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Vidéo, vérité, les profs, le premier ministre hongrois et Ségolène Royal.





Texte, vérité et vidéo, internet, la démocratie participative, le calcul des heures de travail des profs, le premier ministre hongrois et Ségolène Royal...


Samedi 11 novembre 2006.


A propos d’une petite vidéo qui fait très mal

Je suis frappé de cette réaction de Ségolène Royal qui prend actuellement sur toutes les chaînes télévisées, la diffusion de la vidéo sur ce qu’elle a dit contre les enseignants, comme une manoeuvre "malhonnête", comme si c’était un "coup" de dernière minute de la campagne... contre elle...

Mais, en fait que s’est-il passé ? Certainement "quelqu’un" a trouvé, ou retrouvé cette vidéo avec des intentions politiques évidentes de polémiquer contre "la candidate favorite des sondages" (comme l’appelle la presse).

Sans doute, celui ou ceux qui, à l’origine, ont initié cela étaient des adversaires de la candidature de Ségolène, bien évidemment. Sans doute, ils ont essayé de diffuser au maximum cette information pour combattre le succès éventuel de sa candidature.

Mais quelles chances avaient-ils de "réussir" ?

Mais en quoi était-ce une "manipulation", un "coup", une "attaque tronquée" de dernière minute ? Chacun a pu lire et relire le texte, il ne fait aucun doute.

Etait-ce un faux ? "Non", la candidate nous le dit, les images parlent d’elles-mêmes, en substance, "c’était un peu rapide, il faudrait pouvoir en discuter davantage sur le fond...car l’éducation est une chose sérieuse, et elle ne peut être traitée comme cela, à la va-vite..." Elle se plaint d’être ainsi maltraitée, certes.

Mais n’est-ce pas le lot quotidien de l’information dans ce pays ? Sur tous les sujets, tout le temps, quelle que soit la chaîne, le support papier ? Ne faut-il pas faire de "petites phrases" et, seules, elles sont retenues, n’est-ce pas ?

Certes on pourrait discuter sur le fond : car dans le privé, (DANS L’ENSEIGNEMENT PRIVE !), on tient en général pour acquis (c’est contesté, les patrons de l’enseignement privé n’en veulent pas, mais c’est la discussion centrale des conventions collectives depuis plus de dix ans) qu’une heure de cours vaut triple : une heure de "face à face" pédagogique vaut trois heures, elle induit une heure de "préparation pédagogique" et une "heure de suivi pédagoqique".

A ce compte, bien sur, les enseignants du public (public !) font 17 h X 3 soit 51 h par semaine.

Les ramener "à 35 h" , ce serait diminuer le nombre d’heures qu’ils font pour leur permettre de mieux faire cette préparation et ce suivi pédagogique dans l’intérêt des élèves et de la qualité des cours, en les payant conformément aux heures effectuées réellement (correction de copies, préparation de cours) etc. Dans des classes de 15, là ou c’est nécessaire, ce ne serait pas mal, non ? (Mais ce n’est pas ce qu’il y avait dans la vidéo). Allez donc trouver une chaîne de télé où l’on puisse expliquer cela sereinement à une heure de grande écoute...

Là , dans le cas présent, sur ce sujet pourtant discuté depuis des décennies, (les horaires et les vacances des profs) "quelqu’un", quelqu’il soit, qui ne disposait pas de TF1, ni de France 2 ou 3, ni d’un grand journal pour faire cela, (ce ne pouvait pas être une campagne de Bouygues, Lagardère, Dassault, ni Rotschild comme dirait Bayrou) ... un "quelqu’un" donc, peu importe, a retrouvé et diffusé cette intervention de Ségolène Royal, affirmative, concrete, illustrée, sur le ton communicatif ordinaire qu’on lui connaît, par le truchement de cette vidéo et d’ internet.

