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Lettre ouverte à un socialiste du non.


Novembre 2005


Cher Camarade,

Oui, tu m’es cher parce que nous avons pendant des mois partagé la fraternité d’un combat commun qui nous a valu non seulement d’exprimer une même conviction, mais de subir aussi le dénigrement et l’insulte de ceux qui pensent différemment.

Comme des milliers d’autres, avec bon nombre de militants de gauche, membres ou non d’un parti politique, d’un syndicat ou d’une association, je me suis battu sans compter pour que soit rejeté le traité constitutionnel européen parce qu’il allait à l’encontre des valeurs qui définissent une société de solidarité et de justice. Comme des milliers d’autres, j’entends rester cohérent avec ma démarche et fidèle à mes convictions. Ce qui m’incite aujourd’hui à t’écrire.

Je le fais parce que, comme beaucoup d’autres qui se situent résolument dans la volonté de construire une société différente de celle que nous impose le néolibéralisme, je ne comprends pas. Comme beaucoup d’autres, j’attendais du congrès du PS la clarification. Et nous avons son contraire : la synthèse.

Si je peux comprendre que la hantise de la division guide les militants d’un parti, d’un syndicat ou d’une association, je ne comprends pas qu’elle prime sur la nécessité de choix clairs dont on a impérativement besoin en démocratie si on ne veut pas décevoir, si on ne veut pas démobiliser, si on veut éviter que les citoyennes et les citoyens se détournent de la chose publique.

Avec nous, tu as dit « non » à un projet de traité constitutionnel européen qui imposait durablement un projet de société caractérisé par le déclin des pratiques démocratiques, le rejet de la laïcité, la négation de l’autonomie de la femme, la primauté de l’économique sur le politique, la régression des droits sociaux, la disparition des services publics, l’abandon de la solidarité au profit de la compétition, le productivisme, la généralisation du dumping social et des précarités, l’aliénation définitive à l’OTAN.

Notre combat n’était pas une parenthèse qu’on puisse aujourd’hui refermer. Nous ne nous sommes pas battus pour qu’en fin de compte, l’effort premier soit de « dépasser » ce qui nous a opposés aux partisans de ce projet de société.

Nous attendions cette clarification de ton parti parce qu’il réunit des partisans de deux modèles de société différents, parce que nous espérions que le « tous ensemble » du non au néolibéralisme transcenderaient les allégeances particratiques, parce que nous espérions que la « rupture » tant évoquée à nos côtés du haut des estrades et des tribunes serait préférée à l’heure des choix sur une option décisive.

Nous l’attendions d’autant plus que nous gardons en mémoire les espérances déçues de 1981 et de 1997 et que nous espérions qu’enfin soient tirées les leçons du 21 avril 2002.

Nous ne comprenons pas qu’il puisse y avoir synthèse entre partisans et adversaires d’une Europe néolibérale. D’autant moins que l’affaire n’est pas réglée, que l’acte de décès du TCE n’a pas été délivré et que nombreux sont ceux en France (de Giscard à Lipietz) et ailleurs (la Commission européenne, la nouvelle chancelière d’Allemagne et bien d’autres chefs d’Etat et de gouvernement) qui entendent « ne pas renoncer à la Constitution ».

Voici donc réunis Pascal Lamy et Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss Kahn et Henri Emmanuelli, Daniel Vaillant et Vincent Peillon, Ségolène Royal et Marie-Noëlle Lieneman !

Voici donc réunis les gardiens de l’ordre toujours prêts à limiter les libertés fondamentales et ceux qui s’en prétendaient les protecteurs.

L’ovation faite à Romano Prodi par un congrès enthousiaste, la bousculade des dirigeants pour se faire photographier à ses côtés en disent long sur la réalité du PS. Si on peut comprendre que toute la gauche radicale italienne se soit ralliée, sans illusion sur les perspectives antilibérales, au seul candidat susceptible de mettre fin à l’omniprésence berlusconienne, rien ne justifie un tel soutien en France.
Romano Prodi, c’est le plus haut responsable de la stratégie de Lisbonne, de la proposition Bolkestein, de la levée du moratoire sur les OGM, du mandat ultralibéral pour négocier à l’OMC, d’un élargissement de l’UE qui renonce à toute forme d’harmonisation et organise la compétition entre les Européennes et les Européens. Prodi qui s’est réjoui du coup d’Etat contre Chavez avant d’apprendre qu’il avait échoué. Prodi qui était d’accord pour livrer à la CIA les informations confidentielles sur les citoyens européens se rendant aux USA. Prodi, qui fut pendant dix ans membre du bureau exécutif du groupe de Bildeberg, incarne à la perfection le néolibéralisme que les socialistes du « non » avaient déclaré vouloir combattre.

Nous avons le sentiment d’être lâchés. Nous avons l’impression qu’une fois de plus, nous avons eu tord de faire confiance à des socialistes.

Force est donc, Cher Camarade, d’acter que nos chemins désormais divergent.

Pour nous, à la gauche du PS, il faut maintenant tirer les conséquences de ce qui vient de se passer. Car le refus de la clarification entre responsables du PS est une clarification en soi. Il serait irresponsable d’entretenir l’illusion qu’une alternative au néolibéralisme soit possible avec une Aubry, une Royale, un Hollande, un Kouchner, un Lang ou un Strauss-Kahn et leurs nouveaux associés.

Il nous revient d’agir pour que notre « non » et tout ce dont il est porteur ne soit pas dissout dans les rivalités entre partis, syndicats ou associations. Il nous faut exiger l’unité à la gauche du PS. Cette unité que nous avons faite à la base, entre sympathisants et militants, mais aussi entre femmes et hommes sans attaches à un parti. Cette unité, qui a vu des militantes et des militants surmonter les divisions du siècle passé, qui a vu des citoyennes et des citoyens maîtriser les inquiétudes que peut susciter parfois le comportement des partis, qui a vu la fraternité en action pour que triomphe une cause juste, cette unité n’appartient à personne, à aucun parti, à aucun syndicat, à aucune association en particulier. Elle appartient à tous. Elle est notre bien commun. Elle est notre force.

A nous de nous en servir pour qu’émerge un mouvement antilibéral unitaire capable de traduire, dans les luttes comme dans les urnes, notre capacité à imposer l’alternance.

