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Vers une civilisation de la gratuité !

Observatoire International de la Gratuité

A l’occasion de ses dix ans, l’Observatoire International de la Gratuité et ses 5000 coopérateurs lancent une grande campagne en faveur de la gratuité des services publics. Cette campagne, menée en trois temps, devrait permettre de mettre la gratuité au cœur des prochaines élections municipales : l’OIG publie, le 5 septembre, sous la signature de son directeur Paul Ariès, le livre-Manifeste Gratuité vs capitalisme (Editions Larousse), véritable bible des expériences de gratuité, une pétition nationale en faveur de la gratuité suivra en octobre, cette campagne débouchera sur la tenue à Lyon, début 2019, du IIe Forum international de la gratuité des services publics en présence de dirigeants des forces des gauches et de l’écologie, des collectifs luttant pour la gratuité et en partenariat avec des mouvements comme l’OMOS, l’ACU (Ensemble !) et notre journal militant d’information alternative préféré Le Grand soir. Défendre et étendre la sphère de la gratuité est au cœur d’une stratégie d’émancipation à la hauteur de la crise systémique, une façon de renouer avec la perspective éco-socialiste. Le Grand soir sera dans les prochains mois la principale tribune permettant de préparer cet événement. Nous publierons notamment une série de textes sur les expériences de gratuité donnant ainsi du grain à moudre à nos réflexions collectives, à nos espérances et à nos mobilisations ! Viv(r)e la gratuité !

Le poète Paul Valéry soutenait que toutes les civilisations sont mortelles. La nôtre ne fait pas exception comme l’atteste la crise systémique actuelle. Parler de crise systémique signifie que quelque chose fait lien entre toutes ses facettes (économique, financière, sociale, politique, écologique, anthropologique). Ce qui fait lien c’est que le modèle de marchandisation s’essouffle. Ce qui fait lien c’est que le système ne peut plus marchandiser de nouveaux domaines sans saper davantage encore les conditions de reproduction du vivant. Les alternatives proposées ne sont pas encore à la hauteur des enjeux. Les débats autour d’un revenu universels sont de bons symptômes de ce qui se cherche.

Comment apprendre à dissocier davantage les revenus du travail ? La gratuité est du côté d’un revenu inconditionnel mais au maximum démonétisé. La gratuité est bien mieux que toutes les formes de revenu universel même couplées à un revenu maximal autorisé afin de construire démocratiquement un véritable espace écologique des revenus. Le revenu universel pourrait permettre d’acheter des produits insoutenables écologiquement et ne romprait pas avec les logiques de marchandisation, de monétarisation et d’individualisme galopantes. La gratuité c’est le détour par la construction de communs, par l’intelligence collective. L’University College de Londres confirme les travaux de l’OIG en comparant le coût d’un revenu universel de base au Royaume-Uni à celui de la gratuité des services universels de base. Ces derniers coûteraient 42 milliards de livres contre 250 milliards pour le revenu universel, soit un dixième seulement de la somme. Ce coût représente 2,2 % du PIB britannique contre 13 % pour le revenu universel. La gratuité est donc beaucoup plus « réaliste » économiquement que le revenu universel.

Le Grand combat pour ce début du XXIe siècle reste donc la défense et l’extension de la sphère de la gratuité des services publics et des biens communs, comme l’ont rappelé, dès 2009, nos amis poètes antillais en exigeant la gratuité des « produits de haute nécessité ».

Parler de gratuité c’est, bien sûr, parler d’une gratuité construite. Economiquement construite, l’eau publique est gratuite mais payée par l’impôt. Socialement, culturellement, politiquement, juridiquement construite. La gratuité n’est pas le produit ou le service débarrassé du coût mais du prix.

L’Observatoire international de la gratuité (OIG) publie dix ans après sa fondation le Manifeste Gratuité vs capitalisme , un livre rendant compte de toutes les formes de gratuité qui se développent dans le monde et notamment en France : gratuité de l’eau et de l’énergie élémentaires, gratuité des transports en commun urbains et notamment des TER, gratuité de la restauration scolaire, gratuité des services culturels et funéraires, gratuité de l’accès aux données publiques, gratuité des services juridiques, gratuité de la participation politique, gratuité du beau, etc.

Le bilan des expériences est assez riche pour tirer, dès à présent, trois grands principes.

