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La LCR et les « crapules » qui tiennent tête à Bush.

(Ou le communiqué crapuleux qui n’a jamais existé).

7 décembre 2005

La liste forumcommunist@yahoogroupes.fr. vient de publier une lettre ouverte d’Elody Margot, une militante de la LCR (en rupture) s’étonnant d’avoir lu le 17 novembre 2005, sur le site de cette organisation, un communiqué intitulé : « Chavez, Castro, Sarko : un beau trio d’urgence. » et dans lequel deux sur trois des personnes nommées sont qualifiées de crapules.

Ce titre et le communiqué sont nés de deux informations :

1- On sait que le président Chavez a fait une déclaration inopportune (mais purement diplomatique) au sujet des événements de nos banlieues. Dans sa tournée européenne visant à créer des liens qui ne laisseraient pas son pays seul face aux USA, Hugo Chavez a multiplié les amabilités envers les dirigeants rencontrés (« Mon grand ami Berlusconi ! » sic). Il n’est pas interdit de distinguer ce que DIT un dirigeant dans un pays hôte et ce qu’il FAIT dans son pays pour (et avec) le peuple. Mais il y a en effet des politesses dont on peut s’étonner, surtout si l’on s’est étonné auparavant de tous les ronds de jambes diplomatiques qui se font à Paris. Par exemple, recevant Condoleeza Rice, Bertrand Delanoë s’est extasié sur ses talents délicats de pianiste et a promis de l’inviter pour qu’elle donne un concert.

2- Une dépêche de l’AFP attribue à Jaime Crombet, vice-président de l’Assemblée nationale cubaine des déclarations privées incroyables : il aurait proposé à Sarkozy l’expertise cubaine pour venir à bout des troubles de nos banlieues.

Alertés, des amis français vivant à Cuba se sont renseignés aux sources le 6 décembre 2005, sur cette affaire. Dans les heures qui ont suivi, ils ont reçu le mail suivant :

"Présidence de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba, Bureau de Ricardo Alarcón [président]. Jaime Crombet dément avoir fait la déclaration qu’on lui attribue. On peut l’appeler à son bureau si l’on souhaite une déclaration de sa part (Teléphone : 204 1145). " Dans la foulée, Radio Havana Cuba a publié une interview [1] de Jaime Crombet qui fait litière du bobard né semble-t-il dans l’entourage du député UMP Eric Raoult.

Les diffuseurs de la pseudo-information de l’AFP savent-ils de la Révolution cubaine autre chose que ce qu’on lit dans Le Monde ? On peut en douter. En effet, outre l’absence à Cuba de ghettos pour une catégorie spécifique de la population, outre l’absence de discrimination en raison de la religion supposée, de la consonnance du nom ou de la couleur de la peau, outre l’absence d’insultes officielles faites aux habitants d’immeubles modestes, on note aussi l’absence (quelle accumulation de pénuries !) de police anti-émeute et jamais, depuis le triomphe de la Révolution, des violences urbaines comme nous venons d’en vivre ne se sont produites. Les responsables politiques (les chauffeurs d’autobus et les pompiers aussi) peuvent se déplacer dans n’importe quel quartier de n’importe qu’elle ville sans être protégés par des bataillons de policiers casqués et armés. Par suite, aucun responsable cubain n’est en capacité de conseiller nos politiques qui, depuis que Jules Moch a créé les CRS, depuis les massacres organisés par Maurice Papon en octobre 61 et février 62 à Paris, n’ont cessé de se perfectionner dans la répression des manifestations. La France est au top niveau mondial en la matière. Elle a même su fournir à quelques dictatures du Sud des militaires virtuoses de la torture, formés sur le tas pendant la guerre d’Algérie.

La déclaration attribuée à Jaime Crombet relève de l’intox. C’est desservir la vérité et aller contre l’intérêt des peuples de l’avoir publiée sans l’avoir vérifiée, sans même s’être posé la question de savoir pourquoi l’entourage du bushien Sarkozy l’a inventée. La volonté de la LCR de médiatiser son choix historique pour une révolution communiste démocratique ne justifie pas qu’elle en profite avidement pour amalgamer Castro à Staline.