Raoul-Marc Jennar, chercheur auprès de l’Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation (URFIG www.urfig.org),
militant de gauche, signataire de « l’Appel des 200 ».


Réponse à la lettre ouverte de Raoul-Marc Jennar, par Jean-Luc Mélenchon et François Delapierre.


Congrès du Parti socialiste : A propos d’une incroyable « synthèse », par Gérard Filoche, 21 novembre 2005.

"La construction européenne est a-démocratique" interview de Raul Marc Jennar, par Sébastien Brulez, 13 octobre 2005.

Une nécroentreprise : Monsanto, l’Agent Orange et les guerres americaines, par Raoul Marc Jennar.



COMMENTAIRES  

02/12/2005 17:16 par Anonyme

Pour information : ce texte est publié sur le site de NPS.
Camarades et amis : On peut se regarder dans la glace autant qu’on veut, faire l’impasse sur les prochaines échéances en prenant rendez vous avec l’avenir ... mais on doit tenir compte d’une chose :
Ceux que la majorité du PS voulait exclure il y a encore quelques mois ont imposé 11 pages sur les 25 que compte la synthèse finale.
Lisez un peu ce qui traine sur le net, sondez les militants non-nps que vous croisez : ceux qui affichaient, et continuent à le faire, la plus grise mine étaient les amis de DSK...

A propos de la synthèse...
Le congrès du Mans est désormais derrière nous ; il faut maintenant nous efforcer de prendre l’exacte mesure de ce qui s’y est passé. Cela d’autant plus qu’il a conduit à de très graves remous au sein de notre courant. Membres de la délégation NPS de la commission des résolutions, nous pouvons lire et entendre ici où là , sur Internet comme dans les medias, des compte-rendus et des analyses qui ne correspondent ni à ce que nous avons vécu, ni à ce que nous avons collectivement décidé. Il est naturel de vous rendre le plus fidèlement compte de ce qui s’est déroulé et joué ; il n’est pas possible de laisser la réalité être à ce point déformée par ceux qui parmi nous refusent la synthèse que nous avons pourtant collectivement approuvée.

Comme l’ensemble des militants NPS, les 25 membres de notre délégation étaient, a priori, pour le moins dubitatifs quant à l’intérêt et l’opportunité d’une synthèse. Après les durs débats et la division des socialistes sur le TCE, le vote des français le 29 mai avait validé notre position. Ce vote du pays, le NON de la gauche à ce projet libéral donnait ainsi, une nouvelle fois, une éclatante confirmation à l’analyse commune qui était la nôtre au lendemain du 21 avril 2002 : le PS s’était éloigné de sa base sociale et ne parvenait plus à en saisir les attentes et les aspirations. Une analyse que la majorité qui dirige le Parti s’est toujours jusqu’alors refusée à reprendre à son compte. Aussi, notre motion réaffirmait-elle notre volonté de répondre d’abord, dans cette « société dissociée » par les effets de la mondialisation libérale, aux besoins des classes populaires.

Si nous étions a priori réticents à la synthèse, ce n’est pas que nous nous refusions à entrer dans sa discussion en commission des résolutions. Même si les débats de nos assemblées générales de motion furent animés, il ne s’en est jamais dégagé un refus de la synthèse. La délégation NPS avait bel et bien mandat de discuter et, éventuellement, rien qu’éventuellement, d’aboutir.
Si nous étions réticents, c’est que nous avions tous du mal à imaginer que nous -minorité- puissions obtenir de la majorité reconduite par le vote militant des évolutions substantielles de son texte, qui, statutairement, servait de point de départ. Des évolutions suffisamment substantielles en tout cas, pour que nous -pour qui « notre candidat c’est le projet »- puissions nous y retrouver. Parce que nous n’étions, ni ne sommes, pris dans le jeu détestable de la présidentialisation, nous n’en étions que plus attentifs et vigilants au respect du fond, qui était notre seul viatique dans ce congrès.
La synthèse pourquoi pas, mais, contrairement à d’autres qui en avaient un besoin pressant, pas à n’importe quel prix. La synthèse, oui, mais à une condition : qu’elle permette de faire véritablement bouger le centre de gravité du Parti. C’est cela qui était en jeu. C’est cela que nous avons bel et bien obtenu.

Chacun peut désormais juger en pleine connaissance de cause de ce qui a pu être arraché : la synthèse est publique et les amendements que nous avons imposés à la majorité sont identifiés.

Ils concernent tout d’abord, notre analyse de la société, elle-même articulée, comme chacun sait, à celles que nous faisons du 21 avril et du 29 mai ; inutile de vous rappeler combien elles sont distinctes de celle de la « société fragmentée » faite par la majorité et à quel point elles sont fondatrices pour nous. Nous avons obtenu que ces analyses concernant la nécessité de renouer avec notre base sociale : les salariés modestes, soient intégrées et que soit retiré du texte final leurs propres considérants concernant le 29 mai. De même, pour la reconnaissance de la nécessité de réorienter vers le travail les 10% de part de la richesse produite que le capital s’est appropriée au cours de ces vingt dernières années. De même, enfin, nous avons obtenu l’affirmation de la volonté des socialistes d’abroger les lois de la droite. Ce sont là des orientations politiques fondamentales.

Ils concernaient, ensuite, l’ensemble des questions concernant la mondialisation libérale et l’Europe. Nous avons obtenu la reconnaissance de la nécessité d’une hiérarchie des normes au profit des normes sociales et environnementales sous l’égide de l’ONU, l’OMC y étant soumise, et la réforme du Traité acceptée.
Nous avons obtenu la reconnaissance explicite de l’enterrement du TCE, l’affirmation de la volonté d’aller vers une Europe fédérale, y compris sur le terrain budgétaire, le retrait des directives libérales sur les services et le temps de travail, la volonté d’une directive cadre sur les services publics, l’élaboration d’un traité social et de critères sociaux de convergence, la mise en place d’un SMIC européen unique. De même pour la révision du pacte de stabilité et la nécessité d’un plan d’intégration des nouveaux entrants dégageant des moyens financiers supplémentaires conséquents.
Nous avons, enfin, obtenu, et ce fut l’un des points les plus âprement discutés, la reconnaissance de la nécessité de nouveaux outils tarifaires de protection de l’industrie européenne.

