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Côte d’Ivoire : développement : Bamba MORY sensibilise les populations de TOUBA

Région du Bafing :

— M. Bamba Mory, président de Miryakoua attaque le conseil général de Touba et appelle à la prise de conscience du peuple Mahou.

Du mercredi 9 au dimanche 13 juillet dernier, M. Bamba Mory, président du mouvement Nouvelle Vision ou Miryakoua en Mahou a effectué une tournée d’information et d’action dans la région du Bafing (Touba) dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire. Au menu de la visite, la finale du tournoi de l’unité organisé dans la sous préfecture de Koonan à 49km de Touba. Il a ensuite assisté à la présentation du bureau des femmes de son mouvement (Miryakoua) de Touba et enfin, a parrainé l’investiture de la déléguée régionale de la Fenacovici de madame Irié Lou Irié Colette dans la région du Bafing.
Dans cette interview exclusive, il nous donne les détails :

Vous rentrez d’une tournée dans la région de Touba. Peut-on savoir les raisons de votre déplacement ?

Notre présence dans la région du Bafing avait une double significations : J’ai été parrain de deux cérémonies.
D’abord de la finale du tournoi de l’unité, le jeudi 10 juillet dans la sous préfecture de Koonan, pour faire oublier la période de guerre qui plonge encore nos parents et jeunesses dans le laxisme. Ensuite, j’ai été sollicitée par les femmes de Touba pour parrainer l’investiture de la déléguée régionale de la Fédération nationale des coopératives du vivrier en Côte d’Ivoire (Fenacovici) dans le Bafing, le samedi 12. Une cérémonie qui a été rehaussée par la présence de la PCA de la Fenacovici, madame Irié Lou Irié Collette et celle de nombreuses autres personnalités de la région dont le préfet de région, monsieur Sidiki Diakité qui conduisait une importante délégation composée du sous préfet de Foungbesso, des maires de Touba et de Bôko et du com-zone de Touba pour les forces nouvelles. Les chefs religieux, les chefs coutumiers et autres dignitaires de la région ont également répondu présents. Mais il faut noter également qu’avant cette grande cérémonie qui a été un succès total, ma délégation et moi avons assisté à l’installation du bureau des femmes de notre mouvement à Touba le vendredi 11 juillet dans les locaux de la maison des jeunes. A cette occasion madame Dosso Mambadi gérante du marché de Siporex (Yopougon) et présidente nationale des coopératives des femmes de Miryakoua a investi le bureau de Touba présidé par Madame Massiata Bamba.

Présentez votre mouvement à nos lecteurs.

Notre mouvement se nomme Nouvelle Vision ou Miryakoua en langue Mahou. C’est un mouvement de la société civile qui se veut apolitique et qui entend se mettre au service du développement de notre région, le Bafing et partant, de la Côte d’Ivoire.
Il faut rappeler qu’avant la crise, la région du Bafing vivait déjà une situation calamiteuse qui s’est accentuée avec la crise que vient de connaître notre pays. Aujourd’hui encore, malgré les bonnes intentions des acteurs politiques en vue d’aller à la paix, à la réconciliation afin de permettre le redécollage économique du pays, nos parents ne cessent de broyer du noir. Le contexte politique s’étant amélioré avec les accords de Ouaga en mars 2007 donnant ainsi la possibilité à chaque fils et filles des régions assiégées de retourner dans son village sans inquiétude, des jeunes cadres de la région du Bafing, saisissant cette opportunité se sont réunis ici même à Abidjan en juillet 2007 au cours d’un forum qui avait pour thème : « comment concilier paix et développement dans la région du Bafing ? ». C’est bien à l’issu de ce forum qu’a vu le jour notre mouvement, « Nouvelle Vision » car nous estimons qu’en tant que jeunes, l’avenir de notre région doit s’apparenter à notre avenir. La région du Bafing est par excellence, une région bénit de dieu car tout y pousse. Et pour autant, nos parents continuent de vivre dans la pauvreté. Il nous appartient de les rassurer et de leur inculquer une nouvelle vision, celle qui est basée sur le travail et qui n’attend pas le jour des élections pour toucher un billet de mille francs. En terme d’objectifs, nous entendons organiser surtout la masse paysanne en coopératives et avec les communautés villages, développer des programmes de développement tels que le reprofilage des routes, l’électrification et l’hydraulique villageoise. Enfin Miryakoua regroupe de jeunes cadres, des médecins, professeurs agrégés, hommes d’affaires, fonctionnaires, grands éleveurs et grands planteurs qui ont en commun l’intérêt de la région. L’intérêt pour le travail de nos parents. L’intérêt pour le développement de la région sans tenir compte d’une quelconque coloration politique.

