Retraites, dette, mensonge et manipulation

La dette, on nous la met à toutes les sauces, en nous faisant croire que nous en sommes les principaux fautifs, en passant sous silence les choix catastrophiques des différents gouvernements qui depuis plus de 30 ans sont responsables des mesures et des orientations politiques et économiques allant toujours dans le même sens. N’importe quel individu censé constatant que ses décisions et actions vont à l’inverse du but recherché va changer d’orientation et chercher à rectifier le tir. Et bien non, nos politiques s’obstinent et vont toujours plus loin dans la mauvaise direction. Alors soit, ils sont complètement idiots, soit ils savent parfaitement ce qu’ils font, et dans ce cas ils ne servent donc pas l’intérêt général, ce pour quoi ils ont été normalement élus, mais seulement des intérêts privés... Ils ne seraient alors que les fondés de pouvoir de la petite classe oligarchique qui contrôle l’économie, la finance et le système médiatique de notre pays.

Le dernier responsable de notre dette trop élevée serait notre système de retraite par répartition ! Dans ce cas, comment expliquer que la dette des USA est colossale alors que leur système de retraite est complétement privé et par capitalisation ? Sans compter que les dépenses de santé sont plus élevées aux USA qu’en France pour un résultat bien moindre : 18% du PIB US contre 11% du PIB français ! Augmenter la durée de travail jusqu’à 68 ans, comme certains aiment à le dire, c’est surtout condamner à mort une grande partie des classes populaires... La dette a augmenté dans la grande majorité des pays occidentaux durant ces dernières années, pourtant aucun de ces pays n’a le même système de santé que le nôtre, donc prétendre que notre dette serait due à notre système de protection sociale et de retraite ne tient pas la route !

La dette est avant tout le fruit d’une contre révolution fiscale qui a entrainé une baisse de recette majeure creusant ainsi les déficits, la crise de 2008 a ensuite couté un pognon de dingue à l’état pour sauver les banques, puis, ça a été le Covid qui, à son tour, a provoqué un fort accroissement de l’endettement public, atteignant ainsi près de 116 % du PIB en France fin 2020. A chaque fois des choix politiques et idéologiques ont été faits sans aucuns débats, sans aucunes consultations citoyennes. Le déficit n’est pas un problème en soi, tout dépend ce qu’il finance. S’il finance, les écoles, les universités, les hôpitaux, la recherche, les infrastructures... très bien, mais en France le déficit a financé prioritairement les plus riches et les grosses entreprises qui se portaient déjà très bien, et de grosses sommes ont donc glissées naturellement vers l’épargne et les dividendes au détriment des investissements, de la production et de l’innovation.

Dette, dette, d’où vient -tu ? Courant 2025, une commission d’enquête au Sénat a entendu 33 dirigeants de grandes entreprises, comme Total-Energies, LVMH, Sanofi, Michelin, Lactalis ou encore STMicroelectronics. Son objectif : mesurer l’ampleur des aides publiques dont elles bénéficient, et s’interroger sur la façon dont ces aides sont suivies et évaluées, ainsi que les contreparties dont elles auraient dû faire l’objet. La commission a estimé, bien que les chiffres restent flous, le montant des aides à 211 milliards d’euros annuels. Dans leur livre « le Grand Détournement », Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, enquêteurs au « Nouvel Obs », révèlent que 270 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises et de cadeaux fiscaux aux plus riches sont distribués sans aucune contrepartie, ni contrôle sur leur efficacité. Cette politique « probusiness » d’Emmanuel Macron, de son gouvernement, et de son ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a déstabilisé le modèle social français et creusé la dette à des niveaux records.

Ce qui est marrant, si l’on peut dire, c’est que le gouvernement peut chiffrer assez précisément d’autres aides, par exemple, 12 milliards pour l’Aide Sociale à l’Enfance, 5 milliards pour le RSA, 4 milliards pour l’aide aux personnes âgées, 2,3 milliards pour le handicap, etc... mais en ce qui concerne le premier poste de dépense de l’Etat français, la fourchette approximative est comprise entre 211 et 270 milliards d’euros... une bagatelle ! Ce scandale qui aurait dû faire la Une de tous les médias, qui aurait dû faire l’objet de débats passionnés à l’assemblée et au sénat, qui aurait dû provoquer un véritable tumulte jusqu’au sommet de l’état... a fait pchittt, il a disparu des radars en moins d’une semaine ! Dans la même veine on pourrait disserter sur les « niches fiscales » qui sont évaluées autour de 100 milliards d’euros pour le magazine « Les Echos » et plus de 80 milliards pour la cour des comptes, là non plus, personne n’est pas trop sûr des chiffres, on ne sait pas trop, on n’est pas à 20 milliards prés... par contre on peut parier que si elles profitaient principalement aux plus pauvres on saurait le montant exact. Enfin pour finir ce tour d’horizon, la fraude sociale est évaluée entre 14 et 17 milliards d’euros et la fraude fiscale est comprise entre 80 et 120 milliards... et après ça on nous dit que le trou de la Sécurité Sociale est inquiétant, il serait de... 20 milliards d’euros !

