Communiqué du SNES :
Postes mis aux concours 2004 pour le second degré : une chute sans précédent qui aura des conséquences catastrophiques
Le ministère vient d’annoncer que le nombre de postes mis aux concours 2004 pour le second degré était réduit à 12 500 pour les concours externes qui sont les seuls concours permettant de recruter des personnels nouveaux.
La régression, sans précédent, est d’un tiers par rapport à 2003 (18 000 postes). Il faut remonter à la fin des années 80 pour retrouver des chiffres aussi faibles.
Le ministère tente de se justifier en arguant d’une régression du nombre des élèves dans le second degré. Cet argument est contredit par les chiffres avancés par sa propre Direction de la Programmation et du développement (DPD) qui avaient été confirmés par l’audit commandé par le Ministère en décembre 2002.
L’audit chiffrait à 16 619 le nombre de départs en 2005 tout compris. La DPD, elle, chiffrait le nombre des personnels nouveaux nécessaire à 18 700 par an sur la période 2004-2011, à effectifs d’élèves constants et à 15 800 par an sur la période 2004-2008 en tenant compte de la régression des effectifs. Ce qui conduit pour les concours 2004 à un nombre de 18 500 postes minimum en tenant compte d’une part de la régression des effectifs d’élèves et du rendement réel des concours (en moyenne 8,5 recrutements effectifs pour dix postes mis aux concours).
Le déficit à la rentrée 2005 sera donc de 6000 enseignants.
L’argument des départs en retraite qui seraient retardés ne tient pas plus puisque les départs différés du fait de la disparition du Congé de Fin d’Activité et de la Cessation Progressive d’Activité sont compensés par des départs anticipés du fait de la nouvelle législation sur les retraites.
Ce choix en tout point catastrophique se traduira sur le terrain :
- d’une part par une réduction de l’offre de formation (suppression d’options, de sections, notamment dans les établissements technologiques et professionnels, d’établissements, notamment en milieu rural) et par une augmentation des effectifs par classe qui pénaliseront au premier chef les élèves les plus en difficulté.
- d’autre part par une explosion du recrutement de personnels précaires.
Il aura aussi pour conséquence de détourner encore un peu plus les étudiants des carrières de l’enseignement alors que les départs en retraite vont exploser, à partir de 2005 et pour plusieurs années, que les effectifs d’élèves du second degré vont repartir à la hausse d’ici quelques années et que les organismes internationaux (Commission Européenne et OCDE notamment) ne cessent d’alerter les gouvernements sur le risque majeur de pénurie d’enseignants dans les prochaines années.
Cette annonce faite en catimini confirme que le Ministre entend tirer du Grand débat, dont il a vanté avec beaucoup d’éclat l’intérêt, des conclusions qu’il a déjà largement anticipé. La future loi d’Orientation, qu’il prépare, consacrera bien une régression sans précédent du système éducatif.
Le SNES va poursuivre sa campagne de sensibilisation de l’opinion sur cette question décisive des recrutements. Il propose dès maintenant, en s’adressant à l’ensemble des organisations syndicales de l’Education, qu’elle soit avec la préparation de la rentrée au coeur d’actions incluant la grève dans les prochaines semaines.
Paris, le 23 janvier 2004