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Thème : Globalisation/Mondialisation

La grande mue : de l’Etat-Nation à un Etat transnational

Liliane HELD-KHAWAM

La mondialisation ou globalisation des marchés est accompagnée d’une mue de la société. Le Larousse décrit la mue entre autre comme « la dépouille de l’animal qui a mué ». Ci-dessous un exemple de la mue d’une cigale. On voit bien qu’à la fin de sa mue, la cigale émerge et abandonne une carapace ressemblante mais vidée de toute substance.

C’est exactement ce qui se passe à l’heure actuelle au niveau de l’organisation de société au plan mondial. La société était organisée jusqu’à récemment autour mais surtout au sein d’Etats-nations. Ainsi les classes travailleuses avaient développé tout un système de relations avec les tenants du capitalisme à travers des structures publiques ou privées qu’elles soient législatives, syndicales, politiques ou sociales. Ces classes subordonnées aux gouvernants se voient actuellement mises de côté tant au plan politique que professionnel à tous les niveaux de décisions, qu’ils soient étatiques, régionaux, ou locaux. Elles ne comprennent plus ce qui se passe et continuent d’observer cette enveloppe qu’était l’Etat-nation qui semble à son tour inerte telle l’enveloppe de notre cigale. Que s’est-il passé ? Une nouvelle organisation globalisée essentiellement privée a émergé de la carapace des Etats-Nations reléguant ceux-ci aux historiens. Elle est issue de 3 facteurs qui se sont (…) Lire la suite »

Grèce : Un détective pose quelques questions troublantes

Roberto BOULANT

Euh… une dernière p’tite question M’sieurs-Dames. Oh trois fois rien, un dernier p’tit détail et puis-je vous laisse. Je sais que vous êtes très occupés ces temps-ci ! Alors voilà, j’ai bien réfléchi et il y a certaines choses que je ne comprends toujours pas :

– Vous M. Hank Paulson, président de Goldman Sachs à l’époque, vous avez aidé la Grèce à emprunter des milliards d’euros en secret. Ensuite, grâce à votre ingénierie comptable, vous l’avez aidé à contourner les règles européennes, celles qui limitent le niveau de la dette publique. Tout cela afin qu’elle puisse rentrer dans l’Euro... pendant que vous spéculiez contre elle. C’est bien ça, n’est-ce pas ? – Vous M. Wim Duisenberg, alors que vous étiez président de la BCE et lauréat du prix De la vision pour l’Europe, vous avez donné votre accord à l’entrée de la Grèce dans l’Euro... sans voir que ses comptes étaient aussi maquillés qu’une voiture volée. Vous devez être très myope, n’est-ce pas ? – Vous M. Trichet, successeur de M. Duisenberg, demandez à la Grèce pas plus tard qu’hier matin, je vous cite, « de présenter un plan crédible ». Et quand vous étiez en fonction, vous disiez que le pays devait, je cite toujours, « corriger avec la plus extrême vigueur sa trajectoire (…) Lire la suite »
Nous devons fermer nos frontières aux produits étrangers que nous pouvons produire aisément

Algérie. L’OMC, un non-événement. La nécessité du compter sur soi

Chems Eddine CHITOUR

« Nous avons abandonné le pouvoir aux grandes entreprises, et nous allons connaître une vague de corruption sans précédent qui va s’infiltrer jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État. Les forces de l’argent vont tenter de se maintenir au pouvoir en excitant les classes sociales les unes contre les autres jusqu’à ce que toute la richesse se trouve concentrée dans quelques mains et que notre République s’effondre. J’éprouve en ce moment plus d’inquiétude pour mon pays que je n’ai jamais eu, même en temps de guerre. » Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis d’Amérique.

Le débat sur l'OMC qui agite la société est de notre point de vue un non-événement tant que l'on ne dit pas de quoi il s'agit s'il est vrai que nous ne devons pas rester en marge du monde. Il nous faut montrer constamment notre volonté d'adhésion à l'OMC dans un partenariat Winn-Winn et non Winn-Lose. Pour l'histoire ce que l'on claironne comme 150 pays ayant adhéré en dehors de la dizaine de pays occidentaux auxquels il faut ajouter quelques pays du Brics, tous les autres pays sont à des degrés divers des losers, des perdants, des éclopés d'une mondialisation laminoir dimensionnée à la taille des plus grands. Pourquoi ne pas envisager une adhésion avec les grands ensembles qui se constituent en dehors de l'OMC qui est devenue une coquille vide depuis l'échec de Doha il y a dix ans et dont on n'a pas mesuré les causes profondes qui sont celles du chacun pour soi. A telle enseigne que les grands pays s'organisent entre eux et font cohésion pour dépecer les plus faibles. Il en (…) Lire la suite »
Faire marcher la France au fouet vers une domination économique et financière toujours plus violente.