L’île des Caraïbes est en danger de mort depuis 45 ans, un plan de 450 pages de gestion du pays sous protectorat US a été rédigé en 2004 par l’Administration Bush (La LCR l’a-t-elle lu ? On le trouve sur Internet, en anglais et en français). On ne peut rien comprendre à Cuba sans connaître la réalité du plus long et du plus impitoyable blocus qu’aucun pays au monde n’a jamais connu (les militants de la LCR savent-ils comment il se manifeste chaque jour, dans tous les domaines : industriels, financiers, médicaux, scientifiques, agricoles, technologiques, culturels, artistiques, sportifs...).

Pour détruire La Havane, il suffit au Pentagone d’appuyer sur un bouton. Pour envahir Cuba, il suffit d’ouvrir les portails de la base de Guantanamo. Victoire militaire éclair. Le problème viendra de l’occupation de l’ïle. Cette deuxième phase verra la défaite de l’envahisseur si le peuple unanime résiste et si l’opinion mondiale désapprouve la guerre. Bref, il faut aux USA emporter d’abord la victoire médiatique préparatoire. Faut-il vraiment que la LCR y contribue ? Débarrassé de la révolution cubaine, le monde sera-t-il meilleur ? La libération des peuples d’Amérique latine en sera-t-elle facilitée ? L’impérialisme en sera-t-il affaibli ?

Ces questions doivent être posées à la LCR qui a trop vite ouvert sa bonde en publiant ce communiqué où Sarkozy est épargné tandis que Chavez et Castro par atavisme « stalinien », sont traités de « crapules » qui bafouent les idées révolutionnaires, se dévoilent, et se discréditent.

Dans sa réponse à Elody Margot, la Direction Ville LCR34 affirme : « ce communiqué auquel tu fais référence n’existe tout simplement pas. Ce point est aisément vérifiable (il ne figure par exemple pas sur le site de la LCR). [...] Et les auteurs insistent : ce « pseudo communiqué » n’a « jamais existé ».

Sûre de n’avoir pas rêvé, Elody Margot persiste :

«  Un communiqué qui n’aurait jamais existé et pourtant accessible à tous ! Il a été publié et commenté sur des dizaines de sites, en commençant par le forum Internet « marxiste révolutionnaire » animé par des membres de la LCR (voir : http://forumtrots.agora-system.com/lcr). N’importe qui, tapant son titre dans Yahoo (« Chavez, Castro, Sarko ») tombera sur des dizaines de sites l’ayant repris, y compris une trace sur le site de la LCR avant sa mise à jour, tout le monde pourra le constater. Il en existe encore une trace sur Google actualité :
http://news.google.fr/news. Cela est vérifiable par n’importe qui. Donc je ne comprends pas bien : pourquoi voulez-vous faire disparaître ce communiqué. »

A noter que ce communiqué fantôme, repéré par des lecteurs de L’Humanité, fait également l’objet de discussions sur le forum de ce quotidien. Voulant en avoir le coeur net, un Internaute est allé voir sur les sites susmentionnés. N’y ayant rien trouvé il a questionné le webmaster du site de la LCR qui lui répond ceci : « Cette brève qui était en discussion avant parution sur le site, s’est retrouvée par mégarde en ligne. Elle n’a pas été retenue et nous l’avons donc supprimée. »

Il est donc établi qu’à la LCR on discute de savoir s’il faut traiter publiquement Castro et Chavez de "crapules". La réponse est finalement non. Cependant, quand leur texte, déjà écrit, sort par erreur, la LCR commence par nier, puis elle avoue, mais jamais elle ne rectifie le jugement "interne". La brève a été "supprimée" mais non désavouée. On efface à la hâte les traces du forfait, on ne condamne pas le forfait.

On attend de la LCR qu’elle désapprouve cette brève à l’endroit même où elle été publiée (et lue par des milliers de personnes) et qu’elle précise que des communistes révolutionnaires ne sauraient insulter ainsi Chavez et Castro tout en restant bien polis envers le troisième homme nommé dans leur titre : Sarko.