S’agissant de la question sociale, la reconnaissance du rôle premier de la revalorisation du pouvoir d’achat des salaires est un acte essentiel. Il est désormais concrétisé, comme nous le voulions, par l’affirmation d’une revalorisation du SMIC dans la durée et la nécessité, à côté des négociations entre partenaires sociaux dans le cadre d’une démocratie sociale rénovée, de nouveaux moyens législatifs et règlementaires en cas de carence de celles-ci. Cette reconnaissance est une grande première.
Le temps partiel contraint sera combattu et les exonérations fiscales ou sociales lui seront supprimées ; les heures supplémentaires seront de nouveau payées à des taux majorés et les durées maximales du temps de travail réduites, le contingent annuel d’heures supplémentaires sera réduit à 130 heures. Les licenciements boursiers -et ce fut le second point très difficile de la négociation- feront l’objet d’une législation spécifique, la sous - traitance sera drastiquement encadrée comme nous le voulions ….
De façon plus générale a été obtenue l’affirmation formelle de l’abrogation des lois de la droite sur les retraites, l’assurance maladie et sur l’école.

S’agissant, enfin, des questions institutionnelles, a été affirmée la volonté du passage à une nouvelle République : le rééquilibrage des pouvoirs en direction du premier ministre, la nécessité d’une République plus parlementaire, le non cumul des mandats, la réforme du Conseil constitutionnel et du Sénat …

Quant à la rénovation de notre Parti, ce point a, enfin, été reconnu comme une nécessité et s’est traduit par la mise en place d’une commission de la rénovation, dont la présidence a été confiée à une secrétaire nationale issue de nos rangs, Barbara Romagnan.

Voilà , chers camarades, ce qu’il nous paraît nécessaire de vous indiquer. Il revient, bien sûr, à chacun d’entre nous de juger, en conscience, du chemin qui a été parcouru, de la motion majoritaire, qui servait de base de discussion, au texte final de la synthèse, grâce aux amendements que nous avons fait inscrire.
Nous n’avons, certes, pas tout obtenu, ce texte de synthèse commune n’est pas notre texte ; qui, d’ailleurs, pouvait en douter ? Il était évidemment illusoire de penser que nous pourrions obtenir sur le tapis vert de la commission des résolutions, la majorité que nous n’avons pas eue des militants dans les urnes. Mais il est d’abord notre commun dénominateur, celui de tous les socialistes.
Faisant cela, en acceptant la synthèse, avons-nous fait avancer la cause de la refondation que nous, NPS, défendons et réussi à déplacer la ligne politique du Parti, ou, au contraire, comme le voudraient certains, avons-nous inutilement sacrifié notre pureté ?
Face à l’état désastreux du pays et à la nécessité de lui redonner espoir, et devant les échéances qui sont maintenant devant nous : définir (enfin) un projet pour notre Parti, désigner un candidat aux présidentielles, aller, face à la droite, aux deux batailles électorales qui nous attendent en 2007, la seule question politique qui vaille est de savoir si nous sommes mieux armés avec cette synthèse que nous ne le serions en son absence.

Nous avons, quant à nous, considéré qu’obtenir que le Parti socialiste se remette à l’écoute des couches populaires et de leurs besoins, qu’il se fixe pour objectif de redonner à cette base sociale les 10 points de produit national perdus depuis 20 ans en faisant d’une politique salariale volontariste sa première priorité, qu’il veuille abroger les mesures de la droite qui a systématiquement démantelé notre protection sociale, nous avons considéré que cela représentait un changement essentiel.
Nous avons considéré qu’il était véritablement refondateur, que nous ayons obtenu qu’il fasse de la lutte contre la mondialisation libérale l’un des ses axes essentiels de lutte, en s’appuyant sur une Europe enfin politiquement, économiquement et socialement au service des peuples qui la composent et en voulant faire d’un PSE profondément réformé l’outil des socialistes pour cela. Il nous a semblé de même que l’engagement d’ouvrir le chantier de la rénovation, de plus en nous le confiant, et les avancées démocratiques et institutionnelles contenues dans ce texte pour la première fois étaient des avancées assez parlantes et claires.

C’est en considérant tout cela que, lors d’une ultime suspension de séance de la commission des résolutions à notre demande, la troisième, et après que les derniers amendements sur la protection tarifaire dans l’Union Européenne et le dispositif de lutte contre les licenciements boursiers eurent enfin été arrachés de haute lutte, que nous avons collectivement délibéré entre nous et décidé majoritairement par 14 voix pour, 5 voix contre et 6 abstentions, que cette synthèse représentait une avancée suffisante pour NPS accepte de la cosigner.
Lors du vote en commission des résolutions, certains ont choisi de se détacher de la décision majoritaire que nous venions de prendre ; ils l’ont tenu, par la suite, à le confirmer lors du vote au Congrès et dans les médias. Nous ne pouvons qu’en prendre acte et le regretter.

Avec cette synthèse, il s’agit, bien entendu, d’un texte et rien que de cela ; il peut, bien sûr, demain, devenir un chiffon de papier. Il ne suffit, par exemple, certes pas de créer aujourd’hui, une commission de la rénovation pour être assuré que, demain, notre cher parti accepte de se rénover ! Cela nous le savons bien, cela nous le savons tous ; il nous reviendra donc d’être vigilants. Mais ce n’est pas en restant spectateur en haut de l’Aventin qu’un tel combat peut être conduit : les seules batailles que l’on soit assuré de perdre sont celles que l’on ne mène pas.

La synthèse est désormais la charte commune des socialistes, celle dans le prolongement de laquelle devra se définir le projet du Parti, celle aussi dans laquelle chacun des projets des candidats à la présidentielle, de tous les candidats, devra s’inscrire. Elle nous offre de nouveaux points d’appui et nul ne pourra s’exonérer de ses orientations.
Les choix politiques nouveaux que ce texte reconnaît représentent un déplacement du centre gravité de notre parti ; ils assurent son ancrage à gauche. Cette réorientation que nous avons imposée ne sera rien sans un combat pour la faire vivre ; il faut maintenant passer des mots à l’action. Telle est la tache qui désormais attend le Nouveau Parti Socialiste. Aucun des combats que nous avons mené et qui ont commencé de produire leurs effets politiques n’est abandonné : il reste beaucoup à faire. L’idée même que le NPS puisse se dissoudre dans la synthèse est absurde. Nous devons au contraire poursuivre nos combats. Le plus efficace est de le faire ensemble et dans le respect scrupuleux des idées, des pratiques et des personnes, c’est aussi cela la marque de fabrique du NPS.

