Directive Bolkestein : bombe contre les droits sociaux, Pierre Vanek - Mais que fait la CGT ?


solidaritéS, 19 octobre 2004


Vénézuéla août 2004

Une entreprise d’intérim installe son siège social en Pologne. Sans devoir demander la moindre autorisation aux autorités du pays, elle fait venir des travailleurs polonais sur des chantiers de n’importe où dans l’Union Européenne. Ces travailleurs sont soumis à la législation... polonaise. Salaires polonais, sécurité sociale polonaise, réglementation du travail polonaise. Et seule compétente pour contrôler le respect de cette législation sur les chantiers en question : l’inspection sociale polonaise... Politique-fiction ? Non, il s’agit du « principe du pays d’origine » que contient le projet de directive européenne déposé par la Commission le 13 janvier et rédigée par l’ultra-libéral commissaire européen chargé du marché intérieur, le Hollandais Frits Bolkestein. Elle s’applique aux services des 25 pays de l’UE et vise à « réduire la paperasserie qui étouffe la compétitivité ». Prétexte dans tous les pays pour abolir des réglementations en matière sociale, de protection des travailleurs, d’environnement ou de règles de qualité ou d’éthique à respecter par les entreprises.

L’objectif de Bolkestein est d’imposer aux 25 Etats une concurrence commerciale sans limite dans les activités de service, dans le commerce, la construction, le nettoyage, la publicité, les agences d’intérim et même la santé, l’enseignement, la culture. La Commission veut éliminer les obstacles à l’établissement et à la libre circulation des services, souvent constitués par des réglementations nationales de droits démocratiques et sociaux conquis de haute lutte par le passé. La Commission veut balayer ces droits pour transformer les services en un commerce dont le profit est le seul but.

Aujourd’hui, dans l’UE, le prestataire de service (par exemple une entreprise de construction) peut, à titre temporaire, exercer son activité dans un autre pays, à condition de respecter les conditions que ce pays impose à ses propres ressortissants. Le travailleur polonais au service d’une entreprise polonaise sur un chantier en Italie est soumis aux règles sociales en vigueur dans ce pays. Un obstacle au profit que la directive Bolkestein veut lever.


Une machine à privatiser !

L’application de la directive au secteur de la santé et des soins aux personnes aurait comme conséquences qu’un prestataire de soins d’un pays pourrait s’installer dans un autre pays sans devoir y respecter la réglementation nationale. Ce qui conduit à une privatisation totale de la politique de santé.

Les législations qui imposent un statut à ces services ou subordonnent l’octroi de subsides à un statut particulier devraient disparaître. De même que les normes d’encadrement des maisons de repos ou les normes en personnel médical et infirmier par nombre de lits en milieu hospitalier. Ou encore les réglementations limitant les honoraires des médecins. La directive ouvre la voie à la privatisation et à la mise en concurrence de presque toutes les activités de services, y compris l’enseignement, la santé et des activités culturelles qui ne fonctionneront plus que dans la logique du profit.

Le principe du pays d’origine a été approuvé par la majorité formée au Parlement européen par les chrétiens démocrates, les libéraux et la plupart des sociaux-démocrates, dans une résolution adoptée le 13 février 2003. La directive Bolkestein s’inscrit dans la lignée du Sommet européen de Lisbonne, en 2000 lorsque onze gouvernements sur quinze étaient dirigés ou co-dirigés par des socialistes, ce sommet a défini comme objectif pour l’Europe de devenir l’économie la plus compétitive du monde.


L’arbre et la forêt

Mais l’arbre Bolkestein ne doit pas cacher la forêt néolibérale. Cette directive est en effet parfaitement dans la ligne du projet de « Constitution » européenne que nombre de directions syndicales, la social-démocratie européenne et les Verts se refusent, au nom du « moindre mal », à rejeter. Cette « Constitution » impliquerait que toute entrave à la « libre concurrence » entre entreprises dans le cadre « d’une économie sociale de marché hautement compétitive » doit être supprimée. Par « entraves », il faut entendre les législations, les réglementations nationales qui protègent encore les travailleurs, malades, citoyens, etc. et pour lesquels le mouvement ouvrier s’est battu. De plus, le projet de Traité constitutionnel ne reconnaît pas les droits sociaux collectifs - droit au travail, à la retraite, au chômage, au revenu d’existence, au logement... - comme des droits justiciables, mais comme de simples objectifs à atteindre en « tenant compte de la nécessité de maintenir la compétitivité de l’économie de l’Union ».

