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Standard & Poor’s, c’est quoi ?

Comme trois millions et demi de téléspectateurs, j’ai regardé la semaine dernière sur France 2 la dernière prestation de Jean-Luc Mélenchon. Un combat de deux heures, acharné, contre des journalistes antagonistes globalement hostiles ou peu sympathisants. Un combat remporté haut la main par le candidat de la gauche de gauche. La dernière séquence de l’émission m’a à peine surpris et un peu choqué : deux intervenants extérieurs à la chaîne ont entrepris de juger, d’évaluer la prestation du politique. Ca volait aussi haut que : « Je vous ai trouvé comme ceci, un peu comme cela ». Alors qu’avec Mélenchon, nous avions atteint de réelles hauteurs dialectiques, avec ce gus et cette gussette, nous sommes retombés dans le people, l’anecdotique, la com’, l’apparence, bref le pipi de chat du journalisme de convenance. Ce qui m’intéresse en l’occurrence, c’est que les gens des médias se permettent ce genre d’approche avec les politiques, alors qu’ils ne se l’autorisent pas avec les gens de la finance ou de la grande entreprise. Ces maîtres du monde bénéficient d’un brouillard d’anonymat : « les marchés », « les banques », « les chefs d’entreprise ». Seulement, derrière ces appellations génériques, il y a des gens. Et ces gens n’ont rien de désincarné : ils ont un passé, une éducation, des réseaux, des complicités. Ils sont les auteurs d’actions d’éclat et de coups bas. Ils sont responsables de drames humains à échelle planétaire. Mais à eux, on ne dit rien. Parmi ces « eux », il y a désormais les tristement célèbres agences de notation. En anglais, rating agencies. A noter que le deuxième sens de rating, comme dans a good rating, c’est une engueulade.

Depuis que, pour des raisons idéologiques et de classe, notre kleiner Mann a lié son sort à l’évaluation de ces agences (malgré les palinodies de ces dernières semaines et après avoir fait semblant de les critiquer en 2008), Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch font la politique de notre pays qui n’est plus pour elles, contrairement à ce qu’affirme bêtement Valérie Pécresse, une valeur sûre. Autant savoir qui elles sont et qui est à l’oeuvre derrière les luxueuses façades qui nous sont désormais familières.

Standard & Poor’s (S&P) est une filiale de McGraw-Hill. Il y a une quarantaine d’années, McGraw-Hill était une très respectable maison d’édition étatsunienne qui publiait des ouvrages scientifiques, culturels et de fiction de qualité. Peut-être que cela n’a pas suffisamment payé, en tout cas l’entreprise s’est reconvertie dans la publication d’analyses financières d’actions et d’obligations. S&P fut fondée par Henry Poor en 1860. Analyste financier, Poor fut surtout un industriel qui réussit pleinement dans la construction de réseaux ferrés. S&P publie depuis 1920 l’indice S&P 500 qui a récemment détrôné le Dow Jones (fondé en 1884 par Charles Dow) comme indice le plus représentatif du marché boursier étatsunien. Il existe également un S&P 500 en Australie et au Canada. S&P publie chaque semaine The Outlook, une lettre d’information et d’analyses.

Le 5 août 2011, S&P abaissait (en français, on baisse, on abaisse une note, on ne la dégrade pas) la note attribuée à la dette publique des États-Unis, ce qui n’était pas arrivé depuis 1917. Pour ce faire, elle s’était lancée dans des calculs très savants en commettant une simple erreur de 1000 milliards de dollars (l’équivalent du budget du pays au début des années 1970). Quand on pense que cette agence fait trembler le Conseil général du Cantal ou les hôpitaux publics d’Ombrie orientale ! Le 10 novembre 2011, elle annonçait « par erreur » à certains de ses abonnés que la note de la France allait être baissée. Réprimandée par l’Autorité européenne des marchés financiers, l’agence s’excusa pour cette erreur et déclara ne pas avoir l’intention de toucher à la note de notre pays. Elle changea d’avis quelques semaines plus tard. En public, car en privé les dés étaient jetés depuis des mois.

