain acte. Le seul espoir est un violent réveil de la population occidentale, une reconquête de son destin. Mais la plupart des gens là-bas sont déjà trop engourdis, trop divertis, trop fatigués. "
Je partage ceci. Je vis "là bas". Nous devrons en outre faire face à une certaine proportion de gens tellement fatigués qu’ils en sont carrément devenus fatigants. Inutiles. Dangereux. Contre-productifs.
Je dirais qu’ils jouent, malgré eux, parfaitement leur rôle...

"Nous avons besoin d’un Cygne Noir."

Attention ici : les "élites" ont besoin d’un cygne noir. Ils sont en train de le provoquer depuis un bon moment. Ils enchainent les chocs, et chaque fois la crémaillère du totalitarisme se verrouille après un nouveau "clic" :

Le 11 septembre est un jalon majeur de l’acceptation par les masses de la perte de leurs libertés au nom de la soi-disant "sécurité" (et à chaque attentat depuis, hein Charlie ?).
Je suis un "non-croyant" réduit au sobriquet de "complotiste" depuis exactement ce jour là...

La crise dite des "subprimes" s’est produite exactement au moment où les courbes de la production et de la demande de pétrole se sont croisées :
Aurait-on voulu habituer les foules occidentales à la décroissance subie, par le truchement d’une austérité de long terme évidemment aussi nécessaire que salvatrice, on ne s’y serait pas mieux pris.

Le Covid est évidemment un monument, un chef d’œuvre absolu de coercition, une merveille d’ingénierie bureaucratique et de récit anxiogène, mettant en œuvre le totalitarisme à l’échelle globale suite à un choc produit de toutes pièces. La peur de la mort est l’arme psychologique ultime. Qui en douterait ?
Nombreux, très nombreux, trop nombreux, sont ceux qui ont tout accepté, de l’identité numérique au contrôle de cette dernière par des civils devenus miliciens de "l’Ordre", et qui préfèreront ne jamais penser qu’un tel degré de malveillance fut même possible. Ils sont trop fatigués (surtout depuis les injections...).

La guerre, enfin, est simplement une nécessité. Elle est un mécanisme intrinsèque au capitalisme monopolistique. Les cartels, devenus des monstres bien plus puissants que les États qu’ils ont infiltré et soumis, luttent désormais les uns contre les autres.
La guerre a un aspect géopolitique et géostratégique, mais elle a et aura aussi un rôle sociétal et social. Elle est le parfait cygne noir.
Outre le fait qu’elle permet une coercition majeure ou totale ("nous sommes en guerre"), elle permettra de déclencher complètement la crise monétaire, les pénuries, la récession, etc.
Je vois la guerre qui vient comme strictement nécessaire pour apurer la dette irrécouvrable, et refonder les institutions - notamment monétaires - à l’échelle mondiale :
Introduire la monnaie numérique, et donc son corollaire totalitaire. Argent numérique permis par l’identité numérique, déjà rendue acceptable par le choc précédent...

Bref, le cygne noir apprivoisé par les "élites" n’est surtout pas celui qu’il nous faut. J’y préfère l’idée que NOUS devrions être le cygne noir que ces mêmes élites ne pourront ni stopper ni apprivoiser.
Mais pour rejoindre l’auteur : je ne suis pas optimiste car, fatigués, nous laissons TOUT faire. Gaza serait ainsi réductible à une sorte d’apéritif, un exemple avant que nous ne dégustions les fruits de notre lâcheté toute "pacifiste".
Je refuse de m’y résoudre.

20/01/2026 17:01 par mw

La profondeur, la polyfactorialité et l’intensité de la configuration crisique actuelle nous imposent de reprendre ab ovo la question du mal. Il semble maintenant difficile, en effet, de faire l’économie d’une analyse philosophique — ponérologique — des entrelacs existant entre politique, théologie et psychologie pour comprendre à la fois les enjeux crisiques et les contours du démoniaque.
En mettant en synergie les pensées théologique, politique et clinique du mal, la ponérologie politique, portée sur les fonts baptismaux par Lobaczewski en 1985, ne constitue finalement que le remembrement d’une tradition philosophique millénaire.
Que nous apprend-elle ? Que le premier péché est celui contre l’anarchie, et qu’il est le propre du pervers.

https://www.academia.edu/122116860/Les_Racines_de_l_enfer_Philosophie_crisique_sotériologie_psychologie_clinique_et_ponérologie_politique

