Une ONG fait son fond de commerce de la défense de la liberté d’expression. S’écartant de la fiction, un romancier va l’étudier de près et dévoiler son autre visage. Il ignore alors à quel point il dérangera des mastodontes médiatiques. Sans y être préparé, il va être jeté, dans la tourmente : menaces de procès, omerta, puis instrumentalisation, interviews piégés, mensonges, calomnies, coups fourrés, perfidies et autres chausse-trapes. Il observe les pressions exercées sur ceux qui veulent parler de son livre. Il recueille les confidences de journalistes et intellectuels contraints au silence et de ceux qui ont résisté. Il devrait être abattu : il en rit comme au spectacle d’une comédie moderne. Pédagogue, il explique par quelle astuce il est sorti, indemne et droit, de cette jungle « où maraudent les chacals et les hyènes en service commandé ». Le Grand Soir lui a demandé de raconter son aventure...
Alors que son organisation, Reporters sans Frontières, se trouve sous la loupe du Government Accountability Office (GAO), à Washington, pour être un des principaux bénéficiaires du Center for a Free Cuba impliqué dans une fraude gigantesque, Robert Ménard annonce à Paris qu’il abandonne son poste de secrétaire général parce qu’il a « envie de faire autre chose ».
Coup de théâtre dans le Landernau médiatique, vendredi 26 septembre 2008 : Robert Ménard, parti pour être big chief à vie de l’association RSF la quitte précipitamment avant mardi. On dirait un licenciement de cadre ou de présentateur de la télé : "T’es viré, rend l’ordinateur et le badge de parking, tu vides ton bureau lundi et mardi t’es plus là ".
Reporters sans frontières (RSF) garde un silence total depuis quelques jours sur la scandale de corruption qui dégringole sur les principales sources de fonds aux Etats-Unis, le Cuban Freedom Center, de l’agent de la CIA, Frak Calzon, ami personnel du Secrétaire perpétuel et autoproclamé de l’organisation française Robert Ménard.
Aucun organe de presse français ne l’a publié à l’époque, mais la presse taïwanaise en a fait grand état en janvier 2007 : Robert Ménard, le fondateur et secrétaire perpétuel de RSF qui coordonne en ce moment des manifestations hostiles contre la Chine, a reçu officiellement un chèque de 100 000 dollars de Taïwan, pays connu pour son appui aux régimes de droite les plus récalcitrants.
Ménard partout dans les médias, RSf supplantant à la fois Amnesty international, la ligue Internationale des droits de l’homme et tous les syndicats de journalistes, voilà qui commence à agacer ces derniers. Ils envoient des signes pour le dire. Mais ils avalisent par leur silence une monstruosité ménardienne et ne tolèrent pas que d’autres qu’eux fassent le ménage.