McGraw-Hill est présidée par Harold McGraw III (c’est comme pour les rois Louis, on les numérote). Né en 1948, ayant fréquenté de prestigieuses universités de la côte Est, Harold siège dans les instances dirigeantes de nombreux comités paragouvernementaux, comme le Conseil national pour l’enseignement économique. Parmi les vice-présidents, on compte Jack F. Callahan, financier de haut calibre, ancien de Pepsi Cola, lui aussi issu d’une université de la côte Est ; John Berisford, lui aussi ancien de Pepsi, spécialisé dans l’économie de la connaissance ; ou encore D. Edward Smith, ancien de Heinz, la très puissante entreprise agroalimentaire (la fayots sucrés, la sauce Ketchup).

Le conseil d’administration compte dans ses rangs Sir Winfried Bischoff, grand banquier allemand (Chase, Citicorps), annobli par la reine en 2001 ; l’Australien Douglas Neville Daft (le pauvre : " daft " signifie " dingue " en anglais), conseiller de la banque Rothschild, ancien patron de Coca Cola, un des dirigeants de Wal-Mart ; William D. Green, PDG d’Accenture, la plus importante société de consultants au monde, basée désormais en Irlande où les impôts sont doux ; sir Michael Rake (le pauvre, " rake " signifie au choix " râteau " ou " roué " , PDG de British Telecoms et membre de 36 conseils d’administration.

Les principaux actionnaires du groupe sont : Capital World Investors, l’un des plus grands fonds de pension au monde (né durant la crise de 1932) ; the Vanguard Group, société d’investissements étatsunienne qui possède 1000 milliards de dollars d’actifs.

Le tout nouveau PDG de Standard & Poor’s est Douglas Peterson. Cet ancien financier dut résoudre des problèmes bancaires comme seules les banques savent en créer, en particulier s’attaquer aux malversations de la banque Citicorps au Japon. La banque fut contrainte de rembourser l’aide considérable que le gouvernement des États-Unis lui avait allouée lors de la « crise » de 2008. Deven Sharma, le prédécesseur de Peterson avait précédemment fermé les yeux sur les titres toxiques de banques soumises à son évaluation. Une procédure contre S&P est en cours aux États-Unis. Il est également reproché à S&P d’avoir longtemps sous-évalué les difficultés des maillons faibles de la zone euro.

Dans les sphères dirigeantes de ces agences, on trouve donc des financiers, des banquiers qui poursuivent un seul objectif : le leur. A la base : des jeunes âgés de 25 à 40 ans, issus des mêmes écoles, façonnés par les mêmes moules idéologiques, percevant de forts salaires. Du monde, ils ne connaissent que l’écran de leur ordinateur.

On a appris que Moody’s conservait son triple A à la France. Ca ou le contraire de ça, c’est du kif-kif pareil au même…

Un dernier petit mot sur la troisième soeur : Fitch Ratings. Fondée en 1913 à New York par John Fitch, elle a fusionné en 1997 avec la société IBCA Limited, basée à Londres. Ce faisant, elle est passée sous le contrôle de la holding Fimalac. Or Fimalac n’est autre que la financière Marc Ladret de la Charrière. Fitch est donc française, et l’on attend avec impatience son dernier rating nous concernant ! De la Charrière est un patron discret. Mais, outre la notation, les activités de son groupe sont centrés sur trois domaines : immobilier, hôtellerie de luxe et casinos, divertissement. Il possède 40% du groupe Barrière (ohé, le Fouquet’s !).

