Je suis le peuple

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. Victor Hugo, L'Homme qui rit.

Mon deuil et ma douleur vont à mon pays qui a produit une sous-population de jeunes sans éducation, sans culture, sans travail, sans avenir, avec pour échappatoire le vol, le deal, les trafics, les règlements de comptes, ou le crime au service de dieu.

C’est sur les criminels qu’il faut pleurer en les abattant ou en les traînant devant une justice qui ne s’avoue pas bourgeoise mais qui, comme les escaliers de la butte, est dure aux malheureux. Et bien dérisoire quand elle est le reflet des peurs de la société... Ils sont ma douleur.

Eux, les malheureux, ne me font pas rire bien qu’ils offrent quotidiennement une caricature de la vie et permettent de manière sporadique à des clowns sinistres de sortir de leur boîte au bout d’un ressort, de plastronner au nom de la liberté, de la République, devenue soudain fraternelle, égalitaire ; mais qui mettent jour après jour un peuple à bas en le réduisant à mendier dans les rues, à être mal logé, mal chauffé, mal nourri, mal transporté, mal payé et réduit au chômage sans perspectives. Et en tentant de l’abrutir en prime.

Et comme ce peuple est sans espoir, il lui reste à se rassembler pour se réchauffer un moment autour de bougies dans la rue, lui qui ne sait quoi faire quand il s’agit de défendre ses prérogatives, sa dignité et son pain.

Je suis le peuple, nous sommes tous le peuple au quotidien, et la semaine et le dimanche, enfin... nous qui ne sommes pas les parasites dont il ne sait s’épouiller.

COMMENTAIRES  

09/01/2015 23:14 par chb

Malheur aux pays qui ont besoin de héros.
Bertolt Brecht

C’est une coïncidence, la citation du jour ?
Je dirais même plus : Malheur au pays qui a besoin que des faux-culs lui montrent les martyrs qu’il faut pleurer.

Mais rigolons-en : Mariano Rajoy, membre du Partido Popular (ça veut dire le peuple je suppose) et président du gouvernement espagnol, inspirateur de la « loi organique de sécurité citoyenne », connue sous le nom de « loi bâillon » qui interdit à tout(e) citoyen(ne) espagnol(e) de manifester en Espagne, va venir dimanche à la manifestation à Paris.

09/01/2015 23:39 par vagabond

Le temps d’un soir, Valls a côtoyé les laissés pour compte de la rue rassemblés dans un tout nouveau refuge du Samu social, il s’en est ensuite allé, la conscience satisfaite de sa grande magnanimité.
Pourtant, des sans abris sont encore dehors.

10/01/2015 09:36 par anne

" Mon deuil et ma douleur vont à mon pays qui a produit une sous-population de jeunes sans éducation, sans culture, sans travail, sans avenir, avec pour échappatoire le vol, le deal, les trafics, les règlements de comptes, ou le crime au service de dieu."
Le problème majeur est bien là, et voir tous ces dirigeants qui appliquent dans leur pays cette politique cupide sans aucune vision sociale et au mépris constant des "autres" qui ne jouent pas dans la même cour est abject.

10/01/2015 19:17 par Sylvain

Ne gardons pas le regard dans la lueur médiatique et tournons-nous vers l’avenir qu’on cherche à nous cacher :
- Je suis Syriza. Tu es Syriza. Nous sommes Syriza. Vous êtes Syriza !
L’avenir nous appartient et il partira de Grèce, à partir du 25 janvier !

N’oubions pasn n’oublions jamais : nous sommes SYRIZA !

11/01/2015 03:45 par Abdellatif

Merci pour ton article.

Je me permets de poster une tentative de traduction de l’article suivant et vous pousse si vous comprenez l’anglais à le lire sur le site d’origine, Paix :

These crimes "will never be purged away, but with Blood"

http://powerofnarrative.blogspot.co.uk/2015/01/these-crimes-will-never-be-purged-away.html

"...
Aujourd’hui, face à un ennemi plus puissant que tout le monde ait jamais connu - lorsque la classe dirigeante de l’Occident continue de vouloir impitoyablement amasser toujours plus de puissance et de richesse, quand cet Occident est déterminé à éliminer et assassiner tous ceux qui se dressent sur son chemin.

Quand il n’y a pas de place sur la Terre entière pour se mettre à l’abri de la violence barbare déclenchée par la classe dirigeante chaque minute, de chaque heure, de chaque jour - la résistance qui inclut la violence est non seulement compréhensible, mais inévitable...

Les faits actuels peuvent être des choses terrifiantes. Ce n’est qu’un exemple, mais à une échelle exceptionnellement grande, cela rend l’horreur d’autant plus terrifiante. Les faits ne demandent pas votre approbation, ou la mienne. Votre tristesse ou la peur ne les feront pas disparaître.

Vous pouvez trouver du réconfort dans la foule, avec son discours de caniveau de la « justification » et ce qui est « approuvé », et quels types de résistance sont autorisées. Rappelez-vous toujours : la foule qui vous réconforte aujourd’hui va vous tuer demain.
..."

16/01/2015 20:18 par Archer Gabrielle

Oui, nous sommes le peuple de la terre qui voulons vivre ensemble dans le partage des richesses et l’amour des quatre règnes de l’univers avec la connaissance du savoir....
Nous n’avons pas besoin de ces chefs belliqueux qui nous divisent pour mieux nous berner... Les principes les aprioris, le puritanisme, les préjugés, les religions, les partis politiques, les sectes, tout cela n’est que carcan, conditionnement et barrière envers et contre la liberté de toutes les formes d’expression fondamentale de l’humanité.....!

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