Antisémitisme, Antisionisme et « Anti israélisme »

Intervention de Pierre Stambul au colloque du Mrap à Paris le 13 mai 2006.

Les initiales du sigle MRAP ont donné pendant longtemps un rôle à part à l’antisémitisme parmi les autres racismes. Cette situation semblait totalement naturelle au lendemain du génocide nazi. Et puis, en 1977, le nom de l’association a changé pour devenir « Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples » [1]. En parcourant l’histoire de l’antisémitisme, j’essaierai d’examiner ce qui a fait la spécificité, voire l’unicité de cette forme de racisme. En posant aussi la question : est-il pertinent de faire aujourd’hui de l’antisémitisme un racisme « à part » ? Quelle est la réalité de l’antisémitisme aujourd’hui ? Y a-t-il recrudescence ?

D’autant que la guerre entre Israël et la Palestine a brouillé les cartes. Les confusions entre la religion juive (ou « israélite »), le ou les peuples juifs, l’idéologie sioniste et l’Etat d’Israël sont permanentes. Ces confusions sont délibérées de la part des institutions juives officielles ou plus généralement chez les partisans inconditionnels des différentes politiques israéliennes. Elles aboutissent à une instrumentalisation de l’antisémitisme et du crime absolu que représente le génocide. Systématiquement et sans discernement, toute critique d’Israël, toute forme d’antisionisme devient de l’antisémitisme, transposition du fameux « Arafat est un nouvel Hitler » qui justifiait chez Sharon le refus de négocier. Dans la confusion, on voit un Juif, ancien résistant et humaniste, comme Edgar Morin, condamné pour propos antisémites. En même temps, des antisémites avérés, les Chrétiens Sionistes Américains, sont devenus les principaux bailleurs de fond des colonies de Cisjordanie.

Les vrais antisémites se sont engouffrés dans la brèche. Comme il n’est plus « politiquement correct » et qu’il est même interdit aujourd’hui de déverser les tombereaux de haine raciste qu’un Dreyfus ou un Léon Blum ont pu subir, du coup, certains antisémites instrumentalisent la guerre du Proche-Orient pour expliquer que les crimes bien avérés commis par Tsahal ont pour origine la nature perverse du judaïsme. J’évoquerai le personnage d’Israël Shamir qui fait le lien entre le « vieil » antisémitisme et celui qui avance masqué.

L’antijudaïsme chrétien

Les questions : « qu’est-ce qu’être juif ? » ou « d’où viennent les Juifs ? » sont très complexes. Elles ont pourtant des conséquences très actuelles. Le Peuple Juif s’est constitué à partir du « Livre » (la Bible) qui lui a donné une raison d’être. Il y a toujours eu chez les Juifs un débat, une confrontation entre ceux qui acceptaient « l’autre » (autrefois les divinités des autres peuples ou la domination romaine) et ceux qui estimaient que les Juifs ne pouvaient vivre qu’entre eux. Cette confrontation se poursuit aujourd’hui. Les différentes identités juives et l’antisémitisme sont essentiellement liés à la dispersion (diaspora) qui a commencé avant les deux destructions du Temple. La majorité des Juifs vit toujours hors d’Israël. Bien avant l’Hébreu qui est une langue reconstituée à partir de la langue religieuse, il y a eu les langues juives de la diaspora : ladino, judéo-arabe, yiddish. Ceux qui essaient de « clore » l’histoire du judaïsme en affirmant la centralité d’Israël, en présentant la diaspora comme une longue parenthèse ou en mythifiant un prétendu royaume unifié qu’il faudrait reconstituer, commettent un mensonge historique. Il n’y a évidemment pas de « race » juive. Les Juifs d’aujourd’hui résultent de nombreux mélanges. Les descendants de ceux qui ont quitté la Palestine après la destruction du IIe Temple se sont mélangés avec des Berbères, des Espagnols, ou plus tard des Slaves et des Khazars [2] . Et le Peuple Palestinien qui est un peuple autochtone est partiellement issu du monde hébraïque. Il faut donc parler à propos des Juifs de peuple (il serait plus exact de mettre peuples au pluriel) et d’une communauté de destin liée à une religion.

L’histoire du judaïsme diasporique est souvent présentée comme une longue suite de persécutions et de massacres. Il y a pourtant eu des périodes beaucoup plus favorables : sous Charlemagne, en Andalousie, lors de l’arrivée en Pologne ou dans l’empire Ottoman.

Avant le XIXe siècle, le Christianisme est le principal vecteur des persécutions antijuives. Dans le Bas-Empire Romain, le judaïsme est prosélyte et il est en concurrence avec d’autres religions. Dès que le Christianisme triomphe et devient religion d’état, les persécutions commencent. Les Juifs sont victimes de nombreux interdits (dont la possession de la terre), d’expulsions incessantes, de pillages et parfois de massacres. On les accuse d’être déicides ou de commettre des crimes rituels et on leur associe les pires stéréotypes : l’argent, la volonté de dominer le monde ... Au Moyen-à‚ge, toute une série de persécutions se codifient. A l’instar des lépreux, des hérétiques ou des « sorcières », les Juifs sont pourchassés et enfermés dans leurs quartiers qui prendront le nom de juderias en Espagne et de ghettos dans le reste de l’Europe. Les massacres de masse commencent avec la première croisade qui détruit les communautés juives de la vallée du Rhin. Les pogroms les plus meurtriers auront lieu en Espagne (Ecija 1391, le siècle qui suivra sera une lente agonie pour le judaïsme espagnol) et en Ukraine au XVIIe siècle avec les Cosaques de Khmelnitski.

L’histoire des Juifs espagnols préfigure l’antisémitisme moderne. La transformation de l’Espagne en état moderne centralisé se traduit par le massacre, la conversion forcée ou l’expulsion des Maures et des Juifs. En 1492, les Juifs doivent quitter un pays où ils avaient formé jusqu’à 10% de la population et dont ils avaient adopté la langue. Leurs descendants devenus chrétiens (les Marranes) seront pourchassés par l’Inquisition au nom d’une « pureté de sang » qui préfigure le racisme moderne.

Y a-t-il eu persécution des Juifs dans le monde Arabo-Musulman avant le colonialisme et le sionisme ? Clairement, rien de comparable avec ce qu’ils ont subi en pays chrétien. Comme d’autres « religions du livre », dans le monde musulman, les Juifs ont un statut, certes « inférieur » [3], mais qui est quand même une forme de protection. Il y a eu des moments de tension comme au moment de l’invasion Almohade en Andalousie (qui a provoqué l’exode de nombreux Juifs Andalous vers l’Espagne Chrétienne), mais ces tensions n’ont eu aucun caractère spécifique anti-Juif.

L’antisémitisme racial

C’est paradoxalement « l’émancipation » des Juifs, leur sortie du ghetto et leur accès à la citoyenneté, phénomène qui commence en Allemagne puis en France au XVIIIe siècle qui vont permettre le passage de l’antijudaïsme chrétien à l’antisémitisme moderne tout en conservant les stéréotypes anciens sur l’argent, le cosmopolitisme, la volonté de diriger le monde ...