Il en est des agences de notation comme de la BCE : elles remplissent le vide laissé par les politiques. La banque européenne se permet des jugements politiques, mais les politiques n’ont pas le droit de la juger ou de l’influencer. Les agences, créées pour produire des analyses financières et budgétaires, nous abreuvent de considérations économiques et politiques. On relèvera à ce sujet la manière, pas totalement absurde dans la perspective du capitalisme financier, dont S&P a accompagné sa dernière volée de « dégradations » notes :

« Tous les pays se concentrent essentiellement sur des remèdes budgétaires en réduisant leurs déficits excessifs, en particulier dans les pays périphériques, mais la crise de la zone euro s’explique surtout par un écart de compétitivité qui n’a cessé de se creuser entre certains pays européens depuis le lancement de la monnaie unique » (...) S’il y avait eu une règle d’or budgétaire dans les pays auparavant, il n’est pas certain que la crise aurait été évitée. Les dirigeants européens n’ont pas réussi à trouver les solutions adaptées à l’ampleur de la crise qui touche la zone euro. »

Comme ses congénères, le kleiner Mann se fait donc tirer les oreilles. On est triste pour lui.

Bernard GENSANE

COMMENTAIRES  

17/01/2012 13:01 par Clyde Barrow

Cette histoire de perte de triple A, c’est de l’enfumage destiné à nous faire accepter encore un peu plus d’austérité et de perte d’avantages sociaux. L’UMP s’est précipité sur l’occasion pour lancer la rumeur de la suppression de la 5ème semaine de congés. Encore 4 dégradations S&P et on n’aura plus de congés, en attendant qu’on nous supprime aussi les salaires.

Pour preuve que c’est un enfumage, hier la France a emprunté 7 milliards d’euros à des taux inférieurs aux précédents. Ce qui tendrait à prouver que le "triple A", tout le monde s’en fout en réalité.

Malheureusement la propagande marche à fond, puisqu’un des porte-paroles de Hollande, un certain Le Roux, s’est vanté que le programme PS était tout à fait de nature à rassurer les agences de notation. Le PS est un bon toutou qui remue la queue aux marchés financiers en espérant recevoir un susucre.

Au moment du vote j’espère pour Hollande que Standard and Poor’s votera pour lui, parce que moi je n’en ai pas l’intention.

17/01/2012 16:21 par gérard

Vive la crise, et vivent les agences de notation !

..Je ne plaisante pas, enfin à peine !
Les gens ne s’aperçoivent que la guerre...ça détruit et ça tue que lorsqu’ils en sont confrontés. Auparavant ils se cantonnent dans la virtualité de la chose : "dieu que la guerre est jolie !"
Mais, comme "on est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté"(Céline), ,les gens étaient eux... "puceaux" de leur condition d’esclaves de la "nébuleuse" financière...
La Crise et les Agences de Notation ont au moins eu le mérite de lever le voile sur leurs chaînes :

- Avant la Crise, les Marchés Financiers se "goinfraient" en silence avec les intérêts des emprunts des États, et de tous les emprunts en général . Comme ils avaient le monopole de la création monétaire,( http://vimeo.com/8116254)....le Monde leur appartenait !
Qu’on les rassure, rien n’a (hélas !) changé...

Rothschild :
"Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois".

(Il y a plus de citations bien édifiantes ici : http://www.bankster.tv/ressource.htm)
Bien sûr que les agences de notation sont tout ce que vous voulez, à la solde des Pouvoirs Financiers...etc, mais tant que le système de création monétaire actuel (qui a quelques centaines d’années derrière lui) perdurera, il sera impossible d’y échapper.
Le Politique a abandonné en 1973, sous Pompidou (un ancien de la Banque Rothschild) la maitrise de sa monnaie au profit des banques privées. Ces banques elles ont impérativement besoin d’un "thermomètre", elles ne sont pas bénévoles, elles tiennent à leurs profits, à leurs pouvoirs, elles veulent être rassurées quand elles prêtent !...Elles le sont par les Agences de notation !
Casser ou gueuler contre ce "thermomètre" ne sert strictement à rien !
Le plus bel exemple c’est que avec ou sans triple A, la France empruntait à un taux presque double de celui de l’Allemagne !
Seule et unique solution : Nationalisation de toutes les Banques, retour à une ou des (?) Banques Centrales qui financent réellement l’Économie...

