Citoyen, aujourd’hui, je me désespère de toi et ne te trouve plus d’excuses.

Les raisons de ma colère.

Citoyen, aujourd’hui, je me désespère de toi et ne te trouve plus d’excuses. Il se peut que demain je regretterais ce que je vais te dire, mais tant pis, il faut que je vide mon sac.

Citoyen, tu souffres mais on ne t’entend point et quand même tu gémisses, c’est de la pitié que tu réclames, pas la justice.

Tu crois en Dieu, le Messie, une idole ou a ton équipe de foot, mais aucun ne viendra à ton secours si besoin est.
Tu fermes les yeux sur ta propre existence misérable, alors raison de plus sur la misère des autres.
Tu te crois « capitaliste », mais ne vis que d’aumônes,
Où te prétend « socialiste », mais par opportunisme.
Tu as des opinions, mais sans convictions.
Tu prêches la paix en justifiant la guerre.
Tu parles de liberté, en trébuchant sur tes chaînes.
Tu parles de démocratie, mais n’es qu’un esclave docile.
Tu parles de l’égalité mais consens à l’exploitation.
Tu parles de justice mais approuves les privilégiés.
Tu parles de solidarité mais ne pense qu’à toi.
Tu parles de fraternité mais rejettes « l’autre ».
Tu te dis avoir le choix, mais tu ne fais que suivre.
Tu parle de la Nation, mais divises le peuple.
Tu parles de l’amour, mais ne sait pas aimer ton prochain.
Tu parles de respect, mais sans considération des autres.
Tu parles de bravoure, mais trouves confort dans ta lâcheté.
Tu te dis informé, mais d’une ignorance crédule.
Tu te crois bon citoyen, pour justifies ton apathie.
Tu te crois sociable, mais préfères ton chien.
Tu te crois généreux, mais vis comme un avare.
Tu te crois original, mais d’une banalité monotone.
Tu te crois intelligent, mais tu n’es qu’un pédant prétentieux.
Tu te crois éduqués, mais tu n’es qu’un egocentrique « formate ».
Tu te crois « progressiste » mais tu vis dans la conformité.
Tu parles de liberté d’expression, mais tu bâillonnes la vérité.

Alors citoyen, à quoi pense tu ? Pense-tu au moins ? Tu te reconnais ? Car je peux continuer mais je pense que tu comprends ce que je veux dire et celui a qui je m’adresse.

Crois moi, il m’est pénible de m’adresser à toi dans ces termes, mais la gravité de la situation l’exige et que depuis trop longtemps tu ne fait que rouler sur le dos des autres sans avoir rien contribué de toi-même.

Car citoyen, tout le monde n’est pas passif, opportuniste, hypocrite, comme toi, et n’attendent pas que malheur arrive pour réagir. Je ne te demande pas l’impossible, mais lève la tête et fais quelque chose. Tu ne peu plus rester les bras croisés et laisser faire, « les autres ». Il faut t’engager et choisir ton camp.

Malgré tout, citoyen, je veux encore croire en toi. Et si ca peut te consoler, j’ai, moi aussi, mes lacunes et manquements mais que je m’applique constamment à les corriger.

Fraternellement,
ADSkippy.

COMMENTAIRES  

02/07/2013 12:32 par Arthurin

Salut Skippy,

Je pourrai prendre d’autres exemple, comme je me reconnais dans d’autres aussi, mais celui-là m’a interpellé plus que les autres :

Tu parles de liberté, en trébuchant sur tes chaînes.

Comment se peut-il en être autrement ?

Ne soit pas trop dur avec nous, avec toi.

De plus il y a une immense question en filigrane de ta prose, la question de notre action collective.

Je posais la question il y a quelques jours sur un autre site (ici), "Comment reprocher au citoyen lambda, broyé par la machine, son inertie ?" On ne peut pas, on peut se le reprocher à nous même, nous qui nous prétendons conscients, qu’avons nous fait ?

02/07/2013 15:48 par Dwaabala

Le titre de ce psaume adressé au bien ingrat dieu citoyen a le mérite de ramener à Les Raisins de la colère de J. Steinbeck, roman qui illustre la thèse que les choix individuels influencent peu les événements : L’humanité suit un parcours écrit à l’avance par des forces qui la dépassent.
Ce qui donne de la grande oeuvre, prolongeant la Bible, mais n’est pas nécessairement la conviction de chacun.

02/07/2013 19:19 par babelouest

Aller contre ces édits demande de la conviction. Je pense que chacun en a, un peu, mais chacun va attaquer telle chose, pendant que son voisin, s’il bouge, se sentira concerné par telle autre. Cela crée une sorte de cacophonie, faute de coordination, car si le mouvement brownien crée bien de la pression, celle-ci est rarement efficace.

Attendons quelque chose de l’humain, sinon ce sera pire encore.

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