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Thème : Climat

La bataille idéologique de la finance carbone

Aurélien BERNIER

La crise financière tombe décidément bien mal. Au delà des gigantesques pertes qu’elle provoque et du chaos dans lequel elle plonge l’économie, elle marque aux yeux du public l’échec cuisant des politiques néo-libérales. Elle survient au moment même où la sphère de la finance s’apprêtait à gagner un terrain considérable, en particulier sur le plan idéologique. Comment ? Grâce à l’alibi de la crise environnementale, en imposant le marché dérégulé à tous les étages où il n’était pas encore présent.

Pour la communauté internationale, le problème du changement climatique relève de la quadrature du cercle. La dérégulation bat son plein. Le libre-échange ne cesse de progresser et d'accomplir le transfert de pouvoir du politique vers les multinationales. Les mots d'ordre sont « moins d'Etat », « pas de taxe », « pas d'entrave au commerce ». L'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'emploie à supprimer toute barrière commerciale sans jamais se soucier de formation des prix, de dumping ou de cohérence dans les politiques monétaires. Dans les années 70, les grandes puissances économiques avaient déjà apporté leur réponse à l'émergence des préoccupations environnementales dans le débat public. Il s'agissait bien-sûr du développement durable, qui évacuait toute réflexion sur le contenu de la croissance et confiait la résolution des problèmes à la techno-science et aux entreprises elles-mêmes, censées s'auto-responsabiliser. Avec le résultat que l'on sait, la dégradation des (…) Lire la suite »

Quand le changement climatique se joue en Bourse

Aurélien BERNIER

La conférence internationale d’Accra (Ghana) sur le changement climatique s’est achevée le 27 août dernier. Le constat, à l’heure de sa clôture, était le même que pour les rencontres précédentes : quelques avancées timides, mais aucun accord global de réduction des gaz à effet de serre en vue. Et malheureusement, cette conclusion pourra sans doute resservir pour la prochaine rencontre, qui se déroulera à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre. Car, face à cette menace écologique gravissime, la communauté internationale est littéralement prise au piège des choix politiques qu’elle effectue depuis près de trente ans.

L'histoire de la prétendue lutte contre le changement climatique est en fait l'histoire d'un hold-up... Dans les années 90, l'opinion publique découvre ce phénomène et, si l'on se réfère au constat des spécialistes, ses origines humaines : la production, les déplacements, les consommations d'énergie rejettent des gaz à effet de serre qui perturberaient le climat. Il faut donc agir pour réduire ces émissions. Mais sans réglementer, bien-sûr, puisque l'on vit une époque libérale où la réglementation, la contrainte, l'action politique même, sont des reliques des temps anciens... Alors, de géniaux économistes préconisent un solution « optimale », avec le marché des droits à polluer. Il faut donner des droits à émettre des polluants (en l'occurrence, le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre émis par l'homme), établir des titres de propriété, et permettre aux acteurs de vendre et d'acheter ces titres sur un marché. Dès lors, on donne un « prix » à la pollution, prix (…) Lire la suite »

Le Climat otage de la finance

Aurélien BERNIER
Pour la première fois dans son histoire, le système économique est confronté à une crise environnementale qui, par son ampleur, pourrait menacer sa survie. Le changement climatique, présent dans presque tous les médias, est maintenant à l'ordre du jour de la plupart des rencontres internationales, des Nations unies au G8 en passant par les sommets européens. Mais l'alerte lancée par les scientifiques ne suffit pas à transformer les financiers en écologistes. Dès l'élaboration du Protocole de Kyoto en 1997, les réponses apportées par la communauté internationale se sont inscrites dans une logique néolibérale assumée, dans sa déclinaison la plus caricaturale : en organisant un marché des « droits à polluer ». Ce livre montre comment la solution du marché s'est imposée sans aucun débat démocratique, dans l'ombre des négociations internationales. Il en décrit les conséquences, et notamment l'apparition d'un nouveau créneau spéculatif (celui des gaz à effet de serre) qui rappelle à (…) Lire la suite »