Les membres de la délégation NPS à la commission des résolutions ayant voté la synthèse
Vincent Peillon, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, David Assouline, Jean-Louis Carrère, Pascal Cherki, Philippe Darriulat, Jean Guérard, Régis Juanico, Renaud Lagrave, Christian Martin, Isabelle Martin, Delphine Mayrargue, Germinal Peiro, Josy Poueyto, Jacques Rigaudiat, Gilbert Roger, Isabelle Thomas, Michel Vergnier, Pascal Terrasse

02/12/2005 19:18 par Anonyme

Encore une trahison.

NPS est vide maintenant, et en 2007, avec vos amis hollandais, vous allez faire des économies pour la campagne .... pas de second tour, et dans le cas contraire vous pensez que les gens qui ont voté NON vont voter pour vous, pour le OUI ? Vous nous prenez pour des billes ou quoi ? Vous n’ avez pas encore compris que vous ne représentiez que vous même ?

Vous n’ avez pas encore compris, que nous savons bien que vos maguouilles sont à la hauteur de votre programme politique ? Ce programme, qui avec Jospin et compagnie, nous a mis dans la merde où nous somme maintenant.

NPS est mort. Vous avec. Et enfin, au grand jour, cette "gauche" du PS se dévoile ... Heureusement tous ne sont pas comme vous.

Congrès du Parti socialiste : A propos d’une incroyable « synthèse », par Gérard Filoche.


02/12/2005 20:52 par dumontier

encore trahi
A la soupe mais elle sera maigre en 2007

02/12/2005 22:29 par Actustragicus

Trop tard...
La confiance qu’on espérait garder dans le PS est maintenant brisée : il ne vous reste plus qu’à quitter le navire ou à sombrer avec lui.
Il est vrai que c’est bien difficile de renoncer au patrimoine financier accumulé depuis des années par le parti, là est sans doute la clef du problème... Mais ne vous faites pas d’illusion : il n’y aura plus de "vote utile". 2002 n’était qu’une plaisanterie à côté de ce qui vous attend.
Face au cancer néolibéral, il n’y a plus de place pour les homéopathes ; et nombreux seront ceux qui préféreront s’abstenir et savoir contre qui ils se devront se battre, plutôt que voter pour des gens dont les vaines promesses ne font que retarder la guérison.

Merci Raoul-Marc. Ne manque plus que le nom du candidat...siouplé ?

02/12/2005 23:27 par J. M. Hureau

Le nom du candidat, c’est bien ça le problème mais il faut surtout oeuvrer pour qu’il soit unique. Il est clair que le PS va se prendre une dégelée mémorable.

A nous de faire en sorte que notre candidat issu du NON de Gauche soit au second tour, et sans y mélanger les stratégies d’appareil.

Sinon, on a Sarko versus Le dérapeur borgne !

JMH

03/12/2005 18:13 par morico

Le Non de gauche à la constitution Giscard va donner lieu à plusieurs candidats : Marc Jennar, dont je salue le combat pour le non, nous dit oui à Prodi contre Berlusconi et non au PS français qui est beaucoup plus à gauche que Prodi... Le candidat du PS que je préfèrerai issu du non socialiste est le seul capable de battre la droite et son candidat médiatisé par la haute finance, Sarkozy, qui me semble au moins aussi à droite que Berlusconi.
Et si quelques milliers de citoyens du non de gauche adhéraient au PS pour éviter un candidat et un programme trop social libéral ? L’alternative me semble malheureusement un deuxième 21 avril en pire. Vous vous voyez appeler à voter Sarkozy contre Le Pen comme Hollande, Besancenot et Buffet après le 21 avril ? La majorité des classes populaires ne peut pas attendre 5, 10 ou 15 ans de plus, surtout quand on sait ce que prépare le néo-libéralisme...

03/12/2005 10:19 par socialiste en colère

ce dernier congrès confirme désormais ma méfiance quant au parti socialiste. moi qui ai toujours voté socialiste, il va me falloir chercher plus à gauche pour trouver des idées auxquelles je crois et pour lesquelles je me suis battu lors du TCE et auxquelles je ne suis pas près de renoncer. Encore bravo à la synthèse qui me fait définitivement rompre avec cette gauche !et merci à R M Gennar pour son engagement pendant et après le référendum sur le TCE

04/12/2005 00:27 par Anonyme

dans les média j’en ai pas trouvé la réponse donc ce que j’aurai voulu savoir c’est que maintenant que le non l’a emporté, il devrait y avoir une autre europe, mais je ne sais pas pour l’instant quelle est cette vision précise, donc je me demande si cela ne risque-t-il pas d’engendré la fin de la construction européenne et par suites le retour aux anciennes idéologies qui ont débouché sur les guerres mondiales ? d’où il pourrait y avoir un affaiblissement de l’europe et par conséquent un feu vert aux états unis qui n’auraientt pas de contre poids.

29/12/2005 23:55 par Dominique

Votre discours tourne à vide, Camarades ! Que de bla-bla pour rien !

Camarade : mot désignant autrefois des militants de gauche, aujourd’hui le sens s’est perdu au PS et personne ne le retrouve !

On ne votera pas pour les faux socialistes à la tête de ce parti, je crois que vous vivez dans la plus totale illusion, vous êtes complètement déconnectés de la "France d’en-bas".
Hollande, Royale et consorts, les sociaux-traites vont s’accrocher à leurs pouvoirs (leurs seules obscessions se reservir du gâteau).
Les vers sont dans le fruit (le PS a été pourri jusqu’au trognon par les traites).
Bonne dégelé aux prochaines élections.

Dégelé : mot argotique désignant une fantastique superbe défaite ! Permettra de sortir du rêve, mais la France et l’Europe
seront dans quel état, si les fascistes dits Néo-libéraux continuent
à gouverner.

Une vraie gauche et vite : un NPS (Nouveau Parti Social),
et mieux un NPSE (Nouveau Parti Social Européen), à essaimer
pour se débarrasser de la gauche des corrompus partout en Europe.

03/12/2005 01:00 par herve

Malgre mon peu de sympathie pour le PS, je reagis sur une chose : « rien ne justifie de faire comme en Italie avec Prodi »...