Car la réponse qui consiste à dire : "On a discuté, on a écrit un texte sur les crapules qui dirigent Cuba et le Venezuela, mais c’est par "mégarde" que vous le savez", ne peut satisfaire. Elle indique seulement comment la LCR voit ces révolutionnaires qui résistent à l’Empire. Une fraction (celle qui a écrit le texte incriminé) veut l’afficher ouvertement, une autre ne juge pas opportun de la claironner sur l’estrade, mais les deux pactisent en coulisse.

Ce texte "n’a pas été retenu" ? Jusqu’à preuve du contraire, c’est sa publication qui ne l’a pas été. Les esprits chagrins pourraient penser : « Même s’ils trouvent leur analyse juste (s’il la trouvaient fausse, ils le diraient), ils craignent les réactions qu’elle pourrait susciter. La LCR balbutie à présent (et rien de plus) qu’elle ne voulait pas injurier publiquement les dirigeants de deux petits pays. »

Ces pays sont pratiquement accolés géographiquement à la plus grande puissance militaire que la terre ait jamais connue. Puissance qui veut leur peau et l’asservissement de leur peuple au Dieu Dollar. Deux chefs d’Etat révolutionnaires sont aux avant-postes, dans les tranchées, à portée de la mitraille US et de tous les coups tordus de la CIA qui s’échine à concocter leur assassinat. Là où ils luttent, ils n’ont pas besoin qu’on leur bave dessus en prétextant une maladresse gestuelle (bouche LCR mal fermée, lèvres disjointes). La faute n’est pas dans la "fuite" accidentelle, mais dans la fabrication délibérée de salive arsenicale et dans un bredouillis d’explications qui pourrait laisser penser que, dès que les circonstances seront favorables, ou dès que l’unanimité sera faite en son sein, la Ligue placardera ce qui se murmure en interne.

C’est Bush (dont il n’est pas dit non plus s’il est une « crapule ») qui va être déçu de cette valse hésitation, "Un pas en avant, deux pas en arrière", comme disait Lénine.

Cependant, la vérité (qui est révolutionnaire) oblige à dire que la publication de ce communiqué de la LCR et son attitude depuis qu’elle l’a retiré de son site sont de nature à induire en erreur sur son attitude habituelle envers la révolution bolivarienne. Elle est, en général, plutôt bienveillante.

Sur Cuba, elle est détestable, caricaturale, dépourvue de toute mise en perspective de la réalité géopolitique et du rôle capital qu’a joué, que joue Cuba dans le processus d’émancipation des peuples de l’arrière-cour US et d’ailleurs [2]. Mais elle avait rarement atteint la violence de ce communiqué.

La LCR va-t-elle s’en expliquer ou ira-t-elle, dans une fuite en avant logique, dresser la liste de tous les adversaires de Bush qui, n’épousant pas exactement la ligne tracée dans son dernier congrès, sont des « crapules » ? Puis, enfin seule, construira-t-elle quelque part, là -bas sous le nez de l’Oncle Sam ou ici, en France, une société non crapuleuse comme elle a l’air de savoir les faire, elle ? Si, dans cette tâche, elle ne réussit pas un sans faute, devra-t-on publier un communiqué en usant de sa terminologie pour qualifier Besancenot ?

Maxime Vivas

PS. J’ai déjà voté pour la LCR. J’ai de l’estime et du respect pour ses militants avec qui j’ai défendu des positions communes dans des instances culturelles de notre Conseil Régional et dans la rue. Tout va se compliquer, désormais...

Maxime Vivas vient de publier avec Danielle Bleitrach et Viktor Dedaj Les États-Unis DE MAL EMPIRE Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud, Aden.

Banlieues : Les responsables de la police israélienne s’envolent pour Paris ... 12 décembre 2005.

Bolivie, 18 décembre : Evo Morales premier Président Indien ? L’Amérique Latine dit "No mas", par Jason Miller.

Birmanie : Kouchner n’a pas vu d’esclaves mais Total les indemnise, par Maxime Vivas.

RSF, la CIA et l’omerta : Lettre ouverte au rédacteur en chef de Télérama, par Maxime Vivas.

Laurent Fabius a égaré "son" dictateur, par Maxime Vivas.

[1Déclarations de Jaime Crombet, Vice-président de l’Assemblée Nationale de Cuba.