Des Juifs se convertissent ou s’éloignent de la religion. On peut donc dire qu’en Europe, l’identité juive n’est plus essentiellement religieuse depuis plus de deux siècles. Devenus « invisibles », les Juifs représentent un obstacle face aux différents nationalismes européens qui émergent dans les empires multinationaux et rêvent de construire des nations ethniquement pures. Le Juif est à la fois celui qui est très proche par le lieu de vie, par la langue, par la culture et qui a en même temps une insupportable différence et est considéré comme « inassimilable ». Tous les nationalismes qui privilégient la Nation et l’ethnie par rapport à la citoyenneté, sont antisémites. C’est à cette époque que naît la classification des peuples en « races », la « race sémitique » étant considérée comme inférieure à « l’Aryenne ».

Dans l’Empire Russe où vivent 60% des Juifs du monde entier vers 1880, ceux-ci sont massivement des prolétaires (ouvriers, artisans, colporteurs) et beaucoup d’entre eux sont gagnés par les idées révolutionnaires. L’antisémitisme s’ajoute à un véritable conflit de classe. Le régime tsariste organise des pogroms meurtriers pour essayer de détourner la colère populaire. En France, l’affaire Dreyfus fait de l’antisémitisme une question nationale. On peut en tirer deux conclusions : à cette époque, la moitié de la société est antisémite. On peut aussi constater qu’il est possible de vaincre les antisémites.

Après la guerre de 14, un véritable consensus s’installe en Europe. Les Juifs sont considérés comme responsables de tout : la guerre, la crise économique, la corruption, la Révolution ... Un grand nombre d’intellectuels délirent sur la pureté et rivalisent dans l’antisémitisme le plus agressif. Les lois permettent cette explosion publique de haine. L’avènement du Nazisme a lieu dans un large consensus et dans ce consensus, il y a l’élimination des Juifs. Le Nazisme triomphe dans un pays dont les Juifs avaient adopté la culture et où ils formaient une partie importante de « l’intelligentsia ». Pour s’imposer, les Nazis ont fréquemment assimilé les Juifs et les Bolcheviques. Aucune tentative de minimiser, de relativiser ou « d’euphémiser » le génocide nazi n’est tolérable. Il s’agit bien du rassemblement de toute l’énergie d’un état moderne pour exterminer un peuple et la moitié des Juifs européens y ont perdu la vie. Parmi les morts, beaucoup étaient peu ou pas du tout croyants. La question religieuse a joué un rôle secondaire dans la rationalité meurtrière des Nazis. Auschwitz symbolise l’aboutissement de l’antisémitisme racial et c’est bien parce que la réalité est « indicible » qu’une poignée de révisionnistes essaie aujourd’hui de la nier. Les Juifs en ont gardé un immense traumatisme et la peur « que ça recommence ».

Le sionisme et l’antisémitisme

Vers 1900, à l’Ouest comme à l’Est de l’Europe, les sociétés juives traditionnelles éclatent. En Europe de l’Est, les Juifs adhèrent à différents partis politiques. D’un côté, il y a les socialistes. Ils pensent que la Révolution, en émancipant l’Humanité, émancipera les Juifs. Ils sont contre toute action spécifique juive et quelque part, ils imaginent la disparition du judaïsme avec le triomphe de la Révolution. Face à eux, le Bund, parti révolutionnaire Juif, élabore une idée originale : dans le cadre de la Révolution, les Juifs jouiront d’une autonomie culturelle sur place, sans territoire spécifique. C’est à cette époque que le Sionisme émerge.

Le Sionisme a les mêmes références idéologiques que les différents nationalismes européens, ceux qui donneront naissance à l’antisémitisme moderne. Pour les sionistes, chaque peuple doit avoir un Etat et, comme les autres nationalistes, les sionistes négligent l’existence de minorités dans leur futur état. Le Sionisme repose sur un mensonge fondateur : « la terre sans peuple pour le peuple sans terre ». Il partage avec différents colonialismes cette négation du peuple autochtone. Bien que majoritairement non-croyants, les sionistes iront puiser dans une certaine tradition religieuse revisitée, le lieu où sera bâti le futur état, la future langue et l’idée que la diaspora est une parenthèse qui doit disparaître.

Les sionistes, comme les antisémites, considèrent l’antisémitisme comme quelque chose d’inéluctable, d’impossible à combattre. Comme les antisémites, ils pensent que le « mélange » est impossible, que les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux, dans un Etat Juif où les Non-Juifs n’existeront pas ou seront des citoyens de seconde zone. Les combats pour la laïcité, l’égalité des droits, la citoyenneté ... n’intéressent pas les sionistes. Ils transposent le messianisme juif dans la volonté de construire un « Juif nouveau » dans un pays nouveau, ce qui implique de faire table rase de toutes les identités juives de la diaspora.

Pendant longtemps, les sionistes seront très minoritaires parmi les Juifs par rapport aux autres idéologies. Toutes les élections qui ont lieu dans les ghettos de l’Empire Russe, en Pologne ou en Lituanie l’attestent. Quand les Juifs sont violemment expulsés d’Allemagne et d’Autriche en 1938, très peu partent en Palestine. A la veille de la seconde guerre mondiale, il n’y a que 3% des Juifs qui vivent en Palestine. C’est le génocide qui va permettre au projet sioniste de réussir.

Et pourtant, les sionistes n’ont pas joué un grand rôle dans la résistance juive au Nazisme et la façon dont aujourd’hui ils s’approprient la mémoire de l’antisémitisme et du génocide est sans rapport avec leur action passée. Certes, tous les gouvernements, tous les courants politiques ont été aveugles face au Nazisme : les occidentaux à Munich, le régime stalinien en signant le pacte ou le grand mufti de Jérusalem en rendant visite à Himmler en 1942. Les sionistes n’ont pas fait mieux en privilégiant la construction de leur futur état par rapport à toute autre considération. En 1933, Ben Gourion brise l’embargo contre l’Allemagne, décidé par des Juifs Américains. A cette époque, il multiplie les déclarations expliquant que les persécutions antisémites favorisent le projet d’Etat Juif. Inspirateur de Begin et Sharon, Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme « révisionniste » était dans les années 30 un admirateur de Mussolini. En 1942, le groupe Stern, dirigé par le futur Premier Ministre Itzhak Shamir, a une telle conscience du génocide en cours qu’il multiplie les assassinats de soldats britanniques. En Europe occupée, la résistance juive a été essentiellement communiste, les sionistes n’y ont joué qu’un rôle assez faible [4].

Après la guerre, l’état d’Israël en construction apparaît comme un havre de paix après la destruction du Yiddishland et de ses habitants. L’Occident décide de laver sa mauvaise conscience et sa responsabilité dans le génocide sur le dos du peuple palestinien qui n’avait pas la moindre responsabilité dans ce crime.

L’Etat d’Israël et l’antisémitisme

L’Etat d’Israël existe depuis près de 60 ans. Il a été reconnu par « les instances internationales » dans ses frontières de 1949. Il a été reconnu par l’OLP en 1988. Ce n’est donc pas son existence ou celle du peuple israélien qui sont en jeu dans la guerre actuelle et dans ses conséquences sur la question de l’antisémitisme.

La guerre de 1948 s’est accompagnée d’un certain nombre de crimes de guerre (attestés par les nouveaux historiens israéliens [5]) et par une véritable « purification ethnique » qui a entraîné l’exode de 800000 palestiniens.

