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Autocritique d’une participation « militante » aux Gilets jaunes

De jeunes gilets jaunes provinciaux, plus ou moins « militants » depuis quelques années…

L’explosion Gilet jaune entre le 17 novembre et la fin de l’année 2018 a placé l’ensemble de nos luttes quotidiennes dans une perspective renouvelée. Près d’un an après le début du mouvement, il nous paraît l’heure de faire un bilan. Pour rendre intelligible ce qui s’est produit, certes, mais sans se lancer dans une analyse exhaustive ou détaillée de événement, qui serait bien trop longue. Surtout, ce texte se donne pour objectif de comprendre tant nos manques ou nos ratés, que nos illusions et nos aveuglements, pour essayer d’envisager la suite avec clairvoyance. Autant d’ambitions que nous ne tiendrons sûrement pas, mais qui amèneront, nous l’espérons, de nombreuses discussions.

Une sortie du marasme ?

« Si des révolutionnaires arrivent ainsi à garder en leurs mains les principes du communisme quand tout concourt à son oubli par les hommes, si ces révolutionnaires le font contre vents et marées, tout en les déformant et les livrant déformés aux générations suivantes, en leur livrant que des principes, en tissant de cette façon le fil du temps, il ne faut pas se faire d’illusions. Outre que ce fil est rouge, mais rouge d’un nombre considérable de souffrances endurées pour le tisser, de défections, de suicides, de chutes dans la folie, ce qui correspond à la tragédie du communisme (son impossible réalisation, son absence de base sociale réelle) dans cette période, il faut se rendre compte que les révolutionnaires subsistant ainsi n’existent pas incarnés par leur propre volonté, mais produits également par l’Histoire. Il n’y a pas de contre-révolution si totale qu’elle ne doive lutter continuellement contre des révoltes (sans avenir), des résistances (à la rationalisation du capital), des luttes prolétariennes (sans direction organique). De plus, des zones géographiques vivent en retard le développement du processus révolutionnaire, ou au contraire sont en avance sur la reprise, etc. C’est même à ce prix que subsistent des révolutionnaires. Il n’existe vraiment aucune échappatoire. » Citation de Jean Yves Bériou.

Il nous paraît évident que l’évènement Gilet jaune a marqué un rebond qualitatif dans les luttes des classes en France. Il y a eu relative propagation d’un certain écart par rapport aux luttes quotidiennes que produit le rapport d’exploitation capital/travail dans la dynamique de son existence. Cet écart produit une certaine extériorité à la condition prolétaire elle-même, à la citoyenneté, à l’encadrement républicain, aux normes et à la logique ordinaire de la contestation ; mais il ne la produit que temporairement, de manière fragile, toujours instable, et surtout sous une forme différenciée et singulière chez chacun des sujets - sujets qui sont par essence à la fois déterminés, embarqués et donc d’une certaine manière impliqués, « personnalisés » par et dans leur propre reproduction.

Nous ne fournirons pas ici le travail analytique permettant d’affirmer plus que ça ce que serait réellement cet écart qualitatif (que ce soit dans ses pratiques ou ses discours : nous serons forcément partiels), mais il dit à peu près tout ce qu’il faut savoir de la période actuelle, et il en porte, malheureusement ou pas, toutes ses contradictions propres.

Pour fournir un tel travail, il faudrait d’abord effectuer un retour historien sur la séquence, en commençant par éplucher les dizaines de brèves de journaux locaux : combien de personnes dehors le 17 novembre (a-t-on passé le million, si tant est que ce "passage" soit significatif de quelque chose) ? Combien pour l’Acte II, III, IV ?

Quel panel de formes de luttes, et dans quelles proportions (occupations de ronds-points, blocages de la circulation, blocages filtrants, occupations sauvages de péages, blocages de lieux de productions stratégiques, de ports, de lycées, constructions de cabanes, manifestations sauvages, attaques de locaux institutionnels, voire de préfectures, tentative de "prise de Paris", etc.). Les évènements se sont enchaînés à une vitesse folle. Chaque semaine, pendant un mois, se déroulaient des dizaines et des dizaines d’actions que le brouillard médiatique avait tôt fait de dissiper, aux quatre coins du territoire national, impliquant des catégories de populations très diverses. Une étude détaillée d’un rond-point ne fait pas une étude du mouvement : il y en avait alors des centaines. Chaque situation locale proposait sa configuration complexe. Dans cette diversité de configurations réside peut-être une mise en abîme de notre conjoncture. il faudrait y revenir.

Qu’importe ce travail : la période contre-révolutionnaire dans laquelle nous étions semble depuis une dizaine d’années se contracter sur elle-même, et le mouvement des Gilets jaunes fut un révélateur symptomatique de lignes de fractures profondes traversant le rapport de classe national, au niveau idéologique d’abord.

Les émeutes de banlieues de 2005 avaient amorcé le mouvement, sur un autre thème cependant. Évènement significatif majeur, ces émeutes représentaient la révolte la plus déterminée qu’ait connue la société française depuis 1968. Dans ses formes émeutières attaquant frontalement l’appareil d’État, aux diffusions tant massives que diffuses, elles semblaient préfigurer ce que porte notre période. La mémoire qu’elle a produite dans les quartiers est encore vivace, mais constamment travaillée par les techniques de contre-insurrection développées depuis par l’appareil d’État français, tant médiatiques et idéologiques que policières — qui, pour le moment du moins, semblent étouffer toute potentielle récidive.

Entre-temps, des luttes militantes importantes : CPE, retraites, Notre-Dame-des-Landes, loi Travail de 2016. Une dynamique se lit entre les lignes rien qu’à la lecture de l’enchaînement de ces luttes qui, chacune à leur manière, ont aussi été des victoires. Mais il ne faudrait pas les surestimer : le milieu militant reste un microcosme à l’échelle de la population française.

Et puis les Gilets jaunes, au sein desquels ont aussi participé énormément d’habitants des quartiers populaires, mais dont la composition était sûrement la plus hétérogène de toutes ces luttes.

C’est ce bouillonnement-là sur lequel nous reviendrons ici. Il s’inscrit dans la séquence de radicalisation des luttes de la crise de 2008, entendu comme moment, où les classes moyennes salariées ont été rejointes par des franges déclassées, plus ou moins prolétarisées. Cette reconfiguration est à l’œuvre dans toutes les régions du monde, sous des formes à spécifier. À l’image des émeutes des banlieues de 2005, le mouvement des Gilets jaunes fût particulièrement archétypal de ce que peut vouloir dire « immédiateté sociale des classes » (C. Charrier) dans notre cycle de luttes.

Nous sommes d’avis de séquencer le mouvement en trois moments.

Le premier moment, le plus intense, le plus extatique, celui où beaucoup de possibles (sans les exagérer) semblaient s’ouvrir, s’étend du 17 novembre aux vacances scolaires de Noël.

Le deuxième moment, celui où le militantisme traditionnel a le plus participé, s’étend du 5 janvier — reprise des hostilités, mais aussi destruction systématique de la plupart des lieux occupés d’organisations, largement entamée dès la deuxième semaine de décembre, et répression ciblée des occupants qu’il reste largement à documenter — au 16 mars.

Un troisième moment, de décomposition du mouvement, s’étend du 16 aux vacances d’été. Ensuite, nous considérons qu’il n’y a plus que des braises, que la date d’anniversaire du week-end du 16-17 novembre vient timidement raviver.

Chronologie, « mouvement » et gauchisme fossilisé

On pourrait nous rétorquer que nous participons, par ce découpage, à propager la version de BFM-TV. Soyons honnêtes envers nous-mêmes deux secondes : d’une part, la composition du mouvement a bien changé depuis les vacances — restent les groupes les plus politisés et idéologiques, ainsi qu’une partie des « Gilets jaunes du 17 novembre » les plus radicalisés (nous ne l’entendons pas au mauvais sens du terme) ; d’autre part, les manifestations ne marchent plus sauf quand elles sont prétendument des « appels nationaux », ou bien lorsqu’elles sont à Paris où elles réunissent encore quelques milliers, voire dizaine(s) de milliers de participants (lesquels ? c’est une autre question).

Le chiffre jaune peine à totaliser 10 000 participants nationaux. Certains contextes locaux témoignent encore d’une envie, mais la fatigue est présente partout, la répression, juridique comme physique, a laissé des traces encore vivaces, et l’acharnement policier sur n’importe quel cortège mobile décourage rapidement.

Pour aller encore plus loin, on pourrait dire que, depuis avril, il ne reste que la frange la plus « radicalisée », « militante » de fait. Même si c’était pour beaucoup des primomanifestants le 17, aujourd’hui les Gilets jaunes restants sont pour beaucoup devenus militants au même titre que n’importe quel autre (sinon qu’ils n’ont pas le "background" contre-culturel et l’initiation à la déconstruction, parce qu’ils ne sont pas arrivés ici par "le gauchisme").

Il nous semble d’ailleurs que ceux qui étaient le plus propices à tourner ainsi étaient ceux qui étaient déjà le plus « politisés » le 17. Plusieurs trajectoires possibles alors : se « gauchiser », voire « s’anarchiser » ; développer une sorte de rhétorique « populaire » et « démocratique radicale », mêlant des symboles parfois contradictoires, mais récurrents dans le mouvement (Anonymous et imagerie « Black Bloc », RIC et ACAB, drapeau français et « Tous ensemble », etc.) ; ou aller plus loin dans la confusion : des groupes affinitaires d’extrême droite « confus », ou fortement « populistes » se sont formés — ils n’existaient pas avant la fin du mouvement.

Le mouvement « populaire » a donc bien permis des rencontres et des regroupements de deux sortes : prolétariens et préfascistes. On le voit à Lille, mais aussi dans des localités beaucoup plus gauchistes comme Alès, où il y a bien deux groupes de GJ qui évoluent en parallèle — idem à Lorient. Les dissensions idéologiques entre GJ ont certes d’abord été masquées par le discours général du mouvement (clairement anti-idéologique), elles ont dans la durée fini par se cristalliser voire se confronter directement, avec des destructions de cabanes entre groupes opposés (notamment lors de la présence de groupes se revendiquant anti-immigration ou carrément fachos).

Dans beaucoup de localités, ceux qui restent très actifs au niveau organisationnel étaient déjà impliqués dans des groupes militants. Une certaine extrême gauche s’est réactivée sur le terreau fertile du mouvement : groupes locaux proches du Front de gauche (Ensemble notamment), Fakir, Désobéissants, syndiqués en manque de luttes dans leur secteur, groupes anarchistes organisés ou militants de l’ex-Nuit debout. Les militants écologistes, qui ont mis leur temps avant de rentrer dans la danse, ont parfois aussi participé à « la relève »...

D’ailleurs, cette relève n’en a pas simplement été une – et c’est là aussi un de nos grands impensés. Nous avons pu constater, en de nombreux endroits, des débats parfois très virulents entre « GJ du 17 novembre » et gauchistes locaux. Ces accrochages survenaient souvent lorsque les seconds tentaient d’imposer leurs tactiques de luttes aux premiers. D’une part, les gauchistes ont souvent (parfois jusqu’à encore aujourd’hui) méprisé les occupations de ronds-points initiales (jugées inoffensives), d’autre part ils ont lourdement insisté pour organiser de grandes "assemblées générales", formaliser et centraliser systématiquement les prises de décisions, et ce en ramenant tout leur arsenal organisationnel qui, à terme (dans la phase de décomposition), s’est finalement révélé bien pratique pour « continuer la lutte ».

Nous pensons personnellement que le passage des ronds-points aux assemblées générales est le premier glissement « gauchiste » du mouvement – et c’est ici un jugement de valeur. Les ronds-points, péages et parkings se concevaient comme autant de "comités d’action" en mouvement, où l’on partageait des biens (de la bouffe, des équipements pour les manifestations, des tracts voire des livres, des boissons, etc.) et des moments (de fête, de partage sportif, de réappropriation du mobilier urbain — décoration, destruction, etc. –, de banquet...), mais aussi des informations et des discussions théoriques, stratégiques et tactiques. Personnellement, nous n’avons vécu que peu de moments aussi intenses qu’entre l’Acte II et l’Acte IV sur les ronds-points/péages occupés, où l’on sentait que, si ces occupations perduraient, il pouvait vraiment se passer quelque chose. La détermination de certains était déjà bien présente, le débat violence/non-violence prenait germe alors que la répression n’en était qu’à ses prémisses, et surtout, plus que jamais, la prise de décisions n’était pas entravée par l’idéologie démocratique, elle était fluide, plurielle, informelle, organique même si contradictoire, et pouvait alors ouvrir un tas de possibles que les AG refluent toujours. Il est temps que le gauchisme se libère enfin de son fétichisme organisationnel.

