Hollande, la guerre aux salaires et les cadeaux au MEDEF en chiffres

Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

Le président Hollande s’est donc adressé aux français. Ou plus exactement à la médiocratie.

Au-delà du contrefeu, concernant les histoires d’un président visiblement peu préoccupé par l’état désastreux du pays tombant à point nommé pour agiter le microcosme médiatique, il est important que chacun prenne conscience de la gravité de ce que ce père noël du MEDEF vient d’annoncer :

Une attaque gravissime contre la Sécu, contre notre modèle social conquis de haute lutte dans la résistance, issu du programme du Conseil National de la Résistance.

Bien évidemment la guerre idéologique bat son plein, et les bons petits chiens de gardes médiatiques font tourner à plein régime la machine à bourrer les cranes. Et de sonner l’hallali pour des « abaissement de charges ».

Mais de quoi parle-t’on en fait ?

Hollande a annoncé la suppression des cotisations patronales d’allocation familiale alimentant la branche famille de la sécu. 35 milliards d’euro. 35M€ de salaire différé mutualisé que doivent verser les employeurs aux salariés en rémunération de leurs travail.

C’est une nouvelle déclaration de guerre contre nos salaires.

Parlons concret et gros sous. Supprimer ces 35 milliards d’euros de cotisations patronales – idéologiquement rebaptisées charges par des patrons pour qui les salaires sont TOUJOURS trop élevés – qu’est ce que cela représente.

Cela représente une baisse de salaire de près de 1250 € chaque années par actif français. Rien que ça. Partant de votre poche pour aller dans celle des actionnaires au plus grand plaisir du MEDEF.

Les quelques 50 milliards de baisse de salaire par la suppression de cotisation patronales viennent qui plus est s’ajouter aux 20 milliards déjà donnés avec le CICE. Pour combattre le chômage soit disant.

Pour fixer les idées, 50 milliards c’est le budget de l’éducation nationale qui permet d’employer près de 1 millions de personnes. Logiquement les 20 milliards du CICE auraient donc du se traduire en la création de près d’un demi millions d’emploi !

Au contraire le chômage a continué d’augmenter, le pays de se désindustrialiser, pendant que le gouvernement se refuse à la nationalisation de la moindre de ces dizaines de boîtes liquidées par des patrons voyous, laissant les patrons de PSA licensier à tour de bras tout en se payant des primes et retraites chapeaux faramiseuses avec nos impôts, enfonçant les Goodyear.
Laurence Parisot peut exulter : Fin des cotisations familiales d’ici 2017 ! enfin

Car les poches des actionnaires sont pleines. Les actions ont augmentées de 13% en 2013. Qui dans le monde du travail, salariés, paysans, cadres, ouvriers, artisants…. peut se targuer d’une telle augmentation ?
Et Hollande promet de les remplir encore plus.

Le MEDEF a pu à nouveau fêter Noël le 14 janvier.

Répondant aux vœux de l’oligarchie capitaliste exprimés il y a quelque temps déjà par D Kessler alors présidents du MEDEF de « revenir sur 1945″, ce PS définitivement de droite, fait le choix d’appliquer à la lettre le plan de bataille de l’oligarchie capitaliste contre les travailleurs, contre notre pays.

Cela n’a rien d’une surprise venant d’un PS héritier d’une longue tradition de trahison de la gauche et des travailleurs, de cette social démocratie se lançant à corps perdu dans la guerre de 14, pratiquant la guerre aux salaires au coté des 200 familles propriétaires de la banque de France durant les années 20 et 30, puis fer de lance des guerres coloniales au sortir de la seconde guerre mondiale, artisan infatigable de cette dictature de l’oligarchie capitaliste qu’est l’UE et du tournant de la rigueur trahissant le programme commun de 1981, de cette fausse gauche anticommuniste qui applaudit des deux mains la chute des pays de l’est pour célébrer la re-mondialisation capitaliste et le règne de la concurrence libre et non faussée.