Pourquoi Valls joue avec nos peurs

Benjamin KÖNIG

C’est une hydre à deux têtes, la mâchoire d’un étau qui se referme inexorablement. La figure de la guerre au terrorisme et la figure du fasciste, montées en épingle jusqu’à l’écœurement pour effaroucher le « bon peuple ».

La peur est partout, pour tous les salariés, les précaires, les chômeurs, les dominés, qui doivent accepter sans broncher exploitation et reculs sociaux au prétexte d’une « extrême-droite aux portes du pouvoir », selon la formule de Manuel Valls. En échec, impopulaire comme personnne avant lui, il ne reste à l’exécutif que la stratégie de la peur. Peur pour tous les citoyens, qui devraient regarder leur voisin comme un égorgeur potentiel. Et c’est la guerre, la guerre, toujours recommencée. Guerre contre un « ennemi intérieur », dixit le premier ministre, ces « grenades dégoupillées » – la formule est du premier secrétaire socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. Ca peut être notre voisin de palier, notre collègue de travail. Bien évidemment, il ne se trouvera personne pour remettre en cause la réalité d’un terrorisme mondialisé, d’une abjection qui a coûté la vie à Hervé Gourdel. De la même façon qu’il serait irresponsable de nier la probabilité d’un attentat ou de toute autre (…) Lire la suite »
Un monde se meurt, un autre est en train de naître

Tandis que l’Europe frileuse, aveugle et couarde se vautre dans la couche de l’OTAN…

Valet MATTI

Souvent, on se laisse persuader que le monde est le monde occidental, ou plus exactement, celui qui met ses pas dans les rangers de l’Oncle Sam. Mais ce monde-là est en déclin, son avenir est derrière lui. Un autre monde émerge et personne ne nous dit comment.
Notre collaborateur Valet Matti nous éclaire sur une gestation que mille ogives nucléaires ne sont en mesure d’interrompre. Ces informations s’ajoutent à celles que LGS traite abondamment et qui concernent la création d’alliances par lesquelles les pays d’Amérique du Sud confortent leur capacité à se soustraire à l’emprise des USA.

Ainsi vous est proposée une autre vision du monde présent et du monde de demain.

Le Grand Soir

Les BRICS (Brazil,Russia, India, China, South Africa) vont établir une banque de développement et un accord de fonds de réserve FORTALEZA (Brésil), 15 juillet (Xinhua) — Le bloc des pays émergents BRICS a annoncé mardi un plan pour établir une Banque de développement et un accord de fonds de réserve. Les cinq membres du groupe — Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud — ont tracé l'ébauche d'une Nouvelle Banque de Développement (NBD) et d'un Accord de fonds de réserve dans la déclaration publiée à l'issue de leur sixième sommet à Fortaleza. La NBD, dont le siège sera à Shanghai, aura un capital initial autorisé de 100 milliards de dollars, et son capital initial souscrit de 50 milliards de dollars sera partagé à égalité entre les membres fondateurs, selon la déclaration de Fortaleza. Les cinq pays ont décidé que le premier président du conseil des gouverneurs serait russe, le premier président du conseil d'administration serait brésilien, et que le premier président (…) Lire la suite »
Nostalgie, quand tu nous tiens...

La petite bille dans l’espace

Gaëtan PELLETIER
Quand j’étais enfant, je jouais aux billes. Et c’était la plus importante des choses. Dans un tout petit village qui est resté un petit village aux maisons délabrées, aux champs immenses, mais côtés, là où le parfum des vaches laissait son parfum partout. On habitait entre la bille et le ciel. On aurait dit un vase de verre, avec une coupole bleue. C’était un village-nid, bien tranquille. J’allais fouiner, au printemps, dans les mares, pour voir les têtards. Cette vie infime et grouillante me passionnait. Je n’étais pas cloisonné dans une cloche de verre, c’était un lustre strié de nuages, de la beauté des étés brûlants, quand ma mère, ma tante et moi allions aux fraises des champs. Les marguerites ballaient au vent, les bourdons tournoyaient comme des OVNIS, tout bougeait, même les nuages en convoi sur notre ciel. Toute cette vie était réelle. Toute cette vie était comme un village qui aurait pu se nommer « Charming ». Les gens s’aimaient, les gens se haïssaient, et il y en (…) Lire la suite »