Nous pouvons au moins citer Montpellier en exemple, où l’AG du dimanche reste controversée jusqu’à encore aujourd’hui dans le mouvement local, et où les AG postmanif proposées au début ont directement été critiquées. Certains ont aussi dénoté une mécompréhension des militants vis-à-vis de ces GJ qui ne voulaient pas s’organiser, pas se représenter, ni même forcément présenter une liste de revendications claires et précises. De manière plus générale, le mouvement des « assemblées des assemblées » n’a pas convaincu tout le monde, et est même resté au début un peu en marge malgré l’envoi de nombreuses délégations de base. Si l’on peut dire qu’il est significatif de certaines tendances « Gilets jaunes », il est aussi et surtout d’abord une réponse à une demande de clarifications et de revendications, demande en provenance à la fois du milieu militant et des instances institutionnelles gouvernementales qui, ensemble, ont besoin de poser des mots et des idées sur un prolétariat qu’ils ne comprennent plus si facilement, maintenant que l’identité ouvrière structurée par la grammaire du vieux mouvement ouvrier est morte, et que le prolétaire n’est plus que ce qu’il a toujours été, mais d’une manière plus immédiate et évidente – donc déconcertante – que jamais : un individu du mode de production capitaliste comme un autre, « embarqué » dans le cycle actuel du capitalisme et tout ce qu’il comporte comme contradictions (en termes de rapports aux idéologies, appareils d’États, formes d’organisations du travail, etc.).

Dans les deux cas, chez les gauchistes comme chez les instances institutionnelles gouvernementales, il s’agissait de clarifier et revendiquer pour mieux contrôler. Preuve, si besoin en était encore, que le « milieu autonome » est une réunion de groupes hétéroclites cristallisée par une même racine (bien souvent refoulée) : le néo-léninisme.

Antifascisme et confusion

Mais les interventions gauchistes n’ont pas forcément été synonymes de prises de pouvoir et de mépris, ou toujours productrices de conflits idéologiques. Force est de constater que c’est bien l’alliance entre le militantisme traditionnel et les GJ les plus déterminés qui a pu faire autant durer le mouvement (même si la durée en soi n’est pas gage de qualité, comme nous y sommes revenus à plusieurs reprises). Force aussi de constater que l’intervention antifasciste fût globalement une grande réussite, qui a très certainement inquiété le pouvoir. D’abord les rixes lors des manifestations pour expulser des figures fascistes notables ou des groupes organisés, ont participé à réduire leur potentielle influence (même si cela se faisait souvent aussi de manière organique à un échelon plus fin, ce n’était absolument pas toujours le cas) ; ensuite la popularisation progressive de la figure du « Black Bloc » dans le mouvement, notamment à partir de la manifestation du 16 mars et de l’épisode du Fouquet’s en flamme. On se souvient par exemple de cette vidéo qui quelques mois avant aurait semblé hautement improbable où un ex-militaire vante le Black Bloc sous des qualificatifs héroïques, qu’il voit en protecteur du peuple.

Cela dit, la présence de l’extrême droite organisée que l’on connaît bien (Génération identitaire, Zouaves, Dissidence française, Bastion social, Action française, Civitas, Parti de la France, et quelques autres) a le plus souvent été exagérée. Disons pour faire vite qu’elle a largement tenté de prendre part au mouvement à ses débuts, mais qu’elle s’est vite rétractée faute de parvenir à imposer ses mots d’ordre.

Les militants se revendiquant « apolitiques », le débat sur l’immigration a le plus souvent été refusé de fait. On a vu quelques groupes organisés venir se prendre en photo, banderole à la main contre le fumeux Pacte de Marrakech aux abords d’un péage ou d’un rond-point, mais des quelques retours que l’on a, ils n’ont pu le faire qu’à une bonne centaine de mètres du lieu occupé (par peur des représailles ou qu’on les jette du lieu). On note tout de même une tête de manifestation à Lyon le 8 décembre (alors que la plupart du mouvement s’était organisé pour monter sur la capitale, étant donné l’ampleur inédite de l’assaut du 1er...), et une à Chambéry le 15 décembre... Quelques figures locales de l’extrême droite ont tenté ci-ou-là de se faire porte-parole d’un rond-point ou d’une région grâce à un discours national-populiste socialisant, mais dès qu’ils étaient démasqués ils se voyaient directement désavoués. Il semblerait toutefois qu’à Lille, dans la décomposition, ne reste qu’un important groupe de racistes (une femme voilée et sa famille expulsée de la manifestation il y a un mois, des petits chefs proches de la police locale, permanence d’une espèce de SO en habits paramilitaires).

On peut aussi évoquer l’UPR, qui, s’il n’est pas réellement « d’extrême droite » est pour autant clairement nationaliste et à tendance confuse, et qui s’est clairement cassé les dents sur le mouvement malgré une tentative de prosélytisme tous azimuts.

Plus grave et diffuse était l’influence de complotistes ou dit « confus », parfois dieudonnistes et soraliens — sans qu’ils n’appartiennent pour autant à des groupes organisés. Comme on l’a évoqué plus haut, notre hypothèse est que ces GJ-là se sont soit rétractés au fur et à mesure de l’avancée du mouvement, soit se sont renforcés en tant que groupe affinitaire (alors même que souvent ce groupe en question n’existait pas en tant que tel), soit ont préféré se taire et se travestir au profit du renforcement de la lutte « apolitique » anti-Macron.

On remarque aussi que, dans certains groupes Facebook locaux, la parole confuse et/ou d’extrême droite revient en force. Au début, tout le monde leur disait de se taire. Ensuite, les gauchistes ont assumé le rôle, avec certains militants tendance France Insoumise, et d’autres « humanistes » de tout bord. Mais il faut du courage pour contredire des posts hebdomadaires pendant plus d’un an. Avec l’effritement du mouvement, cette parole est de moins en moins désavouée et l’on peut simplement l’expliquer par la flemme des participants aux groupes — qui n’y participent absolument plus comme il y a un an de ça (d’ailleurs, la fréquentation de certains groupes a même baissé).

Certains médias alignés sur cette ligne confuse ont quant à eux largement profité du mouvement en le couvrant de manière pseudo – « neutre » et sympathisante (même si bien souvent les gens interviewés sont des gens proches de ces courants plus ou moins confus), et ont fini par gagner des vues : Vincent Lapierre avec son Médias pour tous en est le principal exemple, mais ce n’est pas le seul (on pense aussi à des pages Facebook, notamment en faveur d’une « nouvelle Constitution »).

Concernant la bataille informative et culturelle, les médias issus du milieu autonome type « Rouen dans la rue », « Cerveaux non disponibles », « Nantes Révoltée », « Montpellier poing infos » et d’autres ont, semble-t-il, tout de même un peu plus profité de l’étirement temporel du mouvement. Même s’il paraît évident que, dès le début, une rupture avec beaucoup de GJ du 17 novembre s’est effectuée quand le gauchisme a voulu s’imposer dans ses formes d’organisations. Quoi qu’il en soit, c’est bien la grammaire du « 99 % » et de l’antimondialisation qui en sort vainqueur, assorti d’un discours anti flics parfois limité, parfois ouvert aux problématiques des quartiers populaires.

Deux autres éléments positifs doivent être soulignés : l’implication de franges importantes, quoi qu’on veuille bien en dire, d’habitants des quartiers populaires des périphéries urbaines dans les moments émeutiers et sur certains lieux occupés, venus en tant que partie du « peuple » (ouvrier, chômeur, gens du voyage, en bande, seul, en famille, etc.) ; l’implication en première ligne, comme partout dans les révoltes actuelles, des femmes. Mais le spécifique était rejeté par le principe unitaire même du mouvement, qui faisait sens au début au moins.

Est-ce qu’on n’aurait pas pris assez le temps de discuter et de construire, au profit de l’organisation répétée d’un assaut des métropoles et de la capitale pendant 6 mois ? Est-ce qu’on s’est battu ensemble, sans se parler ? Est-ce qu’on aurait dû construire plus de lieux d’organisations ? Nous n’avons pas de réponses définitives, mais quelques pistes certaines :

Le mouvement a, dans la durée, tenté de réactiver la possibilité du « lieu d’organisation » (détruite depuis la répression-désertion des ronds-points, péages et parkings occupés) avec les « maisons du peuple » et les tentatives non spontanées de reprises des ronds-points, mais il s’est systématiquement fait réprimer au-delà même des interstices du droit bourgeois. La justice d’exception a de toute façon été la norme dans la gestion de tout le mouvement, caractéristique de l’étatisme autoritaire engendré par la séquence.

En de nombreux endroits, les gens ont fini par se parler, car la composition « rétrécissait » clairement et que de nouveaux groupes ne pouvaient que se rapprocher. Dans cette optique, souvent, on a pu assister à une « gauchisation » des discours, notamment quand le rapprochement s’opérait au travers de la logique antirépressive (évènements de soutiens, fréquentation des tribunaux).

Enfin, il n’y a plus grand-chose à « discuter » ou à « construire » quand le moment d’intensité extrême caractérisant décembre est passé et que, partout localement, les gens décident de reproduire théâtralement — mais réellement, au prix bien souvent de leur liberté ou de leurs corps — l’assaut sur les lieux de pouvoir dans une mise en scène d’une espèce de « face-à-face » à mort avec Macron et son gouvernement : ce n’est que quand nous n’étions même plus 100 000 chaque week-end que le slogan « Macron démission » a fini par beaucoup moins apparaître et que la motivation de beaucoup s’est progressivement estompée.

Aujourd’hui que la répression finit de décourager les plus récalcitrants d’entre nous, arrêtons un peu de regarder notre nombril — « On est le pays des Droits de l’homme et on a peur de manifester, c’est normal ça ?? » – et, pourquoi pas, apprenons à nous résigner quant à certaines récurrences historiques : l’État est un monstre froid, il se dévoile quand il réprime, qu’il mutile et tue sans vergogne pour la défense de ses intérêts et ceux de sa bourgeoisie (élites politiques et économiques étant intimement nouées), qu’il emprisonne ou réduit les libertés, et si l’assaut de la masse n’a pas fait vivre assez intensément la révolte au moment où elle le pouvait pour la faire s’étendre, l’État l’éteindra dans son coin, maintenant le reste de la population dans la peur (les démonstrations de force hebdomadaires sont publiques et en plein centres villes) ou l’idéologie contre-révolutionnaire (encadrement médiatique et politique).

« Se résigner » ?

Non, mais au moins faire constat. Ce que les différentes pages Facebook appuyant le mouvement, et les différents participants encore actifs sur les réseaux, semblent se refuser : on serait toujours aussi nombreux, voire plus nombreux qu’avant ; nos échecs ne seraient le fait que de l’ampleur de la répression (comme si entre le 1er décembre et le 17 décembre une répression hors-norme démesurée n’avait pas déjà été mise en place, et pourtant l’air sentait quand même meilleur, non ?) ; il faudrait persister dans les actes et les évènements de soutiens, faire durer la flamme, ne serait-ce que par éthique pour ne pas que le gouvernement "gagne" (en réalité, il a déjà gagné... la bataille).

Faire constat, ce serait admettre que le mouvement s’est bloqué dans sa contestation national-populiste, au caractère éminemment social.

Faire constat, ce serait admettre que le mouvement n’en est plus qu’à un stade de décomposition avancée, ne mobilisant plus que les GJ et militants les plus idéologiques.
Faire constat, ce serait admettre qu’à un moment nous avons mal estimé le rapport de forces en présence, mais aussi qu’en décembre, beaucoup de gens n’ont pas rejoint le mouvement par réflexe frileux, alors que c’est là que tout se jouait.

Faire constat, ce serait prendre conscience que la composition a beaucoup évolué entre fin novembre et aujourd’hui — que le gilet jaune n’a pu être un signifiant vide que parce que tout le milieu militant de la « convergence des luttes » (celui qui reste hermétique en luttant ensemble, qui cherche toujours à instrumentaliser, qui reste malheureusement trop dans le registre corporatiste) se l’est réapproprié, parfois — peut-être même souvent — à l’encontre même des réflexes majoritaires d’une grande partie de ses initiateurs.

Faire constat, c’est aussi, sans jouer au prophète, ne pas trop en faire sur la grève du 5 décembre et toutes les autres échéances militantes-syndicales qui arrivent après : sauf étincelle, que personne ne peut prévoir ni organiser dans nos milieux de sociabilités (qui sont déjà poussés dans leur retranchement depuis 3 ans), les gens ne sortiront pas en masse pour la renforcer, tout comme les gens ne sont pas sortis en masse en décembre pour accompagner la première séquence GJ.

Faire constat, c’est prendre conscience du fait que les « Gilets jaunes » ne forment plus un réceptacle significatif, et que le corps collectif du départ (qui « palliait son hétérogénéité en s’appuyant sur une détermination sans faille [...] marquée d’une forme de radicalité quant à ses exigences immédiates » ) n’existe plus en tant que tel. Aujourd’hui, les GJ veulent se joindre aux luttes catégorielles, aux luttes ciblées, locales, rejoindre les militants, mais ils ne viennent plus déloger les ministres au Fenwick ni crier sur les Champs en étant des dizaines de milliers qu’ils viennent chercher le président.