Être antisioniste aujourd’hui, ce n’est pas dire qu’il faut jeter les Juifs à la Mer ou détruire l’Etat d’Israël. C’est dire que la Naqba [6] était illégitime, que la confiscation immédiate des terres et des biens des expulsés l’était tout autant. C’est dire qu’un Etat qui se dit Juif en s’arrogeant le droit de parler au nom des Juifs du monde entier et dans lequel les Non-Juifs qui n’ont pas été expulsés sont des sous-citoyens pose un problème grave à tous ceux qui sont les défenseurs de la laïcité, de l’égalité des droits, de l’antiracisme et de la citoyenneté. C’est dire que la colonisation après 1967 et l’arrivée au pouvoir de courants d’extrême droite ou national-religieux en Israël ne sont pas des accidents de l’histoire : au-delà du messianisme et de la volonté de créer un « homme nouveau », le projet sioniste avait dès le départ une composante colonialiste et de négation de « l’autre ».

Après le génocide, l’histoire de l’Etat d’Israël et celle de l’antisémitisme sont étroitement imbriquées. Il ne fait pas de doute qu’après 1945, de nombreux rescapés trouvent refuge en Israël.

D’autant qu’en Europe de l’Est, l’antisémitisme continue sous une forme masquée. En Pologne, il y a le pogrom de Kielce en 1946. Alors que 90% des Juifs polonais ont été massacrés, un antisémitisme sans juif continuera dans le pays, culminant en 1968 avec une nouvelle épuration organisée par le général Moczar. Quand les purges staliniennes déciment les communistes qui ont lutté contre le fascisme en Espagne ou dans la résistance, la plupart des victimes (Lazlo Rajk, Rudolf Slansky, Ana Pauker ...) sont des Juifs qui seront bien sûr accusés de « Sionisme ». Cet antisémitisme larvé alors qu’un grand nombre de Juifs avaient placé leurs espoirs dans le « communisme » explique la fuite massive des Juifs ex-soviétiques au moment de la chute de l’URSS.

Mais il n’y a pas que des rescapés ou des déçus du communisme qui émigrent. L’émigration d’environ un million de Juifs venus du monde arabe a résulté d’un double processus. D’un côté les régimes arabes nouvellement indépendants n’ont rien fait pour les retenir, au contraire. La guerre de 1948 a rendu la vie très difficile pour les Juifs des pays belligérants. Chaque nouvelle guerre a rendu leur départ un peu plus inéluctable et celle de 1956 a signé la fin de la communauté juive Egyptienne. D’une certaine façon, les régimes des différents pays arabes qui s’étaient montrés bien peu solidaires des Palestiniens lors de la guerre de 1948, ont largement favorisé le développement d’Israël.

Mais il y avait aussi un projet délibéré israélien de faire émigrer les Juifs du monde arabe (qui ont ainsi formé le prolétariat du nouvel état) et tous les moyens ont été utilisés. On sait aujourd’hui que des Israéliens ont commis des attentats contre des synagogues en Irak pour favoriser la fuite des Juifs Irakiens. Au Maroc, des propagandistes ont sillonné le pays pour convaincre les Juifs de partir. Au Yémen, une des communautés les plus anciennes, les Israéliens ont utilisé des légendes locales pour faire partir presque tous les Juifs en quelques semaines. En Algérie, le décret Crémieux (1870) avait donné la nationalité française aux Juifs mais pas aux Musulmans. Au moment de l’indépendance, les Juifs dont la présence au Maghreb était antérieure à l’arrivée des Arabes, ont été assimilés aux « Pieds Noirs » et ont dû partir. La plupart sont venus en France. Il y aurait un véritable travail d’identité à faire sur les Juifs Arabes. Leur histoire n’est pas celle de l’antisémitisme européen ou du génocide. Mais c’est une autre douleur, la coupure définitive avec leurs racines, avec un monde dans lequel les Juifs ont vécu longtemps en paix. C’est aussi l’arrivée dans un nouveau pays où ils ont subi de nouvelles formes de discrimination, sociales cette fois-ci.

On le voit, toutes les manifestations antijuives, toutes les formes de persécution, qu’elles soient liées ou non au Sionisme, ont provoqué des vagues d’émigration et ont renforcé Israël. Mais en même temps, les autorités israéliennes ont tout fait pour provoquer l’Alya [7], y compris en utilisant des moyens inavouables.

L’instrumentalisation de l’antisémitisme et du génocide

Les sionistes ont proclamé la centralité d’Israël. Cet état prétend parler au nom des Juifs du monde entier. Ceux qui ne sont pas d’accord sont des « Juifs traîtres » ou qui ont la « haine de soi ». Les sionistes prétendent protéger les Juifs de l’antisémitisme alors qu’ils les mettent en danger : personne ne peut penser sérieusement que la politique israélienne basée sur l’arrogance, le fait accompli et l’humiliation quotidienne puisse durer éternellement. Deux siècles après le début de la sortie du ghetto, les sionistes en ont créé un nouveau, hermétique, avec un vrai mur. Alors qu’il y a toujours eu chez les Juifs pluralisme de comportements ou de traditions, il n’y aurait plus aujourd’hui qu’une voie unique : émigrer en Israël ou soutenir inconditionnellement cet état. Le musée juif d’Amsterdam donne sa définition du fait d’être Juif : pratiquer la religion juive, soutenir Israël et avoir un lien avec la Shoah. La volonté folle de faire immigrer toujours plus de Juifs en Israël explique l’importance des partis politiques « transféristes » en Israël (ceux qui veulent « achever la guerre de 48 » et expulser tous les Palestiniens). La dénonciation permanente d’un antisémitisme, réel ou supposé dans différents pays n’a pas pour but de le vaincre, elle vise simplement à provoquer une nouvelle vague d’émigration.

Jusqu’au procès Eichmann (1961), on parlait peu du génocide en Israël et l’on opposait volontiers la « résignation » présumée des déportés à l’Israélien nouveau qui défrichait son pays. Et puis Israël s’est approprié le génocide et s’est mis à parler au nom des morts ou de leurs descendants. On a ainsi vu Sharon à Auschwitz déclarer que ce qui s’est passé prouve que les Juifs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre et justifier, au nom du génocide, la destruction méthodique de la société palestinienne.

Au milieu de la dénonciation d’authentiques antisémites, qui a été récemment accusé d’antisémitisme par le CRIF ou le centre Simon Wiesenthal ? Il y a eu des plaintes contre Daniel Mermet et contre Edgar Morin. On a accusé Chavez d’être antisémite. A chaque fois, il s’agissait de disqualifier une critique de la politique israélienne ou un ennemi de Bush. Par contre, en Europe, il y a des forces politiques plutôt antisémites proches du pouvoir. Les nostalgiques de la collaboration dans les pays Baltes, ceux de l’Etat Oustachi en Croatie ou les intégristes de Radio Maryja en Pologne ne sont jamais dénoncés car les gouvernements de ces pays sont des amis d’Israël.

La confusion entre Juif, Sioniste et Israélien est voulue et entretenue. A Lyon, un « gala de soutien au soldat israélien » qui n’avait pas trouvé de salle publique, a eu lieu dans une synagogue. Organisation faisant partie du CRIF, le KKL [8] se présente comme une association juive humanitaire et collecte des fonds (y compris des fonds publics) pour l’armée israélienne et la colonisation. Les cartes que le KKL publie sont sans ambiguïté, les territoires occupés y sont partie intégrante d’Israël. Le CRIF prétend organiser des manifestations antiracistes et en même temps, il proteste officiellement contre l’éviction de Philippe de Villiers de la manifestation consécutive à l’assassinat d’Ilan Halimi.