Comment contrôler ces Banques Centrales, pour ne pas que les États fassent des c....ies en faisant "tourner la planche à billet", par exemple comme cela s’est passé dans les années 1920, entraînant l’Allemagne dans une inflation monstrueuse...
...mais par des Agences de Notation pardi !
Plus sérieusement :
- dans la crise actuelle de l’euro, je ne vois pas d’autre solution que de rendre à chaque État par SA Banque Centrale le pouvoir sur sa monnaie et en fonction de son économie. Le faire tout en conservant une cohésion sur les acquis sociaux, une entraide, une solidarité européenne, c’est bien évidemment possible, ce n’est qu’une question de volonté politique...

17/01/2012 20:16 par Tseap

Tous les gens qui se disent économistes confondent-ils les millions et les milliards ?
En voici un autre exemple curieux - bonjour la boite pour laquelle il bosse ! - :
http://chevallier.biz/2012/01/bce-probleme-majeur-et-devinette/

Celui-ci semble voir des milliards où il n’est question que de millions dans les documents qu’ils publient...

17/01/2012 22:20 par Séb

Votre fanatisme pro-Mélanchon est touchant...On a les révolutionnaires qu’on peut (le premier qui pouffe de rire va au coin !). D’ici à ce qu’il se la joue "Breivik" et débarque au Sénat et à l’Assemblée Nationale harnaché comme un Rambo...

17/01/2012 23:17 par Maxime Vivas

C’est drôle, on peut dire d’un homme politique qu’on l’a trop vu depuis des décennies sans avoir, pendant ce long purgatoire, appris à écrire son nom.

C’est presque un indice infaillible : dès qu’on lit : Mélanchon, on est sûr que l’auteur ne le supporte pas, pas plus que son programme, et sa cravate et le Front de gauche, et les partis qui le composent, et la place originale qu’ils occupent sur l’échiquier politique

Bon, cette remarque ne fait pas avancer le débat sur le fond, mais c’est juste pour laisser à Sèb l’occasion de respirer.

17/01/2012 22:42 par Pascal

Bonjour

Gérard, je suis d’accord avec votre analyse et je pense qu’elle nous permet d’être optimiste pour l’avenir, sortons de la marmite !

Quant la prestation de Jean-luc Mélenchon, il a été si impressionnant qu’il a abasourdi la journaliste/juge de France-inter et l’on a pu remarqué qu’elle dit, à un moment, être d’accord avec JLM alors que le balancement de sa tête de droite à gauche dit le contraire !
Pauvre fille, s’apercevoir que l’on raconte des âneries depuis tant de temps doit être difficile à vivre... enfin, pas aussi difficile que ceux qui souffrent des conséquences de leurs âneries.

18/01/2012 07:57 par BM

Ce qu’il faudrait, c’est organiser un mouvement populaire pour noter les agences de notation.

Je propose 0/20, mais je suis ouvert aux propositions de notes négatives.

18/01/2012 10:33 par E.W.

Votre fanatisme pro-Mélanchon est touchant...On a les révolutionnaires qu’on peut (le premier qui pouffe de rire va au coin !). D’ici à ce qu’il se la joue "Breivik" et débarque au Sénat et à l’Assemblée Nationale harnaché comme un Rambo...

On avait pas dit qu’on était pacifistes ?

Résumons : les attentats style "l’insurrection qui vient" sont à proscrire, les indignados n’ont pas de ligne directrice assez solide pour générer une révolution citoyenne, la révolution par les urnes n’est pas possible (apparemment), la révolution par les pieds (qui consiste à regarder ses pieds pendant que le monde change) n’est pas satisfaisante (quoique), rester seul dans son coin ne sert à rien, s’investir dans l’associatif permet de suppléer aux faiblesses des pouvoirs public qui trouvent là une (énième) excuse pour ne pas assumer leurs responsabilités, se suicider de façon théâtrale in fine ne sert pas à grand chose (cf. la Tunisie), une révolte populaire massive n’aura pas lieu et le changement ne saurait venir non plus de nos gouvernements (ou alors se sera une nouvelle manifestation du complexe du pompier pyromane).