Si une telle base a pu se motiver et se construire spontanément le 17, c’est notamment grâce à des réseaux de solidarités ancrés localement, qui allaient au-delà du militantisme, dans les places de villages, dans les PMU, dans les bars, dans des groupes Facebook d’automobilistes et d’antiradars, dans les boîtes précarisées, dans les associations locales (jeux, comités de fêtes, clubs sportifs, chasse, etc.), dans les lycées, etc. C’est essentiellement dans la sphère informelle (du moins non militante) que l’Évènement Gilet jaune a pris corps, à un niveau le plus décentralisé et diffus qui soit, ce qui prouve que ce n’était pas un mouvement social, mais bien un soulèvement, embarquant avec lui tous les stigmates de son époque.

Aujourd’hui, dans les villes et villages qui ont vu naître le mouvement, les GJ restants sont parfois vus comme de nouvelles figures militantes à part entière. D’autres fois, ils sont retournés à leur isolement initial, en fréquentant désormais le milieu militant local reconfiguré par l’évènement : ils ne font plus GJ-communauté avec leur péage ou leur rond-point occupé. Alors quoi : se résigner ?

Non, mais arrêter de s’épuiser pour rien et de nourrir des espoirs en vain. Arrêter de faire ce que le milieu militant faisait avant : faire croire à la révolution dès que quelque chose bouge. Réactiver des hypothèses sérieuses, historiques, communistes, que l’évènement a définitivement rouvert... sans pour autant les assurer pour demain en nourrissant sa petite entreprise millénariste.

Militantisme pas mort

Sous un nom collectif, Maresia Dalua, plusieurs personnes ont dressé le bilan de leur expérience militante entre 1980 et les années 2000. Ce bilan est publié dans l’opuscule Contre la politique. Pas un cheveu blanc n’a poussé sur nos rêves (Séléné, 2016, 73 p.). Le blog Douter de tout 21 en fait un court compte-rendu. C’est au sein de celui-ci que nous trouvons un paragraphe particulièrement clair pour exprimer ce que nous essayons de sous-tendre à travers notre texte :

"Le mouvement social subit un phénomène analogue quand il décline et s’étiole en organisations ne vivant plus que pour se perpétuer. Au crépuscule des luttes, certains se rassemblent avec la conviction que ce qui manque aux prolétaires défaits ou découragés, ce sont des informations, des liens, heureusement le groupe révolutionnaire va les aider à (re)trouver ces informations et à (re)créer ces liens. Mais souvent, les militants manquent de capacité, et surtout de volonté. Alors, pour les stimuler, interviennent les « cadres », véritables instructeurs, animateurs et épurateurs d’un groupe qui bientôt passe son temps à recruter, à exclure, à recruter... Les idées virent à l’idéologie, et la théorie se stérilise. On s’était organisé pour agir, on était un effet de luttes réelles dans la société, mais quand elles dépérissent, l’organisation se replie, s’autonomise, a plus de rapport avec elle-même qu’avec le monde, et l’exhortation remplace l’énergie. Enfin, lorsque surgissent de nouvelles luttes, l’organisation est incapable de les reconnaître pour ce qu’elles portent de nouveau. Celui qui se voulait dépositaire du passé le plus révolutionnaire se retrouve hors-temps. Celui qui se croyait enraciné dans « la classe » se retrouve hors-sol."

Bien entendu, l’époque est radicalement différente (et nous devons le comprendre pour comprendre l’ Evènement GJ, autant que l’ Evènement GJ peut nous aider à comprendre ces différences). Mais tout de même : on peut percevoir des similarités dans nos situations, étant dans des périodes de reflux d’une lutte de masse (tout de même moins massive que dans les mois de mai-juin 68). Il s’agirait tout de même de risques considérables, que ce soit pour l’image du mouvement et pour nos propres consciences (se bureaucratiser, s’enliser, s’enkyster).

Ces risques d’enkystement, selon nous, prennent trois formes générales, qui ont fait peu à peu place à l’énergie bouillonnante et radicale des débuts :

Les communalistes libertaires. Ce sont les plus gauchistes, qui font perdurer le mouvement des assemblées des assemblées en-dehors de tout rapport de force, pour « organiser la suite » et « faire durer » ce qui n’est manifestement plus un mouvement. Ils rêvent d’une étincelle organisée qui pourrait reprendre à tout moment ; ils ne comprennent pas pourquoi le peuple s’est découragé ou a été défait, malgré leur forte implication dans l’anti-répression.

Les syndicalistes. Ils se rapprochent des communalistes dans leurs velléités, mais s’organisent traditionnellement dans leur syndicat. Pour tenter d’enrayer le déclin de leurs centrales, ils jouent le jeu de « la base contre la direction » à travers l’appel à la fameuse « convergence des luttes ». Il y a beaucoup de travailleurs sincères ici, beaucoup aussi qui s’organisent en ce sens depuis 2016 ou avant, puis à travers le Front social. Ils ont un peu plus conscience que les premiers du passage d’une temporalité de l’èvènement à une temporalité du cours quotidien de la lutte des classes, mais pensent que c’est par la grève générale que tout reprendra, sans comprendre que la composition initiale des GJ n’a justement pas la grève générale dans sa grammaire (combien d’appels incantatoires sur tout le mouvement ? Rappelez-vous l’échec du sondage de Drouet).

Les municipalistes citoyens. Pour certains, leurs luttes doivent s’axer autour de la promotion du fameux RIC, pour d’autres il s’agit de former des listes aux municipales. Dans les deux cas, il s’agit de « constituer » un projet, voire de rédiger une nouvelle Constitution (réminiscence chouardienne). La politique négative du geste destituant initial, plus en phase avec le « On veut la chute du régime » international, semble bien loin.

Les occupants de ronds-points, péages et parkings encore présents se répartissent dans les trois catégories, même si le RIC reste souvent un objectif principal et qu’on peut donc presque tous les rattacher à la troisième. Les gauchistes se répartissent dans les deux premières, les plus lucides sur le mouvement dans la première, mais gardent espoir dans la seconde catégorie pour créer la nouvelle étincelle. Dans chacun des cas, ils souhaitent capitaliser et faire durer le mouvement, en se bouchant les oreilles quant à son délitement et son processus de recomposition-décomposition, ou aux risques d’enkystement interne à leur démarche.

S’agit-il alors de reprendre du souffle en attendant le prochain assaut les bras croisés, par une croyance messianique en l’avenir ? Nous n’avons de directives à donner à personne. Faire de l’agitation et de la propagande est une bonne option, mais elle prend de l’énergie ; surtout, cette option devrait selon nous essayer à tout prix de ne pas être mensongère, de ne pas faire croire indéfiniment en un sursaut imminent. Les étincelles ne s’organisent plus : le mouvement ouvrier historique est bel et bien mort, les mouvements sociaux ne sont pas des soulèvements et vice-versa, ce qu’il s’est passé (et se passe encore) dans une vingtaine de pays du monde (au bas mot) nous le montre largement.

Faire vivre des luttes de terrain, que ce soit en ville (en soutien aux oppositions syndicales ou parasyndicales, ou par un travail contre les violences policières, les violences sexistes, les violences racistes, la chasse aux migrants, etc.) ou en campagne (contre les grands projets inutiles et imposés, l’industrialisation des campagnes qui s’approfondit encore et encore, le nucléaire et le réseau électrique plus ou moins "vert", etc.), peut être à la fois l’occasion de reprendre du souffle en regagnant une temporalité parfois moins urgentiste et immédiate, à la fois l’occasion de faire vivre des points d’ancrage et de luttes locaux.

De toute manière, notre époque bouge. Les insurrections aux quatre coins du monde, qui émergent chacune dans des contextes particuliers, mais se retrouvent sur l’essentiel (lutte contre le déficit démocratique, la corruption, et surtout les inégalités persistantes et montantes), nous le prouvent assez. Le siècle de profonds troubles qui s’annonce ne sera pas forcément joli... Il s’agira de tenter de participer aux activités de crises insurrectionnelles et conflictuelles qui s’annoncent, en tant que prolétaires parmi les prolétaires, avec, pour notre part, l’objectif d’en faire des moments où l’anarchie/le communisme se construit. Non pas comme projet à mettre en place après avoir convaincu la majorité de la population, mais plutôt comme une des réactions, subie, mais « saine » celle-là, de la part de populations confrontées à des catastrophes, des répressions d’État, des paupérisations croissantes et persistantes... en bloquant la circulation de marchandises et en s’accaparant des éléments du capital pour en faire autre chose au service de la lutte : produire sans productivité, réagencer les circuits de distribution, abolir la division du travail existante, mélanger les mondes sociaux et en finir avec nos séparations respectives, mettre en communs les savoirs et les pratiques en les étendant un maximum, etc. Cela ne peut prendre à un niveau de masse que dans l’organicité d’une lutte, d’un « commun » uni « contre » quelque chose, une situation subie et partagée, autant contrainte que désirée — « la révolution comme frein d’urgence » de Benjamin. Et si cette réaction-là fait ses preuves, gagne du terrain, parvient à s’autodéfendre et à s’inscrire dans la durée, il n’y a pas de raison pour qu’elle ne s’étende pas... La connexion des différents espaces communisés permettra alors de redéfinir toute la logistique contemporaine, toute l’organisation capitaliste existante. Mais cela semble encore loin...

Rien n’est gagné, rien n’est assuré, sinon qu’une crise du régime d’accumulation pointe et que ces contestations de masse en sont partie intégrante. Est-ce que le prolétariat communiera dans la crise, est-ce que le capital se restructurera jusqu’à donner naissance à de nouvelles luttes de masse plus tard ? On ne peut y répondre, nous ne sommes pas des oracles. Nous sommes même plutôt pessimistes, mais c’est notre période qui veut ça. L’acquis principal, c’est qu’entre le 17 novembre et le 17 décembre, nous avons ressenti quelque chose que l’histoire avait localement totalement oublié : tout peut basculer en peu de temps. Mais les étincelles de ne se déclarent pas.

De jeunes gilets jaunes provinciaux, plus ou moins « militants » depuis quelques années...

 https://paris-luttes.info/autocritique-d-une-participation-12811

COMMENTAIRES  

28/11/2019 11:01 par comptines

Nous, nous, nous...
"" "" "" "" ""

Écœurant

Le 5 décembre 2019 visiblement "vous" terrifie.
C’est cool !

28/11/2019 12:36 par Assimbonanga

Changer de pseudo à chaque commentaire, c’est rigolo, ludique, jouissif. Je comprends le plaisir qu’il y a à cet amusant déguisement. Toutefois, les autres commentateurs peuvent-ils en déduire que ce pseudo multi-facettes est un seul et même auteur ? Cela permettrait d’en comprendre le sens général, la tendance principale, les motivations.

28/11/2019 16:52 par sosthène

Ce document est déconcertant.

On y lit la peur, non la terreur de la récupération par un groupe militant.
Comme si cela avait un sens.
Que signifierait que le groupe X, Y ou Z récupère les GJ ?
Rien, les GJ refusent par principe, c’est acté par tous. Une bonne idée.

Donc ? Que des slogans X,Y, ou Z se retrouvent chez les GJ ? Impossible de ne pas trouver des points communs.
La lutte GJ, de X, Y ou Z aura bien de temps en temps des convergences. Pas un problème j’espère.
Alors quoi ?
Perte d’identité ?
Alors que la seule identité est le GJ, souvent abandonnée pour cause de terrorisme d’État.
Pas de sens non plus.

Je ne comprends pas.
Au contraire je considère cela comme maladroit.

Une révolte se gagne par deux bouts d’une seule ficelle en forme de nœud coulant :

D’une part par la PEUR faite au POUVOIR. La MENACE.
À cela, le gouvernement réagit comme tous les pouvoirs, il utilise les moyens de l’État pour terroriser ceux qui le terrorisent.
Et d’autre part en trouvant des mots qui entraînent le plus grand nombre et donc terrorise le pouvoir …. On n’en sort pas.

Le gouvernement n’a pas d’argument à opposer aux GJ. Ils cochent les cases de l’injonction capitaliste : dociles, travailleurs, mobiles, consommateurs, pas politisés, ...
Les GJ ne sont pas des étrangers miséreux profiteurs, pas des chômeurs fainéants profiteurs, pas des fachos patentés, pas des extrémistes de droite ou de gauche (ni du centre ..), rien que des gueux, des sans-dents qui ne CROIENT PLUS. Des déçus du macronisme. Difficile de leur répondre. D’ailleurs pas de réponse, il n’y en a pas sinon la prédation capitaliste et son effondrement.
Seule solution du pouvoir aux abois, envoyer des casseurs et détruire les meneurs.
Un exercice facile bien que parfois délicat - mais la police s’achète (comme le reste) d’autant plus qu’elle attend des douceurs.

Les GJ sont décimés par une bonne coordination police plus administration judiciaire ; il suffit d’attendre, aidés des provocateurs payés, des médias acquis et la dislocation se fera gentiment.
Les GJ n’ayant pas de mot d’ordre se virtualisent malgré leur présence, malgré l’habit, idée géniale qu’est ce GJ.
Pas de structure, pas d’organisation.
Pas de revendications politiques, pas d’accrochage idéel.
Il ne reste presque que la marque, l’emblème publicitaire et l’espoir. Vague.