Lutter contre la directive Bolkestein nécessite de s’attaquer à la source du problème : le modèle néolibéral de construction européenne dont elle n’est qu’un reflet. Cela implique s’opposer au projet de Traité constitutionnel qui veut consolider, légaliser et pérenniser cette Europe capitaliste néolibérale.

Pierre Vanek


- Source : www.solidarites.ch, N° 53 19 octobre 2004.


Combat pour le "Non"" : que fait la CGT ?

[ Résolution CGT-INRA contre le projet de la Constitution européenne ]

Dans la continuité du combat mené par notre Confédération contre le traité de Maastricht et les directives prises en application, le Syndicat National CGT-INRA se prononce pour que la CGT se déclare publiquement, et au plus vite, pour le « Non » au projet de Constitution Européenne.

Nous considérons symptomatique que le préambule de ce projet de constitution précise d’emblée que « les 25 chefs d’Etat se déclarent résolus à poursuivre l’oeuvre accomplie dans le cadre des traités instituant les communautés européennes et de traités sur l’Union européenne en assurant la continuité de l’acquis communautaire ». Il s’agit ainsi de poursuivre et d’amplifier les politiques mises en application dans toute l’Europe en particulier depuis le traité de Maastricht et notamment :

- le pacte de stabilité et les critères de convergence, impliquant la réduction forcée des budgets publics et de l’emploi public,

- les politiques de déréglementation et de privatisation (France Télécom, EDF-GDF, La Poste,...) au nom de la « libre concurrence »,

- le démantèlement du service public, notamment au travers de la mise en place des Services d’Intérêt Général (SIG),

- la soumission des programmes de recherche et d’enseignement aux stricts besoins du patronat européen,

- le laminage des droits sociaux (Casse de nos droits en matière de retraite, de Sécurité Sociale,...) contre lequel nous avons combattu ces dernières années.

La nouvelle Constitution européenne permettrait d’accélérer ces mesures et interdirait toute législation nationale plus favorable, puisque le droit européen serait supérieur au droit français. Les conditions de sa révision (unanimité des états) rendent de fait impossible toute remise en question d’une politique économique et sociale qui a déjà causé des ravages dans de nombreux pays développés et en développement.

Nous déplorons donc que le comité exécutif de la C.E.S. des 13-14 octobre 2004 se soit prononcé pour le « oui » à cette Constitution. A cette occasion, la délégation CGT s’est abstenue en indiquant attendre le résultat de la consultation engagée au sein de la Confédération. Faut-il s’en tenir à une telle position alors que les zélateurs d’une Europe libérale, totalement déréglementée, s’appuient sur la prise de position de la CES pour indiquer que le mouvement syndical dans son ensemble serait favorable à cette Constitution. Nous estimons nécessaire de lever au plus vite toute ambiguïté et souhaitons que le prochain CCN de la CGT se prononce clairement pour le « NON » à la Constitution Européenne.

Fait à St Cyr l’École, le 22 octobre 2004.
Pour consulter le document :
intranet : www.inra.fr/intranet-cgt
internet : www.inra.cgt.fr


Lire entre autres :

Pourquoi je ne voterai pas "non" à la Constitution, par Viktor Dedaj.


Mais comment peut-on prétendre que la directive Bolkestein n’est pas fondée dans le projet de constitution ? G. Filoche et J.J. Chavigné.


Pour sauver l’Europe : 15 raisons de voter NON, par Jean-Jacques Chavigné.

Constitution Européenne :

On les appelle " directives Dracula" car elles craignent la lumière, par Jean-Jacques Chavigné.


- Et aussi

- Un « pavillon de complaisance » en Europe : le projet de directive Bolkestein, par Jean-Jacques Chavigné.

- Ensemble d’arguments contre l’ Europe de Giscard-Chirac, par D&S

- Dire NON au traité constitutionnel, pour construire l’Europe.

- Constitution européenne : faits et arguments.