1) Premier principe : la gratuité n’a pas vocation à demeurer une exception face au marché. La gratuité ne relève pas de ce qui assure la survie et que le capitalisme n’assume pas. La gratuité de l’eau vitale, comme le propose la Fondation France-Libertés - Danielle Mitterrand est essentielle mais chaque collectivité peut décider de commencer sa longue marche vers une civilisation de la gratuité par d’autres choix. Nous appelons à constituer des îlots de gratuité qui deviendront des archipels puis des continents et enfin un nouveau monde accueillant bientôt dix milliards d’humains.

2) Deuxième principe : si tous les domaines de l’existence peuvent devenir gratuits, tout ne peut être gratuit dans chacun des domaines, c’est pourquoi nous proposons un nouveau paradigme « gratuité du bon usage face au renchérissement du mésusage ». Un exemple : pourquoi payer son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine ? Ce qui vaut pour l’eau vaut naturellement pour l’ensemble des services publics et des biens communs !

3) Troisième principe : ce long chemin vers une civilisation de la gratuité ne consiste pas à rendre gratuits les services et produits existants mais à profiter du passage à la gratuité pour transformer ces produits et services et leur donner une valeur-ajoutée sociale, écologique et démocratique. La gratuité des cantines scolaires, comme en Suède, est ainsi la condition pour avancer vers une alimentation relocalisée, en harmonie avec les saisons, moins gourmande en eau, moins carnée, bio, etc.
La gratuité des médiathèques multiplie, certes, le nombre d’abonnés, notamment au sein des milieux populaires, mais se traduit par une diminution du nombre de livres/DVD empruntés. Cette mutation très rapide est le signe que les adhérents des médiathèques gratuites ne sont déjà plus des consommateurs (en voulant pour leur argent) mais des usagers davantage maîtres de leurs usages.

La gratuité, loin d’engendrer le gaspillage, comme le clame la fable de la « tragédie des communs » de Garnett Hardin et de tous les chiens de garde du système, contribue à responsabiliser. Le Nobel d’économie Elinor Ostrom a depuis tordu le cou à cette légende en montrant que les Communs n’existent toujours qu’avec des règles collectives encadrant leurs usages, sauf, bien sûr, dans l’imagination des dévots du capitalisme.

L’hypothèse de Hardin fonctionne dans le cadre de la rationalité de l’homo-economicus qui n’est justement pas celle des communautés d’hier et de la civilisation de la gratuité qui naît sous nos yeux.

La gratuité n’est pas une lubie de gosses de riches. Elle se développe autant dans les pays du Sud qu’au Nord. Offrir un repas gratuit à l’école, comme le recommande l’ONU, c’est re-scolariser des millions d’enfants, choisir des transports en commun gratuits c’est faciliter la transition écologique !

La gratuité n’est surtout pas un nouveau gadget par temps de crise. Elle peut être une chance pour commencer à desserrer l’étau de l’économisme (cette idée folle selon laquelle « plus » serait nécessairement égal à mieux), pour commencer à démarchandiser et à démonétariser nos sociétés, pour passer enfin d’une définition individualiste des besoins à une définition collective : que produit-on, comment et pour qui ?

La menace d’effondrement écologique oblige à passer d’une gratuité d’accompagnement du système (cette gratuité pour les seuls « naufragés » qui ne va jamais sans condescendance ni flicage) à une gratuité d’émancipation. Ce qui est beau avec l’école publique c’est qu’on ne demande pas à l’enfant s’il est gosse de pauvres ou de riches, pourquoi ce qui reste encore vrai pour l’école ou la santé ne pourrait-il pas l’être pour les autres piliers de l’existence comme le logement ou l’alimentation ? L’ONU ne cesse de rappeler que la planète est déjà bien assez riche pour permettre à huit milliards d’humains de vivre bien : 30 milliards de dollars par an pendant 25 ans permettraient de régler le problème de la faim dans le monde, 70 milliards résoudraient la question de la grande pauvreté. Les seuls gaspillages alimentaires nord-américains atteignent 100 milliards de dollars par an ! Nous sommes amoureux de la gratuité parce que nous ne voulons plus croire aux lendemains qui chantent et si nous ne croyons plus aux lendemains qui chantent, c’est parce que nous savons qu’il est possible de chanter au présent ! La gratuité est du côté du Grand désir de vivre (Gilles Deleuze). La gratuité n’est pas une machine à réprimer des besoins mais à satisfaire des droits !