Je réfute que les GJ font de la lutte des classes. ILS participent à une lutte des classes c’est incontestable, mais ne FONT pas une lutte des classes n’ayant jamais explicité contre qui, pourquoi, ni comment. Le RIC très intéressant par ailleurs, ne peut constituer un outil suffisant. Tout juste un correctif possible au scandale de fausse alternance. D’autre-part Macron n’est pas une classe mais le pantin du moment. Macron démis n’empêche en rien son remplacement par un clone. Il faut proposer une perspective, un contexte démocratique, un objectif. Il n’y a rien. Non seulement rien mais pas d’embryon de quelque-chose.

La seule opportunité pourrait être de terroriser le pouvoir. Que la menace d’un indicible, d’un je-ne-sais-quoi contraigne le gouvernement à octroyer un peu plus de partage de la richesse, un peu plus de partage du pouvoir. On peut rêver. Pas plus.

Il faudrait au minimum lui donner quelques pistes, en réclamant des actes.
Un poste au ministère des finances, des lois travail décentes, la réduction des TVA, suppression CSG++, de nombreuses tranches progressives pour impôts sur le revenu, imposition sans échappatoires des entreprises - sous peine d’interdiction d’exercer - .. mise au pas des banques et autres établissement financiers, de vraies conférences citoyennes sur instruction publique, énergie, transports, eau, besoins vitaux, fonciers, santé, agriculture, pèche, recherche, médias, ...
Des mesures de mise en place d’une démocratie en opposition à la dictature capitaliste.

Rien ne vient sinon une lutte courageuse.

28/11/2019 17:40 par comptines

Changer de pseudo à chaque commentaire

ne permet pas de changer d’empreintes digitales, ni de cœur

28/11/2019 20:34 par Georges SPORRI

Je trouve cet article très intéressant. Il informe beaucoup, sur des détails d’abord, sur plusieurs détails importants mais surtout sur des ambiances et des états d’esprit. Il mentionne les anti radars alors je me sens moins isolé même s’il ne dit pas grand chose sur ce fascinant objet de questionnement.

29/11/2019 05:56 par Dominique

Texte intéressant. Il montre bien que beaucoup de gilets jaunes ne sont pas intéressés plus que cela par la politique. Comme d’ailleurs les jeunes pour le climat. Ils n’y croient plus et les premiers qui devraient se demander pourquoi sont les politiques. Le mouvement des gilets jaunes est en état de mort clinique à partir du moment où il s’est accoquiné avec les syndicats pour faire une grève, tenez-vous bien, d’un jour ! Un seul et unique jour de grève pour lutter contre la plus grande casse sociale que nous ayons jamais vécu !

Ceux qui ne s’intéressent jamais à l’actualité ont pu croire à un poisson d’avril. Quand aux autres, ils ont su ce jour-là que les gilets jaunes n’obtiendraient jamais rien à par plus de coups et de flash balls. Je l’ai dit dés que j’ai appris ce coup de la grève d’un jour. La suite a montré que malheureusement, j’avais raison.

Dans de telles conditions, celles et ceux qui ne font plus confiance aux politiques font preuve de bien plus de maturité politique que les naïfs qui y croient encore après 50 ans de recul sur tous les fronts. Ils ne leur reste plus qu’à franchir le pas et entrer véritablement en résistance contre cette société industrielle de consommation, d’exploitation et de destruction de masse qui n’a que plus de casse sociale et environnementale à offrir.

Vive la résistance !
Vive la vie !

29/11/2019 09:41 par Assimbonanga

Il ne s’agit pas que de ce qui est dit, mais d’où ça vient. Ne pas négliger que ce texte émane du site Paris-Luttes.infos. Je dirais, en gros, un site "black bloc". Les plus énervés des combattants. Les médias veulent nous faire admettre que Mélenchon serait "l’extrême-gauche" et c’est parfaitement faux, bien sûr. L’extrême serait plutôt les black blocs.
Ce que j’aime chez Paris-Luttes, c’est leur niveau de réflexion. J’ignore si les Gilets-Jaunes tout venant vont s’y documenter...

Pour en revenir au concret trivial, est-ce que les Gilets Jaunes "tout venant" ont remarqué le deux poids deux mesures face aux manifestants ? J’évacue la manif contre les femmicides. De toute évidence, ça aurait été de fort mauvais goût de la part du gouvernement , de nasser et bomber des femmes ! Je veux parler de la journée des gros ploucs, ce mercredi 27 novembre.
Cette engence a bloqué le périphérique pendant 10h et pas un coup de matraque !
Ils ont déroulé des balles de paille sur les Champs, et pas une grenade lacrymo !
Ils font même un barbecue sur la chaussée : pas de pompiers pour éteindre le feu !
Aucun couplet à la télé contre la gène des usagers ni la prise en otage des automobilistes !
Et ils sont même reçus dès le lendemain par le 1er ministre et le ministre de l’agriculture.
J’espère que le Gilet-Jaune basique a remarqué cette notable différence de traitement ?
On dirait un duo amoureux entre le pouvoir et les ploucs , simplement en vue de mettre la pression avant les votes de budget de la pac (mais sous couvert de confrontation avec la grande distribution, d’excès de normes, de besoin de produits chimiques et d’agribashing : un grand faitout plein d’un peu tout. ). Observez les gentilles forces de l’ordre dans leur plaisir sain de stationner sur la paille, humant sa fragrance campagnarde. J’imagine pour ma part une chorégraphie à l’opéra Bastille où les flics seraient en tutu bleu-gendarmerie. Je trouve tout cela totalement délicieux. Tout cela est magnifiquement orchestré, sans bavures, sympathique, bien coordonné avec leurs copains facho des forces de l’ordre. Ils se comprennent...
Face à une telle manifestation spontanée de misère et de désarroi d’une profession sinistrée, que peuvent faire nos décideurs gouvernants diligentés à l’UE ? Donner satisfaction (après avoir essuyé leurs larmes).
Notez que le ballet se déroulait au même moment à Berlin et Dublin ainsi qu’aux Pays-Bas. Vous voyez : eux, ils ont déjà fait l’Internationale !

29/11/2019 10:16 par Alexandre Maffre

Bonjour,
On dirait un texte écrit par le NPA, avec une liste de faits qui ne prouvent rien et des jugements de valeurs non étayés. Les "antifas", pour la plupart manipulés bien sûr, on semé le trouble chez les GJs et ont participé à sa décrédibilisation. Je ne nie pas leur apport dans la durée bien sûr et ne critique aucune personne, je fais un constat. La volonté des gauchistes à refuser tout débat contradictoires sur des sujets comme l’immigration et l’UE, technique très efficace qui a tué la gauche et le PCF en France, est effectivement toujours à l’oeuvre mais heureusement inopérante chez les GJs. Idem pour la tentative de binarisation du mouvement entre les "méchants d’extrême droite" et les "gentils GJ". Bref, le gauchisme de Con-Bandit est toujours aussi efficace chez les "anti" mais beaucoup moins chez les GJ, ce qui explique également pourquoi les anciens très politisés dont je suis y soient encore. Cet article lamentable de propagande n’aura heureusement aucun écho.
Salutations militantes.

29/11/2019 10:25 par benzekri

On peut penser ce que l’on veut, seuls les faits et le terrain comptent voici une contribution partagée avec plusieurs groupes GJ qui sont à leur tour sont en train de partager... Pardon à l’équipe du grand soir pour la longueur du texte... que je republie à peine actualisé :

Gilets jaunes, résistants, le moment est venu...

Depuis des années, j’agis et j’observe ce qui se passe en France...

Il y a certes des collabos, des soumis au garde à vous, des silencieux tétanisés par la peur, de cerveaux rendus disponibles par des médias programmés pour formater les gens... mais j’ai aussi rencontré des résistants, des femmes et des hommes dignes, incorruptibles, déterminés et debout, comme vous.

Cependant c’est la première fois et grâce à vous qu’un espoir massif et populaire est né... C’est pourquoi toute initiative future -pour être crédible- se doit de prendre en compte le mouvement des gilets jaunes qui mérite toute sa place... Souvenons-nous de Jupiter « piétinant » formations politiques, syndicats et affichant un mépris pour les corps intermédiaires avant que la résistance exemplaire des gilets jaunes ne le ramène sur terre...

Dans ce mouvement mené -depuis un an- avec courage et détermination, beaucoup d’amis ont payé un prix cher, très cher de leur vie, de leurs blessures à vie, de leurs sacrifices, de leur privation de liberté..., ne les décevons pas. Ne décevons pas leurs proches et ami(e)s, ni nos proches. Ne tuons pas l’espoir que nous avons fait naître chez nos enfants, aussi...

Continuer dans ce monde immonde ou bâtir un monde heureux et humain ?

Nos enfants nous disent avec des yeux qui brillent, nous disent en silence : « Pourrions-nous compter sur vous, maman, papa, pour ne pas nous léguer l’esclavage comme héritage ? »

Ami(e)s gilets jaunes, si le projet qui suit répond à vos souhaits, pourquoi ne pas le soumettre -non pas à Macron le servile des grands patrons- mais aux forces qui se déclarent être contre les injustices et pour un changement radical et les inviter à se mobiliser -sur le terrain- avec nous pour le mettre en place ?

Pourquoi ne pas présenter notre projet à celles et ceux qui ne font plus confiance à tous les magouilleurs/professionnels de la politique politicienne ?!

Bâtissons la démocratie...

Ami(e)s Gilets Jaunes, ne réclamons rien pour nous mais exigeons tout et le meilleur pour tous.
Vous menez un combat admirable pour sortir la société française de cette servitude volontaire et pour participer à bâtir une démocratie véritable...

La France mérite mieux que cette précarité qui se généralise et les citoyens de France ont besoin d’un monde humain pour vivre et réaliser des projets qui améliorent qualitativement leur vie.

Une démocratie qui laissera au peuple le pouvoir de choisir et, s’il le faut, démettre ses représentants dès qu’ils s’avèrent défaillants ou malhonnêtes.

Le problème ne réside pas dans le choix des femmes et hommes qui vont exercer la gestion du pouvoir mais dans celui de savoir pour quel projet de société et dans l’intérêt de qui. Des barrières réelles et/ou psychologiques ont empêché les formations, les gens de se rassembler et si les GJ qui se sont déclaré Trans partisan joue le rôle de trait-d’union avec ce projet ouvert aux formations et aux individus qui se sentent proches de ces idées.

Pour que le projet soit juste, démocratique et viable, la condition sine qua non pour un réel changement est que celles et ceux qui sont intéressés par l’exercice du pouvoir soient convaincus de la nécessité de rompre avec le système capitaliste ou libéral comme on dit, où l’individualisme et le chacun pour soi dominent, système qui mène le monde vers sa perte.

Cette transition passe par :
1. La mise en place d’une Assemblée Constituante composée de constitutionnalistes et de personnes de la société civile engagées mais non intéressés elles-mêmes par l’exercice du pouvoir.
2. La mise en place d’un système -bancaire et d’assurance- public pour drainer des fonds qui seront utilisés dans l’intérêt général et capable de freiner les folies spéculatives et la recherche de toujours plus de profits qui caractérise le privé. Folies qui mènent souvent aux dérives dites crises qui coûtent cher aux citoyens et épargnent les fauteurs de troubles et de désordres.
3. La mise en place d’un mode d’encadrement des prix des produits et services de première nécessité sans léser les petits producteurs et propriétaires.
4. La mise en place d’un encadrement des salaires et revenus avec l’instauration d’un salaire/revenu minimum et d’un salaire/revenu maximum avec une échelle allant de 1 à 5 dans la fonction publique et autres services de l’Etat. Un Revenu d’Existence Modulable -pour les sans revenu- doit être assuré à chacun(e) de sa naissance à la fin de sa vie. Il va de soi que chacun doit apporter sa contribution à la collectivité selon ses capacités et compétences.
5. La mise en place d’une fiscalité -impôts et taxes- différenciée et réparatrice selon que l’on opère dans le public ou le privé ou que l’on agit dans l’intérêt général ou pour des intérêts particuliers. Les défenseurs du privé doivent comprendre que le luxe de quelques-uns doit passer après la satisfaction des besoins de première nécessité de tous : santé, culture, logement, loisirs… De même, ils doivent sortir de cette incohérence : tirer profit des investissements, de la formation…du service public et se comporter de manière égoïste et cupide face à la fiscalité et à l’aspiration à la justice sociale.
6. La mise en place d’une loi interdisant à toute entreprise ou société faisant des bénéfices de licencier.
7. La mise en place d’une autorité indépendante assurant l’accès aux médias en respectant la liberté d’opinion et la diversité.
8. La mise en place d’une coordination syndicale, associative et citoyenne pour appuyer les avancées sociales et démocratiques en cas d’oppositions idéologiques ou émanant de lobbies comme c’est le cas aujourd’hui dans les domaines de l’énergie, de l’industrie pharmaceutique et de l’armement...
9. Le respect de la parité doublée d’une compétence homme/femme et d’une représentativité tenant compte de la diversité sociale.

10. La mise en place et le respect d’une véritable laïcité afin de permettre à chacun(e) de vivre pleinement sa vie et/ou sa foi sans crainte aucune ni interdiction sous quelque prétexte que ce soit. Aucun frein à l’exercice pacifique de la citoyenneté ne pourra être justifié.