(On peut aussi essayer de fonder la Loge Maçonnique des "pas bidons" ; avec des rituels d’intronisation secrets mi-occultes/mi-flippants, une hiérarchie avec des grades honorifiques pompeux et une devise qui claque : "honni soient les bidons". Comme signe distinctif il faudra lever le poing en gueulant.)

Est-ce utile de préciser que dans notre formidable compétence nous n’avons pas jugés nécessaire de définir des espaces de discussions précis pour débattre de ces choses là en dehors de l’espace politique, encore moins d’outils de prises de décisions puisque nous sommes parvenus à construire une démocratie exempte de referendum d’initiative citoyenne (wtf ?).

Ca va devenir compliqué.

18/01/2012 12:33 par babelouest

@ BM
J’ai écrit un truc un jour, je ne sais même plus où, où je proposais de leur coller, à ces symbiotes inutiles (paradoxal, mais vrai) de la finance, un FFF-, pour rester dans leur cohérence de notes "à l’anglo-saxonne". Ce n’est pas une critique, juste le constat d’une autre façon de noter qu’en France. La présence de ces "machins" est d’autant plus dommageable, qu’ils font payer cher leurs services. Un peu comme si un type était payé par vous pour vous "filer des baffes" x heures par jour, sans bien savoir pourquoi. Plus maso, tu meurs encore plus vite.

Bien entendu, ces résultats qui sont infligés au "donneur d’ordre" qui souvent n’a rien demandé sont manipulés en fonction de ce que désirent les vrais "patrons", ceux qui paient pour que ces "plaies de Grèce" (les plaies d’Égypte, c’est un peu ancien) continuent à exister : les banquiers.

Les agences de notation, c’est encore plus que les instituts de sondage : c’est cher, c’est faux, mais çà peut rapporter gros à leurs bailleurs de fonds.

18/01/2012 22:22 par vagabond

Ce qui me dérange dans ces standards, c’est le terme "poors". Je n’arrive pas à comprendre qu’en 2012, on continue à désigner comme dégradant d’être pauvre.

C’est d’une telle médiocrité !

Je crois que l’humanité tire à sa fin. Peut-être, je l’espère ! Parce que lire que des enfants afghans ont été abusés par des soldats anglais et ne voir aucune réaction digne de ce nom pendant que S&P occupe le terrain.

19/01/2012 00:49 par patrice sanchez

Quand le peuple va t il comprendre que nos pantins politiques ont été placés à la tête de nos états européens pour les démanteler et nous plonger vers le nouveau désordre mondial !

19/01/2012 16:13 par Michail

@ Vagabond

Rien à voir avec "les pauvres" dans la dénomination de S&P, Mr Poor était un des cofondateurs, c’est tout !

Vous pouvez être certain que les pauvres n’intéressent pas plus ces officines putrides que les habitants éventuels d’exoplanètes ou que les fourmis...

20/01/2012 14:06 par Mr Poor

Détrompez-vous mon cher,
les fourmis sont passionnantes !

20/01/2012 15:29 par Michail

C’est vrai que depuis 1905, année de son décès, Mr Poor a eu tout le loisir de s’intéresser aux insectes...

Mais de son vivant c’est plus prosaïquement les dollars qui l’intéressaient manifestement !

Ceci dit nul ne sait s’il avait un gout pour l’entomologie pendant ses loisirs ? C’est clair que les riches ont beaucoup de temps à consacrer à leurs loisirs, beaucoup plus que les employés des mines par exemple, et il est mort à 92 ans, en 1905 c’était royal, les ouvriers avaient presque moitié moins d’espérance de vie à cette époque...

21/01/2012 23:22 par vagabond

Alors sacrée ironie !
Je n’en avais jamais entendu parler auparavant...

21/01/2012 23:31 par vagabond

J’aurai mieux fait de lie le texte ! Merci Michail.
C’est marrant.

22/01/2012 08:49 par Bernard Gensane

Comment ça ? Il y a des lecteurs du Grand Soir qui commentent des articles sans les avoir lus ? Je tombe de l’armoire !