Le O.K sur glace

Gaëtan PELLETIER
Voilà un temps à ne pas mettre un pas dehors… C'est une ère de jeux où l'amour pour l'humain s'est figé en un morceau de glace. Le jeu est un plat qui se mange froid. On dirait une partie de hockey où tout le monde dérape… On patine, on potine, mais s'il n'y a rien sur la table pour les pauvres, les riches se font des coffres-forts qui ne servent… à rien. Des sandwichs à l'or, ça n'existe pas. Ce qui me fait penser aux descriptions des parties de hockey sur glace. Et c'est parti ! *** La foule commence à danser, s'agite, attend impatiente... Hollande garde les buts. Cahuzac compte dans les filets du socialisme en enfilant ses avoirs dans… un ailleurs. Au Canada, le premier ministre coupe fait une réforme de l'Assurance-emploi. De la sueur des travailleurs, on pourra acheter des avions, des bateaux, pour combattre les ennemis des « amis ». Tous les riches jouent du bâton et traînent la rondelle de leur fortune vers des abris fiscaux. Le pauvre se retrouve dans le (…) Lire la suite »

Le monde en 2020 selon la CIA

Pierre le Roy

Pour vous, et pour moi aussi jusqu’à récemment, la CIA (Central Intelligence Agency) était sans doute un organisme mystérieux fermé à toute publication sur Internet ; eh bien, détrompons-nous : non seulement la CIA a un site Internet, mais encore on peut y trouver des informations très intéressantes pour tous ceux qui, à l’image des lecteurs de GLOBECO, veulent comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain …

Ainsi, cette vénérable institution vient de publier, sous le timbre de son « Conseil national du renseignement » une étude passionnante de 123 pages qui s'appelle : « Projet 2020 du conseil national du renseignement » (en Anglais : « National Intelligence Council's 2020 project »), que vous pouvez trouver très facilement in extenso sur le site de la CIA ; à vrai dire, ce n'est pas la première fois que la CIA se livre à cet exercice : dans le numéro de GLOBECO consacré à 2020, j'avais déjà fait mention de ces travaux que la CIA renouvelle tous les 5ans ; la dernière fois, l'étude concernait 2015 ; cette fois, l'horizon est 2020. La méthode est toujours la même : la CIA désigne deux ou trois « chefs de projet » parmi les plus prestigieux des chercheurs du monde entier, ou du moins des Etats-Unis ; ces derniers s'entourent eux-mêmes des meilleurs « stratèges » mondiaux, et pas seulement étatsuniens ni occidentaux, concernant les grands problèmes du monde actuel ; ils tiennent des (…) Lire la suite »

Comment la mondialisation a tué l’écologie

Aurélien BERNIER
Le débat scientifique sur la réalité du changement climatique a ses imposteurs. Mais, en matière d'environnement, les plus grandes impostures se situent dans le champ politique. Lorsque l'écologie émerge dans le débat public au début des années 1970, les grandes puissances économiques comprennent qu'un danger se profile. Alors que la mondialisation du capitalisme se met en place grâce à la stratégie du libre échange, l'écologie politique pourrait remettre en cause le productivisme, l'intensification du commerce international et les délocalisations de l'industrie vers les pays à bas coût de main-d'oeuvre. Avant même que la communauté internationale ne se réunisse pour débattre des crises environnementales, les tenants de la mondialisation rédigent les conclusions : aucune mesure de protection de l'environnement ne devra entraver le commerce. Depuis quarante ans, un pacte tacite s'est instauré : au sein des gouvernements, des institutions internationales, lors des grands (…) Lire la suite »
Comment la globalisation en Asie est née dans un bain de sang

Globalisation en Indonésie : le pillage après le massacre

John PILGER

Voici un texte rédigé en juillet 2001. "Si vous connaissiez la vérité sur ce qui s’est passé en Indonésie, vous comprendriez parfaitement vers quoi on nous entraîne aujourd’hui..." ou comment la globalisation en Asie est née sur l’un des plus grands (et plus méconnus) massacres du 20ème siècle - sur fond de désinformation médiatique et préparation du coup d’état au Chili.

14 juillet 2001 : Il y a 35 ans, une dictature militaire s'est instaurée en Indonésie et un million de personnes étaient tuées pendant qu'on déroulait un tapis rouge au capitalisme occidental. Ce fut le début de la globalisation en Asie, un modèle du genre qui nous a légué sweatshops et corruption. En survolant (la capitale) Jakarta, il n'est pas difficile d'imaginer pourquoi la ville cadre bien avec la description de l'Indonésie par la Banque Mondiale. Des nombreux lauriers attribués par la Banque Mondiale à l'Indonésie, le dernier en date était « élève modèle de la globalisation ». C'était il y a presque quatre ans, au cours de l'été 1997. En quelques semaines, le capital global avait fui le pays, la bourse et la monnaie nationale s'étaient effondrées, et le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue a frôlé les 70 millions. L'année suivante, le Général Suharto a été obligé de démissionner après 30 ans de dictature, en emportant avec lui une indemnité de (…) Lire la suite »