Normalement, un "quelqu’un" qui veut soulever ce problème (pas forcément décisif pour une candidate à la présidence, mais important quand même, il y a un million d’enseignants) a peu de chances de réussir.
Car ce n’est évidemment qu’un aspect de la question de l’éducation, ce n’est pas tout, ce n’est pas essentiel !
Ce quelqu’un ne détient que des images d’une caméra "anonyme" ou "citoyenne" , ça ne vaut rien...
Et il les diffuse artisanalement par mel...

Ce quelqu’un n’est même pas membre d’un "jury populaire" tiré au sort, il n’exprime pas "l’opinion" au hasard, ce "quelqu’un" n’est pas forcément "autorisé" à être reconnu comme "citoyen participatif" , on peut le soupçonner. Il est partial. Sûrement !

Après tout, il n’a pas filmé un conseil des ministres, seulement des propos que la candidate ne renie pas (dans un conseil des ministres, les propos auraient pu être arrangés, là ils étaient libres et sincères, à voir les images...)

(De même qu’étaient libres et sincères les propos du premier ministre socialiste hongrois, qui ont été enregistrés à son insu, qui ont provoqué une grave crise à Budapest, il y a quelques semaines et Ségolène Royal avait réclamé sa démission, au nom de la vérité en politique, en cette occasion, pour ces propos filmés en séquence cachée, rediffusés partiellement...)

Dans cette vidéo de Ségolène Royal sur les-enseignants-qui-ne-bossent-pas-qui-se font-des "sous" en-plus, hors de leurs horaires, au lieu de s’occuper gratuitement de leurs élèves, ce message-là , diffusé anonymement, de façon limitée, contestable, incertain, malintentionné sûrement, que lui est-il arrivé ?

Il a été, en quelques heures, reproduit à des des centaines de milliers d’exemplaires, sinon à compter en millions...

Aucun "complot" ne peut réussir une telle chose : qu’est-ce que sont quelques centaines de milliers de mels, à côté des millions de téléspectateurs de TF1, de France 2, de ITV, LCI, BFM ? A coté de France Inter, de Europe n°1, de RTL ?

Pourtant ces grands médias qui savent d’ordinaire "’aller chercher" et "créer" sinon modeler l’évènement, surtout l’évènement de ce type... ont dû se contenter de le refléter, d’en rendre compte ...
Ils ont suivi, été obligés de suivre, d’ailleurs en donnant tout de suite la parole à la "victime" de la manipulation pour qu’elle s’en défende...

De quoi réfléchir sur les rapports à venir entre les médias officiels et internet...

N’est-ce pas Ségolène Royal qui veut encourager le débat par internet, la prise de parole citoyenne, "désir d’avenir" ?

Et voilà que dans internet, une poignée de gens, force les "grands médias" à parler de cette petite vidéo mal-foutue de janvier 2006, banale, partiale, partielle, tout ce qu’on veut,

Voilà qu’elle est qualifiée par Ségolène Royal avec un souverain mépris sur un ton langue de bois, de "coup" , de "manipulation" alors qu’elle connaît une diffusion inouïe, incalculable...par le "web" , le "réseau" au point que cela devient un événement national !

Moi qui suis un grand pratiquant d’internet, c’est sans doute la première fois que je vois cela, à ce point, j’en témoigne modestement, depuis plus de six ans que ce média s’est développé (après la bataille pour les retraites à 60 ans en 2003, la bataille du "non" en 2005 - avec notre ami Etienne Chouard - par exemple, la bataille contre le Cpe, dont les argumentaires décisifs ont circulé par mel et ont été reproduit à des millions d’exemplaires...).
Personnellement j’ai reçu plus de 70 fois en moins de 24 h la vidéo incriminée de Ségolène Royal contre les profs par de multiples sources, diverses, surprenantes, connues et inconnues, tout azimut, un engouement qu’aucune explication de "complot" ne peut expliquer...

Des centaines de milliers de citoyens se sont emparés de cela, peut être un million ou plus... Sans ordre, sans obligation, comme ça... Pour le plaisir de "participer" sans doute, car la politique les intéresse...

Après, qu’est-ce qui arrive ?