Interrogé le 6 décembre 2005 par Radio Havane Cuba au sujet des « informations » selon lesquelles il aurait, au cours d’une rencontre à Paris avec son homologue français, Eric Raoult, proposé l’aide de Cuba contre les révoltes de jeunes dans les banlieues des grandes villes françaises, le Vice-président de l’Assemblée Nationale, Jaime Crombet, a répondu :

« Je veux dire que ces informations sont totalement fausses, inventées de toutes pièces. Elles ne sont explicables que par l’action des ennemis de la Révolution cubaine. Elles sont, de plus, stupides, absurdes.

Au cours de ma visite en France, j’ai visité diverses régions. Je n’ai fait aucune déclaration à la presse, je n’ai donné aucune interview. Mon entrevue avec mon homologue français a été absolument normale, amicale et respectueuse.

La coopération avec diverses régions françaises s’accroît, des échanges ont lieu avec des provinces cubaines de même que des jumelages avec des communes de notre pays, ce que nous appelons la coopération décentralisée. De plus, les relations entre les parlements reviennent à la normale et sont plus suivies en ce moment. »

RHC : Cette « information » est basée sur deux éléments : il y aurait eu à Cuba des incidents similaires à ceux que la France a connus et il y aurait dans notre pays un type de police entraînée pour riposter à cette sorte de révolte. »

J. Crombet : « A Cuba, il n’y a jamais eu ce type de manifestations, de troubles et notre police n’a jamais eu à réprimer ce type de choses. Lorsque nous avons dû nous défendre, cela a été contre l’impérialisme, et c’est la population, les étudiants, les jeunes, les travailleurs qui sont descendus dans la rue pour s’en charger. »

RHC  : Quelle explication voyez-vous à ce genre de campagne, justement en ce moment ?

J. Crombet  : « Elle est le fait de ceux qui ne veulent pas voir s’améliorer les relation entre Cuba et la France, des ennemis de la Révolution, du socialisme qui tentent de créer de fausses contradictions sur la base de positions absurdes attribuées aux révolutionnaires cubains. Ils inventent des prétextes pour attaquer la Révolution cubaine. Jamais, je n’ai fait ce type de déclarations, qui - je le répète - sont fausses et qui, de plus, sont stupides. »

[2Qui connaît le rôle capital joué dans la chute de l’apartheid Sud-africain par des dizaines de milliers de soldats cubains qui, au nom de la solidarité internationale, ont combattu en Afrique ? Personne en France, semble-t-il. Mais Nelson Mandela ne s’y est pas trompé qui, pour son premier voyage présidentiel à l’étranger, a voulu atterrir à La Havane. Et nulle part ailleurs.


COMMENTAIRES  

07/12/2005 16:14 par Paulb

Je suis vraimment très déçu de l’attitude de la LCR sur ce coup ; et dire que j’avais énormement d’estime pour eux jusqu’à présent...
Pire que leur collaboration avec l’Empire (car, comme on le dit là bas, "la trinchera solo tiene dos lados"), qui peut s’expliquer par l’ignorance qu’on a en Europe de la réalité extra-européenne, c’est la malhonnêteté de la réaction (nier, occulter, langue de bois) qui fait mal ; à quoi sert de se dire anti-stalinien si c’est pour adopter les mêmes méthodes ?

A moins d’un changement de position public et fort, il faudra hélas constater que la LCR ne vaut pas mieux que le PS, et qu’elle n’est en rien revolutionnaire quand il le faut, malgré son nom claironné.
Car c’est bien facile de faire de la "théorie révolutionnaire" et de parler et donner son avis, mais c’est les faits qui comptent. Je ne m’attends pas à que la LCR fasse la révolution, bien sûr, les conditions en France ne s’y prêtent pas ; mais au moins qu’elle reconnaisse une situation révolutionnaire ailleurs, et s’y solidarise, au lieu de se mettre du côté de la reaction !
J’espère, de tout coeur, qu’il y aura une rectification de la part de la LCR ; sinon, tant pis, on se passera d’un parti politique de plus.