11. L’Europe doit être un plus dans l’intérêt des peuples. L’harmonisation économique, sociale et fiscale doit tirer vers le haut le niveau de vie des citoyens européens en laissant à chaque peuple/pays la liberté d’avancer à son rythme. A la place d’une monnaie unique, l’Euro doit devenir une monnaie commune pour laisser une souplesse d’action et une garantie d’indépendance et d’efficacité d’intervention que permet une monnaie nationale à côté de l’Euro.
12. Mettre fin aux privilèges des notables, à l’immunité, aux secrets d’Etat et/ou défense qui sont souvent des caches crimes politiques. Toute brutalité de la part des personnes chargées du maintien de l’ordre doit être immédiatement sanctionnée.
13. L’armée et son budget doivent être orientés vers des projets de vie et de constructions. Son budget et ses Hommes doivent servir à bâtir des écoles, des hôpitaux, des logements, des routes…et contribuer à réparer les dégâts commis vis-à-vis des peuples pendant longtemps asservis et les pays détruits. La défense contre les agressions extérieures doit revenir à une mobilisation citoyenne encadrée. Les peuples sont invincibles pas les armées…
14. La mise en place d’une authentique séparation des pouvoirs avec une réelle indépendance des magistrats qui ne doivent garder aucun lien de désignation ou de subordination avec l’exécutif.
15. Penser demain et cela se bâtit avec la jeunesse d’aujourd’hui. Jeunesse qu’il faudrait instruire, éduquer et impliquer pour lui donner l’envie de croire et de s’investir en toute conscience, confiance et liberté dans les projets politiques de la société. Faire de la Politique au sens noble du terme. Penser demain ne doit pas nous faire oublier la reconnaissance que nous devons à nos anciens !
16. La mise en place d’une commission indépendante pour vérifier, en toute transparence, la nature de la dite dette pour envisager sa liquidation. Cette liquidation ne doit se faire en aucun cas sur le dos des jeunes qui n’ont rien décidé et qu’on oblige à payer. On nous rabâche que « les décideurs doivent être les payeurs » et on constate que ceux qui usurpent le pouvoir et décident seuls se contentent de déclarer tous : « j’assume » mais c’est le peuple qui paye !
17. La Démocratie ne se limite pas à aller voter ; encore faut-il que les citoyens soient réellement libres, que leurs votes et la diversité soient respectés et les choix non limités. Le choix actuel entre bonnet blanc et blanc bonnet n’est pas un choix. De même que cette démocratie prisonnière des puissants n’est pas la Démocratie.

Forces politiques, syndicales, du mouvement associatif, de la société dite civile, policiers, soldats, agriculteurs, fonctionnaires, femmes et hommes nés libres de France, le moment est venu pour vous de choisir... Subir ou agir ?

HB

29/11/2019 10:40 par Assimbonanga

Oups. Petite erreur. Je rectifie :
"... le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume et la secrétaire générale de l’Élysée Anne Payser ont reçu la présidente de la FNSEA Christiane Lambert et le président des JA Samuel Vandaele à 17 h. Les agriculteurs ont ensuite quitté le périphérique dans la soirée, après que que le Premier ministre Édouard Philippe leur a promis une nouvelle entrevue mardi 3 décembre à 9 h 30. " Source C’est donc le jour même qu’is ont été reçu ce qui était forcément prévu dans l’orga de cette jolie mascarade.

Ces pauvres gars, ils sont d’une naïveté déconcertante : " Pascal Lamy, quand il était commissaire européen, nous a vendu la mondialisation. Mais il ne nous a pas dit qu’on aurait face à nous les États-Unis et la Chine, protectionnistes à l’extrême, et des Brésiliens prêts à toutes les destructions environnementales." Ils ne sont pas compétents en géographie, ils n’avaient pas remarqué l’existence des USA et de la Chine sur la mappemonde. C’est ballot (de paille) ! Quant aux Brésiliens, est-ce que ce ne sont pas les volaillers français qui leur ont enseigné les mauvaises pratiques en venant s’installer chez eux ?

En leur causant, on en apprend : " Quand on moissonne alors qu’il fait humide comme cette année, un blé traité aux fongicides tient le coup, un bio non." Miam, miam.
Il est lénifiant de prétendre que "Et je ne veux pas d’une agriculture à deux vitesses, une bio pour les bobos qui ont les moyens et une industrielle pour les autres." On y croit ! (Chaque fois que je lis "les bobos", je pense à Marine).

Ils sont doubles (faux-culs). On les entend les mauvaises années, lorsque ça ne marche pas. Ils ne viendront pas nous expliquer qu’ils se sont acheté une petite propriété en Basse-Ardèche, avec une grange et un verger où il fait bon passer quelques jours de vacances arrachées à ce travail de dingue (il y en a même un qui n’hésite pas à dire 90h par semaine. Hé, si tu éteins les phares, je diminue la taille de la sardine.)

29/11/2019 16:44 par J.J.

j’apprécie et approuve les interventions concrètes d’Assimbonanga. Elles m’ont évité d’écrire à peu près la même chose.

"et l’acharnement policier sur n’importe quel cortège mobile décourage rapidement." Pas toujours, pas toujours, lorsque l’on est juché sur un tracteur, où que l’on se présente comme un papa( qui accessoirement abuse de ses enfants ) où comme une maman (qui dans ce cas laisse faire et ferme les yeux), on peut envisager une paisible manifestation.
Evidemment si l’on a la naïveté d’arborer un gilet jaune, ou un drapeau rouge, ou noir, on est bon pour les nassages, lacrymos, LBD, gades à vue, et toute sortes de joyeusetés similaires.

29/11/2019 17:11 par GANNE CLAUDE

Jattendais beaucoup de ce texte car un tel bilan me parait utile, nécessaire et je suis complêztement déçu par ses conclusions, son contenu, et des manies de formulation qui interrogent :
le passage très compliqué à lire ( et en général ce texte ne fait pas dans la simplicité donc est inaccessible à de nombreux-ses gilmets jaunes ) qui nous dit en guise de conclusion que depuis 30 ans le mouvement ouvrier est en perte de vitesse sur tous les plans avec les conséquences décrites semble s’inqtaurer comme une révélation, une nouvelle matrice d’une nouvelle pensée ? En tout cas je n’ai rien appris avec cette "conclusion" encore aurait il fallu écrire que ce recul du mouvement ouvrier global est la conséquence directe de la victoire globale des néo-libéraux et que les dérégulations de tous ordres ont été et sont une défaite globale du mouvement ouvrier et des classes populaires ; ce qui a eu pour conséquence concrête une diffusion profonde de l’idéologie néo-libérale dans les masses populaires, un recul considérable des solidarités de terrain qui existaient il y a 40 ans, et une division réelle et très dangereuse au sein du peuple ; heureusement les traditions patrimoniales des couches populaires ont permis que ne se crée pas les milices fascisantes , y compris, je le crois parce que les néo-libéraux suivant en cela leur dogme et les bilans qu’ils ont tiré des années 30 40 n’ont pas cherché à créer ces milices au sein même du peuple, Lepen et sa tribu s’est tournée vers l’électoralisme et la corruption ici et maintenant ; et la séquence de l’années passée met en évidence que ce sont les corps intitués pour la repression, CRS, G M et Baqueux qui sont le choix des néo-livbéraux pour la repression et la ré introduction de la barbarie dans la rue et dans le présent, et y compris par l’impunité totale qui a été ouvertement garantie à ces corps, on peut en déduire que c’est au sein de ces fonctionnaires que les néo-libéraux pousseront à la création de milices fascisantes si le besoin s’en fait sentir ; il faut avoir à l’esprit l’experience de la légion Condor dans les années 80 et 90 en Amérique latine ( le "savoir" des officiers français OAS et le fric de la CIA ) ainsi que d’autres "experiences" plus récentes en Colombie, Vénézuéla et Brésil ainsi que contre les Maputches en Argentine et au Chili : des bandes recrutées dans le peuple mais encadrées et tenues par des flics, des militaires toujours en activité ou en "congés spéciaux" selon la bonne vieille méthode US ( cIA, FBI et services secrets ) ; c’est dans ce contexte qu’a éclaté la mobilisation des G J qui donna au fil du temps le mouvement des G J : et là je trouve que le texte dit souvent des conneries factuelles ou bien fait des généralisations abusives et/ou hatives : - pourquoiu faire des "gauchistes" un acteur majeur ( négatif ou positif mais majeur ) de cette mobilisation et de ce mouvement ? Je suis globalement d’accord avec la périodisation proposée la montée, le choc en retour et avec Avril le recul et la lente disparition du mouvement ; mais il me semble qu’il est plus clair de mettre en lumière les 2 acteurs majeurs de ce drame social : la montée de la mobilisation et la stratégie de confrontation avec le pouvoir Macron qui culmine dans la 1ère quinzaine de Décembre à Paris, la peur du gouvernement et la repression féroce d’abord policière puisensuite judiciaire en retour qui dès mi Mars a implanté une peur visible dans les rangs des G J militants locaux et avec le printemps une lente agonie succédera aux interrogations sans réponse succitée par la repression, y compris la disparition temporaire de certains leaders locaux liée à cette peur et aux menaces tout à fait concrètes ... Pourquoi idéologiser tout ça ? Ce qui m’interesse plutôt c’est de comprendre quelle est l’évolution de toutes ces personnes qui en un an ont accumulé une experience sociale, politique, affective, énorme très souvent bien plus importante que celle des militants "patentés" surtout celles et ceux qui n’ont connu que les campagnes électorales de ces 10, 20, ou 30 ou 40 dernières années ; oui les militants de la droite lepeniste, ou de dupont aignan étaient présents au départ mais ni plus ni moins que ceux du npa ou les anarchistes organisés, ainsi que des syndicalistes dits "combattifs" souvent venant de solidaire ou de la CGT locale, mais ni les uns ni les autres n’ont "dirigé" à aucun moment ... les dupont aignan sont vite partis après avoir concrêtement expérimentés qu’on ne pouvait pas faire ami ami avec les CRS, les lepenistes après avoir expérimenté qu’il était impossible de dresse les GJ Contre les arabes et les musulmans, vu que certains G J étaient euxnmêmes arabes ou musulmans, ont disparu sauf ceux qui "découvrant la misère concrête et réelle des couches populaires" sont restés en abandonnant Lepen et son nationalisme du 19ème siècle ; quant aux militants d’extéme gauche et autres anarchistes organisés ils ont été toujours en tout petit nombre et s’ils ont rendu des services par des savoirs faire, en fait ils ont amené dans les discussions leurs idées plus ou moins bien exprimées d’ailleurs ; écrire aujourd’hui que les Ag furent une dérive gauchiste me semble une énormité : au rond point près de chez moi les G J tenaient dès le début leur AG au centre du rond point et c’est le froid qui amena la construction de la 1ère cabane détruite fin janvier par la gendarmerie, ce qui amena la construction de la 2ème cabane détruite en Mars par des inconnus une nuit, ce qui amena la construction de la 3ème cabane sur un terrain privé avec l’accord du proprio, à 50m du rond point, cabane" qui existe toujours ; et il est vrai que ce rond point ’ d’une petite ville d’un département montagne + agriculture très à droite a eu comme "influenceurs" des anciens du comité front de gauche local mais sans plus ; aujourd’hui je vois beaucoup d’interrogations nombre d’acteurs G J de ma région, mais cette fois ci les interrogations sont intéressantes : après Macron on met quoi à la place ? Macron et son pouvoir sont de sacrés clients, comment faire pour les faire sauter ? intéressantes parce que jusqu’en juillet ces questions n’étaient pas à l’ordre du jour Macron n’était qu’un bouffon, qu’une marionnette ( ce qui est stupide bien sur ) et puis on avait le RIC donc la démocratie directe ... bien sur dès le mois de Mai les electoralistes apparurent ( la relève ? , FI, le PCF gentil, les satellites du PS, quelques écolos ) et il commença à être question des listes citoyennes ; j’ai en mémoire quelques réunions des électoralistes pour constituer un front unitaire mais électoraliste ou la quinzaine de GJ venus s’informer manifesta quelque impatience face à des discours sans fin sur l’incontournable activité "citoyenne" ; bien sur un certain nombre de GJ fascinés par le coté localiste de l’election se porteront sur telle ou telle liste et il restera là encore à voir quel bilan sera tiré de tout ça ; sauf que d’ici là le 5 décembre aura eu lieu et qui sait , TOUS ENSEMBLE VRAIMENT ?
claude ganne le 29 11

29/11/2019 23:19 par Louise de Bretagne

Un peuple désarmé sera toujours vaincu et face à des loups il ne faut jamais faire l’agneau, alors pour vivre libre et sans entraves il faut se battre...
Contre le dictât de l’usurpateur il y a l’insurrection.! Contre l’oppression des envahisseurs il y a la résistance.! La clef c’est "Révolution armée"... C.C.S…. « 火猪 »

30/11/2019 01:07 par Geb.