Ségolène Royal ne dément pas, sur tous les grands médias qui lui tendent leur micro, "les 35 h pour les profs au lycée" , elle se plaint seulement que la façon dont elle l’a défendu dans ladite vidéo ne soit pas retraduite de façon pédagogique compréhensible, telle qu’elle l’a expliqué, ou voulu l’expliquer...
En un mot, elle confirme et reconfirme !

Pour les profs concernés, n’est-ce pas ce qu’elle pense ? Bien sûr.

Le message qui a pris plus vite qu’un feu de forêt par grand vent, est clair et net : il brûle !

N’est-ce pas ce que les profs et au delà des millions de gens de gauche, ont vite compris ? N’est-ce pas la raison de l’indignation collective, massive ?
N’est-ce pas ce que chacun a compris au point de rediffuser cette vidéo plus vite que les lumières de TF1 ?

En voilà , de la "démocratie participative" !

Personne n’a appuyé sur le bouton, personne n’a orchestré cela, personne n’en avait les moyens, les grands médias ne sont, pour une fois pas responsables de la sélection de cette information, elle a poussé comme un champignon car elle avait la force de la vérité, de l’évidence populaire, autant que pour les propos du premier ministre hongrois, il y a quelques semaines...

Gérard Filoche pour Démocratie & Socialisme
www.democratie-socialisme.org



Le contrat doit il se substituer à la loi ? par Gérard Filoche.

Heures supplémentaires de Sarkozy : attention au piège ! par Octave Bonnaud.

La démocratie casino de Ségolène Royal, par Jean-Jacques Chavigné.




COMMENTAIRES  

12/11/2006 09:46 par Anonyme

C’est 18 heures, pas 17.

12/11/2006 14:33 par Anonyme

Oui, contrairement à ce que dit cette sinistre incomptétente, qui devait courir les diners mondains au lieu de bosser ses dossiers lorsqu’elle était ministre déléguée à l’enseignement secondaire, c’est dix-huit heures...

Se planter sur une donnée aussi fondamentale... Affligeant !

12/11/2006 15:00 par Bruno, militant PS Paris PM

Si on faisait une vrai comparaison des temps de travail chiffres à l’appui entre les enseignants et les employés du privé ?

Quelques hypothèses :
- Concernant le chiffre de 1h de préparation+1h de compensation pour 1h de cours (çà d un ratio de x3), j’ai le même pour initier un cours spécifique mais en revanche, l’entretien/actualisation d’un cours est nettement moins consommatrice, je le situe à environ 20mn pour 1h de cours.

- De plus, il me semble évident que la correction des contrôles est un travail lourd et que celui-ci peut être estimé sur la base de : 3 trimestres x 3 contrôles x 6 classes x 4h soit 216h.

Les chiffres :
35h x (52-5)semaines = 1645h (temps travaillé d’un employé appliquant les 35h et hors j férié ; les employés au 39h sont encore nombreux et travaillent 190h de plus par an)

- 21h x (52-15)semaines = 777h (temps d’enseignement en salle de classe d’un capétien)

- 15h x (52-15)semaines = 555h (temps d’enseignement en salle de classe d’un agrégé)

- Temps de travail réel d’un capétien : 777h +777h (de compensation) +216h (de correction) +518h les 2 premières années (2 "niveaux" de cours à préparer) + 259h les années suivantes = 2029h à partir de la 3ème année d’enseignement (mais 2547h avant)

- Temps de travail réel d’un agrégé : 555h +555h (de compensation) +216h (de correction) +518h les 2 premières années (2 "niveaux" de cours à préparer) + 259h les années suivantes = 1585h à partir de la 3ème année d’enseignement (mais 2103h avant)

On notera ici le déséquilibre capétien/agrégé avec un capétien qui travaille 23% de plus (+384h) qu’un employé au 35h et un agrégé qui travaille 4% de moins (-60h) que ce même employé...

On constatera surtout que le temps de travail des enseignants est soit supérieur, soit très proche du temps de travail dans le privé des 35h !