08/12/2005 12:19 par julien

Je me présente, je m’appelle Julien je suis président du cercle vénézuela toulouse (www.cercle-venezuela.fr) et membre de la LCR.

Comme on ne peut pas vendre Chavez quand tel ou tel aspect n’avance pas au vénézuela, ne vendez pas la LCR pour une erreur sur un article qui a été retiré alors que le journal Rouge de la Ligue donne énormément d’infos et de débats interessants sur le vénézuela. N’oubliez pas que Chavez a rencontré une délégation de la Ligue lors de son dernier passage à Paris et qu’il y a passé plus de temps que prévu alors qu’il a écourté sa visite à Jack Lang... des liens très forts existent entre la Ligue et la frange révolutionnaire de l’UNT hyper importante pour le processus. Ne niez pas non plus que beaucoup de militants de la ligue sont actifs dans les cercles bolivariens.

S’il ne faut juger Chavez réac pour avoir dit une connerie, ne jugeons pas la Ligue pour avoir dit aussi une connerie...

Ce serait bête de se déchirer entre nous, le peuple venezuelien nous montre que la force est l’unité, il y a beaucoup de choses qui nous unissent, très peu de choses nous divisent. On s’occupera de ça quand le capitalisme sera tombé, pas avant, merci.

08/12/2005 12:26 par Anonyme

www.cercle-venezuela.fr

Comme ça, juste un clic, et hop, direction Toulouse !

Red

08/12/2005 14:15 par Maxime Vivas

Mon cher Julien,

Le meilleur moyen de ne pas se déchirer entre nous, c’est de ne pas publier, puis retirer en niant ensuite son existence un communiqué dans lequel Chavez et Castro sont traités de crapules et, quand un ami de Cuba et du Venezuela s’en offusque, de dire clairement : ce communiqué ne traduit pas notre idée et nous soutenons ces révolutions, en gardant notre droit à la critique justifiée, mais pas celui de l’insulte et de la caricature de la réalité cubaine.
Amicalement.
Maxime

08/12/2005 14:30 par Paulb

Je ne nie pas que la majorité des membres ou sympatisans de la LCR soient revolutionnaires ; j’ai peur que le parti par contre ne suive la même voie que le PS et le PC, s’accomodant de l’ordre établi et de sa matrice de pensée.

Aujourd’hui le règne du capitalisme est total, et il n’y a que Cuba qui resiste, et le Vénézuela qui soit un espoir (mais le Vénézuela demeure encore capitaliste, ce n’est un espoir que parcequ’il y existe une réelle liberté et democratie, ce qui donne l’espoir que les aspirations majoritaires puissent s’y concretiser).
Si Cuba et le Vénézuela sont écrasés, que restera-t-il comme possibilités d’aller vers le socialisme dans le monde ? Aucune, le seul horizon ce sera le desespoir, avec de temps en temps des emeutes nihilistes sans but et sans avenir.
La defense de Cuba et du Vénézuela est primordiale, car elles donnent un espoir et un exemple de monde different ; il faut les defendre à tout prix, et oui, tout comme Maxime, à choisir entre Cuba et la LCR, je defendrait Cuba, car Cuba peut faire pour le socialisme, y compris en France, bien plus que la LCR.

Note que je n’aurais sans doute pas pris la peine d’écrire si le communiqué eût provenu du PS, car là c’est normal, c’est un parti pro-capitaliste, qui trouve normal et soutient le système capitaliste ; mais ça me fait mal de la part de la LCR, et je tape dur en esperant qu’elle gardera le cap.

08/12/2005 14:46 par anartoka

Avec les anars, au moins pas de problème... toujours réglo, toujours honnete !

08/12/2005 19:14 par Pierre

là je me mare !

08/12/2005 10:21 par lingane

Cher M. Vivas, je lis toujours avec plaisir vos articles (je me régale encore de celui sur la liberté de la presse !), mais je m’étonne de votre étonnement.

Que la lcr traite Chavez et Castro de crapules n’a rien d’étonnant pour une organisation qui se revendique bien plus de "la gauche" que du socialisme !

et il y a une sacré différence.

