La crise financière tombe décidément bien mal. Au delà des gigantesques pertes qu’elle provoque et du chaos dans lequel elle plonge l’économie, elle marque aux yeux du public l’échec cuisant des politiques néo-libérales. Elle survient au moment même où la sphère de la finance s’apprêtait à gagner un terrain considérable, en particulier sur le plan idéologique. Comment ? Grâce à l’alibi de la crise environnementale, en imposant le marché dérégulé à tous les étages où il n’était pas encore présent.
La conférence internationale d’Accra (Ghana) sur le changement climatique s’est achevée le 27 août dernier. Le constat, à l’heure de sa clôture, était le même que pour les rencontres précédentes : quelques avancées timides, mais aucun accord global de réduction des gaz à effet de serre en vue. Et malheureusement, cette conclusion pourra sans doute resservir pour la prochaine rencontre, qui se déroulera à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre. Car, face à cette menace écologique gravissime, la communauté internationale est littéralement prise au piège des choix politiques qu’elle effectue depuis près de trente ans.
La région de Liège, en Belgique, est le théâtre d’un bras de fer entre la direction d’Arcelor Mittal, les organisations syndicales et le gouvernement de la Région wallonne. Enjeu du conflit : qui doit payer les quotas de CO2 nécessaires à la remise en activité du haut-fourneau 6 de Seraing ? Le patronat ou la collectivité ? L’affaire montre clairement que la stratégie climatique basée sur les mécanismes de marché fait le jeu des employeurs et pousse le mouvement syndical dans une position de défensive aggravée.