Aie, aie, aie, camarade. Je veux pas jouer les cassandres, mais... cinq ans de Sarkozy, ca serait dur dur a avaler. Je te dis pas l’etat de la France apres...

Ce mariole arrive a etre a la fois dans l’opposition et le gouvernement ! Il a toutes ses chances de nous niquer, il faut faire tres gaffe, CET HOMME EST VRAIMENT DANGEREUX.

Je commence a avoir vraiment les jetons de ce qui nous attend. Le PS a (sagement) choisi Emmanuelli pour discuter avec le PCF et la LCR (je dis sagement car c’est sans doute un des seuls mecs vraiment a gauche de toute la bande) (oublions Utopia). J’espere que tout le monde fera de son mieux pour qu’il en sorte quelque chose... je sais pas quoi.

A propos de ce qui s’est passe en Italie : Rifondazione n’a pas accorde sa confiance a Prodi comme ca tout cru, il y a eu un vote prealable, TOUT LE MONDE pouvait venir voter pour une adhesion symbolique de un euro, et en signant un papier s’engageant a soutenir le candidat de la gauche. C’est un exemple interessant, je ne sais pas si c’est a imiter, mais c’est bon a savoir.

03/12/2005 17:43 par Philippe.

"pour qu’émerge un mouvement antilibéral unitaire" : ce n’est pas suffisant, ce n’est pas ça. Avons-nous encore du temps, et surtout de l’énergie à perdre à être "anti" ?

Ce que je souhaite, ce dans quoi je me reconnaîtrai, c’est qu’on adopte immédiatement une démarche positive résolue : une plate-forme commune à toute la vraie gauche et qui soit un programme de société.
Et qu’on énonce franchement quels sont les points sur lesquels les tendances divergent, quelle est l’attitude que l’on adopte ensemble à cet égard. Chaque tendance devra certainement mettre à l’écart ou différer certaines de ses propositions : il faudra ensemble le reconnaître, ouvertement, et en faire connaître les raisons.

Le référendum nous a fait sortir de l’ombre. C’est la question posée qui a donné à notre expression une forme négative. Mais ce "non" cache un "oui" à autre chose : personnellement, j’en attends une vraie fraternité, cette oubliée de notre histoire, une fraternité de femmes et d’hommes qui ne font pas l’impasse sur leurs divergences, mais qui les acceptent les yeux dans les yeux.

2002 a montré d’emblée que nous ne pardonnons pas la traîtrise. 2005 a montré qu’elle ne nous a pas vaincu-e-s.

Déjà , au début des années 80, on parlait de changement, nous souhaitions - paraît-il - un changement. C’est un changement dans la manière de faire de la politique que je souhaitais personnellement. Je souhaitais voir venir des femmes et des hommes courageux, qui aient le courage de leur honnêteté. Je le souhaite encore, et suis prêt à m’investir une dernière fois dans un combat : mais je le veux à ciel ouvert.

Les personnes qui aiment notre pays et qui y vivent, qu’ils soient du crû ou d’ailleurs, ne sont pas ces caricatures que nous montrent la plupart des médias : je ne me reconnais pas en eux, je ne nous reconnais pas non plus en eux.

Quels que soient les résultats des élections de 2007, il importe que nous soyons forts à ce moment-là , car rien ne s’arrêtera là .

J’ai confiance en nous, cette confiance commune m’a libéré de toute peur : je ne me sens plus seul, je ne nous sais plus seuls. Manifestons-nous, que les sarcasmes et les menaces ne nous détournent pas de notre choix.

Je ne pose qu’une seule question : que nous faut-il pour nous mettre debout ensemble et marcher ensemble ?

En marche ! maintenant !
Nous avons beaucoup en nous pour tous.

03/12/2005 19:21 par Anonyme

Intervention de Gérard Filoche

Samedi 19 nov. 13 h 30 au Congrès du Mans

Vers 12 h 40, il restait quatre inscrits, et le repas devait commencer à 13 h.

Mais il a été décidé de faire parler Pierre Moscovici, (15’) puis Romano Prodi (30’) juste avant l’intervention des quatre derniers inscrits, dont Gérard Filoche faisait partie.

Me voilà amené à parler juste après Romano Prodi et juste avant le repas. De ce fait, devant une salle presque vide, telles que les choses ont été arrangées. J’ai essayé de plaider pour qu’il en soit autrement, mais on me dit que ce n’est pas possible, je parlerai donc à vous qui êtes ici comme si la salle était pleine.

Je voudrais dire que nous devrions faire en France ce qui a été fait en Italie, des états généraux, des débats ouverts, à la base et au sommet, dans toute la gauche, pour que la gauche s’unisse, se transforme et se mette en situation de battre à coup sûr la droite.

Il faudrait aussi des « primaires » en France de façon à être certains d’avoir un candidat commun au second tour, capable de représenter toute la gauche et en position de gagner, de ne pas être éliminé dés le premier tour.

Et pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que nous sortions de notre congrès avec des positions claires sur toutes les questions de la transformation sociale.

J’entends qu’on nous parle surtout de « synthèse » : il ne faudrait pas que cela serve à avorter la clarification dont nous avons tant besoin. Les résultats des votes des militants ne mettent pas en cause l’unité du parti, nous sommes ici rassemblés, et nous le serons sans problème contre la droite. Il y a une majorité, c’est à elle de tirer les leçons de nos votes internes et de clarifier sur les questions en suspens tant attendues par les Français :

- par exemple la question des licenciements, Hewlett-Packard : c’est un cas extraordinaire car c’est une entreprise qui marche, c’est une entreprise qui fait des profits énormes, c’est une entreprise qui est de pointe, avec des salariés hyper-formés, et ce n’est pas le droit du travail qui freine, hélas, ils ne sont pas aux 35 h, mais au forfait jour, plus proches de 45, 45 voire 50 h par semaine que des 35 h légales ! D’ordinaire le chantage à l’emploi, on nous le fait avec des délocalisations quand les entreprises sont en difficulté économique, perdent de l’argent, ne sont pas compétitives, avec du personnel pas assez formé ou qualifié, mais à Hewlett-Packard, rien de tout ça et ils licencient quand même 1240 personnes, seulement pour augmenter leurs profits boursiers.