Je vous invite à lire "l’enseignement de l’ignorance" de Jean-Claude Michéa (éditions climats) et plus particulièrement le passage consacré à "la caillera", vue comme une alliée du libéralisme (le lumpen décrié par Marx)

Un vrai socialiste doit condamner ces émeutes ET la politique libérale villepin-sarkko

condamner l’un sans condamner l’autre classe soit dans le liberal-libertarisme, soit dans le libéral-conservatisme.

J’espère sincèrement que mes propos ne vous choquerons pas. Je ne vous demande pas d’être d’accord, mais de croire en ma sincérité.

Amitiés chavezistes

08/12/2005 11:27 par Anonyme

Maxime,

Ton texte sur "les crapules et la LCR" est une excellente mise au point, je l’ai donc diffusé.

J’ai néanmoins un point de désaccord sur l’attitude de Chavez, qu’elle soit bien ou mal inspiré importe peu, le fait est qu’il a réagi comme n’importe quel être sensé et a fortiori venant d’un pays qui accomplit un tel effort en matière d’éducation. Les émeutiers se sont mis tout le monde à dos en brûlant les écoles, les gymnases et les voitures des pauvres. Il n’y a guère que les bobos, y compris de la LCR, pour ne pas le voir. Et pour ne pas constater que cela renforçait de fait Sarkozy justifiait ses propos pourtant inqualifiables.

Donc quand Chavez a dit qu’ils étaient "fous", il a eu une réaction largement partagée par tous les révolutionnaires.
Que la situation dans nos banlieues soit intolérable, que la discrimination, les insultes et traques policières mettent en rage, est un fait, mais que ces nuits d’émeute soit une anti-solution est un autre fait.

Que les jeunes en soient moins responsables que les partis de gauche et singulièrement le parti communiste qui a renoncé au terrain, laissant ses maires désemparés est encore un autre fait.

Pendant tous les événements je me suis réjouie du fait que Marseille en grève, isolée d’ailleurs dans ses luttes y compris par les directions des syndicats, et mal aidée ou torpillée par les mêmes partis de gauche, avait des jeunes tranquilles. Mieux la seule exaction commise par les jeunes a été le pillage d’un carrefour dont les vigiles étaient en grève... Comme les habitants de Caracas, avant Chavez pillaient les supermarchés à titre de protestation...

Voilà quelque chose que l’on peut comprendre, mais pas de détruire le peu de biens individuels et collectifs des pauvres.

Je reviens de Bruxelles, où mon débat autour de Cuba est une île et DE MAL EMPIRE, avait été précédé d’un très mauvais film sur les blacks blocs, en gros il était dénoncé le consumérisme de nos sociétés et le film montrait qu’à Cuba où Fidel prétendait lutter contre le consumérisme c’était un échec parce que les Cubains ne pensaient qu’à s’empiffrer, la seule solution était de tout détruire et de retourner (réellement) à l’homme des cavernes.

Pas un mot sur le blocus, sur les dificultés des Cubains, non il fallait dénoncer les objets, les drapeaux, les uniformes comme en occident les poupées gonfables, l’excès de nourriture et d’ordures. Dans la salle, des jeunes gens très chics, habillés fort cher comme les jeunes des banlieues, disaient "il faut agir" et "tout casser"... Il s’agissait certes d’une caricature, comparable à la philosophie de la chanson de Jacques Brel "Les bourgeois c’est tous des cochons". Mais il s’agissait bien du revers nihiliste du néo-libéralisme, y compris dans la manière de traiter Cuba.

On ne peut pas avoir la moindre complaisance sur les actes de destruction des émeutiers, même si on les attribue non aux jeunes mais à ceux qui les ont mis dans cet état. Et si l’on considère que c’est ces derniers, Sarkozy en tête avec son adhésion au néo-libéralisme et au tout répressif, qui devraient être jugés et condamnés.

Donc je partage le diagnostic de Chavez : "Ils sont fous !" tant sur les méthodes que sur leurs conséquences sociales et politiques. Si aujourd’hui il y avait une élection, je vous parie que Sarkozy-Villepin-Le PEN ferait 70% des voix. Avec un maximum d’abstentions...

