Antisémitisme ordinaire

Je n’ai pas suivi la polémique Siné/Val en direct dans les colonnes de Charlie Hebdo car j’ai résilié mon abonnement à l’époque où Val faisait campagne pour le oui au référendum en compagnie de ses amis de l’Université d’été du MEDEF.

Je ne sais trop par quelle association d’idées cette polémique m’a fait penser à un énorme succès des années trente, la chanson de Georgius "Le Lycée Papillon".

Nous sommes en 1936, le Président du conseil est juif et les Juifs font l’objet de persécutions systématiques en Allemagne depuis trois ans. Des millions de Français chantent, grâce aux "petits-formats" de l’époque, la strophe suivante :

Elève Isaac ?

Présent !

En arithmétique’ vous êtes admirable

Dites-moi ce qu’est la règle de trois

D’ailleurs votre père fut-il pas comptable

Des films Hollywood ? Donc répondez-moi.

Monsieur l’Inspecteur

Je sais tout ça par coeur.

La règle de trois ?

C’est trois hommes d’affaires

Deux grands producteurs de films et puis c’est

Un troisième qui est le commanditaire

Il fournit l’argent et on l’revoit jamais.

Isaac, mon p’tit

Vous aurez neuf et d’mi !

COMMENTAIRES  

07/08/2008 08:34 par Sardon

Bonjour,

En effet, il semble bien que les descendants "spirituels" des antisémites des années 1930s soient ceux qui aujourd’hui hurlent à "l’antisémitisme" dès lors qu’on a le mauvais goût de ne pas être d’accord avec eux. Dans les deux cas, il s’agit de terrorisme intellectuel et de procès en sorcellerie : dès lors qu’ils sont conscients qu’ils ne sont pas en mesure de réfuter leurs adversaires en recourant à une argumentation rationnelle, ces gens-là recourent à l’insulte et à la diffamation : "Sale juif" en 1936, "Sale antisémite" en 2008.

"Plus ça change, plus c’est la même chose." (Alphonse Karr)

13/08/2008 12:43 par Anonyme

La chanson de Raymond Ventura et ces collégiens, chez qui Henry Salvador fit ces classes, et que vous semblez rendre responsable de je ne sais quel forfait dans l’histoire était une chanson comique au même titre que "Madame la Marquise" ou "le nez de Cléopatre". Si dans dix ans les flamands se mettaient a massacrer des wallons faudrait t’ il interdire toutes blagues belges ?
Faut il bruler Voltaire, et avec lui la moitié du patrimoine culturel Français d’avant guerre pour ne pas déplaire ?
Je ne le crois pas.
Nous connaissons tous la nature et les objectifs stratégiques de ce type de mémoire selective qui nous ressort de vieux épouvantails antisémite du placard a longueur de temps pour justifier une politique néo-colonial au proche orient.
Pourquoi ce site, peut enclin a ce genre de manipulations, relaye t’ il ce fait insignifiant ?
Serait-ce pour, malgré tout, montrer patte blanche a ceux qui on droit de vie et de mort médiatique sur toutes publications ?

13/08/2008 13:21 par legrandsoir

le texte en question est publié dans le "dazibao" - espace de publication en libre-service, est-il précisé, qui comme son nom l’indique, etc. Si on a bien compris, selon vous, il méritait censure.

Les réactions "épidermiques" semblent se multiplier devant "le" texte ou "la" phrase et parfois même le MOT, qui fait déborder des vases trés vites remplis.

Question : est-ce un problème de contenu ou de contenant ?

Chez LGS, ce n’est pas (encore) la science infuse et les textes ne sont pas étudiés à la loupe, soupesés, décortiqués, analyséé pour en saisir toutes les "subtilités", tous les "sous-entendus", toutes les "messages cachés" etc avant d’être publiés. Ca se passe parfois au coin d’un bureau en mangeant un sandwich.

Merci de faire preuve d’un minimum d’empathie avant de foncer sur des moulins à vent.

Le Grand Soir

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