Gustav : Cuba de nouveau blessée

Jacques-François BONALDI
Cuba de nouveau blessée. Gustav, frappant de plein fouet l'île de la Jeunesse et (de nouveau) la province de Pinar del Rà­o, a fait des dégâts énormes sur son passage. Les appareils de Paso Real de San Diego ont mesuré une rafale de 340km/h avant d'être emportés, et les spécialistes estiment qu'il y a eu des poussée de plus de 400 km/h que les appareils ne peuvent mesurer faute d'avoir été conçus pour ça. Sur l'île de la Jeunesse, cent pour cent du service électrique a été touché ; une barge s'est retrouvé à Nueva Gerona ; à Pinar del Rà­o, environ 80 000 logements touchés, 80 pylônes de haute tension par terre, des centaines de séchoir à tabac envolés, etc. Bref, des millions de pertes pour l'économie. Mais pas un mort ! (contre une centaine dans le reste des Caraïbes, entre Saint-Domingue, Haïti et la Jamaïque). La Havane a été relativement épargnée et n'a souffert que de maux mineurs. Mais le plus impressionnant, c'est l'attitude de la population. Bien entendu, comme toujours, (…) Lire la suite »

Le Grenelle de l’ environnement a du plomb dans l’aile !

SUPERNO
Mercredi 13 Février 2008. Au lendemain du "Grenelle de l'environnement" , les réactions pouvaient globalement se diviser en deux catégories : d'un côté les enthousiastes optimistes naïfs, et de l'autre les cassandre dubitatifs réalistes (rayez les mentions inutiles) . Il faut bien reconnaître que les premiers étaient, et de loin, les plus nombreux. Ce n'est pas pour autant qu'ils ont eu raison. Rappelez-vous la conclusion en grande pompe (pointure 36) de Sarkozy, lyrique devant un Al Gore pâmé ! Quelle bouffonnerie ! Car une fois le décor démonté, le ton a nettement changé. Malgré les serments la main sur le coeur, et notamment l'annonce du gel des projets autoroutiers, l'autoroute Langon-Pau a été confirmée. Et peu après, le tronçon Angers-Vierzon inauguré. Et que dire de l'infâme rapport du non moins infâme Attali, qui vient de se rappeler à notre bon souvenir en contraignant les taxis à bloquer les villes pour sauver leur peau ? Une bonne nouvelle néanmoins (…) Lire la suite »

Marché du carbone : plus de quotas, pas d’emploi ? "” L’affaire du haut-fourneau 6 d’Arcelor Mittal à Seraing.

Daniel TANURO

La région de Liège, en Belgique, est le théâtre d’un bras de fer entre la direction d’Arcelor Mittal, les organisations syndicales et le gouvernement de la Région wallonne. Enjeu du conflit : qui doit payer les quotas de CO2 nécessaires à la remise en activité du haut-fourneau 6 de Seraing ? Le patronat ou la collectivité ? L’affaire montre clairement que la stratégie climatique basée sur les mécanismes de marché fait le jeu des employeurs et pousse le mouvement syndical dans une position de défensive aggravée.

2 février 2008 Dernière minute : Cet article était déjà écrit lorsqu'un accord est finalement intervenu, le 1er février, entre la Région Wallonne et Arcelor Mittal. L'accord stipule que, sur les quelque 4 millions de tonnes de quotas de CO2, annuellement nécessaires à leur fonctionnement, le numéro 1 mondial de l'acier apportera finalement 1,4 million de tonnes ; l'Etat fédéral prendra 600 000 tonnes à sa charge, la Région wallonne, l'essentiel, avec 1,7 million de tonnes, plus une réserve de 600 000 tonnes par an. Le conflit dont il est question ci-dessous est donc clos. Il nous semble néanmoins intéressant d'y revenir, car la problématique est intéressante et pourrait se reproduire à l'avenir. Comme le disait un ouvrier : « C'est pourtant pas logique que ce soient les contribuables qui paient, alors que lui (Mittal) est plein aux as. En même temps, on ne va sûrement pas s'en plaindre » (L.L.B, 2/2/ 2008) (NDLR) Nouveau propriétaire de l'entreprise sidérurgique wallonne (…) Lire la suite »

Comment les mécanismes du marché pourrissent le climat.