De même, Alain Finkielkraut essaie d’utiliser l’antisémitisme pour justifier des propos racistes et haineux contre les Noirs et les Arabes qualifiés « d’ennemis de la France ».
Les institutions juives françaises ont souvent joué un jeu très dangereux en comparant la situation des Juifs en France à celle qui a précédé le génocide ou en parlant de « nouvelle nuit de cristal ». Dans la foulée, Sharon a accueilli en triomphe un avion de Juifs Français émigrant en Israël.

En Israël même, tout est fait pour rendre impossible la distinction entre les produits fabriqués en territoire occupé et les autres. Et bien sûr, les partisans du boycott sont décrits comme d’affreux antisémites. La minorité des Israéliens qui courageusement refusent l’armée, se rendent sur les barrages et font la jonction avec les Palestiniens sont considérés comme des traîtres.

L’antisémitisme qui perdure

L’antisémitisme qui a caractérisé l’extrême-droite n’a pas disparu. Ce n’est pas un hasard si Le Pen, Gollnish ou Haider en Autriche multiplient régulièrement les provocations ou les propos révisionnistes. La plupart des profanations de cimetières, comme celle de Carpentras, viennent des nostalgiques du fascisme. Heureusement, le racisme et l’antisémitisme sont considérés comme des crimes et l’antisémitisme d’aujourd’hui est sans commune mesure avec ce qu’il a été.

Le révisionnisme s’est structuré au niveau mondial derrière des personnalités médiatiques (Faurisson, Zündel, Irving) et il trouve périodiquement écho. Ainsi, le président iranien a repris ces thèses odieuses. Il existe aussi un antisémitisme qui se dissimule derrière l’antisionisme et qui essaie de s’infiltrer dans les associations défendant les droits du peuple palestinien. Comme les sionistes, ces antisémites mélangent sciemment Juif, Sioniste et Israélien. Derrière cette dérive, il y a un personnage mystérieux qui se fait appeler Israël Adam Shamir mais qui a plusieurs identités. Officiellement arrivé en Israël en provenance de l’ex-Union Soviétique, il s’est converti à la religion orthodoxe. Il fait le lien entre l’antisionisme et l’antijudaïsme Chrétien (il reprend à son compte les crimes rituels, la perversité du judaïsme, le peuple déicide, le Protocole des Sages de Sion ...). Il a rejoint récemment les révisionnistes. Inconnu en Israël, Shamir a de nombreux admirateurs en Europe. Il influence une nébuleuse dans laquelle on retrouve des anciens de la librairie « La Vieille Taupe », des militant(e)s exclu(e)s des Verts, des journalistes et des animateurs de site Internet. Les élucubrations d’un Dieudonné relèvent aussi, selon moi, d’une dérive antisémite sous couvert d’une logique de concurrence des victimes.

Pour l’instant, cette infiltration reste marginale. Les Palestiniens ont toujours été très vigilants à l’égard des antisémites. Ainsi, Leila Shahid a toujours évoqué le génocide Nazi (en expliquant qu’il ne justifiait en rien l’oppression d’un autre peuple) et Elias Sanbar, Edward Said et Mahmoud Darwish avaient empêché, il y a quelques années un colloque révisionniste de Garaudy à Beyrouth. La grande majorité des militants pour la Palestine se battent pour des principes universels : l’égalité des droits, le refus du colonialisme. Mais il y a le danger que les confusions se multiplient et que les antisémites utilisent l’impunité d’Israël pour distiller des stéréotypes racistes.

Pour l’instant toujours, la cohabitation entre Juifs et Arabes en France n’a débouché sur aucun affrontement. Cependant, il n’y a pas de véritable « vivre ensemble » et il faut craindre toutes les formes de repli communautaire. Dans des manifestations organisées par le CRIF, des groupes d’extrême droite (Bétar et Ligue de Défense Juive) ont commis impunément des agressions racistes. Inversement, on peut craindre que sous couvert de ce qu’Edgar Morin appelait l’antiisraélisme, des caillassages de synagogues ou des agressions de porteurs de kippa ne se multiplient. Notre vigilance doit être totale.

Je conclurai en disant qu’entre réalité et instrumentalisation, la voie pour lutter contre l’antisémitisme est très étroite.

Il me paraît impossible qu’un antiraciste reste silencieux sur la guerre au Proche-Orient. Une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice là -bas est inséparable du combat contre tous les racismes ici. D’autant que l’impunité des gouvernements israéliens est le principal facteur de la prolongation de cette guerre. Il me paraît également impossible de lutter contre l’antisémitisme ici au côté de forces qui transforment les manifestations en soutien à l’occupation.

Les antiracistes doivent inlassablement dénoncer les confusions entre Juifs et Sionistes, d’où qu’elles viennent et combattre tous ceux qui veulent ressusciter les pires stéréotypes. Il y aura sans doute un difficile travail d’explication, mais nous n’avons pas le choix.

Pierre Stambul

Adhérent du Mrap à Marseille et Vice-président de l’Ujfp (Union Juive Française pour la Paix)

Pour Edgar Morin, Danièle Sallenave et Sami Naïr, par Union Juive Française pour la Paix.

[1Il s’appelait initialement Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix

[2Peuple Turc qui vivait entre Caspienne et Mer Noire. Vers l’an 800, un roi Khazar et une partie de l’aristocratie se convertirent au judaïsme.

[3Le statut de « dhimmi ».

[4Certes le commandant de l’insurrection du ghetto de Varsovie (Mordekhai Anielewicz) était de l’Hashomer Hatzair (sioniste de gauche). Mais la plupart des insurgés venaient d’autres partis. Le commandant en second, Marek Edelman, militant du Bund, est toujours vivant ... et toujours très antisioniste.

[5Lire Ilan Pappé ou Benny Morris.

[6La catastrophe, c’est le nom que les Palestiniens donnent à leur expulsion.

[7Nom donné à l’immigration des Juifs en Israël d’après la « loi du retour ».

[8Keren Kayemeth Leisraël


COMMENTAIRES  

19/07/2006 06:51 par JMG-Riva

D’abord bravo pour votre article auquel j’adhére presque totalement.
Mais pourquoi ne pas donner la définition exacte du mot sémite donc antisémite, pourquoi ne pas dire que son origine tient au nom d’un des trois fils de noé, Sem qui engendra "selon les écrits" une longue lignée dont Térah père entre autre d’Abram qui devint Abraham "Père des trois religion monothéiste !" lui même père d’Ismaël et d’Isaac. Isaac étant le père de la lignée dont se réclame les juifs. Alors pourquoi taire l’évidence du non sens de se mot antisémite attribué au seul juif ? Ne somme nous pas un trés grand nombre aujourd’hui a être d’origine sémite ? Et à plus forte raison les Palestiniens !

16/09/2006 00:33 par Claire

En réponse au remarquable article rédigé par notre ami Pierre Stambul.

A propos d’un pays longtemps isolé et fort mal connu qui, aux dires des spécialistes ayant étudié son histoire de l’antiquité à nos jours, n’a jamais connu l’antisémitisme : l’Albanie.

ALBANIE

Litterature, Histoire et Culture.