Ne peut-on les empêcher ? Le veut-on ? Comment ? C’est cela qu’attendent les Français de nous, concrètement, de notre congrès…Hélas, la motion 1 ne contient pas le mot licenciement ! Seule la motion 5 proposait que la puissance publique se donne les moyens juridiques d’empêcher les licenciements boursiers abusifs, un contrôle sur les licenciements qui était dans le programme de Lionel Jospin, en 1997, que nous n’avons pas fait, et qui nous a coûté cher lorsque, face aux licenciés de Faurécia, de Michelin, de Danone, de Lu, nous avons dit « l’état ne peut pas tout »… J’ai encore entendu à cette tribune, hier, Jean-Marc Ayrault, répéter que « l’état ne peut pas tout », mais ce que les Français veulent entendre, de notre congrès, c’est qu’avec nous, « l’état pourra beaucoup », que nous agirons vraiment pour soumettre la jungle du marché aux lois de la République…

- pareil pour les 35 h : nous les avons faites mais tardivement, avec trop de flexibilité, trop de contre-parties pour les actionnaires et employeurs si bien qu’il n’y a eu que 350 à 400 000 emplois créés, nous aurions pu faire mieux en les encadrant précisément (baisse de la durée maxima, définition du temps de travail effectif) sans perte de salaire, et avec embauches correspondantes. Mais là , dans ce congrès, il n’est proposé, dans la motion 1, qu’une « négociation interprofessionnelle » pour réduire le temps de travail : je vous le dis, elle n’aura jamais lieu, le Medef ne veut pas réduire mais allonger le temps de travail, nous faire revenir au 19° siècle ! C’est par la loi que Fillon a contourné les 35 h légales, c’est par une autre loi que nous pourrons restaurer un ordre public social, une réduction du temps de travail, supprimer les forfaits jours (funeste idée que nous avons eue) qui ont été étendus à tous depuis le 13 juillet 2005… S’il n’y a pas volonté de faire une loi et que nous faisons synthèse, quelle valeur cela aura ? quel désenchantement promis pour les salariés français !

- De même pour la retraite : la motion 1 ne propose pas d’abroger la loi Fillon - nous étions unanimes pour l’abroger à Dijon ! - et si on ne propose pas de défendre, restaurer la retraite à 60 ans à taux plein comme nous l’avions unanimement promis, croyez vous qu’une synthèse ici, sans cela, va sérieusement mobiliser la gauche et les français ?

Oui à l’unité des socialistes, oui à l’unité de la gauche, mais unité pour la retraite à 60 ans, pour de vraies 35 h, pour empêcher les licenciements boursiers abusifs.. et pour une 6° République, et pour une Europe sociale, et pour un Smic unique européen, etc.. !

Et si nous étions, si vous étiez, si nous sommes pour des « primaires » à gauche, j’aime mieux vous le dire, il faudra être clair sur ces questions… car allez dans des « primaires », ils ne retiendront pas si nous avons fait synthèse ou non, il voudront surtout savoir si nous y défendons la retraite à 60 ans, une nouvelle loi sur les 35 h, le code du travail et le contrôle des licenciements, et si nous le faisons pas, vous verrez comment notre candidat sera accueilli…
Pour que notre candidat socialiste soit en tête quel qu’il soit, il faut qu’il défende le programme qu’attendent la majorité des Français de gauche, vous savez, ils sont lucides, exigeants, ils ne se laissent pas embobiner par les médias, ils l’ont montré le 29 mai denier, et pour gagner, il ne faut pas les mener en bateau, il faut répondre à leurs impatiences, à leurs attentes…

Voilà ce que je voulais dire et aurait dit à tous les délégués, à tous les militants si cette salle avait été pleine et l’horaire avait été dignement respecté… Merci à vous qui êtes restés…

Gérarde Filoche, Inspecteur du Travail, Ex membre du Bn du PS, membre du PS ( As )

www.democratie-socialisme.org

04/12/2005 12:20 par Zanoni

Bonjour,

Bravo pour cet article. Honte au PS. Ils vont de faire torcher au prochaine élection présidentielle si ça contiinue. De sensibilité de gauche, après cette mascarade de congret, je ne voterai pas pour le PS.

04/12/2005 18:01 par yros

Cher RMJ,
Tout à fait d’accord avec vous, sauf dans la forme - Je n’appelerai jamais "camarade", un sympathisant, voire militant, de la bande hollandaise, aussi noniste ait-il pu être...

Avouez tout de même que le simple fait d’avoir été noniste et d’être toujours sympathisant de cette bande de traîtres, dont le seul but est de revenir au pouvoir, à quelque prix que ce soit, relève du plus grand numéro d’équilibrisme jamais réalisé !

Les "collabos" et "partisans" du néo-libéralisme ne méritent pas autant d’honneur.
Comme vous dites : ..."Il serait irresponsable d’entretenir l’illusion qu’une alternative au néolibéralisme soit possible avec une Aubry, une Royale, un Hollande, un Kouchner, un Lang ou un Strauss-Kahn et leurs nouveaux associés"...

Ce(tte) "camarade" auquel (à laquelle) vous vous adressez devrait voir et revoir l’interview de la Royale, pendant la manifestation de Guéret - Plus réactionnaire, tu meurs..., sans oublier les mensonges assenés comme des vérités premières !
On croirait entendre Chirac ou Sarko !

Et quand on apprend qu’elle recueille le plus gros score des voix des militants-sympathisants PS (aveugles et sourds)...

Royale : gagnante de la Star’Ac !
Ca promet !

Cordialement

yros

05/12/2005 12:25 par Anonyme

Le PS est mort, le magot financier prolonge l’agonie ; La Hollandie se fera balayer encore plus durement que la Jospinie, et les partis Marxiste-Léniniste-Communiste retrouveront leur vrai place de groupuscules.

Actuellement ce sont les mouvements associatifs de gauche, combatifs mais non extrêmistes qui s’engagent dans de vrais actions pour les citoyens, qui représentent l’espoir.
Le futur parti de la gauche viendra de là , de cette société civile travailleuse et honnête.
Il est grand temps de créer ce parti (social, vraiment démocratique,citoyen, européen ) ; Associations de gauche, vous avez les structures pour lancer ce mouvement et essaimer en europe ce nouveau parti.