Une pétition en ligne contre le projet de directive Bolkestein est
disponible à l’adresse suivante :
http://www.stopbolkestein.org

COMMENTAIRES  

31/10/2004 10:00 par Bernard Oustrières

Bonjour,

Il n’y a pas si longtemps, vous vous fichiez de Jean-Pierre Chevènement et des "souverainistes". On voit bien cependant où conduit le fédéralisme européen qu’une certaine gauche internationaliste - sans doute animée des plus pures intentions - soutient sans réserve ou presque. Militer en faveur d’une Europe des nations reste la seule voie pour éviter au prolétariat (dans l’acception large du terme : du manoeuvre à l’ingénieur) l’écrasement total.

05/11/2004 14:18 par cobab

Pas d’accord. Constitution ou pas, la réalité du pouvoir de décision en matière économique est au niveau européen, et c’est à ce niveau qu’il s’agit de s’organiser.

05/11/2004 19:22 par j Cl Méry UFC CGT Poste

Je ne suis pas personnellement pour un NON et basta.
Je suis pour que la CGT favorise un débat au sein de ses fédérations pour que se dégagent des axes de mobilisations et de luttes offensives pour construire une autre Europe sociale, solidaire et pacifiste.
Je vote donc NON et je dis OUI à une autre Europe des peuples, démocratique, .....
j cl Méry UFCCGT Poste

08/12/2004 18:35 par crypto

EXACT
On est souverain dans son espace de vie ou on ne l’est pas, c’est ce que dit toujours le che
à bon entendeur salut
crypto

24/01/2005 11:16 par flo

Q’atttend la CGT pour sortir de la CES ? Dénoncer ce projet de constitution, autant le dire, libérale donc capitaliste. Travailler pour créer les conditions favorables d’une grève générale, seule capable de faire reculer le pouvoir. Que se soit sur la constitution ou sur les attaques contre le monde du travail.

18/02/2005 12:13 par Anonyme

"La directive Bolkenstein - qui indigne à Paris ceux qui l’ont acceptée à Bruxelles - n’est-elle pas un avertissement suffisant ? Un architecte tchèque qui travaillerait en France ne serait pas soumis à notre législation du travail. Nous avons déjà connu ce droit attaché à la personne : au temps des Mérovingiens… Avec la constitution européenne et la règle de la majorité du nouvel article III-141, cette directive a de beaux jours devant elle : six pays y sont plus ou moins hostiles tandis que dix-neuf y sont favorables. De plus, l’article III-122 fait de Bruxelles l’arbitre des « principes et des conditions de fonctionnement » des « services d’intérêt économique général », c’est-à -dire de tous les services publics qui ne sont pas strictement administratifs, et peuvent être affectés du fait des limites volontairement imprécises de la directive Bolkenstein.

Avec la primauté absolue du droit européen, y compris sur la Constitution française, proclamée par l’article 6, et l’élargissement du monopole d’initiative de la Commission, Bruxelles sera armée comme jamais. Les gouvernements toujours plus impuissants, seront condamnés à l’impopularité.

Vous qui avez été, comme moi, candidats aux élections sénatoriales ou législatives, vous êtes vous demandé de quoi nous allions pouvoir parler à nos concitoyens, lors de nos prochaines campagnes ? Du droit nouveau des Parlements nationaux qui, ayant perdu leurs autres pouvoirs, gagnent celui de s’unir pour supplier la Cour de Luxembourg de respecter le principe de subsidiarité… ?"

Extrait du discours au Sénat de Jacques Baudot, Président du Collectif du Non (gaullistes et souverainistes) le 15 février.
La droite souverainiste deviendrait-elle sociale ?

Lu sur www.non-2005.org

03/02/2005 14:29 par Anonyme

La CGT rejette le traité constitutionnel européen et choisit le non

3 février 205

PARIS (AFP) - Le Comité confédéral national de la CGT a rejeté le traité constitutionnel européen, ce qui équivaut à "une consigne de vote" négative au référendum, contre le souhait de la direction confédérale, a indiqué jeudi à l’AFP Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral.

Ce vote, de l’aveu même de M. Le Duigou constitue un échec pour la direction de la CGT qui souhaitait, a-t-il dit, que la confédération demeure "sur le terrain d’une appréciation syndicale".