D’ailleurs nous en sommes si vous lisez bien la presse, à voir se dessiner une tactique, voter Villepin dès le premier tour pour faire face à Sarkozy. Sur des questions nationales d’ailleurs autant qu’internationales, tant le PS s’affirme sans solutions autres, le PCF disparu et la LCR irresponsables, encore moins au courant des dossiers, encore plus sur le fond atlantistes que Villepin comme en témoigne ce texte de la LCR.

Croyez-vous que Chavez ignore cette situation et que sur le fond, il ne préfère pas Villepin à Sarkozy ou même à un PS comme Fabius ou d’autres ?.

Nul ne peut se réjouir en tant que Français de cette impasse politique, et peut-être le désespoir des jeunes des banlieues ne fait-il que la traduire.

Mais dans ce domaine comme dans d’autres, il faut de la lucidité, bien voir où nous en sommes et comment le monde nous juge.

Danielle Bleitrach

08/12/2005 23:58 par Edouard Diago

Bonjour à tous/tes,

Ce communiqué a bien existé, la LCR34 a cru sincèrement qu’il n’existait pas ne l’ayant pas vu sur le site. Il a si bien existé que nous avons reçu de nombreuses remarques et critiques acerbes de la planète entière, du Québec au Venezuela.

Il y a, à la LCR, des discussions ouvertes sur la situation politique vénézuélienne. Notre journal, Rouge, a publié ces dernières semaines deux positions différentes. Un point de vue minoritaire, signé Serge Godard. Un point de vue majoritaire, signé par Flavia Verri (membre de la Direction Nationale), François Sabado (membre du Bureau Politique) et moi-même, Edouard Diago (Commission Internationale de la LCR, en charge du travail de solidarité avec la révolution bolivarienne depuis plusieurs années) actuellement à Caracas.

La position de la LCR, publique, est celle d’un soutien franc et appuyé à la Révolution Bolivarienne, entendue comme un processus révolutionnaire dans lequel les masses jouent un rôle primordial.

Lorsque nous avons des désaccords avec l’un ou l’autre des acteurs de ce processus, nous le disons. Chavez n’est pas l’exception et, comme un débat eut lieu entre révolutionnaires au moment des émeutes en banlieue, nous avons exprimé notre désaccord avec Chavez dans un Rouge récent sur ces questions-là en des termes mieux choisis que celui du communiqué dont il est question ici.

Si ce dernier a été ôté 48 heures après sa publication en ligne, c’est que la direction de la LCR (légitime, élue, reconnue) a jugé ce communiqué innoportun et politiquement erroné, ne l’ayant pas vu a priori. Ce sont les affres d’une organisation démocratique dans laquelle des camarades assument des taches d’organisation à part entière (ici le site web) sans nécéssairement partager toutes les positions majoritaires de leur organisation.

A toutes fins utiles, vous trouverez ci-dessous la résolution du Comité International de la 4° Internationale (dont la LCR est la section française), voté à 90 % lors de sa session de février 2004.

Amitiés révolutionnaires,

De Caracas,
Edouard Diago

NB : Reste une question : devrait-on avoir, à la LCR, un bureau de la vérification de tout ce qui est publié sur notre site sans faire confiance aux camarades qui le gèrent ? Pour ma part je ne le pense pas et préfère utiliser ce très facheux évènement pour leur demander de faire mieux attention au moment de relayer telle ou telle prise de position de secteurs de la LCR lorsqu’il s’agit comme ici de questions débattues dans la LCR.

4° Internationale
RÉSOLUTION VENEZUELA

Le Venezuela connaît un processus révolutionnaire caractérisé par des ruptures partielles avec l’ancien régime dans les domaines politique, économique et social ainsi qu’une rupture partielle avec l’impérialisme. Le Venezuela est engagé sur la voie de la transformation sociale avec la volonté d articuler le projet avec d autres dynamiques de transformation à l échelle latino-américaine.

Le développement ces dernieres annees de programmes tres significatifs le service public de sante, la campagne d alphabetisation et de retour aux etudes, la priorite donnee a la constitution de cooperatives, la reforme agraire et la reforme de la peche constituent des signes importants de la priorite sociale que vehicule ce processus.