En commençant ce message, je ne savais pas sur quels chiffres j’aboutirait mais je suis maintenant convaincu qu’expliquer ces chiffres permettrait de montrer qu’enseignants et employés sont, en réalité, très proches dans l’effort et que les agrégés pourraient peut être passer plus de "temps officiel"...sur du soutien scolaire par exemple...

14/11/2006 18:46 par Anonyme

La France rigole en voyant ces chiffres ....
Nous sommes là dans le cadre idéal d’enseignants adeptes de Jules Ferry.

Je suis fils et frère d’enseignants et seul "rescapé de la famille".

Passé une dizaine d’années dans le meilleur des cas la flamme s’éteint, les cours ne sont plus reactualisés, les corrections se font en surveillant les devoirs.
Et que dire d’une bonne moitié qui arrivent enseignants sans idéal pédagogique, il est ou là Fresnay ?

Tout ce qu’a dit Allègre était juste

Celà dit je partage le restant de votre analyse sur Madame Royale et bien que simple sympatisant PS je voterais si j’avais à le faire contre elle.
Mais il est vrai que je n’ai pas pris de cotisation à 20 balles.

De ce dernier point de vue ne trouvez pas qu’il y a là ressemblance entre la dilution des bolcheviques par l’arrivée de nombreux adhérents qui vont à la soupe dans les années 20 en Urss et l’irrésistible montée de Staline, Lénine et Trotsky ne parlant plus qu’aux vieux combattants déjà combattus.
La cotisation à 20 roubles sans doute.

Il faut lire le regretté P Broué qui lui n’a jamais compté ses heures.

Pour conclure, il faut refonder l’idéal de l’enseignement républicain pour éviter le lent et progressif pourrissement de l’école laique et
relayer les Madame Royale à l’ENA qu’elle n’aurait jamais du quitter.

Un peu confus non, c’est vrai j’ai pas passé 1 H + 1H + 1 H mais 5 mn.

Bambuck

22/02/2007 18:41 par Anonyme

Prenez le temps de lire ce texte écrit par un prof, Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble

"
IL FAUT REVOIR LE TEMPS DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS !
LE DECRET DE 1950 EST VRAIMENT TROP VIEUX !
Actuellement, le temps de travail d’un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C’est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par une décret datant de 1950. Rendez-vous compte ! Ce qui détermine ce qu’un enseignant doit à la nation date de 56 ans. Il est vraiment temps de se pencher sur un problème aussi lourd de conséquences.
18 heures par semaines ! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d’aussi bons salaires ?
Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux ? Il faut peut-être y regarder de plus près. En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l’époque s’il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.
Mais que s’est-il passé depuis pour les enseignants ? Rien ! Alors que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteint au début des années 70 (elle était un droit depuis 1936). Mais ce n’est pas fini, il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants doivent toujours le même service.

C’est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes vous, en lecteur éclairé ! Certes je l’avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances ? Et bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façon. D’abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c’est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Car les vacances c’est pour que les élèves se reposent. Donc notre temps de travail était annualisé. Mais, et les deux mois d’été alors ? Là , c’est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d’ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12. (Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 euros par mois il recevra 24 000 euros par an, mais pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 euros par mois mais sur 10 mois, soit 20000 euros par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 euros par mois.) Et oui chers lecteurs les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances.
Oui bon d’accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre ! Et bien soit, comparons. Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public (qu’on nous prouve le contraire). Mais l’exemple le plus frappant pour moi de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de départ d’un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd’hui, il n’est plus que 1,2 fois plus élevé. Autrement dit si comme le PS l’a écrit dans son projet le SMIC augmentera de 25 % au cours des cinq ans à venir (et l’UMP l’a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC. Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la dégradation de notre situation ?
Alors oui le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernants ! Mais dans quel sens ? Est-ce en faisant en sorte que devions travailler plus pour gagner autant comme veut le faire M de Robien ?
Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble.
PS : Je joints deux graphiques dans lesquels vous pourrez vérifier mes affirmations. Si d’autres personnes ont d’autres statistiques, elles peuvent me les envoyer, y compris si elles vont dans un sens opposé.
PS 2 : ce texte est libre de droits. Vous pouvez le faire circuler autant que vous le voulez. Il peut même être publié en me demandant mon accord.
"