COMMENTAIRES  

06/09/2018 08:54 par Danael

Passer à une gratuité d’émancipation est non seulement un beau projet, c’ est aussi extrêmement nécessaire pour construire un système économique responsable écologiquement et passer à une niveau de civilisation supérieur. La gratuité est du côté du Grand désir de vivre comme l’exprime si bien Gilles Deleuze. Elle devrait inclure une réorientation de l’économie de manière à maximiser la valeur d’usage mais aussi celle du travail (par un plus large partage du temps de travail et en priorisant son sens social). Comme disait Gorz, l’écologie interroge non seulement notre rapport à la nature mais aussi à nous-mêmes et aux autres. C’est une nouvelle culture.

07/09/2018 03:27 par babelouest

Voilà qui est bien proche de ce que j’ai écrit voici déjà six ans (avec quelques légères modifications depuis). En se contentant de ce dont on a besoin (et plus ce dont on a envie), on peut parfaitement se passer de monnaie, bien entendu cela rend tout capitalisme obsolète. Certains le supporteraient mal : ils ne pourraient plus faire travailler les autres pour eux ! Ni les faire entre-tuer !

07/09/2018 08:47 par CN46400

La gratuité est un concept, certes généreux, mais à manier avec prudence. Dans une autre vie j’ai eu à gérer l’eau potable d’une commune de 4000hab. Elle était quasi gratuite jusqu’au jour où la production n’a pu suivre la consommation, il a fallu augmenter les tarifs because :
-1 financer la chasse aux fuites et ....branchement pirates.
-2 restreindre les arrosages superflus (fleurs et jardins, lavage automobiles...etc)
-3 Prier une centrale à béton d’utiliser plutôt une pompe pour s’approvisionner dans le ruisseau d’à coté que la pression du réseau public d’eau potable
-4 Idem pour refroidir les pompes à chaleurs de l’abattoir municipal...
Ainsi la consommation a été divisée par 2 tout en fournissant à tous les abonnés de l’eau à 50% des tarifs de la SAUR !
Alors, la gratuité OK, mais au cas par cas...

07/09/2018 14:18 par Gilles Beaupré

Quelle bonne nouvelle !
Enfin. Six ans après avoir écris mon livre ’’Utopia : La Vie après l’Argent’’ publié aux éditions Archimède (Québec), je vois maintenant cette utopie de la gratuité poindre à l’horizon avec ce nouveau livre de Paul Ariès.
Personnellement, je crois qu’un monde de gratuité, c’est-à-dire un monde sans l’argent, soit possible parce que l’homme est avant tout un être de nature généreuse. Malheureusement, la dictature économique que nous subissons ne fait pas que s’opposer à notre générosité, elle la combat et la saisit aussitôt qu’elle se manifeste, pour l’insérer dans le réseau de l’argent via toutes ces Organisations qui se disent charitables, qui supposément ramassent des fonds pour les plus démunis, et qui n’ont jamais rien réglé et ne régleront jamais rien. Ces organismes font plus de bien à la santé de l’économie qu’à celle des pauvres. C’est pourquoi le mouvement Utopia nous encourage à récupérer notre générosité et de la pratiquer dans notre entourage immédiat, plutôt que de se la faire voler par tous ces organismes et Fondations qui se prétendent charitables.

Avec la technologie et l’ingéniosité que nous avons développées, la société peut maintenant, si elle le veut, continuer de fonctionner sans l’argent. C’est seulement parce que nous sommes payés pour travailler que nous devons payer pour vivre, que nous devons payer pour tout. Lorsque nous serons tous d’accord de travailler bénévolement, sans nul salaire, alors tout ce que nous produirons comme biens et services nous sera accessible gratuitement, et sera là notre salaire commun. Nous vivrons alors tous riches en ce nouveau monde nommé Utopia, un monde sans l’argent.
http://utopia.hebfree.org

07/09/2018 18:25 par babelouest

@ CN46400
Je connais un cas de gratuité qui me paraît intéressant, parce que la plupart des gens s’y retrouvent.