Le secrétaire confédéral de la CGT a indiqué que le Comité confédéral national (CCN) de la CGT avait voté mercredi soir un amendement ainsi libellé : "le CCN se prononce pour le rejet de ce traité constitutionnel" dans un chapitre titré : "Le référendum en France".

Selon M. Le Duigou, l’économiste de la CGT, 74 membres du CCN se sont prononcés pour l’amendement, 37 contre et 5 se sont abstenus.

Il a souligné qu’ "il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, cela vaut clairement consigne de vote" négative au référendum "et c’est ce que ne voulait pas la direction confédérale".

"Il s’agit d’un échec pour la direction, ce n’est pas la peine de se le cacher", a-t-il ajouté.

Selon lui, celle-ci "clairement ne voulait pas qu’il y ait de consigne de vote, et souhaitait que la CGT s’en tienne à une appréciation syndicale sur les différents aspects du traité, sans par conséquent une formulation qui finalement induise une position sur la consultation référendaire elle-même".

M. Le Duigou a indiqué que lors du CCN "les représentants d’une série d’organisations, au terme d’un débat ayant réuni 3 à 4% de syndiqués, étaient venus avec la demande expresse d’obtenir une prise de position du CCN sur le référendum".

"Il est clair que cela aura des conséquences sur les orientations et la stratégie de la CGT, on l’appréciera la semaine prochaine", a ajouté le secrétaire de la CGT.

"Pour moi, personnellement, c’est une prise de position qui finalement revient sur les 10 ans 15 ans de l’évolution initiée par Louis Viannet (ancien secrétaire général de la CGT) et continuée par Bernard Thibault", a confié M. Le Duigou faisant valoir qu’"en tant que dirigeant" il s’était "personnellement impliqué dans ce mouvement".

M. Le Duigou redoute que soient désormais valorisées les "postures protestataires et le lien avec le politique. C’est en tout cas un positionnement différent de la démarche proprement syndicale que nous voulions développer".

"C’est un peu plus qu’un accroc" pour l’évolution de la CGT, a conclu M. Le Duigou.

Interrogé par l’AFP, le secrétaire général de la CGT cheminots Didier Le Reste a quant à lui souligné à l’AFP que, "sans surprise, il y a une majorité à la CGT pour rejeter les orientations libérales, y compris au niveau européen".

Déjà réunie toute la journée de mercredi, le CCN devait voter jeudi dans la matinée sur l’ensemble du texte devant exprimer la position détaillée de la CGT concernant le traité constitutionnel européen.

Parlement de la CGT, le CCN réunit les représentants des fédérations professionnelles, unions départementales, comités régionaux et nationaux.

27/02/2005 19:11 par Anonyme

Matraquage et « neutralité »

Le déséquilibre est flagrant.

Extrait

Le journal Les Échos, par exemple, du 17 au 23 février, a publié 23 articles, brèves, entrefilets, chroniques relatifs au référendum. Le "oui" a été mentionné 18 fois (78 %). Le "non" est systématiquement traité à partir du camp du "oui" ; il est présenté comme un risque ; il serait négatif et tournerait le dos à l’Europe ; il est associé à la "grogne sociale". Quand il est mentionné, il est quasiment toujours représenté par le "non" de droite ou d’extrême droite.

Le journal Le Figaro, pendant la même période, n’a mentionné qu’une fois le "non", représenté par Charles Pasqua.

L’émission "Question directe", sur France Inter, depuis septembre 2004, a invité 16 fois le Parti socialiste (dont 4 membres favorables au "non") ; 15 fois l’UMP ; 6 fois l’UDF ; 2 fois le PCF ; 1 fois les Verts (dont le représentant était favorable au "oui") ; 1 fois Philippe de Villiers. Au total : 34 personnalités favorables au "oui" et 6 favorables au "non".

L’émission "Respublica", sur France Inter, depuis mai 2004, a invité 9 fois le PS (dont 2 représentants favorables au "non") ; 11 fois l’UMP ; 3 fois l’UDF ; 2 fois le PCF ; 3 fois les Verts (tous les représentants étaient favorables au "oui") ; 1 fois le MRC ; 1 fois la LCR. Au total : 24 personnalités favorables au "oui" et 7 favorables au "non".