Au passage, il convient de rappeler que ces allégements de charges, c’est à dire la baisse des salaires des travailleurs sont au cœur du programme économique du FN. Alors quand Le Pen déclare de façon ingénue que Hollande fait un virage ultralibéral, elle parle en connaisseur, car sous le masque se cache toujours le vieux FN ultralibéral.

Par ailleurs, ne se contentant d’organiser le pillage des travailleurs, F Hollande en bon petit consul de l’UE, cette arme d’exploitation massive des travailleurs, cette dictature capitaliste, annonce également la poursuite de la destruction de notre pays, par la balkanisation de notre République Une et Indivisible au profit d’eurorégions et du néoféodalisme des eurométropoles. Il appelle également à la dissolution de notre pays par une intégration renforcée avec l’Allemagne austéritaire de Mme Merkel.

Oui définitivement, il est temps de reconstruire une force d’opposition populaire, progressiste patriotique et antifasciste, un front du peuple, pour rendre sa pleine souveraineté au peuple et lui permettre de défendre ses intérêts et ses conquêtes sociales et démocratiques.

Tous ensemble montrons leurs notre force, disons stop à ce système et réaffirmons que le pouvoir doit revenir au peuple. Boycottons de façon militante ces élections européennes fantoches, comme ils ont boycotté notre vote de 2005.

à retrouver sur www.initiative-communiste.fr

 http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/hollande-la-guerre-aux-salaires-les-cadeaux-au-medef-en-chiffres/

COMMENTAIRES  

22/01/2014 20:33 par Bob

pour bien comprendre, voici brièvement et clairement expliqué ce qu’est notre salaire socialisé.

voir : http://2ccr.wordpress.com/2012/05/11/quest-ce-que-le-salaire-socialise/

22/01/2014 21:22 par erwin

Il y a juste une chose que je ne comprends pas : il y a 35 milliards d’euros de cotisations supprimées qui deviennent 50 milliards dans le paragraphe suivant ?

23/01/2014 14:43 par pouetpouet

INTERVIEW - Rencontre avec Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales...

François Hollande l’a annoncé la semaine dernière : à partir de 2017, les entreprises ne payeront plus de cotisations familiales. Ce qui représente pour elles, affirmait le président lors de sa conférence de presse, 30 milliards de charges. Faux, rétorque Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Vous remettez en question le chiffre de 30 milliards annoncé par François Hollande. Pourquoi ?

Les cotisations familiales représentent 35 milliards d’euros, dont 5 milliards proviennent de l’Etat en tant qu’employeur et des entreprises publiques (SNCF, EDF…). Le reste est donc censé être financé par les entreprises privées, mais c’est faux : elles ne paient pas 30 milliards de cotisations familiales, seulement 10 milliards.

Tout simplement parce que les employeurs paient ces cotisations sur les salaires versés aux employés. Or, ils n’en paient pas pour les salaires au Smic et seulement en partie pour ceux qui représentent jusqu’à 1,6 fois le Smic. Ces exonérations représentent 20 milliards d’euros de cadeau pour les entreprises, que l’Etat paie donc déjà à leur place.

Evidemment, les entreprises et le Medef se sont bien gardés de communiquer clairement sur ce point.

Mais la « bonne » nouvelle, c’est que l’Etat n’a donc « que » 10 milliards à trouver ?

Effectivement. Mais nous nous interrogeons tout de même sur la pertinence de cette décision. La suppression des cotisations familiales sur les petits salaires n’a pas entraîné la création de milliers d’emplois. De même, la baisse de TVA dans la restauration ne s’est pas accompagnée de massifs recrutements…

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine assure que les allocations familiales ne pâtiront pas de cette décision. Mais elle n’évoque pas les crèches ou encore l’allocation de logement (ALF ou ALS), également financées grâce aux cotisations des entreprises. Doit-on s’en inquiéter ?

J’ose espérer que la ministre a évoqué les seules allocations familiales pour simplifier son propos, et non pas parce que le gouvernement envisage des coupes dans nos autres missions.

Ce serait d’autant plus dommage que nous venons de signer une convention d’objectif avec l’Etat pour la période 2013-2017 dans laquelle la création de 200.000 nouvelles places en crèche est contractualisée. Mais nous devons bien sûr rester très vigilants.

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