20/01/2026 18:38 par Made in Québec

« J’ai cherché 30 secondes, puis j’ai arrêté. Non pas que j’étais fatigué, mais j’avais autre chose faire.
En tout cas, ça aurait pu être pondu par un autre Alain : Alain Soral. » — Jérôme Dufaur

En 30 secondes j’ai cliqué sur le lien de la source, passé mon curseur au-dessus du nom de l’auteur et une infobulle est apparue affichant un très court résumé où il donne un lien vers son site internet personnel où sont publiés ses articles en trois langues : https://lbs-letter.net/fr/

Et où j’ai pu apprendre que l’auteur est un certain Luc Brunet (Lyuk Bryune serait-elle la manière russe de prononcer son nom ?), qu’il est un Français ayant vécu à Paris, à Nice et vit en Russie depuis le début des années 90.

20/01/2026 19:43 par act

Question centrale : le suffrage universel est-il l’horizon indépassable de la démocratie ?
Question subsidiaire : démocratie et État-Nation sont-ils vraiment compatibles ?

Vos questions en appelent d’autres quant à celles que vous y donneriez ?
Pour répondreà la premiére : non, mais actuellement le suffrage universel doit être maintenu et défendu (à quelles alternatives songez-vous ?). Par contre, la démoratie directe serait préférable, deux États peuvent servir de pistes : le Kérala en Inde, quand il est géré par les communiste ou Cuba, dans ses structures décentralisées comme les conseils d’entreprises, d’étudiants et de quartiers (les CDR). Mais d’ici de nouvelles avancées démocratiques, je suis curieux de lire vos propositions.
Pour la deuxième : le but ultime de la démocratie réelle est la suppression de l’État, autant pour les communistes que pour les anarchistes, toutefois supprimer ce qu’il reste de l’État ici, aujourd’hui reviendrait à supprimer les dernières barrières qui protègent le peuple ("le renard dans le poulailler"), plutôt que celles qui l’enferment. Le peuple doit se réapproprier l’Etat. Ici aussi je lirai votre réponse avec intérêt.

20/01/2026 20:37 par Vania

Quel texte inutile et je dirais sournois, car il prône l’immobilisme :"Sortons nos mouchoirs et pleurons tous ensemble". Le dernier paragraphe est celui d’un parfait ignorant endoctriné par l’occident : "Soviétiques méchants, occidentaux gentils". Quel abruti pourrait croire qu’un monde dirigé exclusivement par les prédateurs des eeuu et ses acolytes ue/otan sans aucun contre-poids pourrait signifier un monde de Paix et d’harmonie ??
Ne nous laissons pas voler l’espérance. Alimentons notre espérance par la mobilisation,la communication et l’étude. Ne nous laissons pas paralyser par la peur ! Que no nos roben la esperanza !! Aqui no se rinde nadie !!

21/01/2026 13:24 par Palamède Singouin

@act

Posez des questions peut vouloir dire que l’on a pas les réponses. C’est le cas.

Pour ne s’en tenir qu’à la France, un constat : c’est le suffrage universel qui nous a infligé ces dernières années les Sarkozy, Hollande, MacronX2, une masse de députés de plus en plus médiocres qui font des ministres de plus en plus incompétents.
Concernant les députés, il me vient à l’esprit une nouvelle question : le tirage au sort aurait-il fait pire ?
Ma réponse est non.
Avec l’avantage de réduire pratiquement à néant les querelles intra ou inter partisanes qui semblent être devenues l’essentiel de l’activité parlementaire (avec en point d’orgue le consternant épisode NFP), ainsi que la professionnalisation des carrières politiques.

Pour le Président, on en est à présent à parler de Bardella à l’Elysée. Une hypothèse dont la simple évocation devrait déclencher l’hilarité générale alors qu’il paraît que c’est déjà plus qu’une hypothèse.
Là il va falloir en revenir au cursus honorum de l’antique République Romaine ou plus simplement supprimer la fonction dans sa configuration institutionnelle actuelle qui confère à son titulaire des pouvoirs quasi dictatoriaux.

Pour ce qui est de la réappropriation de l’État par le peuple avant sa disparition qui serait le but de la démocratie, je constate que toute la période historique de l’humanité montre un renforcement de l’État. Avec pour l’Europe une particularité : la dissolution des États-nations dans une entité plus vaste et encore moins démocratique.

La démocratie est une chimère.