Dans le champ international, le Vénézuéla a décidé de s’affronter à l’impérialisme US (refus plan Colombien, refus ALCA, refus de la présence de soldats US sur son territoire, rapprochement avec Cuba, condamnation des guerres impérialistes). Le Venezuela s’affirme de plus en plus comme une reference pour le mouvement altermondialisation.

La mobilisation populaire est l’élément décisif qui a permis ces ruptures politiques : soit en battant le coup d’Etat du mois d’avril 2002, soit par l’organisation populaire à la base sans laquelle les opérations sociales (éducation, santé, logement, eau, …) n’auraient pas eu lieu.

Le processus se déroule dans le respect des institutions démocratiques bourgeoises. Malgre les efforts et tentatives de transformer l’Etat, les institutions restent marquées par des pratiques clientéliste et de corruption qui entravent les politiques décidées par le gouvernement.

Le processus révolutionnaire ne s’est pas encore transformé en victoire révolutionnaire pour les classes opprimées. Les résistances viennent de la droite vénézuélienne mais aussi de certains secteurs de la majorité «  chaviste ». Le processus est encore en dispute entre dynamiques révolutionnaires et tendances gestionnaires loyales du capitalisme.

= Engager une campagne d’information et de solidarité avec le processus révolutionnaire vénézuélien : ouverture d’une page web dediee au Venezuela sur nos sites de la 4, échanges politiques et syndicaux, promotion des résultats positifs en terme de transformation sociale, importance de la démonstration vénézuélienne qu’on peut se démarquer de l’option social-libérale, aspect fondamental de la mobilisation populaire, si on accepte de s’affronter aux classes dominantes.

= Dans le contexte de notre solidarite avec la revolution bolivarienne, nous appuyons les secteurs qui font de la radicalisation de la révolution l’axe central de leur intervention politique. Nous prenons contact avec ces secteurs afin d’envisager des coopérations politiques, les inviter à nos réunions internationales, débattre avec eux de notre conception de la construction de partis et du rôle d’une internationale.

= Le Forum social Mondial 2006 qui aura un des ses chapitres au Venezuela en janvier 2006 sera un moment central pour le mouvement altermondialiste pour tisser des liens et exprimer sa solidarite avec les organisations populaires du Venezuela.

= Nos camarades doivent s’integrer aux activites liees au processus bolivarien comme le Congres du Pouvoir Populaire, le Festival Mondial de la Jeunesse (aout 2005)…

= Nous intervenons dans nos syndicats pour promouvoir la nouvelle centrale syndicale UNT et des activités syndicales de solidarité et en invitant dans la mesure du possible des syndicalistes a des activites de solidarite.

= Nous proposons d’apporter au processus venezuelien le meilleur de notre experience en matiere de democratie participative specialement par la collaboration avec nos camarades bresiliens.

CI de la 4° Internationale, février 2004

09/12/2005 11:00 par Paulb

Voilà une très bonne chose, et c’est tout à votre honneur.

Oui, les erreurs arrivent, et ça arrivera encore ; tant qu’on les assume et rectifie c’est bon.

Par contre, je constate, à mon grand desapointement, que seule la position concernant Chavez=crapule est rectifiée, pas un mot concernant Castro=crapule ; alors pourtant que l’information selon laquelle Cuba offrait ses "services repressifs" à Sarkozy s’est averée être fausse, et que Chavez, lui, a bel et bien dit ce qu’il a dit...

Vous devriez reflechir au fait que c’est votre attaque de Cuba, plus que votre attaque du Vénézuela, qui fût à l’origine de la volée de bois vert à votre encontre.

Pour ma part je ne suis pas entièrement satisfait du rectificatif ; il explique les raisons du cafouillage et demontre une volonté de transparence, par contre, en conservant une ligne anti-cubaine cela montre que la LCR semble donner plus de crédit à ce que racontent les médias occidentaux contrôlés par le grand capital que ce qu’en dit toute la gauche latinoaméricaine, pourtant bien plus au fait de la question, non ?
Vous êtes certes honnêtes, mais fameusement à côté de la plaque !

11/12/2005 18:12 par Anonyme

Merci Maxime

je suis à la LCR mais là , je suis furieux

et je n’ai pas tardé à leur dire.

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