12/11/2006 12:13 par vladimir

Segolene prise au piege de ses declarations : L’internet a un impact croissant sur la communication politique

Par Corinne DELPUECH
http://fr.news.yahoo.com

12/11/2006 14:19 par Anonyme

Je suis musicien (chef d’orchestre), et il est évident pour tout le monde que je serais totalement incapable de faire correctement 35 h de concert par semaine... c’est pourquoi je suis payé au cachet et non à l’heure (pour info, un cachet = un concert est considéré par l’administration comme équivalant à 8 à 12 h de travail) !

Or, même si le travail de professeur demande un peu moins de concentration et de tension nerveuse que de diriger un orchestre en concert, c’est un travail où l’on est en représentation constante, à devoir maîtriser seul l’activité de 35 élèves pas toujours coopérants... bref, c’est un travail qui n’a pas grand-chose à voir il me semble avec les RV, réunions, recherches et écritures de rapports qui constituent l’essentiel de l’activité d’un cadre d’entreprise.

Demande-t-on à un avocat de plaider 35h par semaine ? à un homme politique de discourir 35 h par semaine (à part F.Castro) ? Arrêtons de mettre toutes les activités sur le même plan. Aucun chef d’entreprise n’accepterait de travailler 35 h sur un poste d’ouvrier, même en conservant son propre salaire : c’est bien qu’il y a une pénibilité qui n’est pas comparable.

Du reste, l’argument du temps de préparation et de suivi pédagogique que vous soulevez en faveur des enseignants est à ce titre fallacieux, car il implique de mettre sur le même plan ces heures-là et les heures de cours, alors qu’elles n’exigent pas autant de tension nerveuse.

Sinon, je suis en complet accord avec votre article. Il y a une information politique de la plus haute importance qui est passée complètement inaperçue au début de 2005 (soit quelques mois avant le référendum...) : on annonçait à cette époque que la moitié des français avait accès à l’ADSL - l’important politiquement n’étant pas tant le débit de connexion de l’ADSL, que l’accès illimité, lequel autorise à aller explorer des pages web inconnues sans crainte de gaspiller son argent...

12/11/2006 15:56 par FredSud37

Afin que chacun puisse se faire sa propre opinion sur ce qu’a publiquement déclaré la candidate officielle de la presse "people" et de la "gauche caviar", ladite vidéo est disponible : ICI.

12/11/2006 21:02 par Sisyphe

Tu écris :

Les ramener "à 35 h" , ce serait diminuer le nombre d’heures qu’ils font pour leur permettre de mieux faire cette préparation et ce suivi pédagogique dans l’intérêt des élèves et de la qualité des cours, en les payant conformément aux heures effectuées réellement (correction de copies, préparation de cours) etc. Dans des classes de 15, là ou c’est nécessaire, ce ne serait pas mal, non ? (Mais ce n’est pas ce qu’il y avait dans la vidéo). Allez donc trouver une chaîne de télé où l’on puisse expliquer cela sereinement à une heure de grande écoute...

Comme tu le dis "ce serait" diminuer le nombre d’heures. En l’occurence, les profs vont faire 35h et rentrer à la maison pour faire les preps correspondant aux 18h (ou plus, puisque Royal ne précise pas..)aux heures de classe incompressées.

C’est donc un alourdissement de la tache. Vu la difficulté apparente de gérer des classes de collèges surchargées aux élèves bien souvent en difficulté, les dépressions en progression alarmantes dans le milieu éducatif, ne vont pas voir leur "pik oil" survenir demain.

Mais, évidemment, l’augmentation conséquente des salaires que prévoit la dame de haut-poitou saura alléger les inquiétudes de ces pauvres profs. Non ?..