21/01/2026 14:38 par Assimbonanga

Le tirage au sort (mais un vrai tirage au sort, comme celui du loto ou des matchs de foot, que tout le monde peut voir) ferait aussi bien l’affaire quand on voit l’aléatoire de nos présidents successifs, insignifiants (dépourvus de sens) ! La recherche d’un bébé Dalaï Lama aussi !!! Mais attention, le problème n’est pas le suffrage universel, c’est que le Capital a compris comment le modifier et cela porte un nom : LA PUBLICITÉ. La publicité ramène des consommateurs, des clients, des acheteurs, il suffit de les convaincre par une communication appropriée, dans le sens de leur égo et de leurs désirs.
C’est pourquoi tous les milliardaires achètent des journaux, des radios, des télés et des influenceurs YouTube. Les nouveaux politiciens se forment désormais en ÉCOLES DE COMMERCE. Marion Le Pen en a ouvert une à Lyon ! Ils n’apprennent plus la vie politique (contrairement aux cohortes de 70 personnes formés par l’institut La Boétie de la France Insoumise), ils apprennent le placement de produit. C’est pour cela que le suffrage universel est complètement faussé. Faut pas confondre cause et conséquence.
PS, à l’attention de Act qui a très peur d’une trahison de la part de Delcy Rodrigues, présidente par intérim du Venezuela, peur délibérément suscitée par la propagande dont Trump nous matraque :
Venezuela : réponse aux Fake News et analyse des derniers évènements. Romain Migus
MADURO KIDNAPPÉ, QUEL AVENIR POUR LE VENEZUELA ? (avec Thierry Deronne)
Ne cédons pas à la démoralisation et à la désinformation. Exigeons la libération de Nicolas Maduro et Celia Florès, prisonniers politiques et otages de Trump. Ne cédons rien sur le vocabulaire.
Delcy Rodrigués ne se soumet pas. Elle dit à Trump, gentiment et poliment : "Cause toujours !"
Le raid mortel de Trump au Venezuela est une réussite hollywoodienne mais un fiasco politique qu’il refuse de reconnaître.

21/01/2026 16:55 par D.Vanhove

Que répondre à une personne qui semble si ‘lasse’… d’avoir eu raison sur certains points et penser qu’elle n’a pas été entendue (reconnue ?) comme elle l’aurait souhaité ?...

né qqs années après la fin de la 2è guerre mondiale, il était courant d’entendre autour de la table familiale, les récits des uns et des autres membres de ma famille relatant ce qu’ils avaient traversé comme difficultés impensables à imaginer pour les générations actuelles ayant grandi (et tant mieux pour elles) dans une paix et une tranquillité d’esprit privilégiées… alors que pour eux qui avaient traversé ces années d’occupation nazie, avec ses privations multiples, ses bombardements incessants, la méfiance de l’entourage et ses délations, ses arrestations arbitraires et leurs tortures, ses camps et autres horreurs, certains (souvent parmi les plus croyants) pensaient fermement que c’étaient-là les signes d’une fin du monde qui approchait… notre situation actuelle au sein de l’Europe (en-dehors de ce qui se passe actuellement en Ukraine), est-elle comparable à ce que nos parents et grands-parents ont traversé ?… évidemment que non !, et avant toute critique de ce qui ne va pas dans nos institutions et nos sociétés, ayons le minimum de décence de le reconnaître… et ne geignons pas dans le vide ou par attitude s’inscrivant dans un courant qq peu narcissique de l’époque

lors de soirées-débats que j’ai animées à propos de la Palestine, il m’est arrivé régulièrement d’entendre des intervenants me dire qu’ils étaient ‘fatigués’ de se trouver dans une situation où, malgré leur implication dans des manifestations et autres formes de soutien à la Palestine depuis des années, les choses se dégradaient sans cesse… après les avoir laissés exprimer leur ‘fatigue’, je leur expliquais calmement que s’il en était qui devaient être ‘fatigués’ de cette insupportable situation et avaient le droit de l’exprimer, ce devrait être en priorité les Palestiniens… et pas ceux qui tous les jours, sont à peu près comblés dans leurs souhaits et leur confort, même après avoir défilé qqs heures en soutien à la cause et pour dénoncer tout ce qui doit l’être à propos de ce terrible dossier