Il s’agit des transports en commun. La ville où j’habitais auparavant, Niort, semble se féliciter d’avoir appliqué ce principe.
¤ les bus sont plutôt pleins à toute heure.
¤ les conducteurs sont clairement plus détendus, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont pas à délivrer de billets unitaires
¤ il n’y a plus de contrôleurs, plus de gestion de billetterie : belle économie
¤ moins de circulation en ville, c’est bien pour l’urbanisme, la police municipale, les risques d’accidents
¤ il y a un peu moins de lignes, un peu moins d’arrêts, mais le gens s’y sont très bien faits
¤ on aurait pu craindre un laisser-aller, un relâchement dans la fréquentation comme dans d’autres agglomérations souvent petites : c’est plutôt le contraire qui se produit.

Quand tout le monde s’y retrouve, c’est (évidemment) que le système habituel, basé sur le capitalisme, les pseudo-bénéfices, est une aberration. Le passage au privé est TOUJOURS synonyme de moins bien pour 99,99%, et de rentes faciles pour 0,01%.

08/09/2018 00:22 par bostephbesac

La gratuité des services publics ? Tôt ou tard, vous payerez mes chers Amis, ne vous leurrez pas ! Si vous allez dans un équipement sportif, il faudra bien payer le personnel qui l’ entretient et les produits qu’ ils utilisent . Pour les transports, il faudra payer les chauffeurs, le matériel (bus, tramway, train) et les énergies dont-ils ont besoin pour fonctionner . Alors, pour ce qui est des transports, allez sut le site de la FNAUT par exemple, et voyez sa position sur la gratuité - vous verrez que ses recommandations ne sont pas pro-capital pour autant.......................mais vous expliqueront pourquoi la gratuité est tout simplement impossible !

Allez, un indice : vos impôts pour financer tout ça.

08/09/2018 01:39 par Georges SPORRI

La gratuité de l’ "abondance" je suis d’accord ! Par contre la gratuité de la privation , des restrictions et du rationnement est une perspective répugnante ... Etre dirigés par des paternalistes autoritaires corporatistes et néo puritains écolos sera bien plus pénible que la situation actuelle déjà très dégradée si on se place du point de vue de la liberté . Alors je n’adhère pas à ce thème ! Et , contrairement aux utopistes , ce qui me fait rêver c’est surtout une intensification de la lutte des classes et des luttes anti impérialistes . Pas des niaiseries sôtério planétistes qui ne mobilisent pas les ouvriers des abattoirs ni les techniciens de la pétrochimie , ni d’ailleurs les autres , mais de bonnes grosses luttes ponctuées de fêtes païennes , pour des revendications légitimes d’abord , dont la gratuité de la santé et de l’éducation ...etc. Vu que la bourgeoisie ne cèdera pas ces luttes deviendront des révolutions pour réaliser un très banal programme d’expropriation du capital ce qui suppose la réalisation de tous les points du programme marxiste , de l’industrialisation des tâches ménagères jusqu’à l’abolition des nations ... Les raccourcis et les réformes partielles je n’y crois pas !

08/09/2018 15:20 par Assimbonanga

C’est "marrant" d’évoquer la gratuité alors que dans les faits tout devient payant. L’auto-stop, les coups de main entre voisins, la salle de sport privée, les cours de soutien scolaire, l’aide aux vieux, la visite du facteur... Compléter la liste !
Les gens louent leur appartement pour les vacances, et c’est un chancre informatique basé en Irlande qui se sucre de 15% dessus. Idem pour louer leur bagnole, leur fer à repasser, y a pas de petit bénéfice et les gens adorent ce principe. C’est vraiment un engouement. Les autoroutes (privatisées) font payer le passage aux pompiers (véridique). La moindre expertise publique est exécutée par une société privée à tarif exorbitant. Les artisans te font péter des devis faramineux pour être sûrs de couvrir la moindre surprise et aux communes, ils ne se gênent pas pour présenter l’addition bien salée, puisque c’est personne qui paie. La gestion de l’eau, effectivement, est facturée avec le profit exigé par la société privée. La restauration en hôpital, la cantine scolaire... Tout est profitable.
Quant aux agriculteurs, j’en parle même pas. Leur gros tracteur acheté par la subvention, il feront payer ses services de déneigement aux communes. Et s’ils mettent une terre en jachère, faudra bien les dédommager. Un sou c’est un sou !