Ces quelques exemples témoignent d’une parodie de débat démocratique et d’un mépris affiché des millions d’électrices et d’électeurs qui ont ou vont décider de voter pour le "non", qui sera peut-être le choix de la France.

C’est la raison pour laquelle les premiers responsables des organisations signataires iront manifester, le vendredi 4 mars, à 14h00, devant le Palais de l’Élysée.

Ils demandent :
- que le "non" antilibéral, dans lequel se reconnaît un très grand nombre d’organisations, de syndicats, d’associations, puisse enfin s’exprimer dans le débat public ;

- que le temps d’antenne, sur les radios et télévisions, avant et pendant la campagne officielle, soit équitablement réparti entre partisans du "oui" et du "non" ;

- que pendant la campagne officielle, des organisations non politiques puissent bénéficier d’un temps de parole sur les radios et les télévisions ;

- qu’une table ronde soit organisée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel avec les signataires ;

- que des débats contradictoires soient organisés entre partisans du "oui" et du "non" sur les radios et télévisions ;

- que le statut de l’émission "France Europe express" soit clarifié pendant cette période ;

- que le traité constitutionnel soit adressé dans les plus brefs délais aux citoyens ;

- que les messages de propagande en faveur du "oui", diffusés par le gouvernement sur les radios, soient annulés. ( Voir ci -dessous )

Action Consommation, Les Alternatifs, Alter - 100 % altermondialistes, Alternatives Citoyennes, Attac France, Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes "Ruptures", Comité Valmy, Confédération Paysanne, Convergence Citoyenne pour une Alternative de Gauche, Coordination Nationale Gauche Républicaine (CNGR), Le Cactus Républicain, Fédération Nationale des syndicats du spectacle, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT), Fondation Copernic, Forces Militantes, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale (MARS), Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Parti Communiste Français (PCF), Pour une République Sociale (PRS), Parti des Travailleurs (PT), Les Pénélopes, Raisons d’Agir, Réseau Féministe "Ruptures", Syndicat Français des Artistes interprètes (SFA), Syndicat National de la Radio Télévision (SNRT), Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs (SNTR), Syndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles (SYNPTAC), Syndicat Français des Réalisateurs (SFR), Syndicat Général des Travailleurs de l ¹Industrie du Film (SGTIF), Syndicat National des Artistes Plasticiens (SNAP), Syndicat National de l ¹Enseignement Supérieur (SNESUP), Union des Familles Laïques (UFAL), Union Syndicale Solidaires.

Communiqué reçu le 26 février 2005 (Acrimed)

www.acrimed.org/article1927.html


Lettre ouverte au CSA, à Radio France et au Ministère de la propagande

Publié le mardi 22 février 2005

Mesdames et Messieurs les responsables du CSA, de Radio France et du Ministère délégué aux affaires européennes,

Le ministère délégué aux Affaires européennes a lancé une campagne radiophonique destinée à inciter les Français à s’informer sur le Traité constitutionnel européen, qui sera soumis à ratification par référendum. Cette campagne, a démarré lundi, passe par des spots diffusés par 11 chaînes de radios en métropole et 5 dans les DOM-TOM. Dans un communiqué à l’AFP, le ministère insiste sur la « neutralité » de ce dispositif.

Or le premier texte que l’on peut entendre dans ces spots porte sur l’article 47 sans préciser que la citation ne concerne pas tout l’article comme on peut le croire mais un très court extrait.

Voici le texte du spot : « Article 47 ; Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, peuvent inviter la Commission à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire. » Suivent des informations pratiques sur les moyens de se procurer le texte de la Constitution...fin du flash (1).

L’alinéa 4 de l’article I -47 dans sa totalité est ainsi libellé : « Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres , peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions , à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution. »

A qui fera-t-on croire que la présentation tronquée de cet article, destinée à mettre en valeur une « avancée démocratique » sans en préciser les limites, relève de la pure et simple information ?

Nous demandons par conséquent

- A Monsieur Dominique Baudis, Président du CSA, garant de l’équilibre de l’information et de l’honnêteté des contenus, ce qu’il entend faire pour les surveiller effectivement sans s’abriter derrière le prétexte que nous ne serions pas dans le temps de la campagne électorale officielle.