Ca fait au moins quatre fois que je relis ce texte et je n’arrives pas à faire une synthèse qui permette de comprendre où veut en venir l’auteur.

Pour y porter quelques éléments de réponse il faudrait reprendre une à une toutes les proposition. Propositions et analyses qui souvent correspondent à des réalités mais auxquelles l’auteur apporte des réponses complètement déconnectées des réalités.

On nous parle de "gauchistes"... Qu’est- ce que les "gauchistes" ? Pour le RN c’est tout ce qui est à gauche du Centre et même de la droite modérée. Pour moi un "gauchiste" c’est soit un prolétaire impatient maladroit, soit un idiot utile de la Préfecture de Police. D’autres de "fachos".. Pour mon compte un facho gilet jaune, à part les sous marins du Ministère, (Qui peuvent aussi être gauchos), ce sont des victimes du systèmes laissées à l’abandon culturel de classe par ceux qui se sont occupé de la Lutte des Places en lieu et place de la Lutte des Classes ; pour le plus grand bien de leurs carrières. Ils sont des paumés. Point barre.

Chacun voit son midi à sa porte...

Ce que je retiens essentiellement c’est que les Gilets Jaunes, (Que je fréquente, bien que de moins en moins assidûment), ont une stratégie qui correspond à n’en avoir aucune. Je ne généralise pas mais c’est ce qui ressort de plus en plus des discussions avec ceux qui restent actifs. Ca me rappelle quand je me risquais dans un Casino "pour voir", alors que j’ai horreur du jeu. Sur la table je jouait la couleur et ayant horreur de perdre je jouait le Rouge et le Noir à la fois. Je donnais l’impression de jouer, je perdais à chaque coup sur une des deux couleurs, et je gagnais le double de la mise sur l’autre. Soit "Opération nulle".

Ce qu’il y a de certain malgré la bonne foi des militants c’est que les armées qui restent en statique, même sans reculer, perdent toujours les guerres.

Ensuite on peut comprendre qu’ils hésitent à s’allier à des Partis et Syndicats dont les directions ont prouvé ces vingt dernières années leurs félonies et leurs traîtrises. Mais leur rejet des "bases" de ces mêmes partis et syndicats, qui bien souvent forment une partie "off" des Gilets Jaunes, et leur paranoïa au simple concept de "politique" les fige sur place leur "unité" étant plus composée de "non dits" et non affirmés" que de discussions constructives sur les moyens d’utiliser des structures politiques et syndicales existantes plutôt que de ne s’en créer aucunes. Et c’est normal. Pas plutôt une voix s’élève demandant une union stratégique de classe, (Même pas idéologique), il y a toujours une faction dormante dans le groupe qui hurle au noyautage. A ce tarif on peut peut-être s’entendre sur le temps de cuisson des oeufs à la coque, (Encore qu’aujourd’hui avec les Végans ça deviens difficile), mais certainement pas du comment limiter les dégâts générés par le Système au Pouvoir. Et je n’imagine même pas de discuter comment le renverser, ce "pouvoir", pour un Système plus juste et plus humain et le maintenir et le développer. Le nec plus ultra de la réflexion étant le "Frexit" et le "RIC" le tout utilisé comme une mantra. On n’est pas loin du "Petit Livre Rouge" brandi par Cohn -Bendit en 68...

Qu’on ne pense pas que je fais ici le "procès"des Gilets Jaunes. Pas du tout. Je suis juste en train de faire le mien. Celui d’un militant communistes qui a vu venir cette situation en interne depuis des lustres à travers le sabordage de son parti de classe et de la désinformation des masses que ça a permis. Et qui n’a pas réussi malgré tous ses efforts, (Et ceux des camarades comme lui), à empêcher la casse interne de son parti. Et si les Gilets Jaunes en sont là, si rien que le mot "politique" ou "syndicat" les fait gerber, c’est parce que depuis 40 ans ce concept ne représente pour eux que "trahison", "mensonge" et "enrichissement personnel" ,au lieu d’"héroïsme" "courage" et "abnégation". Et leur résultante qui sont "pauvreté", "misère psychologique et sociale" et "haine de tout".

Parce que ça n’est pas tout de parler d’"armer le Peuple", et le Prolétariat en particulier. Mais les armes sans la réflexion de classe qui va avec c’est comme une tronçonneuse dans les mains d’un incapable. Ca sert surtout à blesser les voisins et détruire l’environnement.

Et si je continue à les soutenir tout en sachant que ça ne les mènera à rien, (Ce qui ne veut pas dire que le Mouvement va s’arrêter - Il va perdurer comme un psoriasis sur un corps malade),), c’’est parce que je sais que si je n’avais pas eu une solide éducation politique et stratégique, je sera probablement en train de calculer avec d’autres Gilets Jaunes de la meilleure façon de casser de la banque déguisé en Black Bloc. Tous ensembles, et tout en maudissant l’enfoiré de "gaucho" ou de "facho" qui le ferait en même temps que moi ; le tout pour le plus grand intérêt du Préfet de Police et des Benalla en puissance...

Le Monde est devenu bien trop complexe pour qu’on puisse prétendre le gérer et le transformer sans une puissante connaissance des causes et des effets qui le meuvent. Et actuellement, même si les "armes" sont devenues sophistiquée, il sera toujours plus facile d’engager un chargeur dans un FM que d’analyser en profondeur les raisons réelles et cachées de la liquidation d’une entreprise nationalisée bradée à l’Etranger. Et les impatients incompétents et sous informés sont comme l’eau. Ils suivent toujours les lignes de moindre résistance en l’absence de barrages éducationnels les en empêchant par la réflexion.

Je vous laisse déduire ce que vous voulez de ma réflexion, mais pour mon compte mes conclusion ne sont pas très optimistes. Du moins pour l’immédiat et en l’état des choses.

On verra bien.

30/11/2019 09:26 par babelouest

Un souvenir me revient : il y a bientôt 9 ans j’étais allé à une manif à Paris, depuis Nantes où j’habitais alors. C’était sur l’initiative de Jean-Jacques Reboux, à l’époque. tenancier des Éditions Après la Lune. Il avait en particulier, à l’époque dont je parle (23 février 2011), sorti le livre « Casse-toi pov’con » sous la plume de "Fernand Buron", celui qui avait reçu la répartie du squatteur de l’époque à l’Élysée.

J’en avais tiré à mon retour à Nantes un article
http://babalouest.eklablog.com/l-apero-des-pauv-cons-a155672454

mais d’autres en avaient parlé
https://cassetoipovconlelivre.blogspot.com/2011/04/lapero-casse-toi-en-bd-dans-zelium.html

Sur l’image jointe, la petite place triangulaire (je ne me souviens plus de son nom) juste devant l’église Saint Nicolas du Roule est tout à gauche en haut. Il ne nous avait pas été autorisé à l’époque d’être plus près de l’Élysée en bas à droite. Aujourd’hui, je pense que l’autorisation serait tout simplement refusée. Les conditions se sont terriblement durcies, on est passés de Henry VIII à Néron.

30/11/2019 11:01 par Georges SPORRI

Je conçois ce texte comme expression d’un vécu "objectif / subjectif" "partiel / partial" ...etc. Il faudrait presque ajouter l’intervention de CLAUDE GANNE et beaucoup d’autres témoignages pour disposer à la fin d’un matériel ethnographique suffisant pour pouvoir l’interpréter. J’espère que les UFR de sociologie vont faire leur boulot et produire de nombreuses monographies de "rond point". Les photographies des improbables édifices construits par les GJ et des très nombreux radars cramés complèteront ce corpus.

Ma pancarte préférée = sur un des ronds points de Toulouse : "Macron, avec ta Zoé on ira en vacances à Mazamet". La Zoé et toutes les bagnoles électriques sont laides, chères et dysfonctionnelles, elles sont donc très représentative du macronisme.

30/11/2019 14:47 par Assimbonanga

@Geb, ce sont des auteurs : de jeunes gilets jaunes provinciaux, plus ou moins « militants » depuis quelques années…
Es-tu allé sur le lien source ? A la fin, ils rajoutent ce POST SRIPTUM :

PS : Excusez-nous si des erreurs ont été faites sur des contextes locaux : on s’inspire de retours de camarades, de nos expériences personnelles, de retours médiatiques. Il peut y avoir eu des mécompréhensions, voire du mensonge, et tout correctif est bienvenu. Tout complément aussi — l’on pourrait réfléchir à une version allégée, sans les considérations théoriques générales, mais juste le « bilan d’expériences »… même s’il était difficile pour nous de dissocier les deux.

Et l’article est illustré de belles photos.

30/11/2019 16:57 par Yannis

Luable effort, mais faites un effort de vulgarisation SVP. Comment croyez.vous toucher un large public avec un essai laborieux ? l’intro de ce texte-bilan-questions trop long, pose d’emblée l’objectif : "Pour rendre intelligible ce qui s’est produit, certes, mais sans se lancer dans une analyse exhaustive ou détaillée de événement, qui serait bien trop longue. Surtout, ce texte se donne pour objectif de comprendre tant nos manques ou nos ratés, que nos illusions et nos aveuglements, pour essayer d’envisager la suite avec clairvoyance. Autant d’ambitions que nous ne tiendrons sûrement pas, mais qui amèneront, nous l’espérons, de nombreuses discussions."

Eh bien continuons à discuter, à Nuit Debout. sur les ronds-points, via Youtube et Facebook, et tout le monde (particuilèrement Macron et ses conseils et psy operators) sera content ! Et avançons toujours plus loin dans la nuit, à tâtons.

Merci à GANNE CLAUDE de reposer un peu le débat sur terre. Le peuple web.2 se rit assez vite des grandes envolées lyriques révolutionnaires et chacun a son interprétation des termes vagues tels que "gauchistes" selon son orientation politique, ses sources d’info... Je ne suis pas sûr qu’invoquer le communisme en 2019 fasse vraiment avancer le schmilblick, en terme de communication et d’actions concrètes pour stopper la pression néolibérale et totalitaire toujours plus insistante, en Europe et sur la planète. La "politique pure" avec les idéologies qui sous-tendent les discours est plutôt rébarbative pour le commun, tandis que la psychologisation et l’individualisation de chaque geste et pensée est devenu le principal motif du débat public.

En revanche, quand on parle de dignité, de pouvoir vivre décemment de son travail, de solidarité, de vieillir de manière décente, de santé, d’alimentation saine, d’éveil des consciences, des bonnes intentions des gauchistes détournées par la com gouvernementale, voire de la lutte de classe avec des rémunérations si indécentes aujourd’hui de part et d’autre, cela réveille encore quelque intérêt chez autrui en France, qui durera bien au delà que les interminables discussions sur la pureté comparée des militants de gauche et du déballage de références Hiiiistoriques.

Peut-on, doit-on encore anticiper la casse du secteur public, quand les effets de 40 ans de néolibéralisme, largement infusé dans les milieux populaires et intermédiaires, diffusent encore leur poison, avec un affaiblissement même des modes de pensée, le travestissement de la réalité, la philosophie de comtoir du "en même temps" et "du coup".

Peut-on au moins sortir de la nasse de la politique franco-francaise et prendre plus de hauteur, au moins au niveau de l’UE et entendre que Macron suit juste la ligne de route, diktat des nations riches du nord et des multinationales européennes, une poignée d’acteurs hyperpuissants menés par l’Allemagne, centre névralgique de cette fausse fédération européenne sous contrôle US.

Peut-on commencer enfin la décolonisation culturelle yankee, et "en même temps" remettre notre grande bourgeoisie historique ou parvenue à sa place, c’est à dire à la construction d’une industrie performante, innovante et relocalisée, la création de valeurs réelles plutôt que la désertification du territoire après délocalisations et la fuite dans l’actionnariat, les paradis fiscaux, bande de fainéants...

Le grand drame des GJ, c’est la violence de la répression étatique plus l’aveuglement ou le suivisme d’une grande partie de la population lobotomisée (et apeurée par la répression). A ceux et celles.là, on ne rachetera pas un cerveau en relativement bon foctionnement ni du courage, et il faudrait des années et des trésors de patience et d’éloquence, de com, pour les convaincre enfin de la pourriture du système. Et encore, une rechute de Black friday n’est pas exclue...

Parce qu’une fois que l’épisode Gilet Jaune sera enfin inscrit dans les livres d’histoire, nous ferons quoi ?

30/11/2019 18:46 par Geb.

@ Assimbonanga...

J’ai bien compris de qui il s’agissait. Ca fait un an que je discute avec des gens comme eux. Sans arriver à sortir d’une position nihiliste de déni de tout. Et c’est pour ça que j’ai précisé que je faisais "mon" procès" et pas "le leur".

De voir le trognon que se sont levé ces jeunes, (Et moins jeunes), pour faire ce constat et cette synthèse pour en arriver à presque rien sinon une conclusion confuse, et tout ça par manque d’éducation, de références, et d’analyses politiques, ça fait mal au coeur. Et de penser qu’ils en sont là à cause d’une bande de pourris qui ont détournés nos outils de classe par volonté de trahison ou de lucre ces derniers quarante ans, sans que nous ayons pu prendre le dessus de l’intérieur, ça fait encore plus mal.