On est prêt pour adhérer, militer, relayer les informations. En un an, on peut faire barrage à la droite et leurs lois libertides au service des multi-nationales, et relever une europe sombrant aux mains des mafias politico-financières-fachistes.

Militants socialistes dupés et manipulés par les cadres vendus au fric et n’ayant de gauche que l’étiquette, couper le cordon avec ce parti moribond n’ayant de socialiste que le nom ; le congrès du Mans montre que vous n’arriverez jamais à le réformer de l’intérieur, et vous resterez les valets de cette gauche caviar.

05/12/2005 17:07 par Actustragicus

Je souscris à 100 %.

06/12/2005 04:14 par J. M. Hureau

La réponse de Jean-Luc Mélenchon et François Delapierre.

JMH

Réponse à la lettre ouverte de Raoul-Marc Jennar

Cher Raoul-Marc Jennar,

Nous avons mené côte à côte la bataille pour le non au référendum. Nous avons apprécié ta participation à ce combat où chacun de nous donnait le meilleur de ce qu’il pouvait apporter. De cela nous te gardons reconnaissance et amitié.
Même après avoir lu la lettre ouverte aux socialistes du " non " que tu diffuses depuis quelques jours. Sur ce point, nous pensons que tu te trompes de cible. Et aussi que tu te trompes de combat. Nous voudrions te l’expliquer sans que tu ressentes le même sentiment d’offense que nous avons vécu de notre côté en te lisant. A gauche, il faut nous respecter car nous vivons un moment difficile et même dangereux. Sans cesse il faut donc préférer l’argumenté au péremptoire.
Expliquons-nous donc, au risque de la longueur de cette réponse à ta lettre. Ta démarche en faveur d’un candidat unique " à la gauche du PS " lors de la prochaine élection présidentielle est tout à fait respectable. Nous en comprenons la logique. Ce n’est pas notre sujet d’en discuter l’idée. Mais quel besoin as-tu de l’engager par une mise en cause aussi offensante qu’infondée des socialistes partisans du " non " ? Si nous avons pris la lourde décision de nous affranchir de la discipline de notre parti, après que nous ayons pu pourtant y défendre librement nos arguments et qu’un vote y ait été organisé, ce n’est pas pour nous soumettre maintenant à celle d’un pseudo " parti du non ", sans statuts ni adhérents, où des procureurs auto désignés voudraient à leur tour nous manier au fouet de la stigmatisation. Et au nom de quel mandat ? Donné par quelle délibération ?
Restons simples. Nous nous sommes retrouvés côte à côte dans un combat précis : convaincre la majorité du peuple français de voter non à la Constitution européenne. Tout au long de la campagne, nous avons refusé de nous engager dans le débat sur la reconstruction de la gauche auquel nous invitaient complaisamment les médias partisans du " oui ". Nous avons répété que nous n’avions qu’un seul objectif : le rejet du traité constitutionnel européen. Avons-nous eu tort de procéder ainsi ? Nous le croyons pas. Notre unité n’aurait pas survécu à un débat qui n’aurait pas été celui de la question posée. Et notre démarche n’aurait pas entraîné la majorité de notre peuple. En tout cas, quelles que soient nos origines politiques, nous avons tous estimé que c’est en nous consacrant exclusivement au " non " à la Constitution européenne que nous resterions tous ensemble et que nous serions majoritaires. La suite nous a donné raison.
C’est donc le " non " au TCE qui nous a rassemblé. Chacun de nous y a retrouvé beaucoup des raisons de son engagement militant. Chacun y a mis beaucoup de lui-même. Mais notre convergence sur ce point n’annule pas nos différences sur d’autres. Les militants trotskystes ou communistes ne se sont pas transformés en socialistes ou en républicains sociaux par la grâce de la campagne référendaire.
Les militants socialistes ne sont pas non plus devenus communistes ou trotskystes ! Pourquoi donc faire mine de t’étonner que " nos chemins divergent désormais " ? Faire croire qu’il pourrait en être autrement, c’est nier la diversité des sensibilités qui ont fait le " non " de gauche majoritaire. Ce serait mentir à ceux qui nous ont fait confiance. Par là même ce serait les entraîner vers de graves désillusions. Car ne pas admettre nos différences, c’est aussi ouvrir mécaniquement la porte au sectarisme. En effet, si nous devons être tous pareils pour être acceptés, que faire de ceux qui ne sont pas dans le bon moule ? Toi-même tu en es arrivé à une phrase qui a sans doute dépassé ta pensée réelle : tu aurais eu " tort de faire confiance à des socialistes ". Si nous agissions tous de même, qui resterait supportable aux yeux de son voisin ? Cette façon de faire jetterait un poison mortel entre nous. Aucun cadre d’action commune ne serait plus possible.
Nous le regrettons d’autant plus que nous ne croyons pas que le " non " soit désormais derrière nous. Le " non " victorieux du 29 mai nous fait mandat. Nous n’en sommes pas de simples héritiers. Nous sommes aussi désormais les garants de cette victoire. C’est une question très concrète qui est hélas largement occultée, parfois par les partisans du " non " eux-mêmes. Car seuls les naïfs peuvent croire que les néo-libéraux respecteront la souveraineté populaire s’ils n’y sont pas contraints par un puissant mouvement populaire. Les néo-libéraux n’ont pas désarmé. Le président du groupe PPE (droite) au Parlement européen a d’ailleurs clairement annoncé la couleur : il compte sur le résultat de la présidentielle française pour imposer au peuple français la Constitution européenne qu’il a rejetée dans les urnes. Madame Merkel, chancelière de la République fédérale allemande a dit la même chose à l’occasion de sa visite à l’Elysée.
Dans ce combat pour le respect de la volonté populaire, chacun a un rôle décisif à jouer. Chacun doit le jouer à la place qui est la sienne. Car pour peu que nous restions unis sur cet objectif, notre diversité sera encore une force. Notre force, oui, et non notre faiblesse. Il faudra en effet l’engagement de militants altermondialistes, de syndicalistes, de trotskystes, de communistes… et de socialistes pour que le vote du peuple français s’impose définitivement.
Aujourd’hui ce n’est pas fait. D’ailleurs, cette bataille se déroule déjà sous nos yeux. Beaucoup y apportent leur contribution. Nous y avons pris notre part, en tant que militants socialistes, dans le Congrès de notre parti. Nous avons milité sans relâche pour que notre parti exprime clairement qu’il respectera le " non " des Français si l’un des siens est élu à la tête de l’Etat. Nous avons défendu cette exigence pendant plusieurs semaines dans toute la France, de fédération en fédération, de section en section.
Même minoritaires, nous avons poursuivi cette bataille. Et nous avons obtenu satisfaction dans la synthèse finale du Congrès du Mans. Désormais, le Parti socialiste s’est engagé publiquement à respecter le " non " des Français. François Hollande a lui-même déclaré que le traité était mort. C’est ce qui nous a déterminé à approuver la synthèse des textes présentés au vote des militants.
Nous serons désormais les garants de cet engagement des socialistes car c’est à nos yeux un bien précieux pour l’avenir. D’ailleurs, peu s’y sont trompés. En tout cas pas ces dirigeants sociaux-démocrates européens qui regrettent que le PS ait donné raison aux partisans du " non " (cf Le Monde du 31/11/2005). Et c’est bien cette contradiction que pointe l’éditorialiste du journal Le Monde avec son vocabulaire : " des ambiguïtés ont été introduites, comme sur l’Europe ou l’abrogation des lois de la droite depuis 2002, qui peuvent déboucher, si on n’y prend garde, sur des confusions ". De son côté, la presse de la droite allemande s’est déchaînée contre ce qu’elle appelle la " capitulation de François Hollande " !
Notre bataille a-t-elle été inutile ? Faire avancer par le travail de conviction une idée que nous portons ensemble ne servirait à rien ? Permets-nous de te demander où de ton côté tu as fait avancer la défense de ce mandat commun ?
En diffusant ce courrier, tu fais tout le contraire ! En niant l’avancée que notre travail de conviction a rendue possible dans le Congrès socialiste, en voulant faire croire que les partisans du " non " se seraient ralliés à l’Europe libérale, tu apportes ta contribution au refrain des bien-pensants selon lequel le " non " du 29 mai n’a rien changé. Permets-nous de te faire remarquer que c’est toi qui considère que le 29 mai est une parenthèse déjà refermée puisque tu lui dénies toute capacité à faire évoluer dans le bon sens les rapports de force au sein de la gauche.

