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Pas question de soutenir Siné-Hebdo.

Je lis dans le Grand Soir (site ouvert, comme on le voit) un « Appel à soutien à Siné-Hedo », appel envoyé, semble-t-il, par un lecteur.

J’ai soutenu ce journal au début, comme tous ceux qui ont désapprouvé le mauvais procès fait à Siné. J’ai donc cessé de lire un temps Charlie-Hebdo, malgré mon attachement à certains de ses dessinateurs et chroniqueurs, dont les « historiques » bourrés de talent.

En page 2 du n° 26 de son hebdo, Siné a écrit à propos du voyage de Jack Lang à Cuba : « Je me demande pourquoi Jack Lang est le plus détestable ? 1- D’avoir accepté d’être l’émissaire particulier de l’homoncule ou, 2- d’avoir été serrer la paluche de l’abominable stalinien, frère du dictateur gâteux ? J’hésite… les deux me font gerber. .

Vladimir Marciac s’en était ému dans LGS le 9 mars 2009 par un long article intitulé : « Siné Hebdo, un nouveau-né borgne et ridé ».

La question de savoir si venait de naître un nouvel hebdo capable de se démarquer de la pensée unique, comme chacun l’espérait, ou bien une affaire commerciale et un outil de règlement de comptes était posée.

Pour ma part, j’ai vu débarquer en septembre sur le stand de Cuba Si à la fête de l’Huma une grande partie de l’équipe de Charlie Hebdo "nouvelle formule" (comprendre : sans Philippe Val).

La lutte de Siné contre les corridas et pour les bons coups de rouge ne saurait me faire oublier ce qui se passe de nouveau, de grand et de généreux en Amérique latine, parce que Cuba a ouvert la voie. C’est autre chose que la caricature que la presse en donne en France, Siné-Hebdo inclus, hélas !

Je viens de passer un mois au Venezuela (je suggère : « Le jeune apprenti dictateur de Caracas me fait gerber »). On rencontre à chaque coin de rues, dans ce pays où les partis politiques se comptent par dizaines, où la presse pléthorique est majoritairement anti-chaviste, où le président Chavez se soumet régulièrement au jugement des urnes, des Vénézuéliens qui disent leur amour pour Cuba et qui savent que ce pays ne peut, sous peine d’irakisation rapide, jouer à les imiter. L’Amérique-latine est en marche vers une lutte d’émancipation de l’empire yanki. Qui ne le voit et n’en voit les difficultés ne voit rien. Pourquoi faudrait-il suivre un aveugle ?

Ceux qui, chez nous, analysent Cuba en trois lignes d’injures en s’appuyant sur 50 ans d’idées reçues décontextualisées et d’informations pour la plupart mensongères (qu’ils contribuent à propager) ne méritent pas un seul peso de soutien.

Et puis, j’ai lu aussi dans Siné-Hebdo, journal de Siné et sous la plume de Siné qu’il se faisait plein de thunes avec Siné-Hebdo. Il faudrait savoir, Siné !

Donc pour l’instant, je garde mes sous. S’il est un média à subventionner, ce serait plutôt Le Grand Soir qui donne la parole aux uns et aux autres avec un petit parti pris bien pardonnable pour ceux qui risquent de finir sous les bombes.

Maxime VIVAS

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