Bon, je dirais qu’ils sont découvert la solidarité dans l’action. Mais pour l’instant le consensus sur le contenu de classe qui pourrait valider cette action et cette solidarité est encore bien loin d’être atteint. Le danger étant une radicalisation des actions par impatience ou ras le bol sans perspective cohérente dans l’usage de cette radicalisation. L’Action pour l’Action, ceux qui la prônent, et qui souvent la laissent réaliser par d’autres, n’est jamais constructive. Ceux qui admirent ces actions sont comme les admirateurs des outils pour les outils, (Ou les armes) : Ils peuvent être esthétiques, efficaces, pratiques, mais s’ils ne permettent pas d’obtenir un résultat concret, si au bout du compte ils ne servent à rien de positif sinon de devoir les nettoyer et les astiquer sans fin pendant que les buts à atteindre s’éloignent hors de portée,on peut considérer qu’ils sont plus démobilisateurs qu’efficaces..

Je ne me fais aucune illusion sur la pérennité du Mouvement des GJ. Ils sont là pour longtemps vu que le Moloch qui les fabrique se délite chaque jour un peu plus. Ils sont le symptôme d’une société malade mangée par ses lésions purulentes qu’elle n’arrive pas à guérir socialement par définition, ou éliminer par la guerre bourgeoise.

Ce qui m’inquiète c’est que le Moloch tôt ou tard au pied du mur va décider de les utiliser pour tenter de sauver sa peau. On a connu ça en 33 lorsque les SA du Moustachu ont pioché dans le Lumpenprolétariat écrasé par le Traité de Versailles et la Soc’dem de la République de Weimar pour garnir leurs rangs.

30/11/2019 19:18 par Assimbonanga

Des bilans, des livres, des photos, des dessins sur le mouvement des Gilets Jaunes : La révolution jaune, émission littéraire Du Média.
Pensez-vous que la FNAC les mettra sur ses étals ? Ça représenterait des tas d’idées de cadeaux...

30/11/2019 19:58 par pierreauguste

Juste un petit propos épidermique bien loin de cette démonstration...
Un peu confus parfois,un peu long comme ils le disent mais essentiel à la réflexion,au débat,dans un langage respectueux,honnête et ouvert . Ils me donnent , à l’instar de Dominique,envie de résister , d’aimer la vie malgré tout et d’y croire encore,parce que comme le cite Jérôme Baschet dans son excellent livre"Une juste colère" :"je ne veux plus vivre dans un monde où les colombes ne volent plus".(Antonin,gilet jaune)

01/12/2019 05:56 par Dominique

Pour comprendre cet article qui viens d’un site autonome, il faut comprendre ce que pensent les anarchistes de le situation actuelle, de son système politique et de ses partis. Francis Dupuis-Déri l’exprime très bien :

N’est-ce pas normal que les mouvements sociaux répondent à ces violences en devenant eux-mêmes « violents » ?

J’ai souvent tendance à dire que ce qui me surprend beaucoup, ce n’est pas qu’il y ait des émeutes liées aux mouvements sociaux, mais c’est qu’il n’y ait pas plus d’émeutes. La situation va tellement mal qu’il devrait y avoir plus d’émeutes, par exemple en réaction à la destruction de la planète, aux inégalités économiques qui se creusent, à la dégradation intergénérationnelle des conditions de vie par rapport à nos parents et à nos grands-parents, aux politiques d’austérité, et je ne parle même pas des féminicides. Il y a des femmes tuées toutes les semaines par des hommes, mais il n’y a jamais en réaction d’émeute féminine ou féministe !

Et puis, il y a tout le mouvement des jeunes qui se mobilisent pour le climat. Je vois des lettres ouvertes qui disent « espérons qu’ils vont rester non-violents, etc ». Mais ces jeunes sont persuadé-e-s que la planète est foutue d’ici 10 ou 15 ans. Je ne dis pas qu’il faut nécessairement être violent, mais je ne comprends pas pourquoi il faudrait se limiter par principe à une forme d’action si l’objectif est de sauver la planète elle-même. N’importe quelle violence qui permettrait d’éviter sa destruction devrait être légitime si elle est efficace, parce qu’il n’y a pas plus grande violence que la destruction de la planète elle-même. Au final, le niveau de violence des mouvements est étonnement bas face à la violence du système actuel : violences structurelles, institutionnelles, ponctuelles, économiques, culturelles, policières, sociales, psychologiques et internationales, et violences écologiques.
...
En quoi l’action directe constitue-t-elle un moyen de se réapproprier la politique, de repenser la démocratie ?

Pour que la politique ait du sens, il faut qu’il y ait un rapport direct avec les autres personnes qui sont interpellé-e-s par le problème qu’on soulève. On pense, on parle et on agit ensemble, c’est ça pour moi l’action directe : une assemblée, une occupation d’un rond-point ou d’un bâtiment, une manifestation. Tout ça c’est de l’action directe, même si on pense plus souvent à des actes de sabotage ou d’affrontement. L’action indirecte, c’est tout ce qui passe par la représentation, ou par le fait de se mettre au service de quelqu’un d’autre. Par exemple, quand on est militant dans un parti politique, notre effort est surdéterminé par les règles du jeu électoral, sans compter qu’il faut être au service de quelques individus qui veulent être élus et qui calculent le succès de l’action au nombre de voix et au nombre d’élus. Tout notre effort est consacré à des individus qui veulent accéder au pouvoir. Ce n’est pas politique au sens où je l’entends : ni autonome, ni émancipateur.
...
Face aux urgences environnementales et sociales, où se trouvent les moyens de notre radicalité ?

Pour moi, la radicalité est dans l’autonomie, l’autodétermination politique et l’autogestion. C’est un cadre, mais ça n’implique pas forcément que je ne me retrouve qu’avec des gens avec lesquels je m’entends bien, ou avec lesquels je suis d’accord, ou que le résultat soit à la hauteur de ce que j’espère. Et souvent, ça ne fonctionne pas… mais ce qui est sûr, c’est que quand je regarde mes ami.e.s progressistes qui misent plutôt sur les politiques électorales, ils et elles perdent tout le temps. J’ai donc connu plus de victoires, même si ce ne sont pas des victoires globales et que le capitalisme, le racisme, le patriarcat et l’État ne sont pas abolis...

Les partis de gauche ne réalisent rien, mettent tellement d’énergie et d’argent dans les campagnes électorales, avec des calendriers sur des années, des vedettes, des luttes internes… Il y a des gens qui consacrent leur vie à maintenir ces structures partisanes et leurs luttes de pouvoir. Et une fois qu’ils sont élus, ils ont leur équipe, ils dépensent leur argent... Imaginons ce que les mouvements autonomes pourraient faire avec tout cet argent ? C’est hallucinant tout ce qui est investi ou plutôt gaspillé lors des campagnes électorales, pour payer le personnel étatique, les firmes de marketing et de publicité, les personnes salariées par les partis, les compagnies de transport, etc.. C’est une catastrophe. Et les progressistes électoralistes nous disent qu’on est des idéalistes utopistes et qu’on devrait voter pour eux, se joindre à eux, alors qu’on ne représente rien en termes d’électorat et que c’est pas nous qui allons les faire gagner. Or, si eux faisaient le chemin inverse, nous pourrions réaliser ensemble des choses extraordinaires, en toute autonomie, donc en toute liberté, égalité, solidarité et sécurité. C’est ce qu’on propose, et c’est beaucoup plus intéressant que de voter.

Source : Lutter aujourd’hui : espaces de luttes et moyens d’action https://renverse.co/Lutter-aujourd-hui-espaces-de-luttes-et-moyens-d-action-2254

01/12/2019 14:54 par Assimbonanga

Je me demandais... Est-ce qu’on n’aurait pas intérêt à republier Le Capital, de Marx, sous forme de feuilleton hebdomadaire sur LGS ?
Non, pask, là, on voit bien que chacun dans son coin, avec la meilleure volonté du monde, cherche à réinventer l’eau chaude.
Les catho n’arrêtent pas de brandir la Bible, ce vieux grimoire à qui on peut faire dire à peu près n’importe quoi et nous, on se fait des complexes, on n’ose plus, on enfouit. Ché pas mais, Marx et Lenine, c’est autrement plus explicite que les vieux grimoires religieux ne faisant état que de racontars ante diluviens, sans date, et souvent même pas localisés avec précision. Non ?
Du coup, on aurait du grain à moudre, ensemble et conflictuellement bien sûr.

01/12/2019 18:42 par Assimbonanga

@Geb, merci ! Ces jeunes, c’est des gamins, comparés à nous... Mais je trouve tout juste dans tes remarques dont celle-là : manque d’éducation, de références, et d’analyses politiques, ça fait mal au cœur.
@Dominique, tsé que tu peux faire paraître sur LGS le texte de Francis Dupuis-Déri en tant qu’article ? (Onglet publiez dans le grand soir ARTICLE.)

01/12/2019 22:41 par Geb.

Bien sûr qu’il faudrait ressortir Marx et Lénine.

Le problème c’est que ça fait 30 ans que ceux qui en étaient les héritiers n’ont cessé de les dénigrer et de minimiser l’impact de leurs oeuvre. Quant ils n’ont pas été jusqu’à les criminaliser.

Va expliquer ça à des personnes qui débarquent sur l’Univers Marxien, comme des Martiens sur le nôtre.

Sans compter que plus ils sont "éduqués" et "instruits", plus ils sont endoctrinés à mort. Comme leurs profs. Quand tu penses que le Nec plus Ultra de l’Economie universitaire ça se situe au niveau de Picketty et que des gens que tu connais comme "intellectuels" progressistes, te le citent comme la Bible. Comment réussir à faire intégrer à des humains hors sol la réalité dialectique concrète du "Capital" sur leur environnement de tous les jours quand ils t’expliquent que le QE , (Quantitative Easing = Planche à billets) est un moyen "normal" de créer de la valeur.? Et je te parlerai même pas des "réserves fractionnelles bancaires" et la monnaie en bois qu’elles génèrent dont ils ne connaissent même pas l’existence. Presque ils s’imaginent que c’est le DAB qui leur distribue les billets, qui les imprime.

Tu débarques avec tes connaissances de militant autodidacte, ou de militant qui a eu le bol de profiter des derniers sursauts d’éducation communiste prolétarienne dans les dernières Ecoles du Parti, et eux te sortent leurs profs de la Sorbonne et te cataloguent "vieux con stalinien"... Et pensent que parce que tu soutiens la validité de l’oeuvre de Marx tu es un inconditionnel du Goulag. Dur de soutenir, même simplement, une conversation.

Et de leur point de vue ils ont pas tort : Qui croire en priorité dans notre société ? Le "sorcier de la tribu" fort de 1000 ans d’expériences de terrain dans le commerce réel et équitable. Expérience basée sur l’humanisme et le bon sens ? Ou le "Professeur de Sorbonne" ou de "Science Po", qu’on te présente chaque jour à la télévision comme conseiller de la Banque de France et du FMI ?

Lequel te brosse dans le sens du poil en t’évitant de te faire remarquer par ton Chef de service ou ton DRH ?

02/12/2019 09:47 par Assimbonanga

@Geb. Eh vouais... Tu es une bibliothèque. Et c’est pas évident de préserver tout ce que tu possèdes en toi. En plus, j’envie ta mémoire et ta sûreté (au sens avoir le pied sûr). Ché pas comment on peut sauver tout ça mais il y a forcément des sanctuaires, bon sang. Il faut juste avoir un sursaut, retrouver la fierté et ne plus se faire mettre en boîte sous les accusations permanentes de goulag. Enfin bonsoir, on ne traîne pas le pape dans la boue alors qu’avec la pédophilie dans l’Eglise, on pourrait !

En suivant le lien de @Babelouest, j’ai abouti aux 22 propositions de Fernand Buron C’était assez prémonitoire des Gilets-Jaunes...
J’aime assez le point 13, Suppression du Loto et des jeux de grattage à la con. Cela me paraît être du vrai communisme. Les gens semblent avoir oublié que le communisme, c’est aussi une idéologie faite de valeurs supérieures. Laisser les pauvres parier pour fabriquer les dividendes des actionnaires ne semble pas les déranger outre mesure. Vendre la Française des Jeux ne soulève pas l’indignation. C’est dingue.

J’ai aussi survolé le programme de @Benzekri et j’aimerais qu’il précise ce qu’il entend par "les notables" (point 12). Je trouve que "les notables" ça s’étend aux bourgeois qui gravitent dans la chambre de commerce, le comité des artisans-commerçants, les faiseurs de macarons Trogneux ou les ploucs de droite qui exercent tous un lobbying permanent auprès des élus, de la préfecture et tout ce milieu qu’on retrouve désormais baptisé "société civile" par les Macron.
Dans le point 3 de @Benzekri, "sans léser les petits producteurs et propriétaires", c’est quoi ces "propriétaires" ?