A propos de pauvres, j’ai lu récemment les quelques statistiques suivantes :

Chaque année, il reste désormais à la charge d’un jeune 255 euros à débourser pour se soigner. Pour un adulte, il s’agit de 570 euros. Pour une personne âgée (celle, justement, qui a voté dans l’enthousiasme Sarkozy en 2007) 910 euros.

Comme la santé se déglingue à cause du chômage, de la pauvreté, de la nourriture « pas chère », le budget consacré aux soins pèse aujourd’hui plus lourd qu’il y a deux ans pour 68% des Français. 47% des Français demandent désormais un devis avant d’engager des soins. En 2010, la moitié des Français ont été contraints de repousser l’achat de lunettes ou de lentilles, ou d’y renoncer. 35% des Français ont décalé une consultation chez le dentiste, ou y ont renoncé. 26% ont décalé ou abandonné l’achat de médicaments. 15% ont remis à plus tard une visite à un généraliste, ou y ont renoncé.

92% des consultations chez le généraliste donnent lieu à prescription contre 50% aux Pays-Bas. Cette différence importante est simplement due au fait qu’en France les médecins sont payés à l’acte. Comme, par ailleurs, ils sont débordés et ne peuvent recevoir leurs patients très longtemps, ils ont tendance à prescrire plus qu’il ne faut pour se prémunir et pour rassurer le patient.

Pendant que le nombre des Français sans soin augmente, le montant des dépassements des praticiens est passé de 900 millions d’euros en 1990 à 2,5 milliards en 2010 (21100 euros en moyenne par médecin ; 80000 euros pour les chirurgiens. Comme l’assurance maladie ne prend pas en charge ces surcoûts), il revient aux malades de raquer.

http://bernard-gensane.over-blog.com/

22/01/2012 23:51 par vagabond

Oui, il m’arrive de lire juste le titre et de réagir à l’actualité à laquelle il fait référence
Impossible de tout lire dans cette masse d’information qui déferle sur le web.
Je ne connaissais pas P&S et je n’ai toujours pas compris ce qu’ils représentent concrètement.
Je suis une très mauvaise élève M. Gensane !

23/01/2012 17:03 par babelouest

Vagabond, les agences de notation (Standard and Poors est la plus ancienne) sont payées par les banques pour les noter, trouver leurs points forts et leurs faiblesses. Mais progressivement ces agences ont aussi noté les autres acteurs financiers et industriels, les États, les collectivités locales, en un envahissement de plus en plus prégnant.

Dans les années 30, S&P a même noté la Grèce de façon telle que celle-ci s’est écroulée, et ne s’en est jamais vraiment relevée. L’agence s’en est excusée, a promis d’arrêter de noter des États, mais voilà qu’avec ses copines elle recommence. En fait payées pour exister par les banques, elles en sont à moduler leurs notes selon le bon vouloir de leurs sponsors. La note ne veut plus rien dire.

S&P est aussi, depuis très longtemps, responsable d’un indice des valeurs boursières US, comme le plus connu Dow Jones : celui-ci est d’ailleurs actuellement devenu moins suivi que le S&P500. C’est l’équivalent US du CAC40.
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%26P_500

Est-ce plus clair ?

23/01/2012 17:21 par calame julia

Les agences de notation font leur beurre à condition qu’il s’agisse d’une monnaie unique comme l’euro !
C’est le collectivisme-capitaliste !Qui de toute manière nous envahit (voir les distributeurs de bouffe
infecte genre macdo, flunch et autres joyeusetés). Le nombre de personnes qui fréquente ces centres
"collectivistes" de bouffe m’effraie de plus en plus. Dans les hyper, méga-grandes surfaces, on se met
à votre disposition mais on ignore où se trouvent les articles et surtout les étiquettes. Le parcours du
combattant des courses ya belle lurette qu’il existe. Mais c’est rassurant de tout faire comme les autres
et d’attendre même les nouvelles servies en mode collectiviste (sauf les chercheurs-chercheuses sur
le net) par la télévision ! Il paraît même qu’il y a des nouvelles que le public doit ignorer ! (de plus en
plus proche du système décrit au-dessus).

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