Pourtant, les faits sont têtus. On peut trouver beaucoup de défauts à la motion de synthèse du Parti socialiste. C’est en partie l’exercice qui le veut. C’est le résultat des votes internes aussi. L’autre gauche manifesterait un petit peu de l’esprit de synthèse qui anime le PS, au risque des railleries, qu’elle serait déjà dans une toute autre situation de force… En réalité cette mutation en changerait la nature même. Reste que sur la question européenne, notre synthèse marque des avancées considérables. Les lignes ont bougé. Pourquoi le nier alors que cela donne raison au combat que nous avons mené ? Si le " oui maintenu " que prônait Strauss Kahn et d’autre, en toute sincérité d’ailleurs, l’avait emporté, nous aurions hélas vu le PS s’enfermer dans l’horizon indépassable de la Constitution européenne. Or non seulement le texte de la synthèse s’engage à respecter le " non " des Français, mais il se prononce aussi pour le retrait de la directive Bolkestein, la réforme du pacte de stabilité, le contrôle de la Banque Centrale par le Parlement européen, l’élaboration d’un traité social empêchant le dumping social et fiscal, l’émergence d’un salaire minimum européen, l’ouverture d’un processus constituant pour adopter une vraie Constitution centrée sur les institutions et les valeurs de l’Union. Toutes choses qui ont motivé notre combat pour le " non " car elles auraient été rendues impossibles par l’adoption du TCE ! Peut-être as-tu signé la pétition " le verdict populaire doit être respectée " lancée par le Parti Communiste Français ? Tu verras que toutes ces revendications s’y trouvent. La voie est déblayée pour parler du reste.
Et comme ce ne sera pas simple déjà , à quoi bon charger la barque davantage ? Bien sûr, tu peux juger ces avancées insuffisantes. Mais notre désaccord n’est pas là . Ce que nous dit ta lettre, c’est que tu les regrettes. Tu estimes que ces pas en avant ont empêché la clarification que tu attendais. C’est une thèse connue. Mieux vaudrait un PS bien à droite pour que puisse se constituer à côté une gauche " vraiment de gauche ". Cela explique aussi pourquoi tu nous prends, nous, pour cible. Nous faisons tâche dans ce paysage. C’est sans doute le lot de ceux qui s’engagent pour l’union sans exclusives. Nous avons été dénoncés par certains socialistes comme des agents de l’extrême-gauche. Nous le sommes désormais par toi pour avoir fait " allégeance " aux sociaux-libéraux. Les sectarismes sont toujours jumeaux. Ils se renforcent les uns les autres. C’est justement leur victoire que nous voulons empêcher. Car nous en connaissons l’issue : l’impuissance de la gauche. Regarde donc la situation italienne à laquelle tu fais référence : c’est pour avoir refusé l’union que les gauches italiennes ont laissé si longtemps le pouvoir à Berlusconi. Aujourd’hui, la gauche italienne s’est rassemblée derrière un porte-drapeau commun : Prodi. Il n’est ni socialiste, ni communiste. Est-il de gauche ? Lui-même se présente comme le candidat du centre et du centre-gauche. Beau résultat ! Le refus de l’unité et l’ardeur mise à souligner les différences se terminent par un soutien résigné à celui qui était président de la Commission européenne du temps de Bolkestein !

En obtenant que le PS s’engage à respecter le vote des Français, nous avons apporté une contribution modeste au rassemblement de la gauche. Mais nous la croyons décisive. Car aucune union des gauches ne serait possible sans le respect préalable du vote du 29 mai. Bien sûr, il reste beaucoup de chemin à parcourir. Des discussions innombrables sont devant nous sur la méthode comme sur le contenu d’une nouvelle union populaire. L’union des gauches se heurtera aux résistances des sectaires de tous bords. Mais elle finira par s’imposer. Car si nous laissons la droite gagner en 2007, si la grande victoire du 29 mai doit se terminer par un triomphe du parti de l’ordre, libéral et sécuritaire, le peuple de gauche qui a majoritairement voté " non " sera fondé à demander à ses représentants : est-ce ainsi que vous respectez notre vote ?

Amicalement à toi,

par Jean-Luc Mélenchon
et François Delapierre

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