14/11/2006 15:40 par RTBT139

S’agit-il du même Gérard Filoche qui répondait à Pascale Fourier danas son émission du 20 AVRIL 2004 PS... et la mondialisation de des sous et des hommes
http://dsedh.free.fr/transcriptions/filoche77.htm
« Pascale Fourier : … Mais vous m’étonnez un peu parce que, quand même moi, quand j’entends des Strauss-Kahn ou des Fabius ou si je vois un Hollande se balader à Porto Alegre, cela me fait marrer bassement !! Donc, pour nous, à l’extérieur, le Parti Socialiste, on ne peut pas dire qu’il soit anti-libéral ni non plus anti-mondialisation…. Donc je m’interroge !
(commentaire : Elle n’est pas la seule gauche caviar exclue !)

Gérard Filoche : Vous avez raison, vous avez raison ! < …> Le débat n’est pas tranché ! Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn ne sont pas encore des candidats ! Qu’ils veuillent l’être, c’est leur affaire ! En se rasant ou sans se raser, ils ont l’air plus que d’y penser, mais je ne suis pas sûr que le Parti aujourd’hui soit mûr pour avoir des anciens énarques, inspecteurs des finances ou avocats d’affaires comme candidats. Je crois que les candidats, la base du Parti, et puis le pays, la gauche de façon plus générale, veulent justement que ça change, c’est-à -dire qu’on ne se retrouve pas avec une gauche ancienne qui n’est pas allée jusqu’au bout de ses promesses ! »

« Pascale Fourier : Moi, finalement, effectivement j’ai eu l’impression que le Parti Socialiste pendant longtemps nous a pris pour des imbéciles, en gros, et que d’ailleurs ils sont tout à fait capables de continuer à nous prendre pour des imbéciles !!!
J’ai un peu du mal à comprendre ce qui s’est passé… Qu’est-ce qui s’est passé aux alentours des années 80 ? Qu’est-ce qui fait qu’on s’est retrouvé effectivement avec comme homme politique important, très important, au Parti Socialiste et donc qui est toujours vu, malgré les carottes, comme potentiel présidentiable, quelqu’un comme Fabius, ou Strauss-Kahn…

Gérard Filoche : Ce qui s’est passé, ça tient en une phrase : alors que la droite, elle, est fidèle au patronat, les socialistes ont cessé d’être fidèles aux salariés. Voilà . »

Ségolène responsable ?

14/11/2006 16:27 par Anonyme

oui,c’est le même et avec un attitude constante face aux choix à faire sur le fond.

le 21 avril 2004, on sort du 21 avril 2002, de la bataille sur les retraites, de celle sur les régionales, (ou triomphe la gauche).

Dsk et LF viennent de publier (mars 04) des textes vraiment faux sur la situation et que je critique fortement (cf site www.democratie-socialisme.org) , sur l’urgence sociale...

J’espère à ce moment-là que nous aurons du changement dans le Ps...

On fait une campagne pour l’europe des 35 h et du smic européen, pour le 13 juin 2004, on a 30 % des voix...
mais il va arriver le referendum du 29 mai et la direction de François Hollande appelle à voter oui...

Moi je fais campagne dedans et dehors pour le "non" . Il y a 42 % de "non" dans le Ps en interne et 59 % des électeurs socialistes votent "non" ... avec Laurent Fabius, surprise, qui prend une bonne position.

Ce "non" est durable et pas jetable.

Il y a 47 % d’opposant aux ouiiistes du Ps le 9 novembre 2005 pour le congres du Mans.

Mais la gauche du parti socialiste est divisée par ses propres chefs, Henri Emmanuelli le premier, qui font la "synthèse" au Mans puis votent le "projet" le plus droitier adopté par le Ps le 1er juillet 2006.

On a résisté mais il n’y a pas le changement que nous souhaitions sur le fond, nous maintenons, avec Marc Dolez, un courant "FM D&S" , pour reconstruire une "gauche socialiste"

... et nous sommes amenés à choisir : entre les trois candidats, SR, Dsk, LF, il n’y a pas photo, c’est Laurent Fabius qui explique lui-même qu’il a changé et qu’il l’assume complètement !Le seul qui était pour le "non" , le seul qui prone l’unité de la gauche,dans le choix qui nous est proposé, il faut voter Laurent Fabius le 16 et le 23 novembre.

