Dans « La Haine de l’Occident », le sociologue Jean Ziegler se fait l’interprète du ressentiment des peuples du Sud à l’égard d’un Nord « aveugle et dominateur ».
Ce livre, personne d’autre n’aurait pu l’écrire. Intellectuel suisse versé aux luttes du Sud, davantage écouté à Alger et Porto Alegre qu’à Genève ou Berne, fréquentant les arcanes de l’ONU depuis près d’un demi-siècle, Jean Ziegler seul pouvait dresser le constat implacable qui préside à La Haine de l’Occident (1) : loin de se combler, le fossé entre le Nord et l’immense majorité des habitants de la planète se creuse inexorablement. Fossé économique bien connu, certes, mais surtout fossé intellectuel, sensible, humain, politique. Face à un Sud devenu acteur global, bien décidé à achever la décolonisation, le sociologue dépeint un Occident arrogant, incapable de reconnaître ses torts passés et présents. La folle épopée bolivienne d’Evo Morales servant de modèle paroxystique au rejet de ce (néo)colonialisme et de son dernier avatar, le capitalisme globalisé. S’il n’évite pas quelques imprécisions, La Haine de l’Occident a le mérite d’offrir une analyse originale - entre histoire et sociologie - aux crispations de la société internationale. Un phénomène à la fois salutaire - dans sa dimension émancipatrice - et dangereux - tant il participe au blocage absolu des Nations Unies.
Je crois que nous avons un problème. De Seattle à Prague et San Francisco, nous avons mis en place un style militant qui demande des corrections de mi-parcours.