Recommandation de lecture

Ils n’étaient pas frères et pourtant...
Albanie 1943-1944

de

Neshat TOZAJ

Editions : La Société des Ecrivains. (S.d.E)

Catégorie : roman à caractère historique

ISBN:2748016998
238 pages

PRESENTATION DE L’OUVRAGE :

UNE HISTOIRE MECONNUE

Dans son ouvrage « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944 Neshat Tozaj décrit la communauté juive présente en Albanie depuis plusieurs siècles ainsi que les juifs d’autres pays accueillis au temps de la seconde guerre mondiale et qui furent épargnés car cachés et protégés. « Shalom » le titre original de l’ouvrage paru en Albanie a été modifié à l’usage des lecteurs français car l’auteur souhaitait toucher ces derniers dans leur diversité.

C’est avec une approche différente de ce qu’on a l’habitude de lire, d’entendre ou de voir dans la plupart des documentaires que l’auteur aborde cette période. La communauté juive n’y est pas seulement dépeinte en tant que communauté persécutée mais aussi en tant que communauté albanaise vivant parmi d’autres Albanais, unis dans le même combat mené contre le nazisme et le fascisme. Combat livré pour protéger la vie, la dignité humaine, les biens de chacun et la richesse culturelle.

L’engagement commun dans cette lutte et l’amitié poussée jusqu’au sacrifice ultime de la part d’Albanais non juifs afin d’épargner leurs frères ou leurs hôtes constituent sans doute dans l’histoire un exemple quasi unique et particulièrement original.

Ce roman inspiré de faits authentiques est l’occasion de rendre hommage à un petit peuple oublié de tous qui ne fit qu’accomplir son devoir en des temps de barbarie.

La publication de ce livre, outre le point d’histoire qu’il révèle, me semble essentielle et salutaire à bon nombre de français, à commencer par les plus jeunes, de toute origine, confession, ou autre appartenance philosophique. En effet, à notre époque où les problèmes de racisme, d’anti-sémitisme ou de communautarisme exacerbé sont à l’ordre du jour, cet ouvrage apporte un éclairage fort réconfortant. « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » est aussi un message d’espoir et d’encouragement.

Le livre de Neshat Tozaj volontairement rédigé sous forme de roman, l’homme est en effet avant tout écrivain et journaliste, est donc l’occasion d’approcher la résistance albanaise et de prendre connaissance de l’accueil particulièrement bienveillant réservé par le peuple albanais à la communauté juive en cette période dramatique.

J’ajoute que pour approfondir l’approche de la période décrite dans le roman de N. Tozaj, j’ai eu accès au remarquable ouvrage du Professeur Apostol Kotani, historien et très jeune résistant à l’époque : « The Hebrews in Albania during the centuries ». Cet ouvrage retrace l’histoire des Albanais juifs implantés dans le pays depuis l’antiquité et surtout nous permet de découvrir qu’en Albanie la communauté juive fut épargnée pendant la seconde guerre mondiale. M. Kotani a rassemblé au cours de longues années de recherche de nombreux témoignages poignants de survivants albanais juifs de souche ou réfugiés qui tous expriment leur reconnaissance éternelle envers ce « petit » pays qui sut honorer sa tradition du « Besa » : le partage du pain, du sel et du coeur avec quiconque se trouve dans la détresse, étranger, hôte ou semblable en terre albanaise.
C’est spontanément que des survivants (qui pour beaucoup ont émigré après guerre en Israël ou aux Etats Unis) collaborèrent à l’ouvrage et tous y attestent qu’aucun juif n’a été déporté en Albanie sous occupation nazie et fasciste.
Le discours de Monsieur l’Ambassadeur d’Albanie en France, Monsieur Ferit Hoxha, lors de la cérémonie organisée à l’occasion de la parution du livre en France « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944, n’a du reste pas manqué de souligner que son pays était le seul Etat d’Europe où la population juive avait augmenté à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Messieurs Avner Shalev et Ismaïl Kadaré, entre autres personnalités, ont d’ailleurs déclaré en maintes occasions que le chiffre des personnes ayant trouvé refuge en Albanie par rapport à la population juive initiale du pays devait sans aucun doute être multiplié par dix. A souligner, toujours selon les déclarations de M. Avner Shalev, qu’au moins 2000 Yougoslaves juifs furent accueillis et cachés en Albanie sans parler de la communauté grecque et autrichienne... Tel fut le cas par exemple du Professeur Albert Einstein dont la première épouse était yougoslave.

Je précise que ces informations concernent l’Albanie définie dans ses frontières et non les territoires annexés sous occupation mussolinienne et nazie ayant formé "la Grande Albanie". Précisions d’importance car les rafles opérées à Pristina, Kosovo, malgré l’attitude exemplaire de sa population et des autorités locales, ont parfois été imputées à l’Albanie.

A suivre en raison du nombre de caractères impartis.


18/09/2006 21:05 par Claire

A propos du roman à caractère historique de Neshat Tozaj :

"Ils n’étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944"

La contribution de Monsieur Pierre Stambul, Vice président de l’Union Juive Française pour la Paix, article
rédigé à l’attention de l’auteur :

Extrait de la contribution adressé avec l’aimable autorisation de Monsieur Pierre Stambul.

UNE HISTOIRE OUBLIEE

A travers un roman qui se déroule en Albanie pendant les années 30 puis la guerre et qui s’appuie sur des événements réels, Neshat Tozaj (*) nous rappelle un épisode historique largement inconnu, aussi bien en France, que parmi les Juifs du monde entier.

Même dans les pires périodes de la barbarie Nazi et du génocide, s’il y a eu des gens qui ont basculé dans le racisme le plus abject, la collaboration et le crime de masse, il y en a eu aussi que rien ne prédisposait à la moindre forme « d’héroïsme » et qui ont résisté, moralement et les armes à la main, à l’inhumanité.

L’attitude de la grande majorité du peuple albanais pendant l’occupation rappelle un peu celle des paysans protestants français du Chambon-sur-Lignon qui ont sauvé des centaines d’enfants juifs en les dissimulant parmi leurs propres enfants.
La communauté juive albanaise n’a jamais été très nombreuse. Si une présence juive ancienne en Albanie semble certaine, les Juifs albanais descendent probablement des Juifs accueillis par l’empire ottoman dès le XVe siècle et dispersés dans l’empire. Population urbaine et instruite dans une Albanie très rurale, ils n’ont jamais subi de persécution. Le livre décrit cette rencontre entre deux mondes très différents, la petite communauté juive et les communautés villageoises qui se sont structurées avec de grandes traditions d’hospitalité et d’entraide.
Quand la guerre éclate, en même temps que le parti communiste albanais va très vite organiser la résistance de tout un peuple et l’auto organisation des villages, cette résistance va organiser le sauvetage de la communauté juive. Mieux, les villages albanais vont accueillir et cacher des Juifs fuyant l’Europe de l’Est. Aucune déportation n’a eu lieu dans le pays. Le livre relate la véritable fraternisation qui s’est déroulée. Il faut savoir que les Albanais ont aussi accueilli des soldats italiens (qui les avaient pourtant envahis) après la capitulation de1943. [...]

L’Albanie des années tragiques montre que l’antisémitisme n’est pas inéluctable et qu’une véritable entente entre un peuple et une minorité qui vit chez lui est possible.