08/09/2018 19:55 par Danael

@ Georges Sporri

J’aurais plus d’appréhension vis à vis d’un cadre de développement de la pétrochimie et du nucléaire libéralisé de toute règle que vis à vis d’un paternalisme écologique dont on est très éloigné pour le moment vu sa faible influence dans les faits. Cet article parle d’une gratuité émancipatrice, ce qui veut dire que l’accès gratuit aux services publics grâce à l’impôt solidaire et un contrôle collectif des richesses sont nécessaires à notre libéralisation par rapport au système. C’est peut-être une utopie mais je la trouve plus réaliste que l’utopie capitaliste de la fausse abondance et du gaspillage qui creuse les inégalités tout en nous empoisonnant joyeusement. Cette gratuité émancipatrice fait partie intégrante des revendications des travailleurs par ailleurs.

08/09/2018 20:03 par Danael

rectification : paternalisme des écolos

09/09/2018 12:46 par latitude zero

Compléter la liste !

Les piscines des particuliers !

Le top c’est quand même " veiller sur mes parents " à la Poste ,
Il y a le choix de la " formule", la low cost à un passage par semaine, et jusqu’à 6 passages par semaine pour les cadres dynamiques et startupper trop occupés à faire un pognon de dingue.
Avec la formule "6 passages à 69,95 euros par mois" , on se demande combien de fois ils passent personnellement voir leur vieille mère,
et si le facteur ou la factrice font "bien" leur travail , il risque fort d’y avoir du déshéritage en cascade chez les startuppers !!

10/09/2018 10:00 par mfgtour

Elle peut être une chance pour commencer à desserrer l’eau de l’économisme

 ?

L’étau ptet’ ?

10/09/2018 10:30 par legrandsoir

Très probablement. Merci de l’avoir signalé.

10/09/2018 12:04 par Assimbonanga

Euh, Georges, si tu permets... Ta réaction face à "l’écologisme" n’est pas sans évoquer la peur qu’ont les bourgeois des communistes, ces êtres sanguinaires munis d’un couteau entre les dents pour égorger nos mères et nos compagnes et voler notre patrimoine et notre épargne. Il semblerait que tu craignes de te faire dépouiller, détrousser de tes acquis par des vampires aux dénominations abominaffreuses : paternalistes autoritaires corporatistes et néo puritains écolos, sôtério planétistes , secte millénariste, ...
(Pas le temps de relever toutes tes trouvailles verbales créatives à rallonge, mais y en aurait ! )
L’écologie étant le problème n°1 de notre avenir sur terre, on ne peut pas prévoir ce qui va arriver comme mesures directives. Mais on sait qu’il y aura les mesures vertes made in MEDEF, et d’autres moins dotées en moyens financiers quoique plus altruistes et désintéressés. Les zadistes n’auront pas le dessus. Ce matin, ils se sont encore fait sortir manu militari et lacrymogèni, sans respect pour l’âge de dames de 60 ou de 90 balais (voir Reporterre).
C’est le bordel, toute façon. Ça va partir dans tous les sens , donc pas la peine de honnir ce qu’on ne connaît pas encore. Chacun préconisera l’écologie qui colle à son idéologie et à ses traditions. Souvent je pense que l’Homme, doté d’une main aux doigts préhensiles, ne parviendra pas à enrayer le processus qu’il a enclenché parce que, justement, telle était sa nature, entreprenante, capable de fabriquer des outils, épargnante, cognitive, organisée, systématique, industrieuse et industrielle, machiniste et scientifique, surpuissante et capitaliste.
Comme disait l’autre : n’ayez pas peur ! Ou alors des bons trucs.
Bon enfin, comme désormais tes lean-linear-city sont "modifiées", c’est preuve que tout le monde évolue.

10/09/2018 23:36 par Dominique

CN46400, si les états ne dépensaient pas autant d’argent pour faire des guerres qui ne rapportent même plus comme au bon temps des colonies et nationalisaient les banques centrales pour pouvoir mener une autre politique financière que l’endettement perpétuel, il aurait assez d’argent pour rendre gratuit tous les services publics tout en assurant les retraites.

Je sais c’est utopique, mais il n’y a pas de solution en dehors de ce qui nous semble utopique et il est regrettable que s’asseoir sur l’utopie soit la première chose que nous apprenons, très jeune, à tel point que certains n’arrivent d’ailleurs jamais à se relever.