Peut-on savoir concrètement quelles ont été les actions déjà menées sur le terrain ?

Il faut savoir que nous avons une année seulement d’existence. Un mois après la constitution du mouvement, une mission s’est rendue dans la région. L’objectif était d’échanger avec les parents. Et partout où nous sommes passés, le discours est unanime, celui d’avoir été abandonnés. Il est vrai qu’avant la crise, Touba n’était pas Las palmas ou encore Dubaï. Cependant il y faisait bon vivre. Mais aujourd’hui c’est la désolation, la tristesse, le désespoir. A ce propos, un vieillard me disait en ses termes que la situation de Touba est aujourd’hui « ingnafongnable et même kawakomatique », ce qui signifie, épouvantable, inexplicable voire inimaginable. De mes propres yeux j’ai vu des femmes enceintes être transportées dans des brouettes ou des gros camions qui normalement devraient servir de transport de bétail, transporter ces femmes sur des kilomètres et des routes impraticables jusqu’au dispensaire suivant. Certaines accouchent en pleine route sans assistance.
De retour à Abidjan, nous avons continué la réflexion sur comment palier à tous ces maux et assurer un mieux vivre à nos parents. La seconde fois que nous nous sommes rendus dans la région a été au mois de février 2008. Sur sollicitation des 42 villages que compte la sous préfecture de Foungbesso, nous avons organisé un tournoi de football dénommé « tournoi de l’unité ». L’objectif selon nous était de renforcer la cohésion sociale par le biais du sport qui est un facteur de rapprochement entre les peuples. En marge de cette cérémonie nous avons à nouveau échangé avec la population. A cette occasion, plusieurs préoccupations ont été soulevées. Notamment la question des routes, la question de la commercialisation des produits vivriers et le financement de l’agriculture mais également la question de la santé publique. Après ces deux tournées, nous avons commencé immédiatement à organiser le monde rural en créant des ONG à l’image de Sidjan, dirigé par notre frère Diomandé Mamadou qui encadre aujourd’hui plus de 700 paysans dans la production de riz, de l’anacarde et des cultures maraîchères. Aujourd’hui nous avons à notre actif plus d’une dizaine d’ONG et de Coopératives agricoles. Nous avons organisé les femmes en coopératives. C’est bien dans le cadre du suivi de toutes ces activités que nous étions dans la région du 9 au 13 juillet dernier où profitant, nous avons parrainé un autre tournoi de foot entre les deux peuples qui se partagent la région, les mahou et les kla dans la sous préfecture de Koonan. Avant de quitter le village de Koonan nous nous sommes rendus dans plusieurs villages tels que Soula et Tenémassa à la demande de ces populations qui une fois encore nous ont interpellé sur l’état des routes mais surtout sur le conflit qui règne entre les agriculteurs et les éleveurs dans la région. Là -bas les paysans nous ont fait comprendre qu’ils sont obligés de surveiller leurs plantations toute la nuit car des boeufs non contrôlés viennent détruire toutes les récoltes. Nous avons investi le vendredi 11 et le samedi 12 suivant, respectivement, le bureau des femmes de Miryakoua de Touba avec à leur tête madame Bamba Massiata et la déléguée régionale de la Fenacovici, madame Mariam Diomandé. C’est le lieu pour moi de remercier madame Irié Lou Irié Colette, la PCA de la fédération nationale des coopératives du vivrier en Côte d’Ivoire (Fenacovici) qui a accepté d’apporter son expertise à nos mamans. Nous sommes actuellement en discussion avec des grands groupes bancaires pour l’ouverture des comptes individuels et collectifs des membres des différentes coopératives agricoles. Le hic est que Touba étant encore sous contrôle des ex-rebelles, beaucoup de partenaires hésitent encore, mais nous pensons qu’avec la normalisation qui s’annonce au niveau nationale, tout le monde comprendra que la Côte d’Ivoire doit être une et indivisible et par ricochet, le programme de reconstruction post-crise doit être effectif sur les 322 462 km2 qui forme l’étendu de la Côte d’Ivoire. Nos parents de Touba y ont droit et c’est notre devoir de les rassurer. Enfin en partenariat avec plusieurs autres ONG internationales, le Miryakoua fournit en ce moment aux paysans, des intrants (engrais), sacs, du matériel agricole, tracteurs, ordinateurs ect. Nous élaborons des projets de développement et faisons du financement sous forme de micro- crédits.