Si les attaques contre les retraites sont récurrentes c’est que cela représente un gros pactole de plus de 300 milliards d’euros qui font saliver les assurances privées et les banques qui aimeraient bien mettre la main sur une partie de ce gâteau. L’augmentation de la durée de travail, c’est une façon d’éliminer une partie des bénéficiaires de l’assurance retraite qui n’atteindront pas cette limite d’âge... tout bénef pour les assurances privées ! N’oublions pas que le système par répartition a été mis en place à la fin de la seconde guerre mondiale dans un pays détruit, ruiné et à reconstruire, et ce système a tenu ses objectifs : assurer aux seniors une fin de vie digne, tout cela s’est fait sans crise majeure malgré les attaques incessantes d’une grande partie de la classe politique et des syndicats patronaux. Dans le même temps la finance qui veut nous faire croire que la retraite par capitalisation est la panacée a connu de nombreuses crises... dans bien des cas une grande partie des retraites se seraient tout simplement évaporées ! Car la capitalisation est fortement soumise aux aléas des marchés financiers et les périodes de récession ou de crise économique peuvent avoir un effet dévastateur sur les fonds de retraite par capitalisation. Lors de la crise des « subprimes de 2008 » les cotisants des fonds de pension ont perdue 23%. Les choix économiques et sociaux sont toujours des choix politiques et idéologiques, la capitalisation va-t-elle réellement profiter aux actifs qui travaillent, aux futurs retraités, ou au fond spéculatif des compagnies d’assurance et des banques... A qui cela profite ? J’ai failli écrire à qui profite le crime, car in fine c’est bien de cela qu’il s’agit !

Oui, notre système de santé est en danger. Aujourd’hui les cotisations sociales ne représentent plus que 48% des ressources de la Sécu, le reste ce sont des impôts et des taxes qui dépendent du bon vouloir du gouvernement en place. Le gouvernement peut très bien diminuer ou supprimer la plus grande partie du financement de la Sécu. La CSG qui n’est pas une cotisation mais un impôt servant à pallier une partie des 80 milliards d’exonération des cotisations sociales des entreprises privées. Les entreprises du CAC40 qui profitent le plus de ces exonérations ont versé un montant record de 107,5 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2025... oui c’est du vol ! Rien pour les salaires, tout pour les actionnaires alors que tout cet argent vient d’exonération et de cadeaux (comme nous l’avons vu dans un paragraphe plus haut) ... Oui, c’est nous qui rénumérons les salaires des dirigeants de ces entreprises et de leurs actionnaires. Pourtant une structure gouvernementale, le haut conseil pour le financement de la protection sociale (HCFIPS) écrit que le trou de la Sécu ne peut s’expliquer par une crise sanitaire ou économique, mais est en relation directe avec les exonérations ou les exemptions de cotisations sociales qui se sont multipliées ces dernières années, sans que cela ait le moindre effet sur les créations d’emploi et les rémunérations des salariés.

L’offensive néolibérale se poursuit inlassablement. Récemment dans le magazine « Les Echos » une enquête révèle qu’en 2024, le PIB par habitant de la France est passé sous la moyenne de l’Union européenne, selon l’INSEE, la richesse créée par personne est désormais inférieure chez nous à celle de nos voisins, les français ne travailleraient pas assez. Evidement tous les médias, qui appartiennent tous à des milliardaires, ont repris en cœur les résultats de l’enquête sans aucune analyse, sans préciser que le PIB par habitant reste un indicateur imparfait qui ne dit rien de la répartition des richesses, ni du niveau de vie réel... les experts économiques qui sévissent dans ces médias ne sont pas là pour analyser les résultats d’une telle enquête, mais pour servir l’agenda de leur propriétaire. Semer le doute, la panique, culpabiliser l’individu sans dire que l’individu n’est en rien responsable, il n’a aucune prise sur les décisions politiques et économiques, ce sont les différents gouvernements en accord avec le Medef qui fixent la direction économique, ce sont leurs décisions qui sont responsables de la situation et non les salariés, les retraités ou les chômeurs ! Dans le même temps, le Secours Populaire alerte : «  un tiers des Français redoute de tomber dans la précarité ». De son coté, un député PS, Jérôme Guedj, haut fonctionnaire, inspecteur général et membre de la commission des affaires sociales, président du conseil général de l’Essonne, et candidat a la future élection présidentielle déclare : « On a besoin de riches, qui contribuent à la justice fiscale », voilà, voilà, après le « Heureusement qu’il y a des riches pour nous faire travailler », ces mêmes riches vont être le rouage essentiel de la justice fiscale... est ce qu’il reste encore un abruti pour penser sérieusement que le PS est un parti de gauche !

Sortir de l’UE, de l’OTAN, du Capitalisme, retrouver notre souveraineté et se rapprocher des BRICS

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