dans les deux cas, je retiens que ceux qui se plaignent et se sentent ‘fatigués’ ne sont pas en première ligne… mais doivent sans doute avoir une très haute opinion d’eux-mêmes pour croire que leur engagement suffirait à inverser le cours des choses et donc de l’Histoire… et plutôt que de les plaindre de leur ‘fatigue’ et d’y compatir, je les invite à prendre exemple sur ceux qui sont directement concernés par la situation qu’ils traversent… nos anciens ont-ils baissé les bras contre la barbarie nazie ou se sont-ils organisés pour résister avec les moyens dont ils disposaient (sabotages à tous les niveaux possible) ?… et les Palestiniens ne résistent-ils pas depuis plus de 80 ans à l’injustice qui leur a été faite de leur prendre plus de la moitié de leur pays pour le donner à une minorité qui, soutenue par nos Etats puissants, en arrive aujourd’hui au génocide en cours à Gaza ?!

Loin d’un ‘Cygne noir’, terminant la lecture du livre ‘La rose blanche’ de Inge Scholl, je retiens l’une ou l’autre phrase des tracts que des étudiants allemands opposés à l’idéologie de Hitler et sa clique, distribuaient en 1943 malgré tous les dangers (qui les firent d’ailleurs condamnés et assassinés par la Gestapo) :

« Il n’est rien de plus indigne d’un peuple civilisé que de se laisser, sans résistance, régir par l’obscur bon plaisir d’une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n’a pas honte aujourd’hui de son gouvernement ? Qui d’entre nous pressent quelle somme d’ignominie pèsera sur nous et sur nos enfants, quand le bandeau qui maintenant nous aveugle, sera tombé, et qu’on découvrira l’atrocité extrême de ces crimes ? Si le peuple allemand est déjà à ce point corrompu et décadent, qu’il abandonne sans opposition, avec une confiance insensée en un déterminisme contestable de l’histoire, ce que l’homme possède de plus haut : le libre arbitre et la liberté, refusant de s’insérer dans le cours de l’histoire pour la subordonner finalement à sa. volonté ; s’il est devenu une masse dénuée d’esprit, d’individualité, de courage, alors c’est lui-même qui prépare sa ruine (…) N’oubliez jamais que chaque peuple mérite le gouvernement qu’il supporte »

22/01/2026 00:38 par act

Merci beaucoup pour votre réponse Palamède, en effet, un authentique tirage au sort est une alternative intéressante, qui aurait aussi l’intérêt de désigner des gens qui pour la plupart ne désirent pas la fonction.
Comme Assim, je pense que le suffrage universel, les élections, sont devoyés et pratiquement inopérants dans la situation actuelle (particulièrement en France où le systeme électoral est aussi peu démocratique qu’aux USA). Qui voit une extrême minorité disposant de moyens sans limite, exercer un controle absolu sur l’information et que J.Cook résumait parfaitement dans un texte ironique et récent, dont extrait :"Un monde où les entreprises dirigent les politiciens, promeuvent une guerre sans fin et manipulent secrètement l’opinion publique par le biais des médias."

Peut-être une combinaison de tirage au sort et de conseillisme ? Où les décisions sont prises par les personnes concernées, dans les lieux concernés et où ce qui doit être coordonnés au niveau du pays, voire d’un ensemble de pays (par exemple : les réseaux féroviaires, énergétiques, etc.) le serait par les "tirés au sort", qui auraient un mandat limité et non renouvelable ? Ces derniers pourraient êtres conseillés par un comité de personne expérimentées dans le domaine concerné (des profs pour l’éducation, des cheminots pour le rail, des agriculteurs pour l’agriculture, etc.), elles mêmes tirées au sort ?
Un outil informatique libre et horizontal rendrait un conseillisme décentralisé possible et "durable" en cette époque où notre nombre et ses conséquences sur le milieu et le vivant, imposent une forme de coordination responsable et...democratique. Les choix d’une communauté, régionale ou nationale, ayant inévitablement des conséquences pour les communautés voisines et même lointaines dans certains cas.

Assim, je ne crains pas une réelle trahison de Rodriguéz en personne, par contre je m’inquiète quand je la vois (avec d’autres) serrer la main du boss de la CIA, quelques jours après l’enlèvement de Maduro et son épouse et du martyr Cubano-Vénésuelien. J’espère obtenir un jour une explication, autre qu’une trahison à un autre niveau (militaire ?), qui permettra de comprendre pour quelle(s) raison, le seul tir rapporté et observé sur les hélicos US fut un héroïque geste cubain.

Le texte de J.Cook évoqué plus haut est disponible en français ici.

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