Je lutte toujours pour que le Ps soit aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat pour que cela ne recommence pas comme le 21 avril 2002.

Bien à vous, Gérard Filoche (lire le mensuel D&S qui raconte cela mois par mois www.democratie-socialisme.org)

15/11/2006 12:14 par Fred

Bonjour, un point tout de même important me semble-t-il abordé par Ségolène dans la vidéo, est le cas d’enseignants travaillant à titre individuel pour des entreprises privées de soutien scolaire côtées en bourse. La solution qu’elle apporte n’est sans doute pas la bonne en mettant tous les enseignants dans le même sac. Mais que penser réellement de ces enseignants là , en l’occurence ? Et que penser de ces entreprises ?

La solution ne serait-elle pas de disposer d’un organisme équivalent nationalisé, à travers lequels les enseignants qui le souhaitent pourraient effectuer des heures supplémentaires, et parallèlement le fournir d’un nombre conséquent d’enseignants supplémentaires ?

Comment se rendre effectivement compte du travail effectué par les enseignants en dehors de leurs heures de cours ?

S’il est vrai que le travail est déjà éprouvant, des heures supplémentaires pour des entreprises tierses ne contribuent-elle pas à abaisser la qualité de l’enseignement fourni par l’individu plus fatigué ?

Le fait qu’un enseignants passe des heures payées par le privé en plus de son salaire ne le motive-t-il pas à dispenser un enseignement de piètre qualité destiné à garantir son revenu parallèle ?

Autre point important concernant ce soutien scolaire payant, cité par madame Royal : le fait qu’il soit payant. En effet, quels sont ses enseignants du public qui alimentent la discrimination sociale par le pouvoir de l’argent au sein même de l’éducation nationale ? Est-ce qu’ils constituent objectivement un électorat de gauche ?

15/11/2006 21:42 par Claude Jacquier

Jusqu’à nouvel ordre un enseignant, agent de l’Etat, n’a pas le droit de travailler en dehors de son administration... Cela clôt le débat concernant ces profs, qui soi-disant, se font de la gratte dans des boîtes privées (ce qui impliquerait un contrat de travail et tout le reste).
De plus je rappelle qu’un professeur certifié doit à l’état 18 heures et non 17 ! c’est dire si Mme Royal est informée, il paraît pourtant qu’elle a eu autrefois des responsabilités au ministère de l’Education Nationale.
(Je tiens au "Nationale" qui n’apparaît plus dans le logo officiel)

16/11/2006 16:11 par Fred

En principe oui, mais il existe des exceptions à la régle.

Le décret de 1936, ainsi que l’article L 324-4 du Code du Travail, prévoient qu’il est possible de déroger à cette interdiction dans des cas bien précis :
"¢ production d’oeuvres scientifiques, littéraires ou artistiques,
"¢ oeuvres d’intérêt général (enseignement, bienfaisance, soutien, travaux gratuits sous forme d’entraide bénévole),
"¢ travaux ménagers de faible importance effectués chez des particuliers pour leurs besoins personnels ou travaux d’extrême urgence qui doivent être exécutés immédiatement pour prévenir des accidents ou organiser des mesures de sauvetage.
De même est possible l’exercice par un agent public, d’une « profession libérale découlant de la nature des fonctions exercées » (exemple : enseignant en droit exerçant en même
temps la profession d’avocat). Cette possibilité est ouverte sous réserve de ne pas compromettre leur indépendance ou de nuire à l’intérêt public.

Pour les enseignants, la durée maximale du cumul d’emploi est fixée à 8 heures par semaine pendant 27 semaines (soit 216 heures annuelles).

(Décret du 29 octobre 1936, relatif aux cumuls d’emplois publics, de rémunération et de retraite (modifié par loi n° 53-1314 du 31 décembre 1953, décret n° 55-957 du 11 juillet 1955, loi n° 58-346 du 3 avril 1958, loi n° 63-
156 du 23 février 1963, décret n° 80-621 du 31 juillet 1980)

Le débat est-il clot ?

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