Colombie : La sécurité des leaders sociaux est menacée

Radio Habana Cuba

De nombreuses organisations humanitaires de Colombie ont exprimé leur préoccupation pour les multiples assassinats, agressions et menaces dont sont victimes les dirigeants sociaux et communautaires dans ce pays sud-américain. Elles ont appelé les autorités à reconnaître cette situation et à prendre des mesures pour y rémédier.

Un rapport élaboré par l’ONG Nous sommes défenseurs, indique qu’en 2016 les assassinats de leaders sociaux ont augmneté de 27% par rapport à la même période de l’année 2015.

80 homicides d’activistes environnementaux, de dirigeants paysans ou syndicaux ou des militants pour les droits humains ont été perpétrés l’année dernière. Toujours selon ce rapport, le nombre d’attentats faillis s’est elevé à 49.

La plupart de ces morts ont eu lieu dans des zones où il y a une forte présence des militaires ou de policiers. L’ONG souligne dans son rapport qu’on en déduit, de cet état de choses, que ces effectifs ne sont pas là pour protéger la population mais d’autres intérêts spécifiques.

Malgré la grande quantité de morts, le Parquet de la Colombie n’a procédé qu’à quelques arrestations et jusqu’à présent aucune personne n’a été sanctionnée pour ces délits, ce qui fait craindre, qu’à la fin, ces crimes vont rester impunis.

L’augmentation des assassinats a coïncidé avec des moments clefs du processus de paix entre le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple. Il pourrait être une réaction des groupes paramilitaires et du crime organisé pour boycotter ces accords mettant fin au conflit armée.

L’Observatoire de la Sécurité Humaine de Medellin a exprimé son indignation pour cette chaîne de crimes et il a déploré l’attitude de certains fonctionnaires du gouvernement qui insistent à attribuer les assassinats à des “inconnus” au lieu d’admettre que les paramilitaires continuent d’agir en territoire colombien.

L’Organisation a assuré que l’on ne peut pas cacher la persistance de ces crimes. Le 3 mars, le Défenseur du Peuple a émis une alerte dans laquelle il signale qu’entre le 1er janvier 2016 et le 20 février 2017, au moins 120 homicides ont été enregistrés, 33 attentats et 27 agressions.

De son côté, le groupe Cumbre Agraria, Étnica y Popular, Sommet Agraire, ethnique et populaire, a protesté face au manque de garanties pour la vie. Il souligne que le gouvernement manque à son devoir de protéger la population.

Plusieurs activistes se sont accordés à signaler que l’ombre du massacre commis contre les dirigeants et les militants du parti Union Patriotique, apparu en 1984 suite à une négociation entre les FARC-AP et le gouvernement de Belisario Betancourt perdure sur le pays.

Deux candidats à la présidence, 21 parlementaires, 70 conseillers, 11 maires et entre 3 500 et 5 000 membres, ont été assassinés par une alliance à laquelle appartenaient des politiques de droite, des membres de la Sécurité de l’état, des narcotrafiquants et des paramilitaires. Il s’agit de l’un des faits les plus honteux survenus en Colombie.

La préoccupation des organisations indiennes, paysannes, ouvrières et communautaires est donc raisonnable suite à la vague d’assassinats des derniers temps et surtout de l’indifférence du gouvernement face à ce qui est un clair obstacle pour la construction de la paix.

 http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/124084-colombie-la-securite-des-leaders-sociaux-est-menacee

COMMENTAIRES  

18/03/2017 18:42 par Roger

C’est pourquoi j’ai toujours pensé que cette volonté de négocier la paix intérieur en Colombie, portée par des "dirigeants voyous (c’est à dire sans foi ni loi) était un piège immonde pour identifier le maximum de contestataires et les éliminer tranquillement (si j’ose dire).
Corrompus jusqu’à l’os par la présence massive US et les dollars, les plus hauts dirigeants jusqu’au plus petit "cheffaillon", ont une préoccupation majeure : survivre à tout prix. Vu le niveau de violence ambiant, le meurtre systématique est devenu presque banal.
La question quasi insondable : comment peut-il encore émerger d’authentiques leaders sociaux ?
Peut-être est-ce comme les martyrs, plus vous en faites plus ils se multiplient ?
Ce qui paradoxalement, rend optimiste sur la capacité des hommes à s’engager dans des luttes de haute dignité humaine.
Respect donc, pour tous ces pays d’Amérique du sud, qui ne désespèrent pas de changer le monde...malgré l’effroyable adversité qui leur est opposée par l’oligarchie internationale du Capitalisme.
A comparer avec la minable frilosité de mon pays...

19/03/2017 07:53 par T 34

Depuis le début de l’année c’est en moyenne un assassinat d’opposant tout les deux jours !

Les FARC ont voulu déposer les armes voyant l’impasse stratégique (aucun des deux camps ne peux l’emporter militairement) pour diminuer les souffrances du peuple. Mais avec une "paix" où l’on assassine les opposants ce n’est pas sur qu’il y aura moins de morts (ils pourraient peut-être créer une guérilla pour se défendre ?).

Le Venezuela a aussi accueillit des dizaines de réfugiés colombiens venant des zones évacuées par les FARC (qui vont dans des camps de regroupement avant démobilisation) qui avait été occupé par les paramilitaires.

Quand aux camps de regroupement le gouvernement devait prévoir des logements et de la nourriture or il n’y a souvent rien du tout.

Au sujet d’une éventuelle reprise des combats par les FARC se sera difficile (il y a bien quelques groupes qui refuse de déposer les armes) car des nombreuses guérilleras sont enceinte et la guerre de guérilla n’est pas compatible avec une vie de famille.

24/03/2017 11:09 par vila

doit on toujours célébrer le depot des armes des farc comme une victoire ??????????????

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