Daniel TANURO
Calentamiento global, Enrique Lacoste. solidaritéS, 28 novembre 2007. En ces temps d'écologisme mou, les propositions de taxation des activités produisant des gaz à effet de serre ou des émanations écologiquement nocives ont le vent en poupe. C'est même devenu la marque de fabrique de courants comme « écologie libérale » ou les Verts libéraux alémaniques. Les droits d'émissions ont moins bonne presse - les Verts les rejettent - tant leur efficacité paraît douteuse. C'est pourtant les deux mesures essentielles que propose le marché pour « sauver le climat ». Une prétention largement injustifiée, comme le montre l'étude de Daniel Tanuro que nous publions ci-dessous. Ingénieur agronome, Daniel Tanuro publie régulièrement dans les colonnes de notre journal. En mars, nous avions publié du même auteur un cahier émancipations intitulé Le diable fait les casseroles, mais pas les couvercles. Défense du climat et anticapitalisme. (no 104, du 14.3.07). La contribution qui suit (…) Lire la suite »

Petite fable écologique et sociale.

Michel HUSSON
Noël 2007 Imaginons un pays qui ne produit que des automobiles. Cette société est composée de 80 salariés et de 20 rentiers. Chaque rentier reçoit un revenu double de celui d'un salarié. Il le consacre à l'achat d'un 4x4 par ailleurs deux fois plus cher à produire et deux fois plus polluant que les 80 voitures que consomment les 80 salariés. Imaginons maintenant une sorte de Grenelle qui réduit le revenu des rentiers de manière à ce qu'ils puissent n'acheter que des voitures normales, comme les salariés. Et faisons les comptes. Le PIB valait 120 (puisque les 4x4 comptaient double) et il baisse à 100. Il y a donc « décroissance » de 20 %. Le temps de travail des salariés s'est réduit dans la même proportion sans que leur niveau change. Et puisque les 4x4 étaient deux fois plus polluants, les émissions totales de CO2 ont été également réduites de 20 %. La seule différence est dans la répartition du revenu : la part des salaires a augmenté, passant de 66,6 % (80 sur 120) à 80 % (…) Lire la suite »

Conférence de Bali sur le climat : premiers jugements à chaud.

Daniel TANURO
Europe Solidaire Sans Frontières, 20 décembre 2007. Que penser du résultat de Bali ? Le fait que les objectifs chiffrés du GIEC n'ont pas été repris explicitement et directement dans la feuille de route conduit certains à parler de réunion pour rien, de victoire des USA, etc. C'est le sens de la chronique de George Monbiot dans le Guardian (« we have been suckered by the US, once again ») (17/12/07). Cette analyse est contestable. Les médias se sont focalisés sur la question des recommandations chiffrées du GIEC et du bras de fer UE-USA concernant la référence à ces recommandations chiffrées dans la feuille de route. C'est un enjeu important, mais il peut produire un artefact. La conférence n'est pas un échec du point de vue de ses organisateurs. Elle a décidé d'élaborer un accord pour prendre le relais de Kyoto. L'intention affichée est de déboucher en 2009, à la quinzième conférence des parties (COP 15), sur un nouvel accord. Celui-ci devra fixer un « objectif de long terme » (…) Lire la suite »

Lutte pour le climat et anticapitalisme

Daniel TANURO
Dimanche 2 décembre 2007. Le dimanche 9 septembre, au cours de l'Ecole d'été de la Formation Léon Lesoil, Daniel Tanuro a donné une formation sur "changer le monde, pas le climat". Nous reproduisons ici de larges extraits de son exposé, sur la responsabilité capitaliste dans le changement climatique et les conclusions stratégiques à en tirer. Notre relation avec l'environnement naturel dont nous faisons partie est médiatisée par le travail social et par l'outil qui prolonge notre main. Il en découle que nous prélevons dans l'environnement des ressources, notamment des ressources énergétiques, qui sont proportionnellement supérieures à ce que prélèvent les autres espèces animales : nous prélevons des ressources non seulement pour nous alimenter mais aussi pour fabriquer des outils, des vêtements, des logements, des moyens de transport, etc. De plus, la société humaine ne se reproduit pas à l'identique, elle se développe : les outils, les techniques, les systèmes changent et la (…) Lire la suite »