C’est bientôt les élections en Côte d’Ivoire. N’êtes vous pas là en train de voler la vedette aux partis politiques ?

Je ne voudrais pas m’étendre dans la polémique politicienne qui a de tous les temps régné dans la région et qui a participé à son retard en matière de développement. Car lorsqu’un leader entreprenait un projet de développement, il trouvait en face un autre leader qui venait tout saboter. Touba a connu des grands noms de la république. Je veux citer pêle-mêle le doyen Lamine Fadiga, doyen des cadres de Touba et ancien président de la chambre de commerce, Aboulaye Fadiga, ancien gouverneur de la Bceao, le ministre El Hadj Lamine Fadiga ou encore feu le ministre Bamba Vamoussa. Il est de mémoire de tous les toubaka que malgré que tous ces dignitaires de la région appartenaient à la même formation politique qu’est le Pdci-Rda et encore à l’époque du parti unique, régnaient déjà des conflits de leadership. On parlait à l’époque de « clanisation » de la région. Cela a duré jusqu’à la chute du président Bédié en 99. Malgré l’apparition du RDR qui s’est voulu l’avocat des peuples du nord, les conflits n’ont pas cessé car aujourd’hui encore, à Touba, les populations sont accrochées aux leaders et non aux partis politiques. La région compte 8 sous préfectures. Dites-moi combien de villages ont été électrifiés ? Quels sont les axes routiers qui ont connus un reprofilage ? Combien d’hôpitaux avons-nous dans la région ? N’est-ce pas une honte que nos parents sollicitent le conseil général d’un autre département pour le reprofilage de leurs routes ? Cette démission du conseil général de Touba doit être dénoncée avec la dernière énergie. Car il faut savoir que Touba n’est pas la seule région qui est contrôlée par les rebelles. Alors qu’à côté, Man, Biankouman, Danané, Korhogo…connaissent un développement, notre région continue de s’enfoncer dans la misère.
Que les politiques fassent de la politique, mais nous à Miryakoua nous disons que nos parents ne méritent pas le sort qu’ils subissent en ce moment. Notre devoir est d’éveiller leurs consciences et les aider à relever la tête. Le champ délaissé par le politique doit être occupé par la société civile. A Miryakoua, nous n’attendons pas la période électorale pour écouter les cris de coeur de nos parents. Voilà pourquoi dès notre création, nous avons décidé de les accompagner dans tout ce qui peut leur permettre de retrouver leur dignité. Le goût du travail et comment vivre dignement du fruit de ce travail.

Un dernier mot

A Miryakoua nous réfléchissons pour donner une nouvelle orientation à notre agriculture. A l’instar du président Houphouêt qui avait donné une orientation à l’agriculture ivoirienne en misant sur le café et le cacao, nous voulons donner à notre tour une autre orientation en valorisant les autres produits agricoles tels que le maïs, le soja, le riz, la tomate ect…
Miryakoua est ouvert à tous ceux qui ont à coeur le développement de la région du Bafing. Nous sommes organisés en comités villageois et communaux. Notre permanence à Abidjan est ouverte 7j/7. Nous sommes joignable au 01 41 45 66/ 01 13 32 15/ 03 32 57 59/ 09 09 04 32. Enfin nous interpellons tout le Mahou : Peuple Mahou, réveillez-vous et vous verrez les richesses sur lesquelles vous dormez pauvre !

Propos recueillis par Philippe kouhon

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