02/12/2019 15:47 par Buffaud

La description des GJ me semble dans l’ensemble relativement bien observée, sauf qu’elle ne s’arrête pas assez sur l’essentiel, à savoir la majorité des GJ totalement non politisés à l’origine et qui le sont devenus, à l’instar par exemple de Jérôme Rodriguès. En revanche, les conclusions qu’en tirent les auteurs sont surprenantes. Contrairement à ce qu’ils prophétisent, la mobilisation à partir du 5 décembre s’annonce d’une ampleur exceptionnelle. Et pas plus que ces gens là n’ont vu venir les GJ, ils ne savent ce qui se passera à partir de là. De plus, si la mobilisation du dimanche 17/11/2019 a été plus que décevantes, en revanche le samedi 16 a fait le plein, et c’est justement pour cette raison qu’à Paris le préfet Lallement a fait éclater tous les cortèges, parfois même avant qu’ils ne démarrent. Si les GJ n’existaient plus ou s’ils étaient devenus inoffensifs, pourquoi font-ils toujours aussi peur au pouvoir ? Et si il ne se passera rien le 5, pourquoi une telle panique au sommet de l’Etat ? La conclusion distille très curieusement le défaitisme et la démobilisation. Etrange.

03/12/2019 10:10 par Dominique

Ces jeunes ne sont pas pessimistes, ils sont réalistes. Nous avons affaire à une droite qui, fidèle à elle-même, ne lâchera rien, à une gauche qui a toujours confondu productivisme et anticapitalisme, et à des verts pour qui, comble du travestissement, écologie a toujours rimé avec consommons plus. Dans de telles conditions, la révolution ne se fera que le jour où les travailleurs s’organiseront eux-mêmes. Marx ne dit d’ailleurs pas autre chose.

Mais pour que cela arrive, il faudrait déjà qu’ils cessent de rêver d’être de parfaits collabos de l’entreprise comme les appellent les patrons. Vive la résistance !

03/12/2019 11:07 par Buffaud

@ Assimbonanga : également le formidable petit ouvrage intitulé : "Ahou ! Ahou ! Ahou !" aux éditions l’Insomniaque, en collaboration avec le journal GJ "Plein le dos", des dizaines de photos de dos de GJ assortis de commentaires savoureux. Indispensable et pas cher.

03/12/2019 12:07 par Assimbonanga

Les Gilets-Jaunes ont avancé dans une prise de conscience, chère payée. Très chère payée quand on s’aperçoit qu’ils sont encore loin d’avoir abouti au bout.
France 3 diffusait hier une énième émission sur les femmes Gilets-Jaunes : https://www.france.tv/france-3/les-femmes-du-rond-point/1112997-les-femmes-du-rond-point.html Je ne suis pas sûre que ce reportage serve vraiment le mouvement... La "misère" est toute relative et posséder une propriété privée est un immense avantage. Pouvoir cultiver la terre aussi.
Pour avancer, il faut beaucoup d’honnêteté (intellectuelle). Pas sûr que les Gilets-Jaunes soient "communistes", bien loin de là. Pour avancer, il faut dresser un inventaire du pays et des conditions de vie. Ce qui a fait bouger les gens, c’est qu’au 10 du mois, les charges fixes ont bouffé tout le salaire en loyers, électricité, chauffage, eau, assurance, téléphone, carburant. C’est peut-être là-dessus qu’il faut se pencher ?
Macron mène une politique patronale, arc-bouté sur la non augmentation des salaires. Tout comme Le Pen, il mise sur la baisse des cotisations pour les faire augmenter. Ou en supprimant la taxe d’habitation. Est-ce que les Gilets-Jaunes en ont conscience ?
Ont-ils mis dans l’inventaire les services rendus par la sécu, (santé, retraites, chômage) ? Que savent-ils de la sécu , ce qu’elle contient, d’où elle vient et le rapport de forces qui a permis sa création ? Et les ressources dont elle a besoin ?

Bien sûr, rubrique honnêteté intellectuelle, les ploucs sont le pire contre-exemple puisque leur combat syndical ’"de droite" (80% de la profession) consiste à ne dire que 50% de la vérité, la moitié qui les arrange. Rien sur la rage patrimoniale, celle qui fait capitaliser pour les vieux jours en achetant quelques vieilles bicoques dans le patelin que l’on transformera en logement locatif ou touristique, en achetant des granges inutilisées ou un local industriel faillitaire pour y stocker son matériel, ou un appartement discret sur la côte tout en ne payant pas d’impôt sur le revenu grâce à l’optimisation fiscale (achat, crédit, amortissement), et en versant des cotisations dérisoires en vertu de ces revenus savamment calculés et en osant se plaindre que leurs retraites sont infimes comparées à celles des salariés, sans vouloir admettre qu’eux cotisent à donf. Or, il me semble que les ronds-points ont rassemblé dans une révolte commune des gens sincères et des gens ne montrant que 50% de la vérité.

C’est pourquoi, la démarche intellectuelle des Gilets-Jaunes n’est peut-être qu’à mi-chemin... Il y aurait surement beaucoup de mutualisation à gagner, mise en commun, partage. Le communisme aura du mal à paraître une issue. La propriété privée semble être l’horizon indépassable.

03/12/2019 12:38 par Assimbonanga

François Ruffin, interviewé par Aude Lancelin qui projette sur lui un imaginaire romantique étonnant. Heureusement, Ruffin, lui, reste lucide. Ruffin n’est pas Jeanne d’Arc et il ne va pas lever une armée de gueux !! Moi qui l’ai vu avant Merci-Patron dans les rues de St-Amant criant la promotion de ses petits bouquins "deux achetés le troisième gratuit", je suis à l’abri de cette idéalisation abstraite. Je pense surtout que c’est un homme honnête et sincère. Il ne prévoit pas un plan de carrière. Il n’avance que mu par une quête intérieure. C’est assez rare... Sur les Gilets-Jaunes, je le pense juste réaliste, comme les jeunes qui écrivent cet article : s’il n’y a pas une masse critique de la population prête à quelque chose de significatif, hé ben...

@Buffaud, merci ! Ça paraît indispensable en effet, mais diantre, se procurer toute la littérature va s’avérer une folie à la longue. 9€

04/12/2019 23:27 par Dominique

Les médias de masse sont mus par ce qui est sensationnel et ils travaillent à flux tendu sans aucun recul ni mise en perspective, le tout en pratiquant allègrement l’autocensure pour ne pas se faire tirer les oreilles par la rédaction. Une photo choc, des qualificatifs comme "violence" et hop, ils catégorisent les gens pour en faire des casseurs qui veulent détruire l’état et la société. Aussi, ils ne disent ni que si les cailloux étaient des armes efficaces, les flics les utiliseraient, ni rien des motifs et des raisons des casseurs. Cela fait clairement le jeu du pouvoir, de l’état et des multinationales et cela s’apparente clairement à de la propagande. Ils fonctionnent comme cela et on ne va pas les changer. En parallèle, ils vont montrer des gentils manifestants sans dire qu’ils n’obtiendront jamais rien. Cela pose la question de comment faire pour faire passer nos constats et nos revendications dans les médias de masse, une question qui n’a pas de réponse unique car tout dépend du contexte de chaque lutte et de ce que les gens qui y participent sont prêts ou non à faire.

Une question qui, compte tenu du fonctionnement des médias de masse, a en fait quasiment aucune réponse progressiste à proposer, à tel point que la bonne question devrait plutôt être de comment faire nos propres médias alternatifs et comment faire pour que les masses consultent les médias alternatifs.

18/12/2019 18:01 par "communisme" ?

@Geb @Assimbonanga, et sûrement pas mal d’autres

Nous avons une culture politique. Nous sommes plus jeunes que vous, sûrement, il n’empêche qu’en cinq ou six ans, on peut en faire du chemin. Marx nous l’avons lu et le lisons, nous l’étudions avec rigueur. Mais nous avons toujours préféré Rosa à Vladimir. Pannekoek et Mattick à Trotski. Certains textes de Pankhurst, Korsch, Debord, Guérin, et nous en passons. Écumer les revues des années soixantes, nous l’avons fait : Pouvoir Ouvrier, Internationale Situationniste, Informations et Correspondances Ouvrières, et d’autres. Des références politiques nous en avons beaucoup. Certains d’entre-nous ont commencé par croire au NPA ou à Mélenchon, un peu avant 2012. Mais l’eau s’écoule, le temps passe, les luttes nous apprennent, nous vivons des situations et l’effort réflexif est permanent.

Vous avez sûrement du croiser sur internet certains memes, un peu méprisants cela dit : "Ok Boomer". Désolé de vous le dire comme cela, mais en vous lisant c’est ce qu’il me vient à l’esprit. Vous ne pouvez imaginer que des jeunes aient lu, qu’ils aient lu beaucoup, mais qu’en plus de ça ils aient beaucoup lutté et qu’ils ne soient pas arrêté à leur premier Foucault, qu’ils estiment Althusser mais qu’ils détestent le Parti Communiste. Qu’en quelques années, ils aient fait les histoires des révolutions allemandes, russes, mexicaines, italiennes, des Fronts Populaires, de la guerre civile espagnole, du moment mai 68 à l’international... et qu’ils aient tenté d’en dresser un bilan. Nous avons été aidé par des gens de votre génération, nous ne sommes pas de grands théoriciens : Gilles Dauvé, Bruno Astarian, Théorie Communiste, Endnotes, Sic... Quelques lectures qui pourraient vous intéresser - qui, en tout cas, nous ont intéressé. Mais comme nous, ces lectures ne croient plus dans le "Parti", non pas qu’il soit simplement historiquement dépassé, mais aussi qu’il ait toujours été contre-révolutionnaire. Les masses n’ont pas besoin de se penser "communiste", ni de se croire "communiste, pour agir dans le sens de l’Histoire... pour autant, il n’y a aucune téléologie, et c’est ainsi que nous assumons un parti pris, un angle de vue, un positionnement (de classe d’abord, éthique ensuite). Spontanéiste mais, du mieux que possible, scientifique. L’humanisme abstrait nous a déjà montré ses limites.

L’époque s’annonce plein de troubles. Nous n’en sommes qu’au commencement. Sans jouer aux prophètes ni aux oracles, nous espérons que les "militants" plein d’idéologies et de schémas pré-fabriqués (les savants, les politisés, ceux et celles qui ont lu et qui Savent, mais qui ne retrouvent jamais dans les masses grouillantes, puantes, contradictoires et hétéroclites ce qu’ils avaient imaginé sur leurs bureaux !) finiront par se faire à la période... Ils risqueraient d’être déçus, voire de se retourner dans le camp contre-révolutionnaire très rapidement. D’ailleurs, nous n’avons aucune certitude et sommes tant impatient que plein de peurs et d’inquiétudes. Excusez-moi pour ce message assez elliptique, et pour ce "nous" que vous n’avez guère l’air d’apprécier. Il me fallait laisser une trace.

Bien cordialement,

Un "militant" de province parmi d’autres, qui aime bien ce texte ;)

19/12/2019 09:28 par Assimbonanga

"Les jeunes", cela ne veut rien dire. Parmi les jeunes, il y a toutes les tendances. Etant donné que c’est moi-même qui ai posté cet article à LGS, c’est dire si j’ai de l’intérêt pour les auteurs ( De jeunes gilets jaunes provinciaux, plus ou moins « militants » depuis quelques années…) !
Par contre, là où je déplore, c’est parmi les plus majoritaires, ceux que je peux côtoyer dans l’ordinaire. Ils ne sont pas dans la rébellion et ils sont loin d’approcher d’une telle érudition que celle revendiquée par "@communisme ?"

Ouais, j’ai remarqué cette expression "OK Boomers", grâce à France Inter. Qui veut autant rien dire que l’expression "les jeunes" ! C’est juste une version moderne pour dire "d’accord les vieux" ? Hé bien, les vieux, y en a de toutes les catégories, du rentier bourgeois au modeste retraité, du RN à l’anarchiste !

Moi, perso je suis fascinée et séduite par les valeureux zadistes dont j’ai suivi le martyr à NDDL jour après jour, heure par heure, par le truchement de zadnadir et de Reporterre. Je visite régulièrement parisluttesinfo, et par leur truchement, cerveaux disponibles et tous les sites qu’ils citent !

Donc, @"communisme" ?, ho, hé hein, bon ! Nuance !

21/12/2019 14:29 par Georges SPORRI

@ "Communisme" / Rosa LUXEMBOURG et Anton PANNEKOEK ont sûrement écrit des textes excellents. Cependant ils étaient un peu courts sur la question de l’anti impérialisme. Incompréhension-crasse des thèses du congrès de BAKOU. Même les bordiguistes que vous respectez peut être ont écrit une série d’articles très clairs pour dénoncer cet "indifférentisme" dans les questions nationale et coloniale qui devient gravissime lorsque des groupes "ultra-gauche" conseillistes refusent de soutenir les palestiniens contre les répugnantes pratiques coloniales de l’entité sioniste qui n’est au fond qu’une caserne USA-UE-OTAN au fond de la Méditerranée. De même ils finissent par participer à la propagande occidentale dont ils servent une version "ultra-gauche" sonore mais creuse lorsque, sous prétexte d’objectivité, ils s’acharnent à démystifier Cuba ou le Venezuela avec des arguments réduits aux principes et aux définitions.

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