- A Monsieur Jean-Paul Cluzel, Président de Radio France, ce qu’il entend faire pour refuser de diffuser des messages aussi contestables ou, au moins, pour les compléter afin de contrecarrer la propagande par une véritable information.

- A Madame Claudie Haigneré, Ministre déléguée aux Affaires européennes, ce qu’elle entend faire pour rappeler à ses services ce qui distingue l’information civique d’une campagne électorale à sens unique.

Avec nos salutations citoyennes et distinguées

Premiers signataires (Dernière actualisation : le 26 février à 18h35) [1]

- Acrimed (Action-Critique-Médias)
- Action Consommation
- Act-up (Toulouse)
- ADAS (Association de Défense des Assurés Sociaux)
- ALADIR, (Association Littéraire pour un Autre Développement de l’Ile de la Réunion)
- Altermonde-le village
- Alter-100% altermondialistes
- Alternative citoyenne, La Gauche Autrement (Basse Normandie)
- Amis du Monde Diplomatique (Orléans, Strasbourg, Tourraine, Vaucluse)
- Amis du Monde Diplomatique et d’Alternatives Economiques du Val de Saône
- Association culturelle Paul Renotte
- Association « Arts et monde social »
- Association de la gauche républicaine (AGR)
- Association des cyber-journalistes (ACJ)
- Association « Faire Le Jour »
- Association « Les vidéophages »
- Association « Les Musicophages » (Toulouse)
- Association Raisons d’agir
- Association Voir&Agir
- ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens)
- Chiche !, mouvement de jeunesse de l’écologie politique
- Civimed Initiatives
- Collectif Surréaliste (éditions alternatives)
- Collectif Berry-media
- Collectif « Rouges vifs 13 »
- Collectif mâconnais pour la paix au Proche-Orient
- Comité Attac Mâcon
- Comité Citoyen Romainvillois
- Divergence FM (Montpellier)
- ESPOiR (Ecologie Sociale Populaire dans l’Océan indien et à la Réunion)
- Fédération des Vidéos des Pays et des Quartiers
- FSU
- Groupe de Pernes (Vaucluse)
- La Maison d’Orient (Marseille)
- La Mare aux canards (association de production audiovisuelle)
- Les Alternatifs
- Lillepop (Le site des Tribus du Nord de la France)
- Observatoire français des Médias (OFM)
- Observatoire grenoblois des médias (OGREMED)
- RACCFC ((Rassemblement des auditeurs contre la casse de France Culture)
- Résistance à l’agression publicitaire (RAP)
- SNJ-CGT
- SGTIF-CGT (Syndicat Général des Travailleurs de l’Industrie du Film)
- SNRT CGT de Radio France
- SNTR-CGT (Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs)
- Sud Culture
- Sud FPA (Formation Professionnelle des Adultes)
- Sud Spectacle
- TV-Bruits
- Union des familles laïques (UFAL)
- URFIG (Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation)
- Zalea TV

[1] Signatures des associations, collectifs, syndicats, organisations diverses à adresser à acrimed@wanadoo.fr.

www.acrimed.org/article1928.html

24/03/2005 19:01 par Anonyme

Les évêques appuient la Constitution

Extraits :

« Le préambule énonce le fait que ces valeurs dérivent de l’héritage religieux. Le traité constitutionnel tire son inspiration de traditions spécifiques qui ont formé l’Europe et, donc, fait implicitement référence au coeur de cette tradition, à savoir la chrétienté. Tout ceci constitue une étape importante dans la définition de l’identité européenne, et dans l’attribution d’une place adéquate à la religion. »

Ainsi les évêques européens parient-ils sur l’avenir. Plutôt que regretter le passé, ils cherchent à tenir cette « place adéquate » pour l’Église catholique. Et entendent se battre sur des dossiers précis dont ils annoncent d’ailleurs la couleur : « Du point de vue de l’Église, le traitement des questions telles que l’interdiction du clonage à des fins de reproduction ou thérapeutiques ou la protection du mariage et de la famille, sera crucial. Les Églises se montreront également attentives à la protection de la liberté religieuse dans sa dimension individuelle, collective et corporative. »

En fait pragmatiques, les évêques espèrent que la « qualité » du traité constitutionnel « se révélera lors de son application » et qu’il sera toujours « possible de contribuer à l’amélioration ultérieure du texte ».

Lire : La Croix

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