Georges, la gratuité de l’abondance existe, c’est le retour à une vie naturelle. La civilisation fait de nous des inadaptés à la vie naturelle et avec sa globalisation lors des colonisations puis son industrialisation, nous le sommes tous à des degrés divers. Je n’aimerais pas être à votre place, coincé dans une boite voiture de pendulaire, une boite villa ou appartement ça m’suffit et une boite boulot pour payer le tout. Je sais que c’est le lot de la majorité, mais la seule fois que j’ai essayé de m’y faire, je me suis payé une telle déprime que je me suis retrouvé à la rue. C’est ce qui m’a sauvé. Je suis retourner à une vie bien plus saine autant pour le corps que pour la tête, j’ai repris ma guitare, mes chansons, mon baluchon et j’arpente les squats autonomes. Comme dans la chanson de Léo Ferré, ils se tiennent bien le bras dessus, le bras dessous, Joyeux, et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout, les anarchistes. Je ne suis pas riche, mais je n’ai jamais autant rigolé et aussi bien mangé. Alors les croquants peuvent continuer à niquer la planète avec leur société de l’abondance de consommation industrielle à obsolescence programmée et programmable à distance, j’ai appris à vivre avec ma mélancolie, inséparable de mon utopie.

L’abondance de la gratuité est le retour à une vie naturelle. La nature nous fournis tout ce dont nous avons besoin en abondance et sans rien nous demander en échange. Malheureusement cela ne nous suffit pas et comme dans la pub, nous voulons toujours plus, nous voulons aussi lui prendre ce dont nous n’avons pas besoin pour vivre. Et même cela ne nous a pas suffit, nous avons imposé ce système mortifère, suprématiste et guerrier de force au reste de la planète et même à celles et ceux qui savaient se satisfaire de ce dont ils ont besoin et qui n’en boulait pas. Puis nous l’avons industrialisé. Les scientifiques sont de plus en plus nombreux et unanimes à nous dire que le plus grand problème d’aujourd’hui est que notre mode de vie est devenue la solution finale appliquée au vivant, mais les partisans de cette folie suicidaire espèrent qu’il est possible de sauver ce mode de vie. Ils ont raison, il est possible de le sauver mais à un prix terrible : après nous les machines, car sur une planète où la vie basée sur l’ADN ne sera plus possible, même les cyborgs n’auront plus leur place. bip bip bip bip bip bip
Et ce n’est pas l’utopie que je souhaite car je suis convaincu que le sens de la vie est d’en profiter, pas de l’assassiner.

11/09/2018 10:09 par Assimbonanga

Un autre des penchants humains qui concourent à sa perte : le besoin d’accumuler.
Ca peut partir d’une bonne intention, de prévoyance. Oui, il faut du foin pour les bêtes l’hiver et du bois pour le fourneau. Mais ce caractère, lorsqu’il s’applique à tous les secteurs de la consommation, mène là où nous en sommes, avec nos placards plein de stocks de produits en avance et qu’on jette quand on en a marre et qu’on veut faire du vide.
Des milliardaire pressurisent les travailleurs pour accroître les rendements, donc leurs profits et que font-ils de ces excédents financiers ? Par exemple, ils achètent des œuvres d’art pour faire des placements rentables ! C’est notre versant Schadocks. (Et en plus, ils se font parfois arnaquer par des faussaires. ) Des gens sont virés de leurs terres, de leurs emplois , appauvris, exclus et tous les profits accumulés servent à payer des hôtels 5 étoiles, des lodges au Kenya et des tableaux dans des coffres forts. Le n’importe quoi total.

Macron a tenu une promesse de campagne de Marine Le Pen : supprimer les cotisations salariales des ouvriers. Ainsi, les salaires augmentent soudain comme par enchantement sans que les patrons aient fait le moindre effort. C’est à l’Etat de compenser cette perte de revenus pour nos caisses de sécu. Hé bien, Macron a décidé que non parce que la sécu serait excédentaire. Evidemment ! Il a fallu pour cela sabrer toutes les dépenses et mettre à genoux l’hôpital public !

Nous assistons à une offensive sans précédent contre la gratuité des soins. Et ne nous leurrons pas, il y a un plan caché : faire gagner les assurances privées, dont celle du frère à Sarkozy, Malakoff Mederic.

Tout va dans le sens contraire de la gratuité.

11/09/2018 10:12 par Assimbonanga

@Dominique, j’aime beaucoup tout ce que tu écris et ton plan squatteur est tout à fait séduisant et il fait rêver, toutefois... Comment fais-tu pour te soigner ? Et s’il t’arrive un gros pépin, comment feras-tu ?

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