On a aussi souvent donné une image très négative de l’Albanie : dictature stalinienne, naufrage économique, mafia. Neshat Tozaj nous restitue un peuple humain, hospitalier, solidaire, généreux. Des structures villageoises d’entraide ont permis l’émergence d’une résistance nationale qui a contrôlé les montagnes de l’intérieur pendant toute la guerre.

Merci à l’auteur de nous avoir rappelé cette histoire édifiante.

Pierre Stambul

Vice-président de l’Union Juive Française pour la Paix, UJFP

(*) « Ils n’étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944 », Neshat Tozaj, Editions S.d.E (La Société des Ecrivains)


Exemples de témoignages de personnes ayant trouvé refuge en Albanie sous l’occupation nazie. Témoignages adressés dans leur langue d’origine afin de ne pas altérer leur authenticité.

"Farewell, Albania, I thought. You have given me so much hospitality, refuge, friends, and adventure. Farewell, Albania. One day I will tell the world how brave, fearless, strong, and faithful your sons are ; how death and the devil can’t frighten them. If necessary, I’ll tell how they protected a refugee and wouldn’t allow her to be harmed even if it meant losing their lives. The gates of your small country remained open, Albania. Your authorities closed their eyes, when necessary, to give poor, persecuted people another chance to survive the most horrible of all wars. Albania, we survived the siege because of your humanity. We thank you."

Irene Grunbaum.

— -

..."There is a small country in the heartland of Europe called Albania where I was fortunately born, where hospitality to foreigners is part of their tradition. During the Second World War, not only did the Albanians save all the Jews who were living among them but they dared to share their homes, their food and their lives with them. Albania has its share of Oscar Shindlers, and, indeed, so many that we could never have thanked each glorious one of them.

Let us be reminded that not one - not one - of the Jews living in Albania, or those who sought refuge there were turned over to the fascists - all found a safe haven at great danger to their protectors."...

Dr. Anna Kohen.

— -

"All Israelis that came from Albania were saved thanks to the generous sentiments of the Albanian people that considered it as a moral duty to protect in their own houses every persecuted emigrant... The marvelous and noble attitude of the Albanian people needs to be known because they deserve the world’s and every cultured man’s thankfulness… Even the poor peasants, not only received Jews in their homes, but also shared with them their last piece of bread.’ Another Jew, Nisim Bahar that got saved from the hands of the Nazis that wanted to execute him in Fier, wrote to his sister in law, Zhulia Kantozi : "˜I am in Ohrid I have climbed a hill on the lakeside and I see Pogradec. How I missed that country ! If I could have wings to fly, I would come to kiss that holy Albanian land that saved my life."

Samuel Mandili (1945)

— -

..."Albania was one of the only European countries that did not turn over a single Jew to the Germans. There simply were no deportations from Albania.
My parents and I, along with many other German and Austrian families, found refuge in Albania and were hidden by Albanians during the German occupation of that country. In 1941, when Germany occupied Yugoslavia, hundreds of Yugoslavian Jews were able to escape to the safety of Albania because the Albanian government opened the border at Kosovo and let as many Jews into the country as were able to escape from the pursuing German army. It is a documented fact that the German general in Belgrade knew the names of all those who had escaped across the border and demanded their return within 48 hours. The Albanian government, instead of turning over even a single Jew, dispersed them in villages and on farms, gave them Albanian names and documents and then reported back to the German general in Belgrade : "We know no Jews. We know only Albanians."
... Albanians, whether Muslim or Christian, are the most hospitable, generous and kind human beings. It should be emphasized that this was not just an act of their customary, known hospitality, this was an act of personal courage. They simply placed their belief in the necessity to help those in need above their and their family’s safety.

Johanna J. Neumann, Silver Spring, MD


Considération renouvelée.

Claire.

16/09/2006 00:42 par Claire

Suite et fin

A l’attention des spécialistes de l’histoire des Balkans, de l’Albanie en particulier et de la protection des juifs en Europe sous l’occupation nazie.

-Extrait d’un article publié dans The European Jewish Press par Monsieur
Ashley Perry le 14/04/2006 :

A propos des récentes déclarations effectuées par son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Marc Sofer à la tête d’une délégation des Affaires Etrangères israéliennes au cours d’une visite officielle en Albanie en mars 2006. Déclarations rendant hommage au comportement exemplaire des Albanais envers la communauté juive pendant la Deuxième Guerre Mondiale, aux liens historiques qui unissent les deux nations et à l’attachement profond qu’éprouvent de nombreux juifs du monde entier envers l’Albanie.

"ALBANIA HAS NO HISTORY OF ANTI-SEMITISM"

"Not only in Israel, but all over the world, Jews admire Albania. Not just for the period of World War II, when Albania saved the Jews, but also because the country is well-known for its respect towards us. I can say that Albania has never had anti-Semitism," he said.

Albania was one of the few countries in Eastern Europe that did not lose any of its Jewish population during World War II to the Nazis, while also offering shelter to other Jews who had escaped into Albania from Serbia, Austria, and Greece.


-Extrait d’un article publié dans the Canadian Jewish News le 3/11/2005 :

THE LONE HAVEN IN A HOSTILE CONTINENT : THE ALBANIAN HONOUR CODE AND THE SALVATION OF THE JEWS IN WWII

Albania, the only European country with a Muslim majority, managed to do what no other European nation was able or willing to do in the wake of German occupation during the second World War - saving the lives of every last Jewish citizen and refugee within its borders, who were in desperate need of protection from the infamous Nazi killing machine that swept through Europe in the 1940s…

Invitee Arnold Friedman of Toronto’s Jewish Holocaust Centre moved the audience to rousing applause when he declared that among all the powerful and civilized Super-nations of Europe that had the opportunity to do something about the anti-Semitic direction the continent was taking, it was "little Albania that stood up to the tyrants and saved the Jews. I am so proud," he continued," to be among you [Albanians], who are the only Europeans with clean hands."


-Extrait d’un documentaire réalisé par Monsieur Norman Gershman :

RESCUE IN ALBANIA - HOW ALBANIA SAVED ITS JEWS DURING THE HOLOCAUST-

Part 1 -

Norm Gershman holds a presentation at the AACL HQ where he presents his new documentary on how the Albanian people protected the Jewish residents of Albania and Kosovo during the Holocaust, by sheltering them in their homes and refusing to turn them over to the NAZI’s. Not a single Jew was allowed to be captured by the NAZI occupiers of Albania during the Second World War. Based on the book "Rescue in Albania - How Albania Saved its Jews during WWII".

AACL/ABI
9 min 36 sec - May 10, 2006

www.aacl.com

A noter par ailleurs la dernière oeuvre photographique et documentaire de Monsieur Norman Gershman consacrée aux nombreux Albanais du Kosovo, de Macédoine et du Monténégro qui aidèrent des juifs à franchir les frontières de l’Albanie. M. Gershman ayant travaillé avec l’Association The Albanian American Civic League et sa Fondation, tout juste de retour d’un voyage au Kosovo et au Monténégro, a photographié tous les Albanais ou leurs descendants qui ont sauvé des juifs pendant l’Holocauste et recueilli leurs témoignages. L’intégralité de son oeuvre, dédiée à ce sujet, sera présentée à l’Institut Yad Vashem en 2007.


-La déclaration du Dr. Mordecai Paldiel, Directeur du Département des Justes de l’Institut Yad Vashem, à propos du rôle joué par les Albanais dans le sauvetage des juifs pendant l’Holocauste.

Hommage aimablement adressé par Madame Cloyes-DioGuardi, politologue et Executive Director de l’ Albanian American Foundation.

Exposé écrit à l’attention de l’Association The Albanian American Civic League, de sa Fondation et de son 15ème anniversaire à l’occasion de la célébration intitulée : "Salute to Albanian Tolerance, Resistance, and Hope : Remembering Besa and the Holocaust".

L’évènement eut lieu le 15 mai 2005 à Manhattan au Sheraton Hôtel au cours de la commémoration du 60ème anniversaire de la libération des camps de la mort.
Parmi les nombreuses personnalités conviées et orateurs remarqués étaient présents Messieurs Tom Lantos, Henry Hyde et Ben Gilman, membres du Congrès américain, le Sénateur Charles Schumer, le Rabbin Arthur Schneier, Bishop Mark Sopi, évêque de l’Eglise catholique romaine du Kosovo, le professeur Apostol Kotani ainsi que le Professeur Petrit Zorba.

DECLARATIONS DU DR. MORDECAI PALDIEL :
Extrait :

...The story of the Albanian rescuers is unique in several ways. Firstly, in that the persons saved were mostly not Albanian citizens, but Jews who had fled to that country when it was ruled by the Italians, and now found themselves in danger of deportation to concentration camps when the Germans took over, in September 1943. Secondly, the rescuers who were overwhelmingly of the Islamic faith felt a religious obligation to assist and save those who had sought refuge in their country and were unjustly persecuted ; in other words, it was a behavior motivated by the Islamic religion, as wisely interpreted by the rescuers. Thirdly, and this is something uniquely Albanian"”an honor code known as Besa ; that is, a mark of honor and distinction to be able to be the ones to help others in desperate need. The Albanian rescuers were the only ones among rescuers in other countries who not only went out of their way to save Jews, but vied and competed with each other on the privilege of being a rescuer. This is uniquely Albanian. And thanks to Besa, almost all of the close to 2,000 Jews in the country were saved and survived. Finally, the Albanian example is testimony to an Islamic type of behavior, different from what unfortunately makes the headlines these days. Not of vengeance, hatred and suicide, but of compassion, loving-kindness and help to persons of another faith and origin. Hopefully, the example of the Albanian rescuers will serve as a role model and inspire others, Moslems and followers of other faiths, to go in their footsteps"”and be truly human beings, when faced with a similar moral challenge...

Dr. Mordecai Paldiel
Director, Department for the Righteous.
- Yad Vashem-


EGALEMENT ACCESSIBLES SUR INTERNET PARMI D’AUTRES RESSOURCES A DISPOSITION :

- Le discours de Monsieur Alfred Moisiu, Président de la République d’Albanie, prononcé à Oxford le 9/11/2005 :

The Lecture of President Moisiu at the Oxford Forum

"THE INTER-RELIGIOUS TOLERANCE IN THE TRADITION OF THE ALBANIAN PEOPLE."


-Un article écrit par Madame Cloyes-DioGuardi, politologue et Executive Director de l’American Albanian Foundation :

"JEWISH SURVIVAL IN ALBANIA AND THE ETHICS OF BESA"

Congress Monthly, January/February, 2006 edition, pages 7-10. Copyright by the American Jewish Congress, New York, NY.

Article disponible sur le site : www. Simbadi.com
Rubrique : Liens Préférés : " Jewish in Albania"


-La vidéo et l’enregistrement (extraits) d’un discours prononcé par le Sénateur Charles Schumer à l’occasion d’une soirée organisée par l’Albanian American Civic League le 10 mars 2006 :

SENATOR CHARLES SCHUMER’S ADDRESS AT THE ALBANIAN AMERICAN CIVIC LEAGUE’S HISTORIC DINNER.


-La résolution présentée au Sénat des Etats-Unis par Messieurs les Sénateurs Charles Schumer et John McCain le 27 juin 2006 :

June 27, 2006

IN THE SENATE OF THE UNITED STATES

RESOLUTION

Commending the people of Albania on the 61st anniversary of the liberation of the Jews from the Nazi death camps, for protecting and saving the lives of all Jews who lived in Albania, or sought asylum there during the Holocaust.

Whereas at the start of World War II, approximately 200 Jews lived in the Republic of Albania, and approximately 1800 Jews escaped to Albania from Western Europe and the former Yugoslavia ;

Whereas in 1934, United States Ambassador to Albania Herman Bernstein wrote that, There is no trace of any discrimination against Jews in Albania, because Albania happens to be one of the rare lands in Europe today where religious prejudice and hate do not exist, even though Albanians themselves are divided into three faiths.'; Whereas based on their unique history of religious tolerance, Albanians sheltered and protected Jews, even at the risk of Albanian lives, beginning with the invasion and occupation of Albania by Mussolini's Italian fascists in 1939;   Whereas after Germany occupied Albania in 1943 and the Gestapo ordered Jewish refugees in the Albanian capital of Tirana to register, Albanian leaders refused to provide a list of Jews living in Albania, and Albanian clerks issued false identity papers to protect all Jews who travelled to and hid in Tirana; Whereas Albanians considered it a matter of national pride and tradition to help Jews during the Holocaust, and due to the actions of many individual Albanians, virtually the entire native and refugee Jewish community in Albania during World War II survived the Holocaust;   Whereas Albania had more Jewish residents after World War II than before World War II; Whereas in June 1990, Jewish-American Congressman Tom Lantos and former Albanian-American Congressman Joe DioGuardi were the first United States officials to enter Albania in 50 years and received from the Communist Party leader and Albanian President Ramiz Alia a thick file from the Communist archives containing the records of the unpublicized heroicdeeds of hundreds of Albanians who rescued Jews during World War II;   Whereas Joe DioGuardi, upon returning to the United States, sent the file for authentication to Yad Vashem, the Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Museum in Jerusalem, Israel;   Whereas Yad Vashem has thus far designated 63 Albanians asRighteous Persons’ and Albania as one of the Righteous Among the Nations';   Whereas in February 1995, Congressmen Tom Lantos, Benjamin Gilman, and Jerrold Nadler and former Congressman Joe DioGuardi spoke at a ceremony at the United States Holocaust Memorial Museum in Washington, DC, commemorating the addition of Albania to the museum'sRighteous Among the Nations’ installation ;

Whereas based on the information authenticated by Yad Vashem, Jewish-American author and philanthropist Harvey Sarner published Rescue in Albania' in 1997, to call international attention to the unique role of the Albanian people in saving Jews from the Nazi Holocaust;   Whereas in October 1997, the Albanian American Civic League and Foundation began the distribution of 10,000 copies ofRescue in Albania’ with forewords by Congressmen Lantos and Gilman to bring to the attention of the Jewish people and their leaders in particular the plight of Albanians living under Slobodan Milosevic in order to forestall another genocide ;

Whereas on May 15, 2005, Jews and Albanians gathered in New York City in a Salute to Albanian Tolerance, Resistance, and Hope: Remembering Besa and the Holocaust' on the occasion for the 60th anniversary of the liberation of the Nazi death camps; and   Whereas in a statement presented at the ceremony Dr. Mordechai Paldiel, Director of the Department for the Righteous at Yad Vashem, commemorated the heroism of Albanians asthe only ones among rescuers in other countries who not only went out of their way to save Jews, but vied and competed with each other for the privilege of being a rescuer, thanks to besa’, the code of honor that requires Albanians to save the life of anyone seeking refuge, even if it means sacrificing his own life : Now, therefore, be it Resolved, That the Senate—

(1) commends the people of Albania for protecting and saving the lives of all Jews, both native and refugee, living in Albania during the Holocaust ;

(2) commends Yad Vashem in Israel and encourages others to recognize Albanians who took action to protect Jews during the Holocaust for their great
courage and heroism ; and

(3) takes this occasion to reaffirm its support for close ties between the United States and Albania.


P.S. Je tiens naturellement à la disposition de tous ceux qui le souhaiteraient un grand nombre de documents historiques et de témoignages relatifs au sujet évoqué.
Documents souvent utiles afin d’éviter toute confusion entre Albanie et territoires annexés à cette dernière sous occupation mussolinienne et nazie : cf. "Grande Albanie".

Toutes contributions se rapportant au sujet traité sont également toujours les bien venues.

J’en profite pour remercier toutes les personnes qui ont eu l’extrême amabilité de m’avoir adressé de précieux témoignages et références.


Considération renouvelée.

Claire.

18/09/2006 20:53 par Claire

A propos du roman à caractère historique de Neshat Tozaj :

"Ils n’étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944"

La contribution de Monsieur Pierre Stambul, Vice président de l’Union Juive Française pour la Paix, article
rédigé à l’attention de l’auteur :

Extrait de la contribution adressé avec l’aimable autorisation de Monsieur Pierre Stambul.

UNE HISTOIRE OUBLIEE

A travers un roman qui se déroule en Albanie pendant les années 30 puis la guerre et qui s’appuie sur des événements réels, Neshat Tozaj (*) nous rappelle un épisode historique largement inconnu, aussi bien en France, que parmi les Juifs du monde entier.

Même dans les pires périodes de la barbarie Nazi et du génocide, s’il y a eu des gens qui ont basculé dans le racisme le plus abject, la collaboration et le crime de masse, il y en a eu aussi que rien ne prédisposait à la moindre forme « d’héroïsme » et qui ont résisté, moralement et les armes à la main, à l’inhumanité.

L’attitude de la grande majorité du peuple albanais pendant l’occupation rappelle un peu celle des paysans protestants français du Chambon-sur-Lignon qui ont sauvé des centaines d’enfants juifs en les dissimulant parmi leurs propres enfants.
La communauté juive albanaise n’a jamais été très nombreuse. Si une présence juive ancienne en Albanie semble certaine, les Juifs albanais descendent probablement des Juifs accueillis par l’empire ottoman dès le XVe siècle et dispersés dans l’empire. Population urbaine et instruite dans une Albanie très rurale, ils n’ont jamais subi de persécution. Le livre décrit cette rencontre entre deux mondes très différents, la petite communauté juive et les communautés villageoises qui se sont structurées avec de grandes traditions d’hospitalité et d’entraide.
Quand la guerre éclate, en même temps que le parti communiste albanais va très vite organiser la résistance de tout un peuple et l’auto organisation des villages, cette résistance va organiser le sauvetage de la communauté juive. Mieux, les villages albanais vont accueillir et cacher des Juifs fuyant l’Europe de l’Est. Aucune déportation n’a eu lieu dans le pays. Le livre relate la véritable fraternisation qui s’est déroulée. Il faut savoir que les Albanais ont aussi accueilli des soldats italiens (qui les avaient pourtant envahis) après la capitulation de1943. [...]

L’Albanie des années tragiques montre que l’antisémitisme n’est pas inéluctable et qu’une véritable entente entre un peuple et une minorité qui vit chez lui est possible.

On a aussi souvent donné une image très négative de l’Albanie : dictature stalinienne, naufrage économique, mafia. Neshat Tozaj nous restitue un peuple humain, hospitalier, solidaire, généreux. Des structures villageoises d’entraide ont permis l’émergence d’une résistance nationale qui a contrôlé les montagnes de l’intérieur pendant toute la guerre.

Merci à l’auteur de nous avoir rappelé cette histoire édifiante.

Pierre Stambul

Vice-président de l’Union Juive Française pour la Paix, UJFP

(*) « Ils n’étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944 », Neshat Tozaj, Editions S.d.E (La Société des Ecrivains)


Exemples de témoignages de personnes ayant trouvé refuge en Albanie sous l’occupation nazie. Témoignages adressés dans leur langue d’origine afin de ne pas altérer leur authenticité.

"Farewell, Albania, I thought. You have given me so much hospitality, refuge, friends, and adventure. Farewell, Albania. One day I will tell the world how brave, fearless, strong, and faithful your sons are ; how death and the devil can’t frighten them. If necessary, I’ll tell how they protected a refugee and wouldn’t allow her to be harmed even if it meant losing their lives. The gates of your small country remained open, Albania. Your authorities closed their eyes, when necessary, to give poor, persecuted people another chance to survive the most horrible of all wars. Albania, we survived the siege because of your humanity. We thank you."

Irene Grunbaum.

— -

..."There is a small country in the heartland of Europe called Albania where I was fortunately born, where hospitality to foreigners is part of their tradition. During the Second World War, not only did the Albanians save all the Jews who were living among them but they dared to share their homes, their food and their lives with them. Albania has its share of Oscar Shindlers, and, indeed, so many that we could never have thanked each glorious one of them.

Let us be reminded that not one - not one - of the Jews living in Albania, or those who sought refuge there were turned over to the fascists - all found a safe haven at great danger to their protectors."...

Dr. Anna Kohen.

— -

"All Israelis that came from Albania were saved thanks to the generous sentiments of the Albanian people that considered it as a moral duty to protect in their own houses every persecuted emigrant... The marvelous and noble attitude of the Albanian people needs to be known because they deserve the world’s and every cultured man’s thankfulness… Even the poor peasants, not only received Jews in their homes, but also shared with them their last piece of bread.’ Another Jew, Nisim Bahar that got saved from the hands of the Nazis that wanted to execute him in Fier, wrote to his sister in law, Zhulia Kantozi : "˜I am in Ohrid I have climbed a hill on the lakeside and I see Pogradec. How I missed that country ! If I could have wings to fly, I would come to kiss that holy Albanian land that saved my life."

Samuel Mandili (1945)

— -

..."Albania was one of the only European countries that did not turn over a single Jew to the Germans. There simply were no deportations from Albania.
My parents and I, along with many other German and Austrian families, found refuge in Albania and were hidden by Albanians during the German occupation of that country. In 1941, when Germany occupied Yugoslavia, hundreds of Yugoslavian Jews were able to escape to the safety of Albania because the Albanian government opened the border at Kosovo and let as many Jews into the country as were able to escape from the pursuing German army. It is a documented fact that the German general in Belgrade knew the names of all those who had escaped across the border and demanded their return within 48 hours. The Albanian government, instead of turning over even a single Jew, dispersed them in villages and on farms, gave them Albanian names and documents and then reported back to the German general in Belgrade : "We know no Jews. We know only Albanians."
... Albanians, whether Muslim or Christian, are the most hospitable, generous and kind human beings. It should be emphasized that this was not just an act of their customary, known hospitality, this was an act of personal courage. They simply placed their belief in the necessity to help those in need above their and their family’s safety.

Johanna J. Neumann, Silver Spring, MD


Considération renouvelée